Les lobbies du président Kagame ne manquent pas d’imagination pour vendre son image.
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Après avoir jeté le président français Nicolas Sarkozy dans les bras du général-président du Rwanda Paul Kagame, ce qui eut pour conséquence le gel des mandats d’arrêts du juge anti-terroriste français Jean Louis Bruguière, les conseillers en communication et les officines  chargés de promouvoir l’image du dictateur rwandais récidivent en organisant la rencontre entre le criminel recherché par la justice espagnole et le Premier Ministre d’Espagne.

Depuis quelques temps la presse fait état de l’invitation faite par l’ONU au général Paul Kagame, président du Rwanda, de co-présider, avec M. José Luis Zapatero, Premier Ministre d’Espagne, le groupe pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il est étonnant qu’un criminel notoire puisse être associé aux activités organisées aux quatre coins du monde et qui n’ont d’autres objectifs que de promouvoir son image en le présentant côte à côte avec les dirigeants des pays démocratiques.

Dans le cas d’espèce (co-présider, avec le premier ministre espagnol, le forum du Millénaire), les lobbies de Paul Kagame veulent le rapprocher de cet homme politique, afin de faire geler les mandats d’arrêt délivrés par un juge espagnol contre quarante personnalités du régime rwandais. Le initiateurs de cette opération tentent de refaire ce qu’un Bernard Kouchner, l’ami de toujours de Paul Kagame, a réussi en France en jetant dans les bras de Paul Kagame le président Sarkozy et du coup en jetant dans l’oubli les mandats d’arrêt délivrés par le juge anti-terroriste français Jean Louis Bruguière contre neufs personnalités proches du dictateur rwandais.

Le socialiste Zapatero a-t-il besoin de s’afficher avec l’assassin de citoyens espagnols toujours recherché par la justice de son pays ? Ou bien a-t-il été happé par la machine infernale des affairistes et des anciens politiciens qui ont pour tâche de vendre l’image du dictateur et de tout faire pour que les poursuites engagées contre lui-même ou ses proches ne puissent pas aboutir ?

Dans ce jeu de dupes, le seul dindon de la farce semble être le peuple rwandais. Pourtant, théoriquement souverain et de qui émane tout pouvoir, le peuple rwandais est au contraire humilié et méprisé par des forces occultes qui lui ont imposé une clique de bandits sans foi ni loi comme dirigeants depuis 1994. Celui qui a mené une guerre de conquête des plus meurtrières depuis 1990, fut imposé comme maître du Rwanda. Le pauvre peuple rwandais a même été obligé de le plébisciter dans une mascarade d’élections en 2003, alors que chaque famille rwandaise a perdu au moins un des leurs suite aux actes criminels du même Paul Kagame. Le dictateur entend de se faire de nouveau plébisciter et pour ça il n’a pas lésiné sur les moyens. Il a interdit l’enregistrement des partis d’opposition et a même inculpé leurs leaders de crimes aussi vagues que « véhiculer l’idéologie du génocide ». C’est le sort que subit Madame Victoire Ingabire présidente du parti FDU arrivée à Kigali en janvier 2010 avec l’intention de se présenter aux élections présidentielles d’août 2010. Elle est désormais assignée à résidence et même les avocats qui osent manifester l’intention de la défendre sont aussitôt arrêtés par Kagame (cas du Professeur Peter Erlinder).

C’est dans ces conditions que l’Union Européenne a cru bon de juger que l’envoi des observateurs aux élections présidentielles de 2010 au Rwanda n’était pas nécessaire étant donné que dans ce pays tout se déroulera très bien contrairement au Burundi et en RDC voisins.

Ainsi donc, ce qu’on appelle la « Communauté Internationale », entendez par là les puissances qui ont installé Kagame et sa clique au pouvoir au Rwanda, persiste et signe. D’après les récentes révélations de l’ancien Premier Ministre M. Faustin Twagiramungu, ces même puissances lui auraient signifié, après l’élection frauduleuse de Paul Kagame en 2003 et contre qui il s’était porté candidat, qu’il devait avaler la couleuvre et accepter que Kagame soit présenté comme élu car, disaient ces puissances, il fallait privilégier la sécurité à la démocratie.

En clair, Paul Kagame a pris le peuple rwandais en otage en faisant admettre que s’il n’était pas au pouvoir, il provoquerait une insécurité comme celle qu’il a alimentée depuis octobre 1990. Le plus révoltant est que cette « Communauté Internationale » ait abondé dans ce raisonnement criminel et fait tout pour imposer au peuple rwandais un dictateur doublé d’un criminel notoire. Dans leurs agissements, ces faiseurs de roi ont déjà choisi le prochain président du Rwanda après août 2010 puisque Paul Kagame en personne est déjà invité dans plusieurs rencontres de ce programme du Millénaire prévues à partir de septembre 2010. Il est vrai que l’appel aux urnes de la population pour août 2010 n’a rien à voir avec de véritables élections démocratiques dans lesquelles le peuple exprime sa volonté. Ce ne sera qu’une Nième opération de communication du régime pour tenter de légitimer et de pérenniser la dictature au Rwanda.

Emmanuel Neretse
Gaspard Musabyimana
05/07/2010

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