Éphémérides Grands Lacs – Semaine du 28 juin au 4 juillet 2014
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Rubrique : Actualité


Publié le 8 Juil 2014 par Gaspard Musabyimana

RESUME : En RDC, la semaine a été marquée par les traditionnelles commémorations de la fête de l’indépendance. Le discours du Chef de l’Etat, qui a présidé à un défilé exclusivement militaire et policier, a été marqué par un hommage appuyé aux forces armées, une condamnation des expulsions des Congolais de Brazzaville — 300.000 rapatriés « volontaires » aujourd’hui –, une demande d’appui sans faille à la CENI, laquelle a entamé les préparatifs des élections locales et a accordé l’accréditation aux 50 premiers observateurs, et un engagement à mettre en oeuvre les recommandations adoptées par les concertations nationales, toujours en rade (RDC_7) (RDC_8) (RDC_10). À propos des futures élections, l’Eglise catholique, qui ne fait guère confiance au président de la CENI lequel est l’objet d’une plainte de l’opposition qui n’est pas sûre d’aboutir, a fait savoir toute son opposition à une modification de la constitution qui autoriserait le président de la République à exercer un troisième mandat (RDC_9). Cette prise de position a été vivement critiquée par le porte-parole du Gouvernement, le ministre Lambert Mende qui reproche aux évêques de « violer l’ordre démocratique des choses » et de se faire l’écho de propos provenant de l’opposition (RDC_9_1). En ce qui concerne le nouveau gouvernement à mettre en place dans la foulée des concertations nationales, un député de la majorité estime que le gouvernement actuel est paralysé, tandis que le ministre Mende parle de « ralentissement »  dans les activités gouvernementales (RDC_9_2)

Sur le plan de la sécurité, les députés du Nord Kivu refusent tout cantonnement des rebelles du FDLR dans leur province (RDC_2). À  propos du FDLR, le chef adjoint de la MONUSCO a déclaré, au cours d’une réunion conjointe entre représentants de la SADC et de la CIRGL au cours de laquelle il a été donné six mois aux rebelles du FDLR pour désarmer, qu’une solution militaire n’est toujours pas exclue pour ceux qui refusent de se rendre : plusieurs centaines d’ex-rebelles sont en attente d’un retour au Rwanda dans des camps de la MONUSCO (RDC_12). On mentionnera aussi que l’ONU est accusée par le Rwanda de soutenir les rebelles du FDLR : il menace d’ailleurs de se retirer de l’accord-cadre d’Addis-Abeba en invoquant la participation du chef de la MONUSCO et d’envoyés spéciaux à la rencontre qui s’est tenue la semaine dernière à Rome entre le président ad interim du FDLR et la Communauté Sant’Egidio (RWA_3). Toujours en ce qui concerne le Nord Kivu, les Raïa Mutomboki ont réussi à occuper plusieurs agglomérations sur le tronçon Hombo – Walikale (RDC_4). Par ailleurs, le chef militaire de la MONUSCO a annoncé le déploiement d’une unité spéciale sénégalaise à Goma dans le cadre du maintien de l’ordre et de la sécurité (RDC_6_1). 

Au Sud Kivu, plus de 4.000 habitants de Bwegera ont fui l’attaque d’hommes armés non-identifiés (RDC_1). Par ailleurs, des affrontements ont eu lieu entre les FARDC et les Maï-Maï de Yakutumba en territoire de Fizi (RDC_3), tandis que plus au nord de la province, à Minova, des tracasseries militaires sont signalées à des barrières illégales (RDC_5). Enfin, on mentionnera qu’un rapport d’Human Rights Watch met en évidence l’inaction de la MONUSCO et des FARDC durant les affrontements ethniques récents à Mutarule : le patron de la MONUSCO s’en est excusé tout en rappelant que la protection des populations revient d’abord à l’armée congolaise (RDC_6).

Dans le domaine économique, la RDC a été admise comme membre à part entière de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), une position qu’elle avait tentée d’occuper depuis 2008, mais dont l’examen avait été suspendu en 2013 (RDC_9_3)

Dans le domaine des relations extérieures, le Conseil de Sécurité a décidé des sanctions contre le mouvement ADF, devenu aujourd’hui un mouvement islamiste et qui est encore active dans les montagnes du Ruwenzori au Nord Kivu (RDC_11).

Au Burundi, l’ONU maintient la pression sur le président de la République qui est accusé de laisser se perpétrer des atteintes graves aux libertés et auquel une sérieuse « mise en garde » a été adressée (BUR_1).

En Ouganda, des organisations de défense des droits humains affirment que les cas de torture sont de plus en plus fréquents dans ce pays (OUG_1).

En ce qui concerne le Rwanda, le TPIR a confirmé en appel la condamnation à 30 ans de prison à l’encontre du commandant en chef de l’ancienne armée rwandaise, Augustin Bizimungu (RWA_2). Par ailleurs, le parti des Verts rwandais, qui est dans l’opposition, s’inquiète de la disparition d’un de ses cadres (RWA_1).

Source : EurAC

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BURUNDI

Justice, Droits de l’homme…

(BUR_1) RFI – 28/6

La communauté internationale semble décidée à maintenir la pression sur le pouvoir du président Nkurunziza, accusé d’atteintes graves aux libertés, à moins d’une année d’élections générales dans ce pays considéré encore comme très fragile par les Nations unies. Au terme d’un séjour de trois jours au Burundi, le sous-secrétaire général de l’ONU aux droits de l’homme, Ivan Simonovic, lance une sévère mise en garde au pouvoir burundais pour qu’il ouvre le champ politique et mette fin aux violences politiques.

Depuis deux mois, les délégations de haut niveau se succèdent à Bujumbura et le Conseil de sécurité s’est déjà penché sur le cas du Burundi à trois reprises au moins. Cette fois, c’est le sous-secrétaire général de l’ONU aux droits de l’homme qui est venu faire passer le même message de fermeté.

Désormais, Bujumbura est sous haute surveillance et la communauté internationale ne s’en cache pas. « C’est une façon de vous dire que les Nations unies, l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs sont tous en alerte en ce qui concerne la situation ici au Burundi », a lancé Ivan Simonovic.

Il faut dire que les sujets de préoccupation sont légions, explique le diplomate. Atteintes aux libertés civiles et politiques, harcèlement des membres de la société civile et des médias, explosion des violences politiques : les incidents imputés à la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les fameux Imbonerakure, ont plus que doublé en une année, a-t-il dénoncé. Il met donc en garde Bujumbura. Ces défis doivent être relevés dit-il, pour que « les élections générales de 2015 soient libres et équitables ». Sinon, « il y a risque d’escalade », prévient-il. « Bien entendu, si la violence politique devait continuer d’augmenter, nous pourrions estimer que c’est une situation très dangereuse. »

Bujumbura pourra difficilement faire longtemps la sourde oreille, car la communauté internationale lie désormais son aide aux progrès que le Burundi « doit » réaliser dans le domaine des droits de l’homme.

OUGANDA

Justice, Droits de l’homme…

(OUG_1) RFI – 27/6

Selon les défenseurs des droits de l’homme, les cas de torture sont de plus en plus nombreux en Ouganda avec des centaines de personnes se plaignant en avoir été victimes. Pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une situation inquiétante, des militants se sont réunis au centre-ville de Kampala pour alerter l’opinion publique.

L’Ouganda a adopté en 2012 une loi qui renforce la responsabilité pénale des tortionnaires, mais cela semble n’avoir eu aucune conséquence puisque les exactions policières restent fréquentes.

Le Centre africain de traitement et de réhabilitation des victimes de tortures voit passer quotidiennement plusieurs victimes de violence policière.

Alex Kigoye, aide-soignant dans ce centre, indique que 80% de ses patients disent avoir été torturés par des policiers. "Chaque jour, nous recevons entre cinq et dix patients, victimes de tortures," explique Kigoye. "Ce sont des gens qui ont souffert en détention, qui ont été battus en détention. Nous avons beaucoup de cas de violences qui ont eu lieu au cours d’arrestations et durant des interrogatoires".

Kato, une victime, comme des milliers d’autres, attend aujourd’hui les compensations financières promises par l’Etat qui endosse la responsabilité de ce type d’entorse à la législation. Mais depuis 2012, une nouvelle loi oblige les policiers qui ont commis ces tortures à payer l’indemnisation des victimes. Celle-ci a pour objectif de responsabiliser le corps policier. Mais la loi reste encore peu efficace, explique Agaba Maguru, président de la commission ougandaise pour les droits de l’Homme selon lequel les policiers ne sont pas formés. "Lorsqu’ils reçoivent des suspects, au lieu de les interroger calmement, paisiblement, parfois, ils les frappent jusqu’à ce qu’ils leur disent ce qu’ils veulent entendre," s’indigne Agaba Maguru.

Les tortures représentaient en 2013 plus de 30% des cas de violations des droits de l’homme en Ouganda. Ce chiffre pourrait être dans les faits beaucoup plus important. La commission des droits de l’homme estime que de nombreux cas, notamment dans les zones rurales, ne sont jamais rapportés

RDC

Sécurité, Armée…

–          Kivu

(RDC_1) Radio Okapi – 28/6

Environ quatre mille habitants de Bwegera (territoire d’Uvira) au Sud-Kivu ont fui leur localité depuis le vendredi 27 juin après le meurtre d’une femme par des hommes armés. Selon des sources locales, ces personnes se dirigent vers Luvungi, à 6 kilomètres de leur localité. Le commandant de l’armée à Bwegera confirme ce déplacement des populations.

Des jeunes enfants ainsi que des hommes et des femmes transportant des bagages sur le dos sont visibles le long de la route nationale numéro 5 en train  de fuir Bwegera. Certains déplacés marchent à pied, d’autres roulent sur des vélos.

Un activiste des droits humains de Bwegera affirme que ce sont les deux tiers des habitants de cette localité qui l’ont quittée. Le président de la nouvelle société civile congolaise de Luvungi indique que certains déplacés vivent dans des familles d’accueil. D’autres sont logés dans une église catholique.

De son côté, le commandant des FARDC à Bwegera appelle la population au calme. Selon lui, les activités se déroulent comme d’habitude dans la localité depuis ce samedi dans la matinée.

(RDC_2) Radio Okapi – 30/6

Les députés nationaux élus de Beni s’opposent au cantonnement des rebelles rwandais des FDLR dans ce territoire du Nord-Kivu. Selon le député Grégoire Kiro, la présence de ces rebelles risque de mettre à mal le processus de pacification de Beni, déjà en proie à l’activisme de groupes armés. Dans une déclaration faite dimanche 29 juin à Kinshasa, ces députés promettent de s’opposer par tous les moyens pacifiques à toute tentative de cantonnement de ces miliciens aux alentours de Beni.

«La population de Beni refuse que ces inciviques soient relocalisés dans la même province où ils se sont rendus coupables d’exactions inqualifiables», a déclaré Grégoire Kiro. Pour le député national, le gouvernement congolais devrait communiquer à ce sujet afin de fixer l’opinion publique sur la destination finale de ces FDLR qui se rendent. «Leur place est au Rwanda et pas en RDC, et surtout pas à Beni», a-t-il insisté.

Ces députés disent vouloir prévenir le pire face aux dispositifs d’accueil de ces éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda en cours de préparation sur place à Beni. «De nombreuses sources à Beni parlent de l’implantation imminente FDLR dans la périphérie de cette ville. En tant que députés nationaux de la ville de Beni, nous restons vigilants et nous sommes prêts à nous opposer par tous les moyens pacifiques à toute tentative de cantonnement de ces miliciens aux alentours de Beni qui, rappelons-le, est toujours le théâtre d’opérations militaires contre les ADF», a-t-il expliqué.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/03/les-deputes-du-nord-kivu-ne-veulent-pas-de-fdlr-dans-cette-province/#.U7UR6qj-SzM

(RDC_3) Radio Okapi – 1/7

Douze miliciens de la coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo dirigée par Yakutumba auraient été tués dans des combats qui opposent depuis une semaine ce groupe armé aux Forces armées de la RDC (FARDC), le long du lac Tanganyika en territoire de Fizi (Sud-Kivu). Selon le commandant du 1004ème régiment de l’armée, le colonel Jaguar Rutarara, cinq autres combattants Maï-Maï de Yakutumba auraient aussi été capturés. Un bilan contesté par les miliciens.

Un milicien capturé a révélé aux FARDC une importante cache des munitions d’armes lourdes appartenant à la coalition de Yakutumba dans une localité de Fizi, a ajouté le colonel Jaguar Rutarara.

Sur la ligne de front, les FARDC disent avoir installé leur Etat-major opérationnel à Kazimiya pour contrôler le Nord et le Sud de cette localité, afin d’avoir une vue globale sur le lac Tanganyika.

De son côté, le porte-parole de Yakutumba, Pacific Mutiki, indique que son groupe aurait tué huit soldats des forces loyalistes dans les derniers affrontements du week-end dernier à Kazimiya. Tous auraient été inhumés le même jour. À en croire Pacific Mutiki, sa milice n’a enregistré aucune perte en vie humaine.

Pour sa part, la société civile à Baraka dénonce la précarité de vie que mènent les populations des localités de Buma, Lubomo, Ona, Mwanzalulu et Karamba, situées au Nord de Kazimiya et qui ont trouvé refuge vers la cité de Baraka. Les populations de la partie Sud de Kazimiya notamment celles qui vivaient à Yungu et Talama se sont dirigées vers Sebele. Tous ces déplacés manquent de nourriture et d’abris, précise la société civile de Baraka.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/01/fizi-la-societe-civile-appelle-le-gouvernement-dialoguer-avec-les-mai-mai/#.U7L_g6j-SzM

(RDC_4) Radio Okapi – 2/7

Les combattants de Raïa Mutomboki occupent depuis trois jours le tronçon entre la cité de Walikale et la localité de Hombo, à une centaine de kilomètres du chef-lieu du territoire de Walikale, en allant vers Bukavu. Selon l’administrateur du territoire, Marie Bangwene, le trafic est paralysé sur cet axe depuis les affrontements entre deux factions Raïa Mutomboki trois semaines plus tôt.

Selon Mme Bangwene, ces miliciens ont investi les lieux après la mise en déroute de la faction rivale Raïa Mutomboki par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’arrestation de leur commandant par la 8ème région militaire (FARDC).

Aucun affrontement  n’a eu lieu depuis la trêve décidée la semaine dernière par les deux parties pour permettre aux élèves finalistes de passer l’examen d’État, a-t-elle affirmé. Néanmoins, dans les localités de Binyampuli, Kibua, Mera et Ishunga, en groupement Luberike, dans le même territoire, les populations continuent à fuir par crainte d’éventuels affrontements entre les FARDC et le Nduma Defense of Congo (NDC) du milicien Cheka.

La plupart de ces habitants ont trouvé refuge au chef-lieu du territoire et dans ses alentours, affirme l’administrateur.

(RDC_5) Radio Okapi – 2/7

Des éléments des FARDC ont érigé depuis 6 mois deux barrières dans les villages de Magoba et Gahira à 30km de Minova, dans le Sud-Kivu. Ils exigent entre 100 à 200 francs congolais (1 à 2 centimes de dollars américains) à chaque passage d’hommes et de marchandises. La société civile de Minova exige le démantèlement de ces barrières illégales. Pour le commandant de ce bataillon, ces militaires dépendent de cette perception pour leur survie.

Au cours d’une visite sur place mercredi 2 juillet, le président de la société civile de Minova, Néhémie Habajuwe Bahati, a exigé le démantèlement, sans délais, de ces barrières érigées par les éléments du bataillon spécial des FARDC. «Nulle part dans toute la loi de notre pays, les militaires sont autorisés d’ériger une barrière pour tracasser la population, une population très pauvre. Nous regrettons et nous condamnons ces faits parce que ça ne doit pas se faire», a-t-il affirmé.

D’après Néhémie Habajuwe Bahati, chaque piéton est dans l’obligation de payer de l’argent, à l’aller comme au retour pour traverser une barrière. «Un homme doit payer 200 francs à l’aller, 200 francs au retour. La femme paie 100 francs, l’enfant 100 francs. On fait aussi payer les marchandises. Quel trésor public, sous quelle loi, quelle ordonnance, on est entrain de faire ça», a-t-il interrogé. Les victimes de ces tracasseries sont principalement les habitants de Minova, Numbi, Chebumba et Kalungu, selon lui.

Le président de la société civile de Minova s’indigne de cette situation d’autant plus que, pour lui, les militaires ne sont pas là pour tracasser la population mais pour la défendre ainsi qu’assurer l’intégrité du territoire national.

Interrogé par Radio Okapi, le commandant du bataillon spécial des FARDC a affirmé qu’il est difficile de mettre fin à cette pratique, ses éléments dépendant de cette perception pour leur survie.

(RDC_6) Radio Okapi – 3/7

Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée congolaise (FARDC) et les forces de la Mission de l’Onu en RDC (Monusco) de ne pas être intervenues pour arrêter l’attaque perpétrée contre des civils à Mutarule, dans le Sud Kivu, le 6 juin dernier. Dans un communiqué publié jeudi 2 juillet, l’ONG internationale affirme que les forces congolaises et onusiennes, en poste à proximité, avaient été averties à plusieurs reprises. Mais, elles n’ont pas agi pour arrêter ce massacre, accuse HRW. Au moins 30 civils avaient été tués dans l’attaque perpétrée par des hommes armés.

Selon HRW, les assaillants parlaient le kirundi et le kinyarwanda. L’attaque est intervenue dans un contexte de tensions croissantes entre les groupes ethniques Bafulero, Barundi et Banyamulenge.

Les chercheurs de l’ONG internationale affirment qu’un officier supérieur de l’armée congolaise, en poste à proximité, avait été averti à plusieurs reprises de l’attaque, mais il n’a pas réagi pour l’arrêter.

Les casques bleus de la Monusco, basés à 9 kilomètres du lieu de l’attaque, ne sont pas non plus intervenus, bien qu’informés de l’attaque, selon HRW. Ils ne se sont rendus à Mutarule que deux jours après le massacre, ajoute l’ONG. «L’armée et la Monusco doivent déterminer quels ont été les dysfonctionnements et s’assurer que de telles atrocités ne se reproduisent pas, alors qu’elles sont censées veiller à la sécurité de la population», a estimé la directrice de plaidoyer au sein de la division Afrique de HRW, Anneke Van Woudenberg.

Selon la même source, deux officiers militaires et un civil ont été arrêtés à l’issue de l’enquête ouverte par les autorités militaires congolaises. Ils ne sont cependant pas encore mis en accusation. Aucun des assaillants n’a été arrêté, ajoute-elle.

Réagissant à ces accusations, le chef de la Monusco, Martin Kobler a dit regretter l’inaction des forces de la mission dans ce drame. «Je regrette ce qui s’est passé. J’en prends la responsabilité en tant que chef de la Monusco. Notre devoir est de protéger les civils. On ne l’a pas fait suffisamment», a-t-il reconnu. M. Kobler a néanmoins rappelé que la responsabilité de protéger la population congolaise revient d’abord aux FARDC. «Les FARDC n’ont pas protégé leur population, mais ça n’excuse pas que nous n’avons pas réagi suffisamment. Et je m’excuse pour ça», a-t-il ajouté.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC assure avoir pris des mesures pour que ses forces réagissent plus vite et de manière plus robuste afin de protéger plus efficacement la population.

Lire le rapport sous :

http://www.hrw.org/news/2014/07/02/dr-congo-army-un-failed-stop-massacre

(RDC_6_1) Radio Okapi – 3/6

Environ 300 casques bleus sénégalais de l’unité spéciale «FPU» sont déployées, depuis le week-end dernier, à Goma (Nord-Kivu) dans le cadre de la restructuration de la Mission de l’Onu pour la stabilisation en RDC (Monusco). Un programme qui implique le redéploiement de l’essentiel des forces de sécurité et du personnel civil de cette mission de l’Onu dans l’Est du pays conformément à la résolution 2147 du conseil de sécurité de l’Onu.

«Ce sont des gendarmes qui constituent une force d’intervention bien équipée, bien entraînée et dotée de matériels pour le maintien de l’ordre et de la sécurité. Cette unité est redéployée ici dans le cadre de la restructuration de la mission », a expliqué mercredi le général Abdallah Wafy, représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’Onu en charge des opérations de l’Est de la RDC.

Il a indiqué que ces casques bleus sont équipés de matériels de protection, d’extraction, des ambulances médicalisées et des engins blindés qui peuvent être mis à contribution en cas de nécessité. Le Général Wafy a par ailleurs signalé que ces gendarmes seront également déployés à l’intérieur de la province du Nord-Kivu pour travailler notamment avec la police nationale congolaise.

Vie politique…

(RDC_7) Belga – 28/6

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) congolaise a entamé les préparatifs concrets des élections municipales, urbaines et locales prévues en 2015 en RDC, a-t-elle annoncé samedi. La Ceni a ainsi lancé la formation des agents opérationnels pour l’opération de "fiabilisation du fichier électoral et de stabilisation des cartographies opérationnelles" dans dix des onze provinces que compte la RDC.

     

Après la province du Bandundu (ouest) et le territoire de Befale, dans la province de l’Equateur (nord-ouest), la Ceni a entamé samedi le briefing de 23 secrétaires exécutifs provinciaux (SEP), de 23 superviseurs, 23 formateurs cartographes et de 23 formateurs informaticiens dans 23 pools opérationnels dans la deuxième aire opérationnelle constituée des provinces du Bas-Congo, Equateur, Kasaï Occidental, Kasaï Oriental, Katanga, Maniema, Nord-Kivu, province Orientale, Sud-Kivu et dans la ville-province de Kinshasa, a-t-elle indiqué dans un communiqué reçu à Bruxelles.

     

Ce premier noyau sera ensuite chargé de former 120 chefs d’antenne, de 224 formateurs additionnels et 120 formateurs cartographes locaux qui devront préparer les scrutins de 2015.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/06/27/kinshasa-la-ceni-accredite-les-50-premiers-observateurs-electoraux/#.U677K6gdDGU

(RDC_8) Radio Okapi – 29/6

Le président de la République, Joseph Kabila, place la fête de l’indépendance sous le signe d’un hommage « vibrant » que le pays doit aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Dans son discours prononcé dimanche 29 juin, à la veille de la célébration du 54e anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale, il a indiqué que cette fête est aussi une interpellation des générations présentes et à venir « car elle rappelle à chacun de nous l’obligation de garder notre pays libre et uni ».

Joseph Kabila a expliqué cet « hommage vibrant et solennel » aux militaires est mérité, suite à toutes les victoires qu’ils ont enregistrées sur toutes les forces négatives venant de l’extérieur, celles basées à l’intérieur du pays et sur les partisans de la division et de la soumission de notre peuple ». « Comme vous le savez, depuis une vingtaine d’années, l’Est de notre pays a été le théâtre d’agressions, de guerre, des mouvements armés et de rébellions. Grâce à la montée en puissance de nos forces armés et de sécurité, nous y avons mis fin », a déclaré le président de la RDC.

Dans son speech, le président Kabila a assuré que les FARDC contrôlent tout le territoire national. « Les mouvements terroristes qui opéraient aux Kivu ont été éradiqués. La plupart des groupes armés ont adhéré à l’ultimatum des dépôts de leurs armes. C’est ainsi que près de 4500 éléments ont déposé leurs armes. Le processus est en cours avec les FDLR dont environ deux cents éléments se sont rendus », a ajouté le chef de l’Etat.

Joseph Kabila a noté que cette victoire sur le champ de bataille, la RDC la doit à la bravoure et le savoir-faire des forces armées et des services de sécurité mais aussi au mariage entre l’armée et son peuple, et à l’appui de ses amis à travers le monde. Le président de la RDC a annoncé qu’un monument sera érigé en l’honneur de tous ceux « qui sont tombés sur les champs d’honneur sous le drapeau, et tous les individus, de différentes nationalités ainsi que des populations civiles qui se sont comportés en véritable défenseur de la patrie ».

Dans son discours, le chef de l’Etat a aussi fustigé les expulsions de Brazzaville « dans des conditions qui révoltent la conscience humaine » et a réitéré le message de compassion à toutes les victimes de ces opérations. « C’est le lieu pour moi de réitérer notre message de compassion à nos concitoyens rentrés au pays dans des conditions qui révoltent la conscience humaine et que nous avons tous déplorées ».

Joseph Kabila a saisi l’occasion pour encourager tous les Congolais qui vivent en dehors de la RDC à y revenir et « prendre place au sein d’un Congo en pleine croissance et d’une société congolaise en pleine mutation ». « La terre de nos ancêtres est grande et fertile et dispose des potentialités nécessaires à épanouissement de chacun », a rappelé le chef de l’Etat, qui invite tous ceux qui vivent à l’Etranger « à contribuer au développement de la RDC dans la paix et la sérénité ». Joseph Kabila a insisté que « le rêve d’un Congo prospère auquel nous aspirons ne peut être réalisé qu’au prix des efforts sans cesse renouvelés ».

« Je demande à notre peuple de ne pas céder au chantage et d’appuyer toutes les institutions de la RDC notamment la Commission électorale nationale indépendante qui a reçu la mission d’organiser les élections dans un climat apaisé », a affirmé Joseph Kabila. Il a souligné que l’avenir de la RDC dépend avant tout de son peuple, de ses responsabilités ainsi que de ses capacités à se prendre en charge. « Il est plus que temps que nous sachions donner à notre pays le meilleur de nous-mêmes et de ne pas toujours attendre qu’il fasse tout à notre place », a appelé le président Kabila.

Quant aux recommandations des Concertations nationales, le président Joseph Kabila a « réaffirmé son engagement » à sa mise en œuvre. « Je réaffirme mon engagement accélérer la mise en oeuvre des recommandations de ces assises de façon méthodique mais en évitant toute précipitation », a-t-il déclaré.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/06/30/rdc-la-majorite-lopposition-partagees-sur-le-bilan-de-54-ans-de-lindependance/#.U7FUqaj-SzM

http://www.onewovision.com/actu-rdc/RDC-defile-militaire-inedit-a-Kinshasa-pour-la-fete-de-l-Independance,i-20140630-7c4c

http://radiookapi.net/actualite/2014/06/30/30-juin-des-milliers-de-militaires-policiers-ont-defile-kinshasa/#.U7GZRKj-SzM

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/01/rdc-application-des-recommandations-des-concertations-nationales-des-politiciens-encore-optimistes/#.U7Jqyqj-SzM

(RDC_9) Radio Okapi- 1/7

L’église catholique invite la population congolaise à tout mettre œuvre pour protéger la nation congolaise, notamment en empêchant toute tentative de révision de l’article 220 de la Constitution. Dans un message publié mardi 1er juillet à Kinshasa, à l’occasion des 54 ans d’indépendance de la RDC, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) s’engage à utiliser tous les moyens appropriés pour que le peuple congolais ne soit pas «pris en otage par des pratiques politiciennes qui sacrifient l’intérêt supérieur de la nation».

«Nous désapprouvons également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel», a affirmé le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Leonard Santedi, livrant le message de l’église à la presse.

La Cenco dit soutenir les élections des députés provinciaux, des maires et des bourgmestres par mode de scrutin direct. «Nous désapprouvons tout mode de scrutin qui priverait le souverain primaire de son droit de désigner ses gouvernants et de participer directement à la gestion de la cité», a-t-il expliqué.

Selon l’abbé Santedi, l’article 220 de la constitution protège les options fondamentales relatives à la nature de l’Etat congolais, qui est une République et non une monarchie, et à la nature du pouvoir politique. «Ce pouvoir ne peut être ni personnalisé, ni autocratique et dictatorial», a-t-il insisté.

Tout en saluant les efforts du gouvernement congolais dans la reconstruction du pays, la Cenco promet d’utiliser «des moyens appropriés» pour sensibiliser la population et de défendre les options fondamentales qui sauvegardent la jeune démocratie congolaise et sa stabilité.

Le gouvernement a proposé un projet de loi relatif à la révision de certains articles de la constitution, sans préciser lesquels. La plupart des députés interrogés affirment que cette révision constitutionnelle devrait concerner le mode de scrutin sénatorial, provincial et celui des gouverneurs.

Lire aussi sous :

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140701183253/joseph-kabila-cenco-presidentielle-rdc-2016-presidentielle-rdc-rdc-les-eveques-demandent-a-kabila-de-partir-en-2016.html

http://www.rfi.fr/afrique/20140703-rdc-abbe-apollinaire-malu-malu-defie-il-eglise-catholique/

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/04/rdc-jusquou-ira-la-plainte-de-lopposition-contre-malumalu/#.U7aRg6gdDGU

(RDC_9_1) AFP – 3/7

Le gouvernement de Kinshasa a accusé jeudi les évêques catholiques de la RDC de violer "l’ordre démocratique des choses" en critiquant comme ils l’ont fait son projet de modification constitutionnelle destiné à modifier la loi électorale.

              

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a déploré mardi la décision prise par le gouvernement de tenir au scrutin indirect les prochaines élections des députés des parlements des onze provinces du pays (retardées à plusieurs reprises), quand la Constitution stipule qu’ils doivent être élus directement.

     

Ce faisant, la "Cenco se lance dans un débat politique où elle donne l’impression de croire, à tort, que les options fondamentales relèvent du dogme", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, lors d’une conférence de presse, avant d’ironiser: "Déformation professionnelle peut-être." "Croire que la (Cenco) peut imposer [sa préférence pour le scrutin direct] à la nation en se substituant au législateur attitré (…) ou à l’administration électorale constitutionnelle (…) vouloir cela, n’est pas dans l’ordre démocratique des choses", a ajouté M. Mende, qui est également ministre des Médias.

     

Il a également reproché à l’Eglise de tomber dans le "procès d’intention" en déclarant être opposée à toute modification ou altération de la substance de l’article 220 de la Constitution, selon lequel "le nombre et la durée des mandats du président de la République (…) ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle".

     

Soupçonnant le président Joseph Kabila de chercher à tout prix à s’accrocher au pouvoir au-delà de la présidentielle prévue pour 2016, à laquelle il ne pourra pas se représenter, la majeure partie de l’opposition congolaise met en garde depuis plusieurs mois contre les projets qu’elle prête au chef de l’Etat de modifier la Constitution. "Il est regrettable que la Cenco s’en fasse l’écho", a estimé M. Mende

(RDC_9_2) Radio Okapi – 4/7

L’administration publique en RDC est paralysée en attendant la formation du gouvernement de cohésion nationale, une promesse du chef de l’Etat congolais Joseph à la clôture des concertations nationales en octobre 2013. Le député de la majorité Henri-Thomas Lokondo qui a fait cette observation jeudi 3 juillet estime que les activités sont bloquées, non seulement dans le gouvernement, mais aussi dans les entreprises publiques. Le porte-parole du gouvernement relativise. Il parle de ralentissement d’activités et non de paralysie.

Le 23 octobre 2013 lors de la clôture solennelle des concertations nationales, un forum convoqué par le président Kabila pour trouver des solutions aux problèmes multiformes que connaît la RDC, le chef de l’État avait annoncé la formation d’un gouvernement de cohésion nationale qui inclurait les représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile. Le lendemain, le Premier ministre Matata Ponyo enjoignait dans une circulaire les ministres d’expédier les affaires courantes. Dans la foulée des interdictions formulées aux ministres figurait notamment celle « des nouveaux engagements financiers, des marchés publics et la signature des contrats ».

Neuf mois plus tard, le gouvernement de cohésion nationale n’est toujours pas formé. Et la circulaire d’Augustin Matata Ponyo est toujours d’application.

Jeudi, Henri Thomas Lokondo, a demandé au chef de l’État de lever la mesure de gestion des affaires courantes du gouvernement pour permettre à l’exécutif  national de fonctionner normalement. Il explique le sens de son appel : «Ce n’est pas un secret. Les membres du gouvernement et beaucoup d’autres responsables d’entreprises ou de services publics de l’État ont le cœur ailleurs. Le cœur n’est pas vraiment à l’ouvrage parce que, quand on annonce la mise en place d’un gouvernement comme ça, les gens se préparent soit pour rester ou partir et ils sont dans un comportement un peu inconfortable pour le fonctionnement de l’Etat et ce n’est pas bien».

Faisant allusion à la déclaration de Joseph Kabila, la veille de la fête de l’indépendance, d’appliquer les recommandations des concertations nationales «méthodiquement et sans précipitation», Henri-Thomas Lokondo a estimé que, puisque la mise en place du gouvernement n’interviendra pas dans un court délai,  il faut un retour au fonctionnement normal du gouvernement. Et il donne ses raisons : «On ne peut pas laisser le pays au ralenti comme ça pendant plus d’une année, ce n’est pas normal. Or, il s’avère que la mise en place du gouvernement de cohésion nationale est la première recommandation [des concertations nationales]. Et à court terme, ce sera impossible parce que ce gouvernement doit être investi par l’Assemblée nationale qui est en vacance et qui ne reprend que le 15 septembre». Le député Lokondo appelle le chef de l’État à «tirer toutes les conséquences de son discours» en accordant au Premier ministre l’autorisation de ramener le pays dans son fonctionnement normal.

Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, il ne faut pas parler de paralysie de l’administration mais plutôt d’un ralentissement du rythme de travail, qui n’a d’ailleurs duré qu’un moment, selon lui. «Il y a eu ralentissement des activités, il y a quelques mois, lorsque par mesure de précaution, le Premier ministre avait décidé de prendre en compte l’option du Chef de l’État de mettre en place un gouvernement de cohésion nationale. Mais depuis lors, les ministères sont en train de travailler, même celui de l’Enseignement supérieur et universitaire », a-t-il affirmé.

Lambert Mende en veut pour preuve «les différentes perceptions positives» enregistrées, selon lui, dont les performances de la RDC dans le domaine de l’éducation, dans celui du Doing business [classement des pays selon la facilité d’y faire les affaires], ou encore l’Initiative pour la transparence des industries extractives». «Ce sont les faits de ce gouvernement qui ne peut pas être qualifié d’un gouvernement en paralysie », a-t-il estimé. «Pour le reste, le Président mettra en place son gouvernement. Nous pensons qu’il a dû rencontrer quelques obstacles qu’il est en train de les surmonter», a conclu le ministre.

Économie, Finances…

(RDC_9_3) AFP – Belga – 3/7

La RDC a annoncé jeudi avoir été admise comme membre à part entière de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), référence internationale en matière de contrôle de la gouvernance du secteur minier. "Les efforts maintenus du gouvernement […] ont porté leurs fruits", "je me réjouis que la RDC soit membre à part entière" de l’ITIE, a indiqué le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon dans des messages diffusés sur Twitter.

     

Dans un communiqué publié en ligne, l’ITIE indique, après une réunion mercredi à Mexico de son conseil d’administration, que la RDC est "désormais ‘conforme’ à la norme mondiale de transparence de l’ITIE". En conséquence de quoi "ses citoyens ont la possibilité d’accéder à des informations détaillées sur la manière dont leurs ressources naturelles sont gérées", ajoute l’organisation.

     

La RDC était candidate à l’ITIE depuis 2008, mais son processus d’adhésion avait été suspendu pour un an en avril 2013, l’Initiative ayant alors reproché à Kinshasa, sur la base du rapport annuel fourni par le gouvernement congolais pour 2010, de ne pas satisfaire à ses exigences sur un certain nombre de points. Ces questions ont été résolues, indique l’ITIE, pour qui "la RDC a fait preuve d’un degré d’engagement tout à fait remarquable à l’égard du processus de l’ITIE". "La conformité à l’ITIE ne signifie pas que les ressources naturelles d’un pays sont gérées de manière parfaite, mais que le pays dispose d’un processus de base qui est efficace et qui permet un débat bien informé", ajoute l’ITIE. Soulignant la nécessité de poursuivre les réformes pour améliorer encore les choses, l’organisation avertit que "le pays aura besoin d’une volonté politique soutenue pour progresser sur cette bonne voie".

Relations extérieures

(RDC_10) APA – Belga – 1/7

Plus 300.000 ressortissants de la RDC ont regagné "volontairement" leur pays lors de l’opération policière lancée par le Congo-Brazzaville voisin pour combattre une montée du banditisme imputée aux étrangers en situation irrégulière et qui a conduit à de nombreuses expulsions, a affirmé le directeur général de la police congolaise, le général Jean-François Ndenguet, cité par l’agence de presse associée (APA), reçue mardi à Bruxelles.

"Le plus grand nombre de retour en RDC relève des procédures de retour volontaire organisé par l’ambassade de la RDC à Brazzaville. Elles concernent près de 153.000 familles rassemblant plus de 300.000 ressortissants rentrés volontairement", a déclaré samedi le général Ndenguet en dressant le bilan de l’opération "Mbata ya bakolo" (la gifle des aînés, en lingala, la langue locale). Cette opération, lancée début avril, a suscité des tensions entre Kinshasa et Brazzaville – les deux capitales les plus proches au monde, séparées par le fleuve Congo – et des remontrances de l’ONU, qui a sévèrement critiqué la façon dont des dizaines de milliers de ressortissants de RDC ont été expulsés.

    

 Selon le général Ndenguet, 4.670 ressortissants de 18 pays ont été interpellés, dont 4.174 pour séjour irrégulier. Parmi les personnes interpellées pour séjour irrégulier figurent 3.927 Congolais de la RDC, dont 1.961 ont été reconduits à la frontière "de commun accord avec l’ambassade de la RDC" à Brazzaville, alors que les autres, constitués de femmes enceintes, d’enfants issus de mariage mixte, d’enfants scolarisés et des malades, ont été relaxés. "L’opération n’a pas été lancée contre une nationalité particulière, même si les ressortissants de la RDC ont constitué le groupe le plus nombreux des personnes interpellées", a souligné le chef de la police, cité par l’APA (indépendante).

(RDC_11) AFP – 2/7

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé d’imposer des sanctions à la rébellion ougandaise de l’ADF (Forces démocratiques alliées), active dans l’est de la RDC, ont indiqué mardi des diplomates. Ces sanctions, décrétées par un comité dépendant du Conseil en vertu d’une résolution datant de 2004, consistent en un embargo sur les armes, un gel des avoirs et une interdiction de voyager. Elles avaient été demandées par la France, les Etats-Unis et le Royaume-uni.

           

L’ADF – connue aussi sous le nom de ADF-Nalu (Armée nationale de Libération de l’Ouganda) – est accusée d’avoir "recruté et utilisé des enfants-soldats", commis de nombreuses exactions, dont des violences sexuelles, contre des femmes et des enfants et "participé à des attaques contre les Casques bleus de la Monusco", la mission de l’ONU en RDC. Aujourd’hui uniquement composée d’islamistes, la rébellion est dirigée depuis 2007 par Jamil Mukulu, chrétien converti à l’islam, et son chef militaire Hood Lukwago. Les Etats-Unis l’ont placée sur leur liste d’organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé personnellement par des sanctions de l’ONU depuis 2011 et de l’Union européenne depuis 2012.

           

L’ADF est présente depuis 1995 dans la région des montagnes du Rwenzori (sud-ouest de l’Ouganda). Bien organisée, rompue aux enlèvements, elle endoctrine ses otages et se finance grâce au trafic de bois et d’or. En janvier, l’armée congolaise, soutenue par la Monusco, a lancé une vaste offensive contre l’ADF. Kinshasa a annoncé en avril la prise de la dernière base du mouvement dans le nord de la province du Nord-Kivu (est de la RDC), à proximité de la frontière ougandaise. Au début de cette offensive, un groupe d’experts onusiens estimait les effectifs de l’ADF entre 1.200 et 1.500 combattants et il en resterait aujourd’hui plusieurs centaines.

           

Cette rébellion ougandaise présente en RDC n’a mené aucune attaque d’envergure en Ouganda depuis plus de dix ans. Elle a longtemps été connue sous le nom d’ADF-Nalu, témoignant de l’alliance en 1995 des ADF et de l’Armée nationale de libération de l’Ouganda (Nalu), deux mouvements opposés au régime du président ougandais Yoweri Museveni. Selon les experts de l’ONU, la branche Nalu n’est plus partie prenante de la rébellion.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20140702-rdc-adf-nalu-liste-noire-onu/

(RDC_12) Radio Okapi – 2/7

Près de 200 rebelles rwandais des FDLR, ayant rendu les armes, et quelque 400 de leurs dépendants attendent dans les camps de la Monusco leur rapatriement vers le Rwanda. Le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en RDC, Abdallah Wafi, l’a indiqué mercredi 2 juillet au cours de la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies à Kinshasa. Le général Wafi a néanmoins prévenu que l’option militaire reste valable pour les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda réfractaires.

Une rencontre se déroule actuellement à Luanda, en Angola, entre des représentants de la Communauté des Etats de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale pour la région des Grands lacs (CIRGL) et des Nations unies, dont le chef de la Monusco, Martin Kobler. Les participants à cette réunion réfléchissent à un plan d’action visant à faciliter le processus de désarmement volontaire des FDLR.

Selon le général Wafi, les parties présentes à cette réunion encouragent le désarmement volontaire de ces rebelles. Cependant, l’option militaire reste sur la table, a-t-il ajouté. «Nous restons une mission de maintien de la paix. Si nous pouvons obtenir le désarmement de l’ensemble des groupes par des solutions pacifiques, nous n’hésiterons pas à le faire. Cela dit, l’option militaire reste sur la table et ceux qui refuseront [de se rendre], au bout du processus, nous allons lancer les opérations militaires», a-t-il affirmé.

Le chef adjoint de la Monusco a expliqué que la priorité, aujourd’hui, est de donner une chance à ce processus de reddition. «À l’heure où je vous parle, j’ai dans mes camps, près de 200 combattants FDLR qui se sont rendus sans qu’on ait tiré un seul coup de feu. J’ai plus de 400 dépendants des FDLR qui se sont rendus. J’ai près de 200 armes qui ont été rendues avec des munitions. Nous sommes sur la bonne voie», a-t-il expliqué. Le général Wafi a toutefois reconnu que ce n’était pas suffisant. Il affirme cependant que la Monusco va poursuivre ses efforts pour rapatrier les FDLR dans leur pays d’origine.

Lire aussi sous :

http://uk.reuters.com/article/2014/07/03/uk-congodemocratic-rwanda-rebels-idUKKBN0F82E620140703

RWANDA

Vie politique…

(RWA_1) RFI – 3/7

Au Rwanda, le Parti démocratique vert s’est dit, mercredi 2 juillet, « très préoccupé » par la disparition depuis vendredi d’un de ses cadres. Ce parti d’opposition fondé par des transfuges du FPR, le parti au pouvoir, a lancé un appel « à tous les organes de sécurité » afin de le retrouver.

Jean Damascène Munyeshyaka, cadre du Parti démocratique vert, est porté disparu depuis vendredi. Interrogé par RFI, Frank Habineza, le président du PDV a expliqué qu’à 15h ce jour-là, Jean Damascène Munyeshyaka avait reçu un appel téléphonique d’un homme qu’il ne connaissait pas, lui demandant de le rencontrer immédiatement, sans plus d’explications.

Selon Frank Habineza, avant de se rendre à ce rendez-vous, le cadre du parti se serait dit inquiet. Depuis, le parti et la femme de Jean Damascène Munyeshyaka assurent être sans nouvelles de l’homme, dont le portable est éteint depuis vendredi après-midi. La police rwandaise, qui a affirmé à RFI ne pas le détenir, enquête sur cette affaire.

Frank Habineza a assuré n’avoir aucune explication à cette disparition, mais il s’est néanmoins dit « très préoccupé », rappelant qu’en 2010, à la veille de l’élection présidentielle, le vice-président du Parti démocratique vert avait disparu avant d’être retrouvé assassiné dans le sud du pays.

Justice, Droits de l’homme…

(RWA_2) AFP – 30/6

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a confirmé lundi en appel la condamnation à 30 ans de prison de l’ancien chef de l’armée rwandaise, le général Augustin Bizimungu, pour son implication dans le génocide de 1994. "La chambre confirme à l’unanimité la peine de trente ans de prison", a déclaré le juge Theodor Meron devant le général Bizimungu, debout dans la salle d’audience.

     

Le 17 mai 2011, le général avait été reconnu coupable de génocide et crimes contre l’humanité par le tribunal. L’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise avait été condamné à 30 ans de prison, mais il avait fait appel, de même que le procureur, qui réclamait une peine plus lourde.

     

Le général Bizimungu est l’un des principaux responsables jugés par le TPIR. Le tribunal, basé à Arusha, a été créé par l’ONU en novembre 1994 pour juger les responsables du génocide au Rwanda qui a fait, selon les Nations unies, environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi. Au titre de son implication directe, le tribunal avait conclu que le général Bizimungu avait prononcé un discours incitant aux massacres de Tutsi le 7 avril 1994 dans la commune de Mukingo (préfecture de Ruhengeri, nord). Par ailleurs, il n’avait pas pris de mesures pour prévenir les crimes perpétrés par ses subordonnés. Lors de son procès en appel, il avait assuré avoir alors appelé "à la discipline et au respect de la dignité de la personne humaine".

Relations extérieures

(RWA_3) RFI – 27/6

Le Rwanda a envoyé le 26 juin une lettre de protestation au Conseil de sécurité de l’ONU, menaçant de retirer sa participation à l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Ce coup de sang de Kigali intervient après la tenue d’une rencontre organisée le même jour par la communauté religieuse Sant’Egidio à Rome.

À cette réunion, participaient une délégation des FDLR, les rebelles hutus rwandais accusés par Kigali d’avoir participé au génocide, et une équipe des envoyés spéciaux internationaux pour les Grands Lacs. L’accord-cadre, devant permettre d’instaurer la paix dans l’est du Congo, avait été signé par onze pays de la région le 24 février 2013 sous l’égide de l’Union africaine et de l’ONU.

C’est une lettre datée du 26 juin signé par le représentant permanent du Rwanda auprès des Nations unies et adressée au président du Conseil de sécurité, qui lui-même l’a transmise à ses membres.

Eugène Gasana y raconte comment son pays, membre du Conseil cette année, a été notifié de la demande le 24 juin du sous-secrétaire général en charge des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, de lever temporairement l’interdiction de voyage du président par intérim des FDLR. Victor Byiringiro devant se rendre à Rome le 25 pour une rencontre avec la communauté Sant’Egidio et l’équipe des envoyés spéciaux pour les Grands Lacs, dirigés par Mary Robinson, la représentante du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, pour la région.

L’objectif selon l’ONU, apprend-on par cette lettre, était de discuter de comment « accélérer le processus de désarmement » et « déterminer les options possibles pour atteindre cet objectif ». Mais l’ambassadeur rwandais insiste surtout sur le fait que, sans attendre la décision – et donc le refus du comité de sanctions de lever cette interdiction de voyage -, la Monusco a transporté la délégation, président des FDLR inclus, jusqu’à Kinshasa.

Eugène Gasana donne la feuille de route précise qu’aurait empruntée cette délégation, qui écrit-il, inclurait des personnes recherchées pour leur participation au génocide, sans donner de noms. « Cela peut suggérer que certains hauts responsables onusiens et du département de maintien de la paix sont mus par un agenda secret de réhabiliter les FDLR génocidaires », poursuit-il. D’où cette menace de se retirer de la mise en oeuvre de l’accord d’Addis-Abeba alors que le Rwanda « reste le seul à continuer à participer à cet accord-cadre » et le mettre en oeuvre, selon cette lettre.

Lire aussi sous ;

http://www.rfi.fr/afrique/20140630-fdlr-ue-s-explique-apres-reunion-sant-egidio/?aef_campaign_date=2014-06-30&aef_campaign_ref=partage_user&ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_linkname=editorial&ns_mchannel=social&ns_source=twitter

http://www.romandie.com/news/RDC–mise-en-cause-par-Kigali-lONU-se-defend-de-soutenir-les/493682.rom

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