RDC : M23 et FDLR, deux poids , deux mesures !
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Rubrique : Actualité


Publié le 3 Déc 2012 par Gaspard Musabyimana

Le M23 et les FDLR sont deux organisations mises « hors la loi » par la Communauté Internationale. Elles ont la particularité d’évoluer au Congo et d’être constitués de congolais d’origine rwandaise ou de rwandais réfugiés dans ce pays. Cependant, force est de constater que l’audience que la même communauté internationale accorde à chacune de ces organisations mises « hors la loi » par elle-même est de nature à prouver l’incohérence et la partialité des décideurs qui dirigent notre monde.

FDLR et M23

Les FDLR ont été créées en 2000 en RDC. Parmi leurs objectifs ces fondateurs entendaient avoir un cadre politico-militaire à travers lequel ils pouvaient défendre la vie et les intérêts des réfugiés hutu qui étaient massacrés en RDC depuis novembre 1996. Ils entendaient en outre exiger au régime de Paul Kagame d’accepter de s’asseoir suer une même  table des négociations afin de débattre sur le fond des problèmes ethniques récurrents qui endeuillent le Rwanda depuis des décennies. Face à ces revendications légitimes, le régime rwandais, fort du soutien de certaines grandes puissances, a vite fait de faire inscrire les FDLR sur la liste des organisations terroristes et ses leaders politiques et militaires arrêtés ou recherchés. C’est cette situation qui prévaut et que le monde doit avaliser au risque de s’attirer le foudre de Paul Kagame et donc de ses sponsors.

Le M23 s’est fait connaître en avril 2012. Il est constitué d’anciens militaires tutsi intégrés dans l’armée nationale congolaise en 2009.  Ils se sont mutinés et ont pris le sobriquet de M23 en référence à la date du 23 mars 2009 quand fut singé l’accord avec le gouvernement congolais qui les intégrait dans l’armée. Ils étaient alors commandés par l’officier tutsi congolais Laurent Nkunda depuis lors en résidence « surveillée » au Rwanda.  C’est son successeur le général tutsi congolais Bosco Ntaganda surnommé « Teminator » qui, après avoir été inculpé par la Cour Pénale Internationale, a provoqué la mutinerie en créant le M23 ex-nihilo afin de s’assurer de l’impunité. Fort de l’appui du Rwanda et de l’Ouganda dirigés par les mêmes seigneurs de guerre, le M23 a haussé le ton et a placé la barre trop haut en s’emparer de la capitale provinciale di Nord Kivu, la ville de Goma tout en menaçant de continuer la progression jusqu’à Kinshasa. Seulement, le coup était dur à avaler et face au tollé soulevé par cette Nième humiliation de la RDC par le minuscule Kagame du Rwanda, le M23 fut déclaré hors la loi et sommé de se retirer des zones conquises. Ces leaders furent placés sur la liste noire tout comme ceux des FDLR, sans parler de Bosco Ntaganda, leur véritable commandant, qui est visé par un mandat d’arrêt international délivré par la CPI.

Deux poids, deux mesures ?

Là où tout devient déconcertant c’est quand l’ONU, les Etats de la région, l’Union Européenne… qui ont unanimement condamné le M23 et lui ont  demandé de déposer les armes et exigent que ses leaders soient arrêtés et traduits en justices pour les crimes de guerre qu’ils continuent de commettre au Kivu, ces mêmes instances demandent au Gouvernement congolais d’évaluer les revendications de ces criminels de guerre et de les satisfaire. Mais , au même moment, les FDLR, une organisation constituée des enfants des réfugiés en RDC  et fondée seulement en 2000 pour protéger les refugiés hutu qui sont l’objet d’un génocide perpétré par le régime de Paul Kagamé comme l’a documenté le Mapping Report de l’ONU en 2010 et dont les leaders politiques (le Président Ignace Murwanashyaka et son Vice-président Straton Musoni) ont déjà été neutralisés par les services de Kagamé et que les chefs militaires comme le général Sylvestere Mudacumura sont visés par des mandats d’arrêt de la CPI, rien n’est exigé au régime dictatorial de Paul Kagamé pour « évaluer  les revendication des FDLR, comme il en est demandé au gouvernement de la RDC vis-à-vis des terroristes et bandits du M23.

Si le M23, aujourd’hui discrédité par la communauté internationale et dont les principaux leaders tels Bosco Ntaganda et Sultan Makenga sont considérés comme des criminels de guerre et recherchés comme tels, on ne comprend pas comment leurs revendications devraient être prises en compte par le gouvernement de la RDC pendant que celles des FDLR, beaucoup plus légitimes et vitales, seraient toujours ignorés par le gouvernement de Kigali.

Zédoc Bigega
03/12/2012

 

 

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