Rwanda : les articles de « Libération » créent plus de confusion…
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Rubrique : Actualité


Publié le 16 Jan 2013 par Gaspard Musabyimana

La lecture de ces articles1 laisse l’impression qu’ils ont été dictés ou remis au journal, Libération, par le FPR pour publication. Plusieurs éléments tendent à le prouver. Tout d’abord la source de l’information est "un compte rendu, reprenant l’essentiel du procès-verbal et que Libération a pu consulter à Kigali". Ensuite le certificat de décès qui a été présenté par le juge Trédivic au docteur Michel Thomas, médecin militaire français basé à Bangui et qu’il nie avoir signé concerne Jean Maier et non René Maier. Il est curieux que Libération ne se soit pas intéressée à clarifier ce point comme, d’ailleurs, la date ou les dates des certificats de décès qui auraient remplacés ceux qui indiquaient le 06/04/ 1994 comme date de la mort de trois Français: Alain Didot, son épouse Gilda et René Maier. Qui dit qu’il ne s’agit pas d’une manipulation de la part du régime du FPR?  Par ailleurs le journal affirme naïvement que "personne n’a certifié avoir vu Maier chez les Didot".  Qui pouvait l’attester puisque toutes les personnes présentes chez les Didot avaient toutes été assassinées y compris le domestique? Le journal dispose-t-il d’un renseignement ou un fait qui porterait à penser que René Maier a été transporté chez les Didot après son assassinat.

Autant de questions sans réponse qui ne permettent pas de tirer une quelconque conclusion. Dans tous les cas rien n’autorise à exclure le FPR de l’assassinat des trois Français et de l’attentat contre le président Habyarimana. Concernant ce dernier crime, il existe des éléments solides qui rendent le FPR très suspect. Il y a notamment le pays acheteur des missiles utilisés pour abattre l’avion du président, à savoir l’Ouganda, base arrière du FPR pendant la guerre que cette organisation a déclenchée le premier octobre 1994, l’absence de ce type de missiles dans l’arsenal de l’armée rwandaise et de la formation pour leur emploi, les témoignages des transfuges crédibles du FPR, les aveux indirects des présidents Kagame et Museveni dans leurs différents discours, le rapport de Michael Hourigan, l’éloignement de l’ancienne procureure du TPIR, Carla Del Ponte, pour avoir voulu enquêter sur les crimes du FPR et surtout le refus du TPIR de se prononcer sur l’auteur de l’attentat alors que la preuve de la responsabilité des extrémistes Hutu lui aurait permis d’étayer la thèse de la planification du génocide Tutsi. Comment se fait-il que le FPR n’ait jamais, après 16 ans,  été en mesure de convaincre cette institution qui lui est pourtant favorable?

Les articles de Libération créent plus de confusion qu’ils n’apportent de nouveaux faits susceptibles de disculper le FPR comme le journal le prétend. Il reste cependant vrai que le silence et certaines attitudes des autorités françaises paraissent incompréhensibles mais il est possible qu’ils s’expliquent par la volonté des autorités françaises de respecter l’indépendance de la justice, par le dysfonctionnement probable dans toute organisation en particulier dans un contexte de guerre et par la pression (ou l’entente avec) des puissances réellement  impliquées dans l’attenta contre l’avion du président Habyarimana. L’on peut imaginer, par exemple, que  les autorités militaires aient pensé, au départ, que les trois Français avaient été tués le 06/04/1994 mais qu’elles aient été obligés de modifier cette date après avoir appris notamment que Alain Didot avait téléphoné à sa belle-famille le matin du 08/04/1994.

Vouloir accréditer la thèse de l’implication de  la France dans l’attentat contre le président Habyarimana est ridicule et indigne d’un journal supposé être sérieux. Il est temps que tout le monde laisse la justice faire son travail au lieu de vouloir s’y substituer ou d’user de la propagande pour essayer de l’influencer dans un sens ou dans l’autre. Ensuite chacun aura le droit de commenter son jugement.

Jane Mugeni
16/01/2013

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1. Ces articles sont de MARIA MALAGARDIS, en ligne le 09/01/2013 :
1/Rwanda : trois fantômes et un mystère
2/Un dossier relancé par le juge Trévidic

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