Le premier octobre 1990, le Front Patriotique Rwandais (F.P.R.), a déclenché, à partir de l’Ouganda, une guerre contre le Rwanda. Ce conflit a provoqué un drame sans précédent où de nombreux Hutu, Tutsi et Twa ont perdu la vie dans une spirale de représailles insensées de caractère politico-ethnique. Comment un pays, paisible depuis dix-sept ans, a-t-il basculé dans une telle horreur ? Que s’est-t-il réellement passé ?
Pour le savoir il faut répondre objectivement aux questions essentielles ci-après.
– Quelles sont l’origine et la nature de la guerre déclenchée par le FPR en octobre 1990 ?
– La thèse de l’idéologie génocidaire de la première et de la deuxième République est-elle fondée ? La guerre dite d’octobre était-elle justifiée et nécessaire ?
– Pour quelles raisons les autorités de certains pays ont-elles pris faits et causes pour le FPR ? Qui a fait capoter la mise en application des Accords d’Arusha ?
– Qui a descendu l’avion présidentiel le 06 avril 1994 ? Quel était son mobile ?
– Quelles sont les causes des massacres commis après le 6 avril 1994? Ont-ils été réellement planifiés ? Si oui par qui ?
D’autres interrogations sont liées à ces deux dernières questions.
– A combien s’élèvent les victimes par ethnies (Hutu, Tutsi et Twa)?
– Le nombre de victimes tutsi varie de cinq cent mille à plus d’un million suivant les auteurs. Comment ce nombre a-t-il été évalué ? Aucun nombre de victimes Hutu (pas même celui des Hutu « modérés ») n’est jamais cité. Pourquoi ?
– Quel rôle ont joué, dans la tragédie, le FPR, la communauté internationale, le Président Habyarimana, le MRND, le gouvernement de transition, le gouvernement intérimaire, les médias etc.? Quelle est la nature de la responsabilité de chacun des intervenants?
– Pourquoi certains rapports qui incriminent le FPR sont-ils mis sous scellé ?
– Pourquoi jusqu’à ce jour aucun membre du FPR et aucun Tutsi n’a été inculpé pour crimes contre l’humanité ni au Rwanda, ni en Belgique ni au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) alors que des experts étrangers et des témoins rwandais crédibles accusent les combattants de cette organisation tutsi de s’être livrés, eux aussi, aux massacres de nombreux civils en particulier Hutu. Bref est-il fondé de traiter différemment les massacres des Tutsi, que personne ne nie, de ceux des Hutu, que tout le monde reconnaît?
Tous ces points dont la plupart ne sont pas encore élucidés prouvent, s’il en était besoin, que l’interdiction de toute discussion sur la version officielle du drame rwandais risque d’imposer une vision unilatérale, celle du vainqueur et de ses mentors, de violer la liberté d’expression de ceux qui estiment que tout n’est pas encore clair et de construire l’histoire du pays sur un mensonge. Or seule la vérité, qui ne peut sortir que d’un débat contradictoire, conduira à une justice équitable et à la solution définitive des problèmes qui empêchent la coexistence pacifique des différentes composantes de la société rwandaise.
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