L’immixtion du président P. Kagame dans le dossier judiciaire de Mme Ingabire
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Rubrique : Actualité


Publié le 14 Déc 2011 par Gaspard Musabyimana

L’immixtion du Président Paul Kagame dans le dossier judiciaire de Mme Ingabire prouve sa nature politique

Pendant la conférence de Presse tenue à Munyonyo dans la banlieue de Kampala à la fin d’une visite d’officielle de deux jours en Ouganda et qui a été retransmise par la télévision locale, l’Ouganda NTV, le Président Paul Kagame a surpris le public en affirmant que Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente des FDU-Inkingi, incarcérée à Kigali,  avait plaidé coupable devant les services de sécurité. Après un moment d’hésitation et d’embarras, le Président Paul Kagame a affirmé que Mme Ingabire "avait en grande partie reconnu la plupart des accusations portées contre elle " à savoir la trahison, le terrorisme et l’idéologie du génocide. Selon BBC-GahuzaMiryango dans son émission du 12/12/2011 à 18h30, Le Président Kagame aurait ajouté que les avocats ont abandonné la Présidente des FDU-Inkingi, ce qui n’en est rien, puisque, pas plus tard que ce 13/12/2011, un de ses avocats l’a défendue devant la Cour.

Ce n’est pas la première fois que le Président Paul Kagame affirme que son gouvernement détenait des preuves irréfutables contre Mme Victoire Ingabire Umuhoza. Pourtant, l’accusation peine toujours à convaincre de la culpabilité de Mme Victoire Ingabire Umuhoza, même face aux juges acquis à la cause défendue par le gouvernement du Général-Président. Le 22 mai 2010, dans une interview au journal ougandais The Monitor, il a déclaré: « nous avons les preuves contre elles sur dix chefs d’accusation qu’elle a toujours niés. Maintenant, face à l’évidence des preuves que nous avons mises devant elle, elle a reconnu sa culpabilité dans sept des dix chefs d’accusation » ! Lors de la cérémonie d’investiture du 06 octobre 2010, faisant suite à la mascarade électorale d’août 2010, le Président Paul Kagame a annoncé l’arrestation imminente de Mme Victoire Ingabire Umuhoza et a défié la Communauté Internationale de continuer le soutien aveugle d’une leader d’opposition soupçonnée de divisionnisme et de propagation de la haine. Huit jours après, elle a été arrêtée et incarcérée à la prison centrale de Kigali.

 En agissant ainsi, le Président Paul Kagame, comme à son habitude, fait pression sur la cour en montrant aux juges la ligne à suivre. Ces pressions s’accentuent à chaque fois que le régime rwandais est mis en difficulté ou lorsqu’il est soupçonné d’être impliqué dans les assassinats ou tentatives d’assassinat d’opposants ou de journalistes indépendants. Au moment où de lourds soupçons pèsent sur Kigali dans l’assassinat du journaliste Charles Ingabire, à Kampala en Ouganda, le 1er décembre 2011, le Président rwandais a choisi de traiter de voleur le défunt journaliste, comme pour signer son assassinat ! Il en fut de  même lors de l’assassinat de l’ancien Ministre de l’Intérieur  M. Seth Sendashonga exilé au Kenya, en 1998.

Les FDU-Inkingi mettent au défi le Président Paul Kagame et son gouvernement d’apporter la moindre preuve de l’aveu de culpabilité de Mme Victoire Ingabire Umuhoza devant les services de sécurité ou à qui que ce soit d’autre.

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Conférence de Kagame en vidéo 

A notre connaissance un tel aveu n’existe nulle part, encore moins dans le volumineux dossier d’accusation soumis à la Cour. De plus, si une telle preuve existe, ça serait un miracle que l’accusation l’apporte au Président et à la Cour. Ceci met sévèrement en danger l’indépendance de la justice.

Les FDU Inkingi exhortent l’opinion publique à ignorer cette campagne malveillante et ces interférences dans un processus judiciaire en cours, ce qui montre à suffisance, si besoin en était encore, le genre de justice que nous avons au Rwanda.

Les défenseurs du gouvernement rwandais, qui parlent d’une justice équitable, devraient reconsidérer leur position à la lumière de cette tentative pitoyable d’influencer l’issue du procès. Il est pratiquement impossible pour un juge rwandais de ne pas succomber à de telles annonces émanant des plus hautes autorités de l’Exécutif.

Les FDU INKINGI prient, une fois de plus, tous ceux qui sont intéressés par la vérité, d’œuvrer en faveur de la cause que nous n’avons cessé de défendre : notre contentieux avec le pouvoir de Kigali est politique, rien de plus. Plus que jamais Mme Victoire Ingabire Umuhoza doit être considérée comme une prisonnière politique et traitée comme telle.

En même temps, nous dénonçons les harcèlements et les pressions du régime sur une prisonnière, par définition une personne dépouillée de sa liberté, pour négocier ou soustraire une quelconque facilité politique. Madame Ingabire a été envoyée au Rwanda, mandatée par son parti, nous demandons au gouvernement rwandais de lui rendre sa liberté sans délais, avant d’envisager toute discussion constructive, qui ne saurait avoir lieu qu’avec des personnes libres et mandatées par le parti.

Fait à Lausanne, le 14 décembre 2011

Dr Nkiko Nsengimana,
Président du Comité de Coordination des FDU-Inkingi

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