Éphémérides Grands-Lacs – Semaine du 9 au 15 février 2013
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Rubrique : Actualité


Publié le 19 Fév 2013 par Gaspard Musabyimana

En RDC, il n’y a toujours pas de véritable éclaircie dans la résolution de la crise à l’est du pays. À Kampala, la délégation gouvernementale qualifie la plupart des demandes du M23 d’« « illégales, illégitimes et sans objet », tandis que la société civile du Nord Kivu demande qu’il soit mis fin aux négociations. Sur le plan international, la SADC a décidé la création d’une force de 4.000 hommes pour combattre la rébellion dans l’est : cette force aurait sa propre structure de commandement et ses propres règles d’engagement. De leur côté, les Etats-Unis, qui déclarent appuyer l’accord de paix – un document très général de deux pages – dont la signature avait été postposée sans motif officiel à Addis-Abeba, demandent que la brigade régionale de maintien de la paix soit rattachée à la MONUSCO. De son côté, le Premier ministre congolais, de retour de New-York, estime que l’accord de paix sera signé à la fin février : il n’évoque que la brigade onusienne d’intervention de la MONUSCO (2.500 hommes) ainsi que l’utilisation de drones qui pourraient être opérationnels d’ici juin – juillet. Quant au dialogue national annoncé par le président Kabila, il est confirmé sans précisions de date par le président de l’Assemblée, mais l’UDPS, principal parti d’opposition, le récuse, tandis que le MLC veut placer ce dialogue sous l’égide d’un médiateur international neutre, ce que la majorité présidentielle refuse.

Sur le terrain, si le M23 ne fait plus parler de lui, les autres bandes armées restent actives. Au Nord Kivu, l’ADF/NALU a procédé à plusieurs enlèvements en territoire de Beni, tandis que deux factions des Maï-Maï hutu Nyatura se sont affrontées cette semaine à 120 km de Goma et que sept journalistes, menacés par des Nyatura, sont entrés dans la clandestinité dans le territoire de Rutshuru. Par ailleurs, les FARDC ont mené une offensive contre les miliciens du PARECO qu’elles ont réussi à déloger d’un village du territoire de Lubero où ils avaient établi leur quartier général. Au Sud Kivu, la situation reste très instable dans la plaine de la Ruzizi où s’affrontent des milices Bafulero et Barundi. Par ailleurs, le chef du nouveau mouvement rebelle à peine constitué (UFRC) a été arrêté à Uvira et sera jugé « sans complaisance », a affirmé le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. De son côté, le général Pacifique Masunzu, un tutsi congolais (munyamulenge) qui s’est toujours opposé aux interférences rwandaises au Kivu, a appelé tous les groupes armés opérant sur les hauts plateaux du Sud-Kivu à se regrouper afin d’intégrer l’armée congolaise.

En Province Orientale, la société civile d’Isangi accuse les FARDC de rançonner les commerçants aux 15 barrières qu’ils ont constituées. Par ailleurs, le bataillon congolais de 500 éléments qui fait partie de la force africaine chargée de mettre un terme aux exactions de la LRA a été présenté à la population de Dungu. Enfin, au Nord Katanga, les Maï-Maï indépendantistes ont tué plus de 65 personnes entre janvier et février de cette année : le représentant du Secrétaire général des N.U., Roger Meece, s’inquiète de la situation sécuritaire dans cette partie du pays.

Dans le domaine politique, la crise institutionnelle dans la province de l’Equateur est toujours de mise : un député de la majorité présidentielle demande l’intervention de la CSJ pour mettre un terme au conflit qui oppose depuis des mois le gouverneur, le bureau de l’assemblée provinciale et un groupe de députés provinciaux, tandis que la société civile appelle plutôt à un dialogue entre Equatoriens.

Dans le domaine de la justice, la Voix des Sans Voix demande la libération d’une famille proche de l’UDPS qui aurait été enlevée et se trouve en détention dans une prison de l’ANR. Par ailleurs, l’ex-chef de milice, Mathieu Ngudjolo, acquitté par la CPI, a demandé asile aux Pays-Bas : il craint des représailles au cas où il devrait rentrer en RDC. On signalera aussi la dénonciation par des associations de défense de la presse de l’arrestation d’un journaliste kinois condamné à une double peine pour « imputation dommageable » à l’égard une entreprise chinoise de la place. Enfin, dans le domaine de la justice militaire, un chef du parquet d’Aru et deux autres inspecteurs judiciaires ont été arrêtés dans le cas d’une affaire de vol d’or appartenant à des Ougandais.

Dans le domaine économique, une nouvelle affaire de « déguerpissement » secoue le secteur minier au Katanga : une quarantaine d’employés de First Quantum, repris par une autre société, ont été délogés brutalement par la police. Par ailleurs, les dirigeants de la MIBA accusent la police d’être trop complaisante à l’égard des creuseurs clandestins opérant sur leurs sites.

Dans le domaine des relations extérieures, alors que l’Afrique du Sud va  juger les 20 ressortissants congolais accusés de complot contre le Chef de l’Etat, onze Congolais ont été arrêtés en Angola pour le même chef. On mentionnera également que des milliers de réfugiés centrafricains continuent à fuir la rébellion dans leur pays et s’installent en Equateur où ils ne sont pas pris en charge.

Au Burundi, le Conseil de sécurité a prorogé d’un an la mission du bureau des N.U. du Burundi et a défini un nombre de priorités à remplir.

Au Rwanda, le procureur général est mécontent de la décision du TPIR de libérer après un jugement en appel deux anciens ministres inculpés de génocide. Par ailleurs, la justice norvégienne a condamné un Rwandais à 21 ans de prison pour participation au génocide de 1994.

EurAC

Toutes les dépêches ci-dessous en fichier attaché

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