Rwanda : le danger des mandats d’arrêts français et espagnol
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L’inculpation de 40 membres de l’Armée du FPR par la justice espagnole vient de montrer que le juge français Jean Louis Bruguière avait fait du bon travail. Ses détracteurs sont confondus.

Les enquêtes espagnoles et françaises, diligentées par des magistrats professionnels, viennent d’arriver au même résultat : un groupe d’officiers autour du Général Paul Kagame se sont rendus coupables de crimes odieux contre la population civile tant au Rwanda qu’en RDC. Issus des pays démocratiques où la justice n’est pas sous l’emprise de la politique, ces magistrats ont montré leur indépendance contrairement au Procureur du TPIR qui traîne les pieds pour inculper le même groupe de criminels.

Mais, même si ces mandats d’arrêt vont dans le bon sens de la lutte contre l’impunité au Rwanda et dans la région des Grands Lacs, ils ne constituent pas moins un grand danger s’ils ne sont pas suivis d’effets.

En effet, ces criminels sont au pouvoir au Rwanda. Ils tuent qui ils veulent, font disparaître ou font emprisonnent quiconque élève une voix discordante contre leur volonté, accumulent sur eux toutes les richesses du pays ou les bradent par des ventes suspectes. Ils ont à trois reprises agressés un pays souverain, la RDC, pillant ses nombreuses richesses et tuant sa population civile : le dernier rapport de International Rescue Committee parle de 5,4 millions de morts depuis 1998. Cette bande à Kagame a montré suffisamment sa capacité de nuisance de telle sorte que qu’elle s’attelle à commettre plus de crimes car elle ne sauve rien. Avec ces deux mandats d’arrêt, les inculpés savent que leurs jours de liberté sont comptés. Ils vont faire une course de montre dans d’autres crimes ou précipiter le pays ou la région dans une crise humanitaire sans précédent. Car, ils se disent dans leur for intérieur : « après nous le déluge ». Il y a donc urgence à les retirer de la circulation.

Dans leur camp, c’est également le remue-ménage. Après l’exil du Lt Colonel Patrick Karegeya, la presse locale au Rwanda parle de la fuite Docteur Tito Migabo qui était en charge d’une société parastatale, de Richard Kabuto, un des Conseiller de Paul Kagame à la Présidence de la République et d’Edouard Rwema un des patrons du {mosimage}Journal pro-FPR The New Times.

Dans le monde rural, des écoles pour l’enseignement de l’idéologie du FPR viennent d’être imaginées. Elles sont appelées pudiquement : « Ecoles Nationales de la culture ». Déjà 28000 personnes ont été choisies pour servir de cobaye de cette « mobilisation à la nord-coréenne » comme le fait remarquer le journal rwandais Umuco.

Cette mobilisation vise à embrigader la population par une propagande de proximité notamment pour les élections à venir. Car sans son immunité de Chef d’Etat, le Général Paul Kagame serait le premier dans le box des accuses car il vient en première ligne sur les deux mandats d’arrêt, français er espagnols. Son seul salut est de s’accrocher au pour, à vie.

©Gaspard Musabyimana
Le 7 février 2008

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