Rwanda-RDC : l’heure de vérité sur les FDLR ? (2è Partie)
+
Rubrique : Actualité


Publié le 11 Nov 2013 par Gaspard Musabyimana

Dans notre précédent article nous relevions les défis qui attendent la Force des Nations-Unies qui a reçu la mission de démanteler les groupes armées opérant à l’Est de la RDC. La Brigade d’Intervention de la MONUSCO venait alors, par son appui déterminant de permettre aux FARDC de bouter les rebelles tutsi du M23 hors du territoire national et pour d’autres, de se rendre. D’après la feuille de route remise à la Brigade d’Intervention, c’est le tour des FDLR de subir les assauts de la même Brigade conjugués aux manœuvres des FARDC destinées à asseoir l’autorité de l’Etat dans tout l’Est de la RDC. Nous relevions d’abord qu’il va falloir se défaire de la propagande mensongère du régime de Kigali qui n’a que trop duré et qui n’a jamais été démentie alors que sa grossièreté était évidente. Les FDLR, fondées en 2000, étaient toujours présentées sous les étiquettes de différents mouvements politico-militaires qui les ont précédés comme si ces mouvements disparus n’avaient pas pu se dissoudre comme l’avait fait le mouvement terroriste tutsi des années 60 connu sous l’acronyme « Inyenzi » ; celui-ci avait lancé des attaques au tout début de la jeune République Rwandaise avant de disparaitre vers 1968. Cela n’a pas empêché leurs descendants d’attaquer le Rwanda en octobre1990 sous la bannière des « Inkotanyi » tout en martelant à chaque occasion qu’ils n’étaient pas des nouveaux « Inyenzi ». Un diplomate rwandais auprès des Nations-Unies à New York va même jusqu’à attribuer aux FDLR un crime commis en 1998, donc bien avant leur naissances. Les tueries de Bwindi furent attribuées à un groupe alors nommé ALIR et le gouvernement rwandais a même poussé le zèle jusqu’à extrader ses propres citoyens vers les Etats Unis (ce qui est un acte inconstitutionnel) en les accusant d’être membres de cette organisation et donc auteurs de ce crime. Seulement ce que le brave diplomate – Olivier Nduhungirehe pour ne pas le nommer – ne nous dira pas, c’est que lors de leurs interrogatoires et durant les procès, il est apparu que les pauvres jeunes hommes n’avaient rien avoir avec les tueries de Bwindi mais que tout ce montage était une manœuvre du régime du FPR pour pousser les Etats Unies à considérer ALIR comme un mouvement terroriste. Les suspects furent d’ailleurs libérés et ALIR fut dissous. Il est vrai que l’opération fut et reste payante puisque jusqu’aujourd’hui on recourt à la mise en scène macabre de Bwindi pour diaboliser une organisation qui n’avait même pas encore vu le jour au moment des faits.

Avant de tordre le coup aux FDLR, il faudra aussi tordre le coup à la propagande mensongère qui voudrait faire admettre que les FDLR, même ceux parmi eux qui sont nés dans la jungle de la RDC, sont des « génocidaires » et que le mouvement est guidé par « l’idéologie du génocide » qui serait enseignée aux enfants dès leurs jeunes âges. Il y a encore quelques années, la propagande du régime de Kigali se contentait de signaler que ces combattants FDLR étaient des génocidaires ayant fui au Zaïre après leur forfait. Mais quand les observateurs ont fait remarquer que la majorité parmi eux n’ont pas connu le génocide de 1994 car trop jeunes ou pas encore nés, les « techniciens » du FPR ont trouvé la parade : « l’idéologie du génocide » est inculquée aux jeunes et aux enfants qui naissent. Pour toute preuve de cette diabolisation de toute une génération, le régime n’a d’autres choses qu’à exhiber des reportages de journalistes occidentaux liés par des « contrats de communication » passés avec le régime du FPR comme celui qu’a sorti notre diplomate basé à New York pour, croyait-il, prouver de façon irréfutable que les FDLR sont mues par « l’idéologie du génocide ».

Quant à nous, nous avons sous les yeux les textes fondateurs des FDLR : Manifeste-Programme, Statuts, Déclarations, etc. mais nous n’y décelons nulle part ce qui peut être qualifié « d’idéologie du génocide » que le régime de Kagame a diagnostiqué dans tout enfant hutu né ou ayant grandi en RDC. Bien entendu, entre les textes officiels des FDLR, les déclarations officielles de leurs leaders et les reportages des journalistes payés par Kigali pour relayer sa propagande, personne ne sera dupe pour déterminer lequel est crédible.

Qu’on le veuille ou non, ces clarifications s’imposeront avant ou pendant que l’opération pour « neutraliser les FDLR » soit entreprise. Mais cette action pourrait aussi revêtir plusieurs formes.

A suivre…

Emmanuel Neretse
11/11/2013

Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Share on LinkedIn0Share on Google+0Pin on Pinterest0Email this to someone
Pas de commentaire
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (No Ratings Yet)
Loading...Loading...

COMMENTS

Repondre

Laisser un commentaire