L’UE appelée à réaliser le rêve de paix dans les Grands Lacs
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Rubrique : Actualité


Publié le 12 Sep 2012 par Gaspard Musabyimana

Depuis des années, EurAc et ses organisations membres demandent à l’Union Européenne (UE) et à ses Etats membres de développer une vision commune et une approche concertée vis-à-vis du Rwanda et de la région des Grands Lacs. 
Cela suppose d’une part l’élaboration d’un dialogue politique avec le gouvernement rwandais afin de conduire à un réel développement du pays et d’autre part le soutien à la société civile rwandaise étouffée par le manque d’espace démocratique et de liberté d’expression. 

Malheureusement, nous avons constaté, à plusieurs reprises, que la situation interne au Rwanda n’a jamais été considérée par l’UE comme digne de ce changement de politique. Le mapping élaboré par le Groupe d’Experts des Nations Unies qui dénonçait les violations des droits humains commises par le Rwanda en RDC entre 1993 et 2003 n’a finalement abouti à aucune réelle réaction de la part de la communauté internationale qui continuait à considérer le Rwanda comme un partenaire privilégié. Il a fallu la publication, en juin 2012, par le Conseil de Sécurité de l’ONU, du Rapport d’Etape du Groupe d’Experts des Nations Unies sur la RDC pour secouer les consciences et amorcer un changement de politique que plusieurs acteurs de la société civile internationale et rwandaise souhaitent depuis longtemps.
Le dit Rapport, qui accuse le Rwanda de soutenir le groupe rebelle M23 actif dans l’est de la RDC, a poussé cinq grands bailleurs du Rwanda à suspendre, en juillet et août 2012, une partie de leurs aides à ce pays. Il s’agit des Pays-Bas (5 millions €), de la Grande Bretagne (25 millions $), de l’Allemagne (21 millions €), de la Suède (26,1 millions €) et, symboliquement, des Etats-Unis (164.000 €). Dans l’entretemps, la Grande Bretagne est revenue sur sa décision en annonçant qu’elle allait restaurer partiellement l’appui budgétaire au gouvernement rwandais.  Elle se fonde sur les déclarations de ce dernier de s’être « engagé de manière constructive dans le processus de Paix promu par la Conférence Internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL)».
En ce qui le concerne, EurAc estime, dans son dernier communiqué du 24 août, que dans la situation actuelle, «les conditions d’un dialogue constructif – pré-requis à l’octroi de l’aide budgétaire – ne sont pas réunies ». C’est pour cela que le réseau EurAc demande à l’UE et à ses Etats Membres de «suspendre définitivement toute aide budgétaire au Rwanda et de limiter leurs interventions à des appuis programmes».

Pour EurAc, la publication du Rapport du Groupe d’Experts devrait être l’occasion de prendre enfin en compte la situation préoccupante en matière de droits humains, de démocratisation et de bonne gouvernance dans ce pays. Nous avons l’impression que, trop souvent, l’UE se cache derrière l’excuse de l’engagement du gouvernement rwandais dans la lutte contre la pauvreté et dans la gouvernance financière du pays pour continuer à mener une politique de soutien aveugle, hypothéquant ainsi la lutte du peuple rwandais et de sa société civile pour défendre le peu d’espace d’expression et d’action que le gouvernement lui laisse.
EurAc est convaincu qu’une décision forte de l’UE vis-à-vis du Rwanda pourrait avoir un impact sérieux sur le changement d’attitude de ce gouvernement en ce qui concerne son rôle dans la démocratisation du pays et dans la pacification de l’Est de la RDC.  Sans ce changement de politique, le rêve d’une stabilisation de la Région des Grands Lacs devra probablement être oublié.

Donatella Rostagno, Secrétaire Exécutif d’EurAc

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