Le FPR est friand de symboles
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Rubrique : Actualité


Publié le 5 Déc 2011 par Gaspard Musabyimana

« Le FPR est friand de symboles ». Cette phrase est du général Léonidas Rusatira dans son livre : « Rwanda, le droit à l’espoir » (L’Harmattan, 2005). Rusatira a quitté les camps de réfugiés de l’ex-Zaïre pour rejoindre le FPR. Arrivé à Kigali, il a été conduit nuitamment, lui et sa suite, à Masaka dans l’ancienne résidence du directeur de l’orphelinat Sainte-Agathe. Décrivant cette épisode, Rusatira écrit : « Le FPR est friand de symboles. Nous comprenions sans peine que nous étions des orphelins politiques du président Habyarimana, peu importe les convictions des uns et autres » (p.82).

Cette situation vécue par Rusatira n’est pas isolée. Une rétrospective montre que ce recours au symbolisme cynique est constant dans les agissements du FPR envers les Hutu qui lui ont fait confiance.

Bizimungu, Kanyarengwe, Agathe UwilingiyimanaEn 1990, après la mort de Fred Rwigema et le retour précipité de Paul Kagame des USA, Alexis Kanyarengwe fut propulsé à la tête du FPR. Il y joua un rôle de figurant, loin du front. Le symbolisme le plus parlant s’est fait jour quand il a signé les accords d’Arusha avec le président Juvénal Habyarimana, son ennemi d’hier, sous l’œil moqueur de Paul Kagame et de sa suite qui considéraient cette cérémonie comme une affaire hutu-hutu. A la victoire du FPR, les membres de la famille Kanyarengwe à Ruhengeri furent décimés. Il ne put même pas placer un mot pour réclamer une enquête en vue de punir leurs assassins. Il est mort le chagrin au cœur.

Pour rappel, le FPR qui avait un agenda cahé de prendre le pouvoir par la force, nomma Pasteur Bizimungu comme chef de la délégation aux négociations d’Arusha. Son excès de zèle dans ses interventions étonnait plus d’un. A la victoire du FPR, Bizimungu joua un rôle de président de la république sous la supervision du général Paul Kagame qui s’est mis en embuscade comme vice-président. Pour lui montrer que ce poste qu’il a occupé n’était qu’une mise en scène, Bizimungu fut poussé à la démission et jeté en prison comme un vulgaire bandit.

Les exemples peuvent être multipliés. Alors que les lieux de détention regorgent de plus de 99% de Hutu, le FPR a nommé le général Rwarakabije, un hutu ancien commandant des FDRL, comme directeur des prisons. Les prisons rwandaises sont un enfer sur terre. On y meurt de faim, de maladies et autres mauvaises conditions de vie. Rwarakabije regarde cela sans pouvoir agir d’aucune façon.

Les TIG (travaux d’intérêt général), une sorte d’esclavagisme des temps modernes et qui rappellent la période des corvées du régime féodal du Rwanda ancien, sont dirigés par Evariste Bizimana, un autre hutu débarqué de Bruxelles. Les tigistes sont concentrés dans des camps sur des grands axes où le matin, sous le coup de sifflets, ils se lèvent pour concasser les pierres à longueur de journée. Une autre équipe est là pour les paver dans des routes carrossables, centimètres sur centimètres, et cela sur plusieurs kilomètres. Les contremaîtres sont à leurs trousses avec la chicotte pour rappeler à l’ordre les récalcitrants ou ceux qui sont considérés comme fainéants. Bizimana est au courant de la situation de ces forçats mais il doit l’avaliser pour contenter ses maîtres.

A l’extérieur, des réfugiés hutu se comptent par milliers. Le général Gatsinzi, un hutu, a été nommé ministre pour s’en occuper. Il est en en train de défendre la cessation du statut de réfugiés rwandais. Pourtant, lui même a dû mettre sa femme et ses enfants en sécurité en France depuis plus de 10 ans, mais il doit faire son job.

Twagiramungu, Kanyarengwe à ArushaDes émissaires du FPR parcourent actuellement bon nombre de pays occidentaux pour recruter des Hutu en leur miroitant des postes juteux pour les attirer au Rwanda. Mais l’histoire a montré que depuis que le FPR existe, il a montré son vrai visage, celui d’un mouvement éthniste. Il suffit de voir le sort qu’il a réservé aux Hutu qui lui ont fait confiance : Seth Sendashonga a été assassiné à Naïrobi, le premier ministre Faustin Twagiramungu, les ministres JMV Ndagijiman, JB Nkuliyingoma, André Bumaya, le général Habyarimana, le colonel Ndengeyinka, les ambassadeurs Christophe Mfizi (France) et Jean-Pierre Bizimana (Pays-Bas), le sénateur Safari Stanley, etc. ont tous dû déchanter et demander asile politique en Occident et ailleurs.

Ceux qui sont en train d’être recrutés devraient donc se nourrir des expériences passées avant de se jeter dans la gueule du loup. Une fois arrivés à Kigali, ils seront promus puis instrumentalisés, puis humiliés. A la moindre réaction, ils prendront encore la fuite si entretemps ils n’ont pas été mis en prison voire assassinés. A bon entendeur, salut !

Jane Mugeni
05/12/2011

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