Actualité des Grands Lacs – Semaine du 30 juin au 6 juillet 2012
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Rubrique : Actualité


Publié le 7 Juil 2012 par Gaspard Musabyimana

En RDC, l’insécurité reste surtout centrée sur le Nord Kivu où les nouvelles sont très mauvaises. Cette insécurité concerne à la fois la mutinerie du M23 qui s’est au moins deux fois affrontée aux FARDC et aurait pris plusieurs localités dont le poste frontalier de Bunagana situé à une cinquantaine de km de Goma : au cours des affrontements autour de Bunagana, un casque bleu a été  mortellement touché, tandis que 600 soldats des FARDC fuyaient en Ouganda où ils ont été désarmés. Mais l’insécurité est aussi engendrée par une coalition de divers groupes Maï-Maï et de combattants FDLR, parfois suspectés d’être appuyés par des mutins, dans le territoire de Lubero. On notera que la société civile du Nord Kivu se dit aussi préoccupée par la présence de troupes rwandaises dans ce territoire de même que dans celui de Rutshuru. Elle dénonce aussi les exactions commises par les FARDC à l’encontre des déplacés qui retournent chez eux ainsi que la paralysie des échanges commerciaux dans certaines parties du territoire de Lubero.

Le soutien rwandais à la mutinerie du Nord Kivu continue à alimenter l’actualité diplomatique. Les Etats-Unis, qui ont finalement renoncé à retarder la diffusion du rapport du Groupe d’experts sur l’implication rwandaise « à un haut niveau », rapport désormais rendu public, ont appelé le Rwanda à cesser de soutenir les mutins. De son côté, la Belgique, soutenue par l’Afrique du Sud », appelle plus modestement à « un dialogue accru entre les deux pays ». En réponse, le Premier Ministre rwandais s’est déclaré prêt à agir pour mieux contrôler les frontières entre les deux pays.

Au Sud Kivu, une marche de soutien aux FARDC a eu lieu à Bukavu, tandis qu’une ONG s’est retirée de la province suite à des attaques par des hommes armés qui l’accuse de monnayer ses distributions de vivres. En Province Orientale, la police nationale a arrêté deux proches du chef de guerre Morgan qui opère Ituri et qui a été expulsé du parc d’okapi à Epulu par les FARDC lesquelles sont accusées d’avoir pillé Epulu après son départ : du matériel d’une valeur de plus d’un million $  a été pillé à la station de recherche de l’ICCN dans cette localité. Par ailleurs, des pasteurs Mbororo en provenance du Sud Soudan ont attaqué et tué vingt personnes en territoire de Poko. Enfin, au Nord Katanga, des Maï-Maï ont lancé une nouvelle attaque en territoire de Mitwaba.

Toujours dans le domaine de la sécurité, on relèvera qu’une nouvelle unité policière, formée par EUPOL, est opérationnelle dans la traque contre les « kuluna », ces jeunes bandits qui terrorisent certains quartiers de la capitale.

Dans le domaine politique, les festivités célébrant l’anniversaire de l’indépendance n’ont pas eu lieu cette année du fait de la situation prévalant à l’est : dans un discours télévisé, le président Kabila s’en est pris aux « inciviques manipulés par des forces obscures étrangères », mais n’a pas cité le Rwanda. Par ailleurs, le processus électoral continue à alimenter l’actualité. Alors que la société civile demande un audit de la CENI dont le président déclare « n’avoir pas triché » et accuse la MONUSCO, les députés, critiques à l’égard du travail de la CENI mais divisés sur ce qui doit être fait, ont finalement approuvé neuf recommandations dont la plus importante est la révision de la loi organisant la CENI. Toujours à l’Assemblée nationale, on signalera que les députés ont amputé d’un milliards $ le budget déposé par le gouvernement. Du côté de l’opposition, un Congolais résidant en Grande-Bretagne à appelé « à tuer et arrêter » le président Kabila et le président de la CENI. En province, le président de l’assemblée du Katanga et patron de l’UNAFEC, Gabriel Kyunzu en a appelé à une modification de la constitution pour que le fédéralisme soit instauré en RDC, tandis qu’au Maniema, des députés provinciaux sont accusés par le parti présidentiel de déstabiliser la province en voulant défenestrer la gouverneur provincial.

Dans le domaine de la justice et des droits de l’homme, le président du parti d’opposition Ecidé voit dans l’arrestation d’Eugène Diomi, président de la DC et allié d’Etienne Tshisekedi, accusé de viol sur mineures, un « coup politique monté ». Dans le domaine de la liberté de la presse, le porte-parole du gouvernement et ministre des Médias a interdit un quotidien pour incitation à la haine raciale et stigmatisation de la communauté tutsi. Par ailleurs, le directeur d’une radio émettant au Katanga a été arrêté pour avoir diffusé des injures contre un commandant local des FARDC.

Dans le domaine économique, le COMESA invité le président congolais et/ou son Premier Ministre à s’impliquer dans l’amélioration du climat des affaires en RDC. De son côté, l’US Securities and Exchange américaine a fixé la date d’entrée en vigueur de la loi controversée qui oblige les sociétés américaines à révéler l’origine des minerais dans les zones de conflit en RDC. Au Congo même, la Banque centrale a décidé de mettre en circulation de nouveaux billets à valeur faciale élevée : cette décision qui n’est pas encore effective fait craindre la montée d’une hyper-inflation.

Au Burundi, les festivités du 50ème anniversaire de l’indépendance ont été célébrées en grande pompe avec un défilé militaire et cil qui a duré de longues heures. À cette occasion, la Belgique, qui est le premier bailleur de fonds de ce pays, a fait valoir l’importance d’une amélioration en matière de démocratisation et de respect des droits humains.

Au Rwanda, le président Kagame a appelé, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance, les anciennes puissances coloniales à « respecter la dignité des peuples africains », une allusion à la Belgique, accusée d’avoir introduit la division ethnique et qui n’était pas représentée aux festivités. Dans le domaine de la justice, la Haute Cour a reporté au 7 septembre le jugement du procès à l’encontre de l’opposante Victoire Ingabire. Quant au TPIR, après duquel un ressortissant rwandais en Belgique a déposé plainte contre Kagame accusé de génocide contre les Hutu, il a transféré au Mécanisme résiduel des tribunaux de l’ONU certaines de ses fonctions dont la traque des accusés en fuite. Enfin, le colonel Bagosora, principal artisan du génocide et condamné à 35 ans de prison, a été transféré au Mali pour y purger sa peine.

EurAC

 

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