Les 5 maladies dont souffre le Président Paul Kagame
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Dans l’hebdomadaire « Umuseso » n° 397 du 01 au 08 mars 2010, le journaliste Didas M. Gasana a diagnostiqué cinq maladies dont souffre le Président Kagame.

Pour le journaliste, Paul Kagame est atteint d’une peur obsessionnelle. Il a  attrapé ce virus depuis son enfance et celui-ci continue de le gangréner. Kagame a eu une jeunesse contrastée, puis il a embrassé la carrière militaire comme chef des Renseignements. A ce poste, il s’est créé pas mal d’ennemis de façon qu’il ne peut avoir confiance en personne.

En 1990, à la tête de l’Armée Patriotique Rwandaise, Kagame a eu de la peine à s’imposer comme chef à cause de ses pairs qui sous-estimaient ses capacités à diriger les hommes. Il les a tous neutralisés de diverses manières. Les purges opérées dans leur rang et de manière forte lui font peur car il ne sait pas si les conséquences de ses actes ne vont pas retomber sur lui dans une action de vengeance. Il voit de ce fait des ennemis partout. Il se méfie ainsi de tout le monde à part sa femme et ses enfants.

Après la prise du pouvoir, il a développé une sorte de paranoïa par crainte d’un coup d’Etat éventuel. Cet état mental explique ses démêlés avec les généraux Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya. 

Après 15 ans de pouvoir, la méfiance qui hante Kagame fait que le Rwanda est sous une dictature sans nom. Le président contrôle tout jusque dans les moindres détails. Il ne fait aucune délégation de pouvoir.

La seconde maladie dont est atteinte Paul Kagame est le « Split personality ». Kagame se contredit  à tout instant dans ses propos ou tient un double langage. Cela a été le cas le 13/2/2006 lors de la 3è rencontre avec les hauts cadres de l’administration. Il a fustigé les ministres qui ne respectent pas les bailleurs de fonds alors que le Rwanda a besoin de leur argent pour se tirer de la pauvreté. Il a déclaré que lui, Paul Kagame, fait profil bas quand il rencontre ces bailleurs et les traite avec beaucoup d’égards en vue de les amadouer.

Quelques jours après, Kagame a subitement changé. Il a dit clairement que le Rwanda se autosuffisait et qu’il n’avait pas besoin de l’aide des Occidentaux. Quand on sait que la moitié du budget du pays vient de l’aide extérieure, il est inimaginable que Kagame puisse tenir ce langage comme quoi le Rwanda est auto-suffisant. Il y a un manque de cohérence flagrant dans le discours de Kagame.

A une autre occasion, il a laissé entendre qu’il lui manquait des cadres pour pourvoir les postes vacants de l’Etat. Quelques jours après il a dit le contraire en affirmant que parmi 10 millions de Rwandais, il ne pouvait pas manquer des hommes compétents pour ces postes.

Kagame aime les « on-dit ». Le journaliste Didas Gasana raconte comment le 24/2/2010, il avait rendez-vous avec Frank Habineza, le président du parti « Green Party ». Celui-ci était en compagnie d’un ami qui lui a révélé qu’il y avait un plan visant à éliminer, avant les élections, le journaliste, Frank Habineza et Victoire Ingabire. Le plan, concocté par le général Nziza, a été désapprouvé d’abord par Kagame, puis l’a finalement avalisé quand il lui a été présenté plus tard par le chef de ses gardes de corps, le Major Willy Rwagasana.

Le journaliste doute que ce plan puisse être mis en exécution, mais que ce doit être une façon de les intimider. Il souligne cependant que l’histoire récente montre que tout est possible.

Didas Gasana relève que cette maladie de Kagame est comme une arme de destruction massive et a fait beaucoup de dégâts suite aux "on-dit" susurrés à l’oreille de Kagame et qu’il a pris pour argent comptant. Joseph Sebarenzi et Patrick Habamenshi sont quelques civils qui en ont été victimes. Il a été reproché au premier d’être partisan du Mwami (roi) et de trahir le pays, le second pour soi-disant de lutter pour les intérêts des Hutu. Mazimpaka, Kanyarengwe, Karegeya et Kayumba en sont encore d’autres victimes.

Les "on-dit" rapportés à Kagame ont fait perdre au pays des hommes capables qui sont partis en exil et le mouvement est loin de s’arrêter.

Le complexe de supériorité (superiority complex), traduit par une arrogance démesurée, une autosatisfaction injustifiée, le fait de croire qu’on a le monopole de l’intelligence et du raisonnement, le dédain, la vanité, tel est le syndrome de cette autre maladie du président rwandais.

Ainsi lors du congrès du FPR en 2001, Mazimpaka et Kanyarengwe ont été accusés de haute trahison. Un des participants à la réunion, John Nkongoli, prit la parole et suggéra qu’une enquête soit diligentée par le Comité de discipline du parti pour voir clair sur ces graves accusations. Kagame le malmena séance tenante et Nkongoli fut relégué aux oubliettes. Et pour cause, Kagame ne supporte pas la contradiction. Quand il a parlé, personne ne doit rien redire. Le journaliste s’est demandé comment, dans ces conditions, il travaille avec ses conseillers comme Tony Blair. Comme c’est un « blanc » il est peut-être écouté, ajoute-il.

Dans une des crises de cette maladie, Kagame n’a-t-il pas traité Karegeya de « nothing » ou Oscar Kimanuka de raconter des « blablas ».

Enfin il y a le mensonge et l’état d’esprit de s’y prêter. Le journaliste a souligné qu’en abordant ce thème, il pèse ses mots de peur que Martin Ngoga, le Procureur général, ne l’inculpe pour diffamation et offense au Chef de l’Etat. Mais en vérité, se demande-t-il, comment expliquer que le Chef de l’Etat ose dire que le Rwanda a une auto-suffisance alimentaire alors que trois organisations : UNICEF, Action Aid et le PNUD sont unanimes pour dire que 50% de Rwandais vivent dans une famine endémique. Comment qualifier cette personne qui sort de tels propos vite démentis par des rapports des organisations crédibles ?

Dans le même cadre du mensonge, Kagame à déclaré au journal « The Monitor » que plus de 90% de Rwandais se sont réconciliés alors que le rapport du Sénat montre le contraire.

D’autres exemples de mensonges peuvent être relevés : sans froid dans les yeux Kagame a dit aux Rwandais qu’ils ont atteint un degré de développement satisfaisant, qu’il y a la démocratie au Rwanda, etc.

Le journaliste conclut son article en promettant aux lecteurs de leur parler la prochaine fois et gratuitement, du traitement adéquat pour guérir ces maladies qui rongent le président Kagame.

Libre traduction par:
Gaspard Musabyimana
12/03/2010.

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