Rwanda/RDC : La fondation de la République des Volcans serait-elle en marche?
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Rubrique : Actualité


Publié le 11 Juil 2012 par Gaspard Musabyimana

Goma sous haute surveillance (Mercredi, 11 Juillet 2012 16:44)

A la suite de  la chute des principales localités et villes du territoire de Rutshuru, notamment Kiwanja, Bunagana, Jomba, Rumangabo, Rubare et Katale, le chef-lieu de la Province du Nord Kivu vit dans la hantise d’être envahi par les éléments rwandais de la soit disant mutinerie du M23. Durant toute la journée d’hier, Goma a offert l’image d’une ville désertée par une grande partie de ses habitants. La circulation était clairsemée, la majeure partie des maisons de commerce tout comme les bureaux et autres lieux des loisirs étaient fermés, à part quelques marchands ambulants et ceux étalant particulièrement des vivres le long des avenues principales de cette ville martyre.

L’arrivée des engins militaires notamment des chars et des hélicoptères de combat ainsi que des éléments frais armés jusqu’aux dents,  a rassuré la population qui avait l’impression d’être abandonnée à son triste sort. C’est pour relancer l’esprit de résistance que les jeunes de la ville avaient manifesté la veille devant le siège de la 8me Région militaire pour réclamer des armes et assurer eux-mêmes la défense de la ville et de leurs proches.

Cette demande, on le sait, est l’expression d’un ras-le-bol généralisé au regard du gâchis constaté sur divers fronts à la suite non seulement de l’invasion du territoire par les troupes régulières rwandaises, mais aussi des trahisons multiformes dont tout le monde parle sans que des mesures concrètes ne soient prises pour y mettre fin.

Répondre positivement à cet appel des jeunes c’est ouvrir la boîte de Pandore dans une région déjà infestée de milices à la solde des agresseurs.  Plutôt que de s’engager sur une voie risquée, les Fardc ont préféré lancer un message de fermeté en dépêchant des renforts en hommes et en matériels à Goma.  Il s’agit d’un bataillon stationné jusque-là dans le Nord du pays et entraîné par des instructeurs américains dans le cadre de la traque des éléments de la LRA de l’ougandais Konyi. La Monusco qui est pour sa part  décidée à éviter l’humiliation après le revers de Bunagana,  dépêche à Goma des troupes ghanéennes, guatémaltèques, jordaniennes et égyptiennes sous le commandement du général britannique Adrian Foster .

Les deux actions combinées poursuivent l’objectif de rassurer la population bien sûr mais surtout de faire face à toute attaque destinée à prendre le contrôle de Goma pour y installer le siège d’une républiquette en gestation, comme naguère à l’époque du Rassemblement Congolais pour la Démocratie dont la mission essentielle était d’injecter dans les hautes sphères de l’armée, des éléments rwandais.

Les stratèges du M23 installés à Kigali avaient espéré précipiter la chute du chef-lieu du Nord-Kivu en utilisant la stratégie  d’encerclement. C’est ce qui explique les attaques menées contre les localités de Rutshuru notamment dans le but d’asphyxier Goma et d’obliger ses habitants, confrontés à la pénurie des produits de première nécessité notamment les vivres, les médicaments et autres produits de consommation courante, de crier haut et fort leur désespoir et d’implorer la clémence des agresseurs  qui n’auraient plus aucun effort à fournir pour ramasser le fruit mûr.

Mais en envoyant  des renforts importants en hommes et en matériels, et en  réaffirmant, s’agissant de la Monusco, la détermination de la mission onusienne d’empêcher par toutes les voies la chute de Goma dans les rangs des agresseurs,  le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies envoie un signal clair au principal sponsor du M23 : il y a des limites à ne pas dépasser. Et c’est ce que nous allons tous observer dans les prochains jours.

Castro

Mobilisation générale : les facteurs de blocage (Mardi, 10 Juillet 2012 17:21)

Le gouvernement congolais a lancé aux masses populaires congolaises, en fin de semaine dernière, un appel à la mobilisation générale contre l’agression armée dont le pays est victime dans la province du Nord-Kivu. En d’autres temps et circonstances, les lignes se seraient déjà mises à bouger sans que nos compatriotes cherchent à savoir si la cause qu’ils sont appelés à défendre est juste ou non. Dès lors que la mère-patrie est attaquée à partir de l’extérieur, la priorité des priorités serait de la sortir d’abord du pétrin avant de poser des questions.

Aujourd’hui, par la faute de ceux qui ont longtemps refusé au peuple congolais le droit à la bonne information sur les tenants et aboutissants de la « guerre » du Nord-Kivu, les complicités internes et externes, les cas de traîtrise, la méfiance s’est installée entre le sommet et la base de la pyramide. Le peuple veut être suffisamment éclairé avant de se déterminer. Il lui faut des explications sur des dossiers ténébreux tels que ceux d’officiers accusés maintenant d’être Rwandais alors qu’au moment des modules de « brassage » et « mixage », ils étaient présentés comme d’ex-combattants congolais venus du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple). 

Le huis clos décrété il y a un mois à l’Assemblée Nationale autour de la question orale avec débat en rapport avec l’accord du 19 mai 2012 signé par les gouvernements congolais et rwandais mérite d’être justifié. Les masses congolaises devraient savoir pourquoi les informations touchant la situation sécuritaire du Nord-Kivu étaient uniquement livrées aux députés nationaux en circuit fermé. Qui avait peur du débat et pourquoi ? Que cachait la précaution de tenir la majorité des Congolais sous le régime de la sous-information ?

Nos compatriotes ont le droit de chercher à comprendre par quel mécanisme une affaire exclusivement réservée à la Chambre basse du Parlement il y a un mois va devenir à présent une cause commune. 

Si le tabou est effectivement levé, c’est le lieu de verser, dans le domaine public, le texte de la question orale du député Martin Fayulu, les réponses du Vice-Premier et ministre de la Défense, les détails de différentes interventions des députés nationaux lors du débat général, les conclusions de la plénière, etc. Il n’y aurait pas meilleure façon de bien renseigner les Congolais sur les enjeux visibles et invisibles de la « guerre » du Kivu que de jouer cartes sur table.

Une fois ce travail réalisé, les masses pourraient saisir l’étendue des dégâts et évacuer de leurs esprits tous les doutes qui planent sur certains officiels que l’on croit se trouver dans la loge des traîtres. La confiance entre les gouvernants et les gouvernés doit être rétablie en vue de l’émergence de l’ « Union sacrée » contre l’agresseur rwandais. 

Kimp

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