Actualité des Grands Lacs – Semaine du 18 au 24 février 2012
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Rubrique : Actualité


Publié le 1 Mar 2012 par Gaspard Musabyimana

En RDC, le processus électoral difficile, qui a fait l’objet d’un entretien entre l’écrivain congolais Jean Bofane et la vice-présidente du Parlement européen, se poursuit avec le début de l’examen des 500 recours déposés par les candidats aux élections législatives auprès de la CSJ à laquelle le gouverneur de l’Equateur, fondateur d’une dissidence du MLC, a été déféré par la CENI pour « intimidations et destructions de bulletin de votes ».

Par ailleurs, l’Assemblée nationale a tenu sa deuxième séance plénière consacrée à la désignation des commissions de validation des pouvoirs et mandats des élus : au cours de cette séance, une centaine de députés, dont ceux de l’UDPS, manquaient à l’appel. À propos de ce parti, on signalera que son secrétaire général adjoint a déclaré exclure de l’UDPS les élus qui siègeraient à l’Assemblée nationale, une décision contestée par certains élus, et donc également le président provisoire membre de ce parti dont la résidence dans le Bas Congo aurait été saccagée.

De son côté, le ministre porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a assuré que les portes sont ouvertes pour un dialogue avec l’UDPS en dépit de l’attitude de son chef, Etienne Tshisekedi : le ministre a même affirmé qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que ce dernier puisse être désigné comme Premier ministre par le président réélu. Le même porte-parole a également déclaré que les élections provinciales, qui ne pourront avoir lieu qu’après une évaluation du processus électoral, selon le vice-président de la CENI, ne pourraient se tenir sans une intervention financière des partenaires internationaux, ce à quoi la MONUSCO a répondu que ces élections étaient de la responsabilité de la RDC tout en ne fermant pas la porte à une assistance éventuelle pour la tenue de ces élections : son porte-parole a par ailleurs contredit le ministre Mende en affirmant que les contributions extérieurs au processus électoral s’étaient élevées à près de 30 % du coût total. 

L’interdiction de la marche des Chrétiens et les incidents qui l’ont accompagnée continuent à faire des vagues chez les partenaires de la RDC qui haussent le ton, tandis que le porte-parole du gouvernement  accuse certains acteurs, comme l’Union européenne, de s’ingérer dans les affaires intérieures du Congo, ce que nie l’ambassadeur de France à Kinshasa. La MONUSCO quant à elle appelle des autorités congolaises à respecter les libertés, tout en se déclarant satisfaite  de la tenue des premières sessions plénières de l’Assemblée nationale. De son côté, le ministre belge des affaires Etrangères, qui a annoncé un prochain voyage officiel dans la région des Grands Lacs, déplore l’emploi excessif de la force par la police et des bandes armées.

Cette période post-électorale est aussi fertile en dénonciations diverses sur les dérives en matière de droits humains au Congo. Au Kasaï Oriental (qui a voté massivement pour l’UDPS), la FEC dénonce la chasse à l’homme contre certains opérateurs économiques interpellés par l’ANR. On signalera également que trois diplomates congolais de haut rang ont démissionné de leur poste à Londres, accusant le gouvernement congolais d’ « actes de terreur » : le ministre congolais des Affaires Etrangères déclare à ce propos que ces diplomates, qui étaient rappelés à Kinshasa, ont demandé en fait l’asile politique. Par ailleurs, l’ASADHO invite le ministre de la Justice à mettre en place une commission spéciale sur les atteintes aux droits humains avant et après les élections, tandis qu’une autre ONG des droits de l’homme, le RENADHOC, proteste contre les déclarations du porte-parole du gouvernement selon lesquelles les ONG seraient des partis politiques. De son côté, la veuve du militant des droits humains assassiné l’an dernier, Floribert Chebeya, accuse le régime Kabila de couvrir le commanditaire de la mort de son mari et déclare que les défenseurs des droits de l’homme sont menacés de mort au Congo. On mentionnera enfin que 52 Congolais expulsés d’Afrique du Sud ont été mis en prison à Lubumbashi. 

En matière de sécurité dans les régions de l’est, une nouvelle opération FARDC – MONUSCO a été lancée contre les FDLR dans les territoires du Sud Kivu. Au Nord Kivu, l’insécurité continue à être entretenue par des prises d’otages perpétrés par les Maï-Maï Cheka dans certains villages du territoire de Walikale, tandis que dans le territoire de Rutshuru les populations fuient leurs villages par crainte d’attaques de groupes armés. En Province Orientale, un dialogue aurait été entamé avec les mutins du camp de Marabo près de Bunia en Ituri : pour l’Etat-major, il s’agirait plus d’actes d’indiscipline que de mutinerie. Toujours en Ituri, les rebelles du FRPI ont pillé du bétail en territoire d’Irumu. Enfin, au Katanga, la garde républicaine a tabassé une personne qui urinait devant les murs d’une propriété appartenant à un membre de la famille présidentielle, tandis que quelques miliciens Maï-Maï du chef Gédéon en fuite ont été arrêtés sur l’axe routier Lubumbashi – Kasumbalesa, la population craignant dans la région du sud de Manono des affrontements armés.

Dans le domaine économique, on signalera que la nouvelle société aérienne belgo-congolaise débutera ses opérations à partir de mars – avril prochain. 

Au Burundi, le numéro 2 du parti MSD, accusé du meurtre d’un agent de l’OMS en 2001, a été remis en liberté provisoire, tandis que le président d’une association de lutte contre la corruption, accusé de « fausses déclarations », a été mis en liberté sous caution. De son côté, l’Union européenne s’inquiète une nouvelle fois de multiples violations  sur le plan des droits de l’homme, de la justice et de la corruption au Burundi.

En Ouganda, l’opposant Kizza Besigye a été hospitalisé après avoir été blessé au cours d’une nouvelle manifestation contre la vie chère. Sur le plan économique, le gouvernement a signé le contrat avec la société pétrolière Tullow Oil, ce qui fera de ce pays un gros producteur d’hydrocarbures : des inquiétudes se font jour sur le manque de transparence et le risque de corruption.

En ce qui concerne le Rwanda, une nouvelle crise diplomatique s’ouvre entre Kigali et Paris : la France a en effet rappelé pour consultation son ambassadeur de Kigali suite au refus du Rwanda d’agréer le nouvel ambassadeur nommé par le ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé, en froid avec Kigali. Par ailleurs et toujours à Paris, une plainte a été ouverte pour génocide contre un ancien ministre rwandais qui réside en France depuis 2009.

EurAC
01/03/2012

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