Rwanda:vers la production du bio-diesel ? A quel prix ?
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Rubrique : Actualité


Publié le 29 Juin 2012 par Gaspard Musabyimana

Au Rwanda, le prix des produits pétroliers ne cesse de flamber. Non seulement à cause de l’environnement économique mondial, mais également du fait que le pays n’a pas accès à la mer. Le Rwanda consomme des centaines de millions de litres de carburant par an pour un coût qui grève fortement les réserves en devises du pays.

Son approvisionnement se fait pas voie routière à partir des côtes de l’Océan indien, via le Kenya et l’Ouganda ou la Tanzanie. Les coûts de ces produits subissent ainsi des hausses dues non seulement à l’achat mais également aux différentes taxes imposées par les pays par lesquels transitent les camions citernes  transportant ces produits pétroliers.

Pour stopper cette hémorragie de devises, des chercheurs rwandais de l’Institut de Recherches Scientifiques et Technologiques (IRST) se sont penchés sur la question. Ils ont élaboré un projet connu sous le nom de « Rwandan Biodiesel Project ». Ils ont abouti à la conclusion que seul le bio-carburant peut constituer une alternative à l’énergie fossile qu’est le pétrole et ses dérivés.

La production du bio-diesel va non seulement permettre au pays de faire des économies financières, de devenir moins dépendant sur le plan énergétique mais également elle va diminuer la pollution de l’environnement.

Les chercheurs rwandais sont partis des modèles déjà éprouvés ailleurs dans des pays avant-gardistes dans le secteur comme les États-Unis, l’Allemagne, la France, le Brésil ou l’Indonésie.

La production du bio-diesel nécessite la culture des arbres oléagineux qui produisent de l’huile à transformer industriellement pour arriver à ce carburant végétal. Le revers de la médaille est que cette nouvelle forme d’énergie accapare des surfaces cultivables pour l’alimentation humaine, et qu’à la longue celles-ci vont diminuer, ce qui impliquera la hausse des prix des denrées alimentaires. La question est débattue chez ces grands producteurs précités alors qu’ils disposent encore des étendues énormes de terres.

Pour le Rwanda la rareté des terres est déjà un problème insurmontable. Le pays est surpeuplé et dans les régions les plus habitées, l’exploitation moyenne oscille entre 0,6 ha et de 0,2 ha. Or le projet de l’IRST prévoit la culture de ces arbres sur 225.000 hectares, pour commencer et que chaque paysan sera mis à contribution. Il est facile de voir vers où cela chemine. Il sera imposé à la population de cultiver ces arbres oléagineux sur les quelques lopins de terre dont ils disposent. Le nombre de paysans qui sera sacrifié sera très élevé.

Par ailleurs rien ne se fait au hasard, avec la taxe sur les propriétés foncières, la population qui ne pourra pas s’en acquitter sera dépouillée de ses terres. Celles-ci seront ainsi disponibles pour le projet encore gestation.

Après la destruction des champs de bananiers par le pouvoir, après l’imposition de la culture des fleurs, de la monoculture qui a occasionné une famine endémique dans le pays, etc., les paysans ne sont pas au bout de leurs peines car l’imposition de la culture des arbres oléagineux arrive à grands pas. 

Jane Mugeni
29/06/2012

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