Victoire Ingabire reste une icône rassembleur de l’opposition politique rwandaise
+
Rubrique : Actualité


Publié le 28 Jan 2013 par Gaspard Musabyimana

Partis du Rond point Montgomery à Bruxelles le 26/01/2013, environs 150 rwandais toutes ethnies et toutes tendances confondues ainsi que  quelques Européens ont affronté la neige et le froid. Ils ont arpenté l’avenue de Tervuren sur 10 km dans une marche de soutien à Mme Victoire INGABIRE Présidente des FDU-INKINGI, 3 ans après son retour au Rwanda. Le cortège, qui arborait de calicots sur lesquels on pouvait lire notamment : « Libérez Victoire Ingabire et tous les autres opposants politiques », « Libérez les journalistes », « Libérez l’espace politique », etc, a atterri devant l’ambassade du Rwanda où des discours de circonstance ont été prononcés.

Le coordinateur du parti politique FDU-Inkingi, Dr Nkiko Nsengimana, a salué la présence et le soutien de ses camardes des autres partis politiques à cette action. Il s’agit entre autres de Paul Rusesabagina, président de PDR-Ihumure, Joseph Ngarambe et Alexis Rudasingwa de RNC et de Mme Immaculée Uwizeye, secrétaire générale du parti PS-Imberakuri venue du Rwanda et en visite en Belgique. Celle-ci a pris la parole pour notamment fustiger la dictature en vigueur au Rwanda.

Pour rappel, Victoire Ingabire, présidente du parti FDU-Inkingi, est rentrée à Kigali au Rwanda le 16 janvier 2010, après 17 ans d’exil en Hollande. Elle ambitionnait de participer à la réconciliation nationale et à l’effort de démocratisation. Elle croupit aujourd’hui dans la tristement célèbre prison centrale de Kigali, dans des conditions qu’on peut qualifier de torture permanente.

Dès son arrivée à Kigali son premier geste fut d’aller s’incliner au mémorial de Gisozi dédié aux victimes du  génocide rwandais de 1994. Un geste qui démontre son engagement pour une réconciliation nationale sincère.

Afin de l’empêcher à tout prix de participer aux élections présidentielles prévues  en août 210, le régime déploya son arsenal politique, juridique et médiatique. Ainsi elle fut attaquée lâchement par une horde d’agents à la solde du régime au bureau de secteur de Kinyinya le 3 février 2010 devant les autorités, le régime bloqua l’enregistrement de  son parti, les FDU INKINGI, et finalement l’inculpa des pires crimes d’atteinte à la sécurité de l’Etat.

Le régime recourut, comme dans tous les procès politiques précédents, à la fameuse loi réprimant l’idéologie du génocide et le négationnisme, loi tellement liberticide qu’elle a été maintes fois dénoncées par les organisations internationales des droits de l’homme, et même la Commission onusienne des droits de l’homme.

Après 6 mois d’un procès émaillé d’incidents graves:

·Intimidation des avocats de la défense et non respect de leur secret,
·Utilisation de lois controversées et non rétroactives pour des faits supposés, ayant eu lieu avant la promulgation de cette loi,
·Collision entre le ministère public et les juges,
·Ingérence de l’exécutif,
·Intimidation des témoins de la défense,
·Refus d’auditionner des témoins à décharge présentés par  la défense, etc., Victoire Ingabire Umuhoza a décidé, le 16 avril 2012, de boycotter les audiences de son procès et d’attendre le verdict, connu d’avance, dans sa cellule.

Enfin le 30 Octobre 2012, la Haute Cour a rendu son verdict dans ce procès politique: 8 ans de prison pour négation du génocide et conspiration contre le gouvernement par l’usage de la guerre et du terrorisme. C’est une décision judiciaire “politiquement motivée et intellectuellement malhonnête”.

Les manifestants voulaient attirer  l’attention des principaux bailleurs de fonds du régime de Kigali (UE, USA, RU) et interpeller les parlements et les gouvernements de ces pays sur le sort de cette brave femme injustement condamnée, alors qu’elle voulait servir la cause de la paix et de la réconciliation au Rwanda, et  dans la région des Grands lacs.

Rappelons que Madame Victoire Ingabire a été nominée au prix Sakharov 2012.

Gaspard Musabyimana
28/01/2013

Pas de commentaire

COMMENTS

Repondre

Laisser un commentaire