Actualité dans les Grands Lacs – Semaine du 7 au 13 avril 2012
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Rubrique : Actualité


Publié le 16 Avr 2012 par Gaspard Musabyimana

En RDC, l’affaire des désertions d’officiers liés au « coup de force » attribué au Général du CNDP, Bosco Ntaganda, sur lequel pèse toujours un mandat d’amener de la CPI et que l’on dit impliqué dans des trafics d’or et autres, continue à occuper le devant de l’actualité. L’intéressé, dont la position s’est fragilisée selon certains observateurs, a déclaré qu’il n’était pas en fuite et qu’il se trouvait à Goma où il a rédigé un mémorandum de revendications sur les conditions de vie déplorables des militaires et sur les détournements de fonds par la hiérarchie.

Quant aux régions touchées par ces défections, elles concernent Rutshuru où un camp militaire a été pillé avant que les militaires n’acceptent de se rendre, Uvira, où militaires et officiers du CNDP ont rejoint assez vite les rangs des FARDC, et Bunagana, ancien fief de Laurent Nkunda, d’où 15.000 personne ont fui en Ouganda avec quelques militaires arrêtés par l’armée ougandaise et qui a été rapidement récupérée par les FARDC.

Quatre jours après ces défections, la situation était maîtrisée, les sociétés civiles exigeant des mesures disciplinaires comme à Baraka, au Sud Kivu, où une « marche de la colère » de la population contre la nomination d’un nouveau commandant du CNDP était annulée en dernière minute.

Alors que la représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des N.U. élevait la voix pour réclamer des sanctions, le président Kabila se rendait en personne à Goma avec le chef de la MONUSCO, Roger Meece, qui dénonça la menace représentée par Bosco Ntaganda, et avec le chef d’Etat major, Didier Etumba, qui promettait de « traquer les indisciplinés ». À l’issue de son séjour, le chef de l’Etat annonçait de manière ambiguë que Bosco Ntaganda pouvait être arrêté et jugé comme n’importe quel militaire pour « indiscipline », ce qui écartait tout renvoi devant la CPI, tout en déclarant qu’il n’agissait pas « sous la pression internationale », mais pour les populations du Kivu : certains observateurs doutent que cette arrestation aie réellement lieu.

Dans la foulée, le président prenait une autre décision tout aussi étonnante : la suspension de toutes les opérations militaires, y compris celle d’ « Amani Leo »  chargée de la lutte contre le FDLR et composée de nombreux éléments du CNDP. Alors que la traque continue contre quatre officiers déserteurs alliés du général Ntaganda au Sud Kivu où le Chef de l’Etat a décidé de confier le commandement à la 10ème région militaire et où les Maï-Maï Raia Mutomboki de Shabunda ont signé un accord de désarmement avec les FARDC, la MONUSCO estime pour sa part que la situation reste « sérieuse » au Nord Kivu.

Toujours dans le domaine de la sécurité, on signalera que les affrontements entre les FARDC et des braconniers Maï-Maï ont fait plus de 5.000 déplacés en Ituri, qu’au Kasaï Oriental, des militaires qui devaient être envoyés au Kivu se sont signalés dans des communes de Mbuji-Mayi par des exactions contre des civils et qu’au Katanga, où des tracts pour l’indépendance du Katanga ont circulé dans la ville de Lubumbashi et ont mis l’armée en alerte, des FDLR ont attaqué un convoi de véhicules non loin de Kalemie. Par ailleurs, en Equateur, une opération de police qui a fait des victimes a été menée près de Mbandaka contre les adeptes d’une secte accusée de viols, d’esclavage sexuel, de tortures et de vols.

Enfin, on mentionnera que le chef du commandement militaire US pour l’Afrique (AFRICOM) s’est rendu à Kinshasa où il a marqué la détermination américaine à réformer le secteur de la sécurité en RDC.

Dans la vie politique, il n’y a toujours pas de gouvernement en RDC, ce qui bloque la vie du pays selon l’opposition. Quant à l’Assemblée nationale, l’élection de son bureau définitif qui doit en principe être composé de cinq membres de la majorité et deux de l’opposition (dont un de l’UDPS) a été reportée à deux reprises cette semaine. Le bureau a été finalement élu avec comme président le secrétaire général de la majorité présidentielle, Aubin Minaku, tandis que l’ancien président provisoire, membre de l’UDPS, mais exclu de son parti, a été élu 2ème vice-président : les députés de l’opposition n’ont pas participé au vote car ils accusent la majorité de vouloir imposer elle-même tous les membres du bureau, y compris ceux qui représenteraient l’opposition. On notera aussi que le député Roger Lumbala qui dirige la plate-forme « Soutien à Etienne Tshisekedi » a décidé de siéger à l’Assemblée nationale, ce qui affaiblit d’autant la position du patron de l’UDPS dont la permanence a cependant été rouverte à Mbuji-Mayi.

Du côté de la CENI, dont la coalition de la société civile demande à faire désormais partie, le calendrier de l’élection de deux gouverneurs, élus députés, n’a toujours pas eu lieu conformément à la loi. Par ailleurs, en parallèle à d’autres évaluations, le président de la CENI a ouvert un atelier d’évaluation où il a énuméré les défaillances dans l’organisation des élections.

Dans le domaine de la liberté d’expression, le ministre de la Justice a demandé que la commission de censure n’autorise pas la diffusion en RDC du film du cinéaste belge Thierry Michel sur l’assassinat de Floribert Chebeya, film qui serait diffamatoire à l’égard du Chef de l’Etat, selon le ministre : le RENADHOC a entamé à ce propos des négociations avec le ministre qui dit vouloir discuter avec le réalisateur.

Dans le domaine économique, la nouvelle compagnie d’aviation belgo-congolaise Korongo Airlines va incessamment débuter ses vols par des liaisons Kinshasa – Lubumbashi et Lubumbashi – Johannesburg. Par ailleurs, un nouveau rapport de la Banque mondiale pointe du doigt la faible gouvernance et le manque de transparence dans la gestion de l’économie congolaise : le rapport se montre critique à l’égard de la nouvelle loi concernant l’agriculture.

Au Burundi, l’Observatoire de lutte contre la corruption a décidé de commémorer par une série d’activités l’assassinat de son vice-président en avril 2009 : plusieurs associations de la société civile demandent que toutes les pistes soient explorées pour découvrir la vérité sur cet assassinat.

En Ouganda, la firme pétrolière britannique Tullow Oil a nié catégoriquement avoir versé des paiements illicites à des hommes politiques ougandais à l’occasion d’un marché d’exploitation pétrolier de près de 3 milliards $ qui doit débuter, avec des entreprises française et chinoise, en 2016.

Au Rwanda, la CSJ a réduit les peines de prison contre une directrice d’un bimensuel privé et une de ses journalistes qui sont condamnées, non plus pour négationnisme, mais pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », ce que dénonce l’ONG Reporters Sans Frontières.

Par ailleurs, dans la foulée de la commémoration du génocide, le président Kagame a accusé les pays occidentaux – c’est surtout la France qui est visée – de laisser circuler des personnes soupçonnées de participation au génocide.

EurAC
13/04/2012

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