Rwanda : Historique des attaques des opposants politiques par le FPR
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Les plus récentes attaques contre les opposants politiques :

Le lundi 22 février 2010, Mme Victoire INGABIRE Umuhoza, présidente des FDU (Forces Démocratiques Unies), a dû consulter l’Ambassade britannique à Kigali au Rwanda pendant quelques heures. Elle avait été convoquée pour la 3ème fois en deux semaines par le département de la police criminelle à Kigali  (the Criminal Investigation Department (CID). Elle est retournée à son domicile dans l’après-midi. Mais les harcèlements de la police continuent.

Le Dimanche 21 février 2010, pendant son congrès extraordinaire tenu à son siège à Nyamirambo dans la capitale Rwandaise, Kigali, le Parti Social Imberakuri (PSI) a été attaqué par un groupe d’individus qui ont cassé les vitres des fenêtres de leurs locaux. La police a laissé faire et n’a arrêté personne parmi les agresseurs qui ont fui à la vue des journalistes occidentaux qui ont été alertés par les ambassades occidentales à Kigali.

Le mercredi 3 février 2010, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente et Candidate des FDU-Inkingi à l’élection présidentielle rwandaise d’août 2010, accompagnée d’un membre de notre équipe, M. Joseph Ntawangundi ont été lynchés ce jour à midi dans l’enceinte de l’administration publique par une horde de malfaiteurs agissant sur commande du pouvoir. Mme Victoire Ingabire Umuhoza a réussi à se réfugier in extremis dans un lieu sûr et a pu être évacuée par son chauffeur. Dans sa fuite, à la recherche d’un abri, elle s’est vue arracher son sac à mains dans lequel figuraient son passeport ainsi que la carte d’identité qui lui avait été délivrée la veille. Mr Joseph Ntawangundi qui s’était entreposé pour permettre à la Présidente des FDU Inkingi de s’échapper des agresseurs est resté dans les mains de ces derniers, lesquels ont continué à le tabasser, lui causant des contusions graves dans les côtes et aux jambes.

Le samedi 6 février 2010, Monsieur Joseph Ntawangundi a été arrêté et détenu à la brigade judiciaire de Remera (Kigali) par la police rwandaise, sous prétexte qu’il aurait été condamné par contumace à 19 ans de prison par un tribunal GACACA. Nous tenons à rappeler qu’au moment de son arrestation, M. Joseph Ntawangundi commençait à peine à se rétablir des blessures subies le 3 Février 2010 (vers midi) à la suite des agressions dans les locaux de l’Administration publique du secteur administratif de Kinyinya. Les FDU ont déclaré qu’il n’était pas au Rwanda pendant le génocide. En effet, M. Joseph Ntawangundi a quitté le Rwanda en 1986 pour des études en Pologne (Wroclaw). Il est retourné au Rwanda en 1992 où il a travaillé à la Centrale des syndicats des travailleurs du Rwanda « CESTRAR » à Kigali durant une année. En 1993, il a de nouveau quitté le Rwanda pour travailler à la Confédération Internationale des syndicats libres (ICFTU-AFRO); une organisation syndicale régionale africaine sise à Nairobi au Kenya. Il était chargé de formation et de recherche jusqu’en 2002.

Durant le Week-end du 26 au 27 décembre 2009, le Parti Social Imberakuri a été empêché, par la police rwandaise, d’installer ces nouveaux bureaux et son drapeau dans les quatre provinces du pays. De la sorte, ce parti est condamné à travailler à son seul siège à Kigali.

Le 30 octobre 2009, le Parti Démocratique Vert du Rwanda (Democratic Green Party of Rwanda) a été attaqué par un groupe d’individus pendant son congrès constitutif tenu au Centre Pastoral Saint Paul à Kigali. La police n’est pas intervenue pour les neutraliser. Ceux qui ont été arrêté ont été relâchés une heure plus tard et la police cache leur identité. Le congrès a été interrompu et les adhérents ont été blessés par les agresseurs à coups de chaise. Depuis cette agression, plusieurs adhérents du Parti Démocratique Vert du Rwanda, dont son président Monsieur Frank HABINEZA, ont été régulièrement agressé physiquement et verbalement par des individus proches du parti au pouvoir, le FPR.

Antécédents : Des assassinats, des emprisonnements et des agressions antérieurs contre les opposants politiques :

Pour illustrer la gravité des assassinats politiques, des agressions physiques et diverses persécutions dirigées contre les opposants politiques réels ou supposés au Rwanda, nous allons énumérer, ci-après, les faits suivants par ordre chronologique :

Le 16 janvier 1998 : L’ancien Ministre de l’Intérieur, Seth SENDASHONGA a été assassiné à Naïrobi au Kenya. Il avait fondé avec l’ancien premier ministre, Faustin TWAGIRAMUNGU, les Forces de Résistance pour la Démocratie (FRD) dont le siège se trouvait à Naïrobi au moment de son assassinat. Quelques années plutôt l’ancien député du FPR, le colonel Théoneste LIZINDE, avait été assassiné à Naïrobi le 6 octobre 1996 en compagnie de son ami, le commerçant Augustin BUGILIMFURA. D’autres intellectuels rwandais connus comme des opposants réels ou supposés ont été assassinés un peu partout en Afrique. Rappelons l’assassinat de Monsieur Pasteur MUSABE survenu dans la nuit du 14 au 15 février 1999 à Yaoundé (CAMEROUN).

L’emprisonnement et la condamnation arbitraires à 15 ans de M. Pasteur BIZIMUNGU, ancien président de la République de 1994 à 2000 et son ministre des Travaux Publics et de l’Energie, M. Charles NTAKIRUTINKA, condamné à 10 ans :

Rappelons qu’ils avaient été arrêtés et emprisonnés respectivement les 19 et 20 avril 2002 après avoir subi une séquestration à domicile depuis le 31 mai 2001, date à laquelle ils avaient prévu de lancer leur parti politique interdit le même jour. Voici la chronologie des différentes persécutions et agressions qui ont frappé ces deux principaux opposants politiques :

Rappelons les principales agressions qui ont frappé plusieurs membres du Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR-UBUYANJA depuis mai 2001 :

a)      Le 30 mai 2001 : l’ancien président Pasteur BIZIMUNGU est empêché par la police d’aller annoncer la création de son nouveau parti politique PDR-Ubuyanja.

b)      Le 31 mai 2001 : Monsieur Pasteur Bizimungu est séquestré chez lui par la police Le Secrétaire Général de ce nouveau parti, l’ancien ministre des travaux publics, Monsieur Charles NTAKIRUTINKA déclare à la Radio BBC que Monsieur Pasteur BIZIMUNGU a perdu tous les honneurs et privilèges réservés aux anciens chefs d’Etat. L’Etat lui a retiré le véhicule, le chauffeur, le téléphone, le personnel de maison et les gardes du corps qui avaient été mis à sa disposition. Il doit évacuer la résidence officielle que l’Etat lui avait accordée. Le porte-parole du Gouvernement et Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, François NGARAMBE, déclare au journaliste de Radio BBC que le Gouvernement s’était réuni dans la nuit du 30 au 31 mai 2001 et qu’il ne tolérera pas les gens comme Pasteur BIZIMUNGU qui veulent saboter le pays en lançant des partis politiques. « La priorité du Gouvernement est de reconstruire le tissu social et le pays, les activités des partis politiques doivent être laissés de côté » a-t-il déclaré. D’après le projet de loi qui était encore à l’étude au Parlement rwandais à cette époque, Pasteur Bizimungu bénéficiait de ces honneurs et privilèges pour lui éviter de tomber dans l’indigence. « Ces privilèges sont accordés à une personne qui accepte de rester dans la légalité, mais quand il sombre dans l’illégalité, cela veut dire qu’il n’en a plus besoin ». Selon le porte-parole du Gouvernement, ce parti a été créé dans l’illégalité car ses fondateurs n’ont pas d’abord sollicité l’autorisation du Ministère de l’Intérieur.

c)      Le 15 juin 2001, les manœuvres d’infiltration du PDR UBUYANJA par de faux membres manipulés par la Directorate of Military Intelligence (DM) sont découvertes. Selon la dépêche de l’IRIN du 15/06/01, qui cite celle de l’Agence de presse rwandaise (RNA) du jeudi 14/06/01, trois membres présumés fondateurs du PDR : Eugène Rwibasira, le major Sam Bigabiro et Ladislas Ngendahimana ont fait défection parce que le PDR "préconise la division et les différences qui ne permettront pas au pays de mener à bien sa politique d’unité et de réconciliation". Le Centre rappelle que le major Sam BIGABIRO a été condamné par la Cour militaire à la prison à vie le 30 janvier 1998 pour avoir ordonné les massacres de civils innocents à GIHARA dans la commune RUNDA (Gitarama). Il semble qu’il a été remis en liberté pour continuer les massacres dans le nord-ouest du Rwanda et dans l’Est du Congo.

d)     Le 8/08/2001, Monsieur Pasteur Bizimungu fut victime d’un attentat devant le garage de Monsieur Magambo à Remera (Kigali-ville) ;

e)      Le 13/08/2001, la voiture de Monsieur Gratien Munyarubuga, membre du PDR, fut volée

f)       Le 15/08/2001, le garagiste du Pasteur Bizimungu, Monsieur. Magambo fut l’objet d’une attaque.

g)      Le 16/8/2001, Monsieur Charles Ntakirutinka fut attaqué et  blessé en plein jour dans sa voiture et en compagnie de son chauffeur. Ce dernier a réagi d’une manière qui a fort surpris et mécontenté le pouvoir. En effet, blessés lui et son chauffeur, il a fait constater les blessures par un diplomate américain en poste à Kigali et il a donné une interview à la Radio BBC en Kinyarwanda en relatant les agressions dont tout ce monde avait été l’objet et en concluant à une action politique.

h)      Le 17/08/2001, Monsieur Charles Ntakirutinka fit une déclaration écrite dans laquelle il donne des détails précis sur les deux attentats contre lui et Bizimungu

i)        Le 10 décembre 2001, un autre membre du parti PDR, Monsieur Gratien Munyarubuga fut menacé par l’inspecteur Gilbert Ruhorahoza lors de sa visite chez Pasteur Bizimungu. Il fut finalement assassiné le 26/12/2001 à Nyarutarama vers 15h de l’après-midi! Ce qui est encore très grave, certains visiteurs ont été menacés et/ou battus par les policiers affectés au domicile des deux personnalités.

j)        Le 15 décembre 2001, un proche parent de Pasteur Bizimungu, Monsieur Gasinga Junior fut battu au portail de chez Bizimungu par les militaires de garde.

k)      Le 26/12/2001, Monsieur Gratien MUNYARUBUGA est assassiné à Nyarutarama vers 15h de l’après-midi!

l)        Toujours en Décembre 2001, toute la famille de Raphaël HAKIZIMFURA, cousin de Pasteur Bizimungu, fut massacrée en toute impunité, car aucune enquête n’a été menée.

m)   Depuis le 5/01/2002, le  pouvoir, à travers sa police, a convoqué M. Bizimungu pour l’interroger sur le contenu des journaux qui ont osé commenter cet assassinat et écrire sur son parti PDR et sur l’idéologie de son parti politique. Les interrogatoires ont eu lieu les 5/01/02 (un samedi!) ; 8/01/02 ; 9/01/02 ; 11/01/02 ; 12/01/02 (un samedi!), jour où la police lui a interdit de retourner à la messe sous prétexte que sa présence sème la division parmi les chrétiens !

n)      Le 8/01/2002, le bourgmestre de la commune Kanombe reçut des instructions visant à priver Monsieur Pasteur Bizimungu de tout document officiel comme le passeport. Les agents des renseignements militaires violent sa vie privée et ses entretiens avec ses visiteurs, à savoir des journalistes et des défenseurs des droits humains.

o)      Le 21/01/2002, alors qu’il venait de franchir le portail de l’Ambassade de Belgique à Kigali, Monsieur Ntakirutinka a été rappelé par le policier qui le surveille pour lui dire qu’il n’était pas autorisé à se rendre à cet endroit. Il a refusé d’obtempérer bien sûr et l’altercation qui s’en suivie a scandalisé les agents de l’Ambassade accourus voir ce qui se passait.

p)     Le 5/02/2002, le Président de la République, le Général Paul Kagame, a tenu une réunion au Village Urugwiro (à Kigali) avec les ressortissants de la préfecture Gikongoro et les a interrogés sur les massacres de Kibeho. Il a dit que les informations qui ont été diffusées par les médias gouvernementaux à l’époque reflétaient la réalité et que les autres chiffres avancés par les ONG humanitaires sont des inventions répandues par M. Ntakirutinka et son épouse.

q)     Le 20 mars 2002, sur injonctions des services de la présidence, les autorités du district de Karaba, province Gikongoro, ont refusé de délivrer des documents officiels à Monsieur Charles Ntakirutinka et son épouse.

r)      Le 25 mars 2002, Messieurs Pasteur BIZIMUNGU et Charles NTAKIRUTINKA ont écrit une lettre au Premier Ministre Bernard MAKUZA pour mettre le gouvernement rwandais devant ses responsabilités afin qu’il respecte leurs droits et leurs libertés fondamentaux. Face à ces nombreuses persécutions, ces dirigeants du parti PDR – UBUYANJA avaient écrit deux lettres, début et fin juin 2001, au Président de la République, le Général Paul KAGAME, pour lui demander de mettre fin à ces pratiques antidémocratiques et de donner les instructions pour lever tous les obstacles mis à la création de leur parti. Aucune suite ne fut enregistrée. Pour toute réponse, le pouvoir a développé une nouvelle stratégie et organisé des attaques contre eux!

s)       Les 19 et 20 avril 2002, Monsieur Pasteur Bizimungu et Monsieur Charles Ntakirutinka sont arbitrairement arrêtés et emprisonnés à la prison centrale de Kigali.

[Extrait du mémorandum adressé par le CLIIR aux Gouvernements et aux parlementaires britanniques,  américains et belges le 24/02/2010

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