Actualité des Grands Lacs – Semaine du 01 au 07/9/2012
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Rubrique : Actualité


Publié le 8 Sep 2012 par Gaspard Musabyimana

En RDC, la question du soutien aux mutins du M23 et de la présence de militaires rwandais au Nord Kivu continue à faire l’objet de vives polémiques. L’annonce par le Rwanda d’un retrait d’environ 300 hommes, chargés, avec des effectifs similaires des FARDC, de surveiller les frontières dans le cadre de la lutte contre les rebelles du FDLR depuis 2009 aurait pu être considéré comme un geste d’apaisement : la Grande-Bretagne, alliée traditionnelle de Kigali, a d’ailleurs saisi l’occasion pour rétablir la moitié de son aide au Rwanda, un geste considéré comme « désastreux » par certaines ONG, mais qui pourrait bientôt être suivi par d’autres bailleurs très sensibles à la bonne gestion du pays.

Le gouvernement congolais a, quant à lui,  pourfendu l’annonce du Rwanda en signalant que les accords passés avec le Rwanda ne prévoyaient qu’une présence d’une cinquantaine d’hommes chargés avec les FARDC de la surveillance des frontières. Le porte-parole du gouvernement, le ministre Lambert Mende, a accusé à cette occasion le Rwanda de « mensonge et de dissimulation » et a évoqué une « exfiltration » de soldats rwandais venus en soutien du M23, ce à quoi la ministre des Affaires étrangères rwandaise a répondu en accusant la RDC de « mauvaise foi » et de « psychose » On est donc très loin de la « solution politique » de la crise demandée par l’Union européenne qui se déclare préoccupée par la gravité de la situation humanitaire en RDC.

On mentionnera également qu’une vingtaine de partis d’opposition congolais, dont l’UDPS, ont demandé la mise en accusation du président Kabila pour « haute trahison » dans la mesure où il aurait dissimulé la présence de militaires rwandais au Nord Kivu.

Toujours sur le plan diplomatique, le gouvernement de la RDC demande au Conseil de Sécurité le renforcement du mandat de la MONUSCO et réclame des sanctions contre les militaires rwandais ayant soutenu les mutins du M23, tandis qu’une trentaine d’associations congolaises déclarent ne pas croire à la « force internationale neutre » pour contrer le M23, force dont la composition et le financement doivent être discutés au sommet de Kampala et qui fait toujours l’objet de contestations entre le Rwanda et la RDC à propos de la participation de la MONUSCO. Ces associations demandent que l’on mette à la disposition des FARDC les « meilleurs soldats » et des moyens appropriés. De son côté, la société civile du Nord Kivu accuse le Conseil de Sécurité de « laxisme » à l’égard de l’attitude rwandaise. On signalera une « victime » collatérale de cette tension entre le Rwanda et la RDC : le député de l’opposition, Roger Lumbala, accusé de haute trahison par le ministre Mende pour avoir eu des contacts avec les autorités rwandaises, s’est réfugié à l’ambassade d’Afrique du Sud à Bujumbura.

Sur le terrain, le M23 et les combattants FDLR se sont partagé les positions abandonnées par les militaires rwandais en territoire de Rutshuru, tandis que le premier est accusé par les civils de ce territoire de chasser les déplacés des écoles où ils se sont réfugiés et de recruter les jeunes de force. Toujours dans la même région, les FDLR et les Maï-Maï imposent des taxes illégales aux pêcheurs du Lac Edouard, tandis qu’au Sud Kivu, des bandits armés ont mené une attaque dans le territoire de Kalehe.

Mais c’est surtout en Ituri que la situation sécuritaire se dégrade avec des mouvements de milices armées qui provoquent des déplacements de populations, avec des attaques d’un camp militaire et d’un commissariat de police, avec l’invasion d’une réserve naturelle où des hommes armés exploitent le bois et détruisent la faune, avec la création d’un nouveau groupe armé composé d’officiers déserteurs et d’anciens miliciens, et avec des enlèvements de policiers.

Toujours dans le domaine de la sécurité, on signalera qu’une forte récompense a été offerte pour la capture du colonel déserteur Tshibangu qui a créé un nouveau mouvement au Kasaï Oriental : sa recherche occasionne un déploiement de troupes qui crée une psychose au sein de la population. Par ailleurs, une cinquantaine de jeunes récemment recrutés par les FARDC au Nord-Kivu ont été exclus des centres de recrutement parce qu’ils ne sont pas originaires de cette province.

Dans le domaine politique, le gouvernement s’est engagé, dans la foulée de la rentrée scolaire, à consolider les réformes dans le secteur de l’enseignement en matière du payement des salaires et de la réfection des écoles. Par ailleurs, un député national de l’opposition se dit scandalisé par la décision de la Commission nationale indépendante de prolonger la période de dépôt des dossiers des candidatures à l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale et accuse la CENI de chercher à favoriser la Majorité présidentielle.

En matière de justice, l’Union européenne invite la ministre de la justice à la tenue d’un procès indépendant dans le cas de l’affaire Chebeya et déplore la passivité du ministère public : la cour militaire a toutefois promis de trancher d’ici huit jours la question de la comparution et de l’éventuelle inculpation du chef de la police, John Numbi. Par ailleurs, le greffe de la CPI a une fois encore appelé le gouvernement à arrêté Bosco Ntaganda (qui pourrait se trouver soit au Rwanda, soit en Ouganda – NDA).

Dans le domaine de la santé, on relèvera que le virus mortel Ebola a fait de nouvelles victimes dans le nord-est de la RDC. 

En matière de relations extérieures, le gouvernement belge n’a pas encore décidé du niveau de sa participation au sommet de la francophonie à Kinshasa. Ajoutons à ce sujet que la justice française est saisie d’une demande de délocalisation de ce sommet par une association française, « au nom des milliers de morts et d’un droit électoral confisqué » dans un pays « qui n’est pas démocratique et qui ne respecte pas les droits de l’homme ».

Au Burundi, un chef historique du FNL annonce avoir repris les armes contre le gouvernement ce à quoi le fondateur du mouvement, Agathon Rwasa, ne donne pas son accord.

En ce qui concerne l’Ouganda, la LRA, à laquelle les forces spéciales américaine et ougandaise font face, a kidnappé une cinquantaine de personnes en RCA où un rebelle a été tué.

En ce qui concerne la Rwanda, on signalera que le président d’un parti d’opposition a été poignardé à Johannesburg : il est le beau-frère se l’ex-chef d’Etat major de l’armée rwandaise qui avait fait l’objet d’une tentative d’assassinat en juin 2010, affaire qui est actuellement jugée par la justice sud-africaine.

EurAC

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