Actualité des Grands-Lacs/Semaine du 22 au 28/10/2011
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Rubrique : Actualité


Publié le 29 Oct 2011 par Gaspard Musabyimana

En RDC, on s’interroge toujours sur la tenue des élections à la date fixée et sur la manière dont elles se dérouleront, le porte-parole de l’UDPS ayant déclaré en fin de semaine qu’il n’était pas opposé au découplage si la CENI reconnaissait qu’elle ne pouvait organiser les législatives à la date convenue. Une ONG internationale africaine évoque ses doutes sur la transparence du processus électoral, sur la localisation des bureaux de vote, sur le transport des urnes, etc. Des partis politiques à Goma sont inquiets pour ce qui regarde l’accès des témoins des partis et des observateurs, sur la précocité de la campagne, etc., tandis que les urnes électorales ne sont toujours pas arrivées de Chine où elles ont été commandées.

La MONUSCO s’inquiète par ailleurs de l’impréparation de la police en cas troubles et une quarantaine d’ONG, dont la FIDH, s’inquiète aussi de la dégradation de la situation sécuritaire et de l’importance du potentiel de violence à l’approche des élections. Quant au gouvernement, il a assuré par la voix du ministre des Affaires Etrangères que les élections « apaisées » — les appels en ce sens se multiplient — auraient lieu à la date fixée, tandis que la CENI, qui a reçu un nouveau chèque de 20 millions $ du ministère des Finances et a décidé de muter les secrétaires exécutifs hors de leur région d’origine, organise un colloque entre candidats présidentiels « pour des élections apaisées » et qu’un accord est finalement intervenu entre elle, les partis de la majorité et ceux de l’opposition sur l’audit du fichier électoral.

De son côté, l’UDPS, dont le président va entreprendre une tournée dans l’est et dont une délégation en visite à Bunia prétend avoir le soutien du parti de Lubanga en prison à La Haye – ce que dément le parti de Vital Kamerhe qui a signé un accord avec lui – entretient une stratégie de la tension tout en acceptant une rencontre avec le ministre de l’Intérieur pour discuter d’ « apaisement ». Alors que Vital Kamerhe (et les autres formations) ont signé le code de bonne conduite pour des élections apaisées, l’UDPS a d’abord déclaré vouloir signer ce code pour se rétracter par la suite. Par ailleurs, des affrontements ont eu lieu entre la police et des militants dans le fief kinois d’Etienne Tshisekedi et une autre manifestation d’un mouvement de soutien au chef de l’UDPS a eu lieu à Kinshasa au cours de laquelle deux journalistes de Radio Okapi ont été interpellés : une nouvelle manifestation, prévue le jeudi, a cependant été annulée, les participants peu nombreux ces derniers temps étant sans doute échaudés par la dispersion violente des précédentes manifestations.

Pendant ce temps, les partis se préparent à la campagne électorale qui débute formellement le vendredi 28, l’association Human Rights Watch incitant les candidats à ne pas inciter à la violence : à ce propos, on signalera que le budget des candidats présidentiels importants est un sujet tabou que la radio-télévision nationale s’en prend au Conseil supérieur de l’audio-visuel, nouvellement créé, qui a décidé de produire des émissions pendant la campagne et de mettre à cet effet un studio à la disposition des acteurs politiques.

Parmi les autres nouvelles politiques, on signalera que la RDC n’aura sans doute pas de budget pour 2012. Les textes n’ont toujours pas été examinés par les assemblées : le Sénat a interrompu ses travaux pour entrer en campagne électorale, tandis qu’à l’Assemblée nationale, les députés réclament que les jeeps qu’on leur avait promises pour leur campagne soient mises à leur disposition.

Dans le domaine de la sécurité, le porte-parole des opérations Amani a mis en garde contre la constitution de groupes d’autodéfense au Nord-Kivu. Dans cette même province, un militaire a été tué et cinq autres personnes enlevées en territoire de Lubero par un nouveau chef Maï-Maï, dissident des Maï-Maï de Lafontaine, lequel a été cependant abattu le jour même par les FARDC. Au Sud Kivu, huit personnes ont été tuées par des hommes armés non identifiés en territoire de Mwenga. En Province Orientale, la localité aux mains des FRPI la semaine dernière a été reprise par les FARDC dont des éléments se sont tirés dessus près de Bunia en croyant qu’ils avaient affaire à cette milice. Enfin, des chefs de chefferies du territoire de Mambassa accusent les militaires de l’armée régulière de braconnage.

Dans le domaine de la justice, les magistrats de Lubumbashi réclament des conditions de traitement adéquates pour pouvoir se mettre au travail. En matière de liberté de la presse, une chaîne de radio télévision, proche de Vital Kamerhe, a été délogé de force de son siège en exécution d’une décision du tribunal dans une affaire opposant deux autres tiers, une ONG médicale et une entreprise textile, à propos de la concession de l’immeuble. Un autre opposant, Roger Lumbala, dont la chaîne avait récemment été incendiée et qui avait évoqué à cette occasion un musellement de l’opposition, a refusé de répondre à une convocation du parquet. Enfin, Journaliste en Danger dénonce l’arrestation d’un journaliste accusé d’imputation dommageable contre un prêtre accusé de mauvaise conduite.

Dans le domaine économique, le président Kabila a inauguré la centrale de Katende (Kasaï Occidental), un projet vieux de plus de 50 ans. Dans le secteur minier, les creuseurs de Nyunzu au Katanga ne parviennent pas à écouler des dizaines de tonnes d’or, de coltan, et de cassitérite : le comptoir d’achat qui a le monopole d’achat prétend qu’il manque de liquidités et qu’il est débordé par l’offre. Dans le domaine financier, des personnalités politiques, dont le conseiller spécial du Chef de l’Etat, Pierre Lumbi, et le gouverneur de la Banque Centrale, Jean-Claude Masangu, sont appelés à comparaître dans le cadre de la banqueroute de la Banque congolaise.

Dans le domaine de l’enseignement, les professeurs de l’UNIKIN menacent de débrayer au cas où ils n’obtiennent pas satisfaction dans la question de la vente à crédit de véhicules qui leur sont destinés.

Au Burundi, la police a tué quatre hommes armés dans la province de Cibitoke : ils sont suspectés d’être des combattants du FNL. Dans le domaine politico-économique, le pays est classé pour la deuxième fois dans la liste des pays d’Afrique les plus corrompus par Transparency International.

En Ouganda, le principal opposant au président Museveni est maintenu en résidence surveillée : des dizaines d’autres opposants ont été arrêtés dans le pays ces derniers jours.

Au Rwanda, un ancien Premier ministre vivant en exil aux Etats-Unis est rentré au pays. Le pouvoir menace de déchoir de leur nationalité tous les réfugiés vivant en RDC. Enfin, de nouveaux témoignages sur les viols commis par des soldats français lors de l’opération Turquoise en 1993 ont été publiés par un journal qui a été piraté.

Kris Berwouts
EurAC

29/10/2011

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