Saint Dallaire (partie 4)
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Rubrique : Actualité


Publié le 22 Juin 2014 par Gaspard Musabyimana

On n’a jamais entendu le sénateur Dallaire réclamer une enquête sur la mort des pères Simard et Pinard au Rwanda. Roméo Dallaire devrait savoir qui sont les auteurs des meurtres crapuleux de ces deux prêtres québécois qui ont eu le courage de défendre leurs ouailles et qui sont devenus des témoins gênants. Il devrait savoir aussi qu’un enquêteur militaire canadien de la MINUAR a produit un rapport incriminant pour le Front patriotique rwandais (FPR) sur la mort du père Simard.

Les vrais patrons de Dallaire, à Washington, et leurs subalternes à Ottawa, l’avaient envoyé au Rwanda pour qu’il aide Paul Kagame à prendre le pouvoir par les armes. Kagame n’avait aucune chance de remporter les élections prévues dans les accords de paix d’Arusha. Il a toujours dit à ses hommes que la victoire était au bout du fusil, et non dans les urnes.

Pendant que Dallaire était à Kigali, Kagame préparait la reprise de la guerre, le génocide, les mensonges, sa victoire finale et des décennies de persécution des Hutus et de tous ses opposants politiques. Bien sûr que les massacres ont été préparés! Mais pas par les extrémistes hutus.

Parlons-nous dans le blanc des yeux, Roméo

Laissons tomber la politesse et les courbettes un instant. J’ai besoin de te parler dans le blanc des yeux, Roméo. Après tout, tu es rétribué avec mes impôts au Parlement d’Ottawa.

Tu dis vouloir « prendre d’assaut les théories révisionnistes », n’est-ce pas, Roméo? Dommage que Jacques-Roger Booh Booh, ton patron du temps de la MINUAR, n’ait pas été invité à te donner la réplique, le 13 avril dernier. Ton hôte, Guy l’humoriste, t’a donné carte blanche pour médire à son sujet. Si M. Booh Booh avait été là, il aurait pu nous parler de toi, tout comme un autre membre de la MINUAR qui t’a vu à l’œuvre, l’officier de renseignement sénégalais Amadou Deme. Ils ne t’ont pas vu sur un plateau de tournage, mais dans le théâtre des opérations.

Ces deux hommes savent que tu es loin d’être un héros. Nick Nolte a peut-être fait le cowboy devant la barricade, dans Hôtel Rwanda, mais toi, le personnage en chair et en os, tu fais de l’infodivertissement à Montréal. Les lecteurs voudraient peut-être savoir ce que tu faisais exactement à Kigali en 1994. Voyons voir.

Les appels à l’aide imaginaires de Roméo

Tu appelais la communauté internationale à l’aide et t’indignais de son indifférence? Faux! Prenons le célèbre fax du génocide, par exemple, que tu dis avoir envoyé le 11 janvier 1994 pour prévenir tes patrons de l’ONU des terribles révélations de l’agent infiltré du FPR Abubakar Turatsinze, alias Jean-Pierre, qui sera plus tard emprisonné, puis tué par le FRP lui-même, comme beaucoup d’autres témoins gênants. Jean-Pierre t’aurait dit que les méchants Hutus étaient prêts à tuer 1 000 Tutsis toutes les 20 minutes.

Le seul ennui, Roméo, c’est que ton fax n’a jamais existé. Il a été fabriqué par l’humanitaire pro-Tutsis Allison Des Forges et le procureur à gages du TPIR Pierre-Richard Prosper. Tout est expliqué aux pages 257 à 271 de l’ouvrage solidement étayé de Charles Onana, Les secrets de la justice internationale. M. Onana, un redoutable écrivain enquêteur, ne jouit malheureusement pas de la même publicité que toi dans les médias, ce qui fait que je n’ai trouvé aucun de ses livres à la bibliothèque municipale, tandis qu’elle est propriétaire de 18 exemplaires de tes œuvres rentables.

L’annexe 8 (p. 446) des Secrets de la justice internationale contient le rapport daté du 20 novembre 1995 du successeur de M. Booh Booh, Shaharyar Khan, qui a chargé un comité de chercher ton fax dans les archives de l’ONU. Sans succès. M. Khan écrit ceci :

Les conclusions de ce comité […] confirment le constat selon lequel il n’y a eu aucune information ni indication d’un génocide planifié.

Ce constat ressemble à celui qu’a dû faire l’Organisation de l’unité africaine, dans son rapport de mai 2000 :

Il n’existe aucun document […] et aucune autre preuve qui mette le doigt sur un moment précis où certains individus, dans le cadre d’un plan directeur, auraient décidé d’éliminer les Tutsi. […] à peu près tous les experts deviennent vagues ou ambigus lorsqu’il s’agit de déterminer à quel moment l’organisation et la planification systématiques sont censées avoir été amorcées.

Tu n’as jamais prévenu personne ni parlé de plan génocidaire en 1994, Roméo, même lorsque, le 7 avril de cette année-là, tu étais interviewé en direct à la radio. Ce n’est que longtemps après les faits que tu as sorti de ton sac cette histoire de listes et de génocidaires qui « sautent deux maisons, vont dans l’autre maison, tuent le monde là-dedans ».

Les troupes de Kagame se mirent en marche dès la nuit du 6 au 7 avril 1994, quelques heures après l’attentat ayant tué les présidents Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira. Dans la capitale, leur offensive commença le 7 avril à 16 h 30. Elles étaient fin prêtes.

Quand Guy A. Lepage te rappelle que Jacques-Roger Booh Booh a été « très critique » à ton égard, Roméo, il oublie de mentionner quelques faits importants, comme celui-ci, que l’on retrouve dans le livre de M. Booh Booh, Le patron de Dallaire parle :

À plusieurs reprises, les soldats du FPR ont été surpris dans le bureau du général Dallaire en train de se faire expliquer la carte d’état-major de la MINUAR qui indiquait les positions des [Forces armées rwandaises] en ville et dans l’arrière-pays.

Et quand tu blâmes les pays qui ont refusé d’intervenir, Roméo, sans jamais nommer les États-Unis, pays qui a mis tout son poids dans la balance pour que la MINUAR ne reçoive pas de renforts, tu oublies de préciser que tu mentais à ces mêmes pays peu de temps avant l’attentat du 6 avril. Lorsque tu rencontrais les ambassadeurs, tu leur cachais ce que tu savais parfaitement : le FPR était en train de faire entrer massivement, sur le territoire rwandais, des armes et des moyens logistiques en provenance de l’Ouganda, signe indéniable que Kagame s’apprêtait à reprendre la guerre et les massacres.


20/06/2014

Source : Le Huffingto Post

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