Actualité des Grands Lacs – Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2012
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Rubrique : Actualité


Publié le 10 Oct 2012 par Gaspard Musabyimana

Le mouvement des mutins du M23 continue à faire parler de lui et à susciter l’inquiétude au Nord Kivu. Les mutins, qui ont occupé sans combats plusieurs localités dans le territoire de Rutshuru et qui sont suspectés par un député d’être à l’origine du meurtre d’un opérateur économique à Goma, ont annoncé qu’ils allaient prendre Goma pour « protéger » les populations contre les violences qu’ils imputent aux FARDC. La MONUSCO déclare que Goma ne sera pas prise au vu du dispositif en place et que cette menace relève de la propagande. Dans le domaine diplomatique, les déclarations à propos du M23 et du soutien rwandais se poursuivent. Un haut responsable du Département d’Etat américain déclare que le président congolais est aussi responsable de la crise actuelle à l’est, alors que le secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines appelle le Rwanda à dénoncer publiquement le M23. Du côté allemand, l’ambassadeur exige que le M23 cesse d’enrôler des enfants et de commettre des violences contre les femmes. Du côté britannique, la nouvelle secrétaire d’Etat au développement international se montre très critique à l’égard de son prédécesseur qui avait ré-autorisé une aide partielle au Rwanda.

En RDC, l’opposition tire à boulets rouges sur le président de la République en affirmant qu’il a « blanchi » le Rwanda lors de sa rencontre avec Kagame à New York, tandis que le Premier ministre a refusé de répondre à une interpellation sur la « guerre » dans l’est du pays. Du côté rwandais, le président Kagame persiste à nier toute implication dans la rébellion du M23 et dénonce le « chantage occidental » contre son pays. On mentionnera enfin une analyse de l’International Crisis Group sur les motifs de l’échec dans la résolution de la crise et les moyens proposés pour la résoudre.

Toujours pour ce qui regarde la sécurité, des milices congolaises hutu, qui s’opposent à la communauté hunde, ont barricadé la route Goma-Masisi, tandis que des Maï-Maï de Lafontaine ont perpétré plusieurs viols près de Butembo. Au Sud Kivu, le ministre de l’intérieur a installé une structure de concertation pour calmer les tensions entre les communautés barundi et bafulero dans le territoire d’Uvira. En Province Orientale, la société civile d’une localité proche de Bunia en Ituri accuse les policiers de semer l’insécurité. Au Kasaï Oriental enfin, le parti d’opposition en exil, l’APARECO, a annoncé la prise de la localité de Kabeya Kamwanga par les hommes du colonel déserteur John Tshibangu.

Dans le domaine politique, l’opposition a suspendu sa participation à la commission parlementaire chargé du projet de loi sur la réforme de la CENI laquelle a finalement validé, à la demande de la CSJ, les résultats provisoires des élections législatives dans le Masisi plutôt que de réorganiser un scrutin dans une région insécurisée. Parmi les députés proclamés élus figure un membre du CNDP dont de réclame le M23 : certaines communautés protestent par ailleurs contre ces résultats. On signalera aussi que l’UDPS annonce des manifestations le jour de l’ouverture du sommet de la francophonie et que son ancien secrétaire général démis pour détournement accuse la commission disciplinaire du parti de diffamation.

Dans le domaine de la justice, les parties civiles dans le procès Chebeya protestent contre les intimidations du général de la police suspendu, John Numbi, qui pourrait être impliqué comme commanditaire du meurtre du militant des droits de l’homme : John Numbi s’est vu par ailleurs débouté par un tribunal belge dans l’affaire de l’affiche du film de Thierry Michel qu’il accusait de diffamation. En ce qui concerne la CPI, la reprise du procès à l’encontre de J.P. Bemba a été une nouvelle fois repoussée du fait de la disparition de deux témoins à décharge, tandis que trois témoins qui s’estiment menacés dans le procès du milicien Thomas Lubanga, lequel a fait appel à son jugement, ont été placés sous la protection de la justice hollandaise. On signalera également que le député Onusumba, accusé de viol sur mineure, a été condamné à 12 mois de prison et 100.000 $ d’amende, tandis qu’un ancien vice-gouverneur du Sud Kivu a été arrêté avec plusieurs autres personnes pour complicité avec les milices Raïa Mutomboki. Dans le domaine de la presse, l’ONG Journalistes en Danger s’inquiète de l’escalade des insultes et d’incitations à la haine tribale dans le chef de certains journalistes du Katanga dans le contexte d’une lettre ouverte au gouverneur de cette province. On mentionnera aussi que l’UNICEF et une ONG internationale dénoncent le fait que plus de 40.000 enfants travailleraient dans certaines mines du Katanga et que l’ONG Human Rights Watch déplore que les autorités congolaises n’aient toujours rien fait pour traduire en justice les auteurs du meurtre de plusieurs travailleurs humanitaires par des Maï-Maï Yakutumba au Kivu il y a un an.

Au Burundi, le correspondant de RFI dans ce pays, inculpé d’ « actes de terrorisme » et incarcéré depuis dix mois, clame son innocence totale.

En Ouganda, le principal opposant au président Museveni a de nouveau été arrêté à Kampala dans le cadre du lancement d’une campagne intitulée « marche pour la liberté ».

EurAC

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