La zone G
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Rubrique : Culture
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Publié le 7 Août 2011 par Gaspard Musabyimana

Dans les années quarante, le gynécologue allemand Ernst Grafenberg signala dans ses travaux la découverte d’une zone érogène située dans la paroi avant du vagin. Lorsque, par la suite, d’autres chercheurs, les Américains Beverly Whipple et John Perry, découvrirent que cette zone existait bel et bien, ils lui donnèrent le nom de G-spot (G pour Grafenberg). Ils s’aperçurent également qu’une femme qui atteint l’orgasme par la stimulation de cette zone sécrète une petite quantité de liquide blanc. Celui-ci s’est révélé avoir la même composition que le liquide sécrété par la prostate chez l’homme. Ils ont également découvert des plexus nerveux (réunion de plusieurs terminaisons nerveuses) semblables dans la prostate et dans la zone G.

Au début, Whipple et Perry se heurtèrent au scepticisme général du monde médical. Celui-ci ne céda que lorsqu’ils démontrèrent que chacune des quatre cents personnes testées possédait effectivement cette zone G. Aucun spécialiste ne pouvait plus nier l’évidence.

Les chercheurs américains mirent aussi en lumière un autre aspect de la question. Ils avaient remarqué que beaucoup de femmes qui utilisaient un diaphragme comme moyen de contraception se plaignaient d’éprouver des sensations sexuelles moins intenses. Elles éprouvaient beaucoup plus de plaisir lorsqu’elles prenaient encore la pilule ou que leur partenaire utilisait un préservatif. Selon Whipple et Perry, cette diminution de sensibilité est due essentiellement au fait que le diaphragme ne couvre pas seulement le col de l’utérus, mais aussi une partie de la paroi du vagin et notamment la zone G. Celle-ci ne peut donc plus être stimulée directement. La solution proposée était de stimuler la zone G avant d’introduire le diaphragme ou, plus simple encore, d’utiliser un autre moyen de contraception.

Qu’est-ce que la zone G?

Il s’agit d’un nœud (plexus) de terminaisons nerveuses et de vaisseaux sanguins, qui est situé près de l’urètre. En temps normal, on ne peut la déceler. Ce n’est qu’en cas de stimulation du vagin que cette zone se met à enfler, parfois très rapidement, et qu’une petite boule apparaît sur la paroi du vagin.

Les spécialistes ne s’accordent pas encore sur la question de savoir si la zone G a une autre fonction que simplement sexuelle. Certains pensent qu’elle se développe pendant la grossesse. Ils fondent cette opinion sur le fait que beaucoup de femmes disent que, lorsque leur zone G est stimulée, elles ont l’impression que quelque chose est poussé vers le bas dans le vagin. Il se pourrait donc que la zone G joue un rôle dans l’accouchement.

Où se trouve la zone G?

La zone G n’est pas aussi facile à trouver chez toutes les femmes. Elle se situe approximativement à mi-chemin entre le pubis et le col de l’utérus dans la paroi antérieure du vagin. Chaque femme peut déterminer par elle-même l’endroit précis. Celui-ci est plus difficile à trouver en position couchée qu’accroupie par exemple. En effet, sous l’action de la pesanteur, la zone se déplace vers le fond du vagin.

La stimulation de la zone G donne parfois la sensation de devoir uriner.

Si la femme introduit son doigt dans son vagin et le déplace vers le haut, la zone G va se mettre à enfler. Au toucher, on dirait une petite boule de la taille d’un haricot. Du reste, la zone G n’a pas la même grandeur chez toutes les femmes. Cela n’influence cependant en rien sa sensibilité. En stimulant la zone G, une femme peut obtenir un orgasme bien plus intense qu’en agissant sur le clitoris.

Une expérience commune

Un orgasme atteint par stimulation de la zone G est bien plus satisfaisant s’il est partagé par le partenaire. Lui aussi peut localiser la zone G chez sa compagne. La stimulation de la zone G au cours des rapports sexuels dépend de la position choisie. Pour la plupart des Occidentaux, la position dite «du missionnaire», est la plus courante. Cependant, elle ne convient guère à la stimulation de la zone G. En effet, le pénis frotte alors surtout contre la paroi arrière du vagin, alors que la zone G se trouve dans la paroi avant.

Les positions qui se prêtent le mieux à une action sur la zone G sont la pénétration par l’arrière, ainsi que les variantes de la position cavalière, où la femme est assise à califourchon sur l’homme.

Dans le premier cas, le pénis atteindra la paroi antérieure du vagin, surtout si la femme bouge quelque peu les hanches. Elle peut aussi dans une certaine mesure guider l’opération.

La zone G est également stimulée lorsque la femme est assise sur l’homme ; la femme peut alors guider le pénis.

La zone G chez l’homme

Les hommes ont également une zone G: c’est la prostate. Cette glande produit notamment la plus grande partie du liquide où se meuvent les spermatozoïdes. Beaucoup d’hommes éprouvent un orgasme bien plus intense lorsque leur prostate est stimulée. Parfois, ils éjaculent même d’une autre façon. Au lieu de se dérouler par à-coups, l’éjaculation prend la forme d’un écoulement lent.

Pour trouver sa prostate, l’homme doit mettre un doigt dans son anus. Il lui sera plus facile d’y accéder s’il se couche sur le dos, les genoux pressés sur la poitrine. En pressant alors sur la paroi avant du rectum, il sentira sa prostate. Celle-ci a à peu près la forme et la taille d’une noix.

Pour l’homme, il est également plus agréable de découvrir cette sensation avec sa partenaire. Il faut simplement faire attention à quelques détails. Tout d’abord, les ongles ne doivent bien sûr pas être trop longs, sans quoi ils pourraient blesser la muqueuse délicate du rectum. Il est également conseillé d’utiliser un lubrifiant soluble dans l’eau. En effet, l’anus ne s’humidifie pas comme le vagin. La plupart des hommes ne sont pas habitués à sentir quelque chose dans leur anus et ne trouveraient certainement pas agréable la sensation d’un doigt qui y pénètre rêchement. Il est bon aussi qu’après l’introduction, la femme attende quelques instants de bouger son doigt, afin de donner à l’homme le temps de s’y habituer. Peut-être certaines femmes seront-elles dégoûtées par cette idée parce qu’elles pensent qu’il se trouve encore des excréments dans l’anus. Ce n’est toutefois jamais le cas, sauf s’il y a constipation. La femme doit cependant laver son doigt immédiatement après pour éliminer les bactéries. Pour éviter tout risque, elle peut naturellement toujours utiliser un gant chirurgical en plastique.

Un homme stimulé de cette façon atteint parfois même un orgasme sans que sa femme touche son pénis. Cela ne veut bien sûr pas dire qu’il soit interdit de stimuler le pénis: son orgasme n’en sera que plus intense.

[Tiré de A. Winandy et alli, Amour et Sexualité, Ed. Christophe Colomb 1990, pp.88-92].
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