Rwanda : Le général J. Kabarebe, artisan de la balkanisation de la RDC
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Rubrique : Actualité


Publié le 19 Juil 2012 par Gaspard Musabyimana

Pointé du doigt par le récent rapport de l’Onu comme l’un des soutiens des mutins du M23 qui sèment la désolation dans le Nord-Kivu, le général James Kabarebe n’est pas à son premier coup dans la désorganisation de la RDC. C’est dans des attaques successives contre ce pays que l’homme s’est forgé une réputation.

Inconnu en1994 lors de la conquête du Rwanda par le FPR, il sort de l’ombre en 1996 quand il prend la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour libération du Congo (AFDL) qui va chasser le maréchal Mobutu du pouvoir et introniser Laurent-Désiré Kabila en 1997. Le "commandant James" devient alors chef d’Etat-major de la novelle armée congolaise. Il ne tarde pas, par son entrisme, à se brouiller avec L-D Kabila et est chassé de Kinshasa. Il rejoint Kigali décidé à prendre sa revanche.

En 1998, une deuxième attaque contre la RDC est lancée. Ce pays est sauvé par l’intervention des armées du Zimbabwé et de l’Angola venues à la rescousse. Les troupes rwando-ougandaises se replient sur les provinces de l’Est et y organisent un pillage systématique des ressources naturelles. Entre 1999 et 2000, ces deux armées s’affrontent à trois reprises dans la ville de Kisangani pour contrôler les richesses diamantifères de cette région. L’Ouganda est humiliée et y perd plus de 200 soldats. Plus de 5000 civils congolais sont tués. Dans la même période, les deux armées s’affrontent en Ituri, Hema et Lendu interposés.

Les prouesses du général Kabarebe ne s’arrêtent pas là. Il prend encore la revanche sur L-D Kabila qui est assassiné en janvier 2001 avec la main invisible de Paul Kagame selon les dernières révélations de son directeur de cabinet, Dr Théogène Rudasingwa.

Le fils du défunt, Joseph Kabila, est propulsé à la tête du pays. James Kabarebe est son mentor. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique (n° 2155-2156 du 29/4 au 12/5/2002), il décrit le jeune président  comme :
– un trouillard : « Je l’ai connu en 1996, quand il était avec son père Laurent-Désiré Kabila au Rwanda. Ils ont d’ailleurs habité chez moi, à Kigali. […] Joseph Kabila a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie  de soldat. Cela se voyait lors des échanges de tir. Il ne savait quoi faire ».
– incapable de parler en public : « Après la chute de Kisangani, je lui ai donné quelques tuyaux pour affronter la presse internationale. Nous avons même dû répéter, et je jouais le rôle de journaliste. Découragé, il a failli laissé tomber… »
– inapte au commandement : « Autant Laurent-Désiré était fourbe, autant le fils est timide. Il est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui une quelconque aptitude au commandement ».

Cette image du président congolais dépeinte par l’actuel ministre de la défense du Rwanda, comme un homme sans charisme, qui « n’est pas fait pour le commandement », explique pourquoi l’armée rwandaise, qui a occupé l’Est du Congo depuis ces temps, joue aux prolongations. En effet après avoir inventé le phénomène de Tutsi banyamulenge, l’officine du général Kabarebe, a créé le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), puis le CNDP avec Laurent Nkunda et de Bosco Ntaganda et maintenant le M23 de Sultan Makenga. Les experts de l’ONU et des ONG comme Human Rights Watch ont découvert la supercherie : c’est le Rwanda du général Paul Kagame qui est derrière ces mouvements et le nom de James Kabarebe est clairement cité. Tout cela montre donc que cet officier n’a jamais cessé de s’investir dans la désorganisation de la RDC, depuis 1996 jusqu’aujourd’hui. 

Son action de sape est loin de prendre fin. On ne change pas une équipe qui gagne !

Jane Mugeni
19/07/2012

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