Rwanda. Attentat du 6/4/1994 : les lobbies pro-Kagame font tout pour le disculper
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Rubrique : Actualité


Publié le 1 Juin 2012 par Gaspard Musabyimana

L’enquête commencée par le juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière et reprise par son successeur Marc Trévidic sur l’attentat terroriste ayant coûté la vie à deux chefs d’Etat africains et à trois citoyens français, aura au moins permis de découvrir comment fonctionnement les lobbies protectrices des terroristes et la campagne médiatique qui les relaie.

Dès la mise en cause de Paul Kagame, l’actuel président rwandais dans cet attentat terroriste dans le rapport Bruguière de 2006, un contre-rapport fut commandité (Rapport Mutsinzi) dans lequel des « experts en balistique » britanniques se sont ridiculisés en tentant de faire partir les missiles en un endroit qui désignerait les FAR comme les auteurs de l’attentat comme on le leur avait demandé.

Les successeurs de Bruguière dans ce dossier, les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, ayant commandité un rapport des experts, un acousticien engagé sur le tard et le seul à ne s’être pas rendu sur les lieux, a, contre toute logique, éclipsé tous ses autres collègues pour écarter le site de Masaka comme étant le lieu de départ des tirs. La presse engagée (Maria Malagardis de Libération, Colette Braeckaman du Soir, etc.) à la solde du régime de Kagame et certainement dans le coup, a alors renchéri avant même la publication du rapport, en faisant comprendre que Kagame était définitivement blanchi puisque le rapport des experts concluait que les missiles étaient partis du camp militaire de Kanombe. Une conférence de presse fut même tenue à Paris le 11 janvier 2012. Evidemment, ces avocats mentaient et faisaient dire au rapport ce qu’il ne disait pas. Mais ils furent relayés par la même presse au risque de prendre leurs lecteurs et leurs auditeurs pour des imbéciles.

Ce 31 mai 2012, le dernier jour fixé par les juges pour que les parties puissent réagir, la même presse (Maria Malagardis de Libération) lance un scoop comme quoi un document vient d’être retrouvé « par hasard » dans les archives des Nations-Unies montrant que les FAR possédaient des missiles Sol-Air notamment des missiles Mistral de fabrication française. Ce document découvert par « hasard par une journaliste britannique », Linda Melvern, serait un inventaire de l’armement des FAR dressé par la MINUAR et adressé à Koffi Annan alors chef des opérations de maintien de la paix.

Sans chercher à établir l’authenticité de ce document – ou plutôt sans analyser à la loupe ce faux grossier- il y a lieu de se poser légitiment quelques questions. Cet inventaire de l’armement des FAR aurait-il été établi selon la procédure réglementaire alors en vigueur dans la MINUAR et chez les FAR ou en dehors de celle ? Autrement dit constitue-t-il un rapport officiel de la hiérarchie ou un simple rapport de renseignement ? La journaliste qui a fait la fameuse « découverte » signale que le document était joint à une étude datant du 1 septembre 1994 et intitulée ; «  Ancienne Armée rwandaise : capacité et intentions ». A cette époque les FAR avaient été défaites et leurs débris dispersés au Zaïre. En matière de semer la confusion, on ne peut pas faire mieux : faire télescoper les périodes, confondre les analyses, suppositions et intentions prêtées à une armée en déroute avec des inventaires établis après un comptage strict antérieur effectué dans le cadre de la KWASA.

Linda Melvern et Maria Malagardis connaissent-elles le KWSA ?

La zone dite « Kigali Weapons Secure Area (KWSA) » avait été instaurée dans le cadre de la mise en pratique des accords de paix d’Arusha. Dans cette zone, toutes les armes lourdes devaient être consignées et gardées par les éléments de la MINUAR. De même, les magasins d’armes de toute la garnison Kigali-Kanombe étaient gardés par la MINUAR et les militaires ou gendarmes des FAR qui devaient prendre des armes dans le cadre de leurs missions quotidiennes devaient les prendre sous le contrôle des éléments de la MINUAR. Le Commandant du Secteur Kigali, donc responsable de la KWSA était le Colonel belge Luc Marchal. Autrement dit, c’est à lui qu’incombait la responsabilité de faire les inventaires des armes se trouvant dans le KWSA, de prendre des mesures pour faire appliquer les directives relatives à la KWSA, de faire rapport à l’échelon supérieur c’est-à-dire au Commandant de la Force, le Général canadien Roméo Dallaire. Or, dans tous ses rapports notamment ceux donnant l’inventaire de l’armement dont disposaient les FAR, le colonel Marchal n’a jamais fait état de missiles et encore moins de missiles français Mistral ni dans quel camp ils étaient stockés. De deux chose l’une : ou bien le général Dallaire a envoyé un inventaire inventé ex-nihilo (non établi par ses hommes sur le terrain) à New York, ou alors cet inventaire n’a jamais existé.

A vouloir trop bien faire…

Décidément à vouloir trop bien faire on finit par se mélanger les pinceaux. La « journaliste chercheuse » britannique Linda Melvern, dans son souci de charger les FAR et d’embarrasser la France se devait de faire le lien entre l’arme du crime et le document « découvert ». Comme tous les enquêteurs ont jusqu’ici admis que l’avion fut touché par un missile de fabrication soviétique SAM 7, il est astucieux de trouver dans le fameux inventaire « un nombre indéterminé de missiles SAM 7 et 15 missiles de type Mistral ». Seulement notre brave journaliste ignorait qu’en 1994, le missile Mistral était encore interdit à l’exportation. L’interdiction ne sera levée qu’en 1996. Ainsi donc, si on avalait son histoire d’inventaire reprenant les missiles Mistral, le Président Mitterrand, son Premier Ministre, son Ministre de la défense, son Chef d’Etat Major des Armées… toutes ces personnalités auraient délibérément commis un crime de haute trahison en vendant à Habyarimana une arme que la loi française interdisait encore d’exporter ! C’est dire, aux yeux de Linda Melvern, que Habyarimana comptait beaucoup pour la France pour que ces dirigeants se compromettent si gravement à cause de lui !

Pressions sur le Président et sur les juges Trévidic et Poux

Il est clair que les lobbies pro-Kagame très puissants et  tentaculaires, ayant des relais dans la presse dite de gauche (Libération) veulent faire pression sur le nouveau président de gauche François Hollande pour qu’il emboîte le pas à Bernard Kouchner et sacrifie la justice qu’exigent 3 citoyens français tués le 6 avril 1994, aux bonnes relations avec le dictateur Paul Kagame commanditaire de cet attentat.  En même temps, ces milieux hyperpuissants exercent de fortes pressions sur les juges en leur indiquant presque de façon caricaturale et contre toute logique, comment ils doivent rédiger leurs conclusions : désigner l’entourage de Habyarimana comme auteur de l’attentat.

Espérons que les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux auront les nerfs solides pour supporter de telles pressions.

Emmanuel Neretse
01/06/2012

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