Éphémérides Grands Lacs – Semaine du 5 au 11 juillet 2014
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Rubrique : Actualité


Publié le 14 Juil 2014 par Gaspard Musabyimana

RESUME : En RDC, le groupe d’expert des N.U. a remis un nouveau rapport qui concerne surtout le M23 qui recruterait en Angola, les agissements des FDLR, contre lesquels aucune opération d’envergure n’a été menée et qui ne sont pas prêts à désarmer malgré leur discours « pacifique », les rebelles ougandais de l’ADF, qui ne seraient liés ni à Al-Qaïda, ni aux Shebab somaliens, ainsi que la mort suspecte du chef de guerre Morgan (RDC_18). De son côté, le président américain a décidé d’élargir les sanctions contre les individus impliqués dans la déstabilisation en RDC (RDC_19).

Sur le terrain, les milices Nyatura et ACPLS continuent à créer l’insécurité dans le territoire de Masisi (RDC_1) où les militaires sont également accusés de tracasseries et d’exactions (RDC_2).

Au Sud Kivu, un officier qui aurait refusé de payer la solde de ses hommes a été abattu par un soldat dans le territoire de Kalehe, un problème qui a en principe été réglé par la bancarisation sauf pour les militaires en opération (RDC_3). Dans le même territoire, on signale que quatre groupes armés sévissent dont un est en formation (RDC_4) et que des affrontements ont eu lieu entre les FARDC et les Raïa Mutomboki (RDC_6). Toujours dans cette province, on note une recrudescence d’assassinats dans la communauté Bafulero dans le territoire d’Uvira (RDC_5).

En Province Orientale, des braconniers ont commis des violences et des exactions dans le territoire de Mambassa pour se venger d’une attaque contre eux de l’armée congolaise (RDC_7). Au Katanga, les déplacés de Mitwaba appelle la MONUSCO à s’installer dans leur territoire pour faciliter la reddition des Maï-Maï de Gédéon (RDC_8), lequel regrouperait massivement ses hommes dans le territoire de Moba (RDC_10). Par ailleurs, un bateau venant d’Uvira a été arraisonné sur le Lac Tanganyika par des Maï-Maï Yakutumba qui l’ont entièrement pillé (RDC_10_1). Enfin, on notera un accroissement du banditisme armé dans la ville de Lubumbashi où le dispositif sécuritaire a été renforcé suite aux rumeurs d’une nouvelle attaque des Maï-Maï Bakata Katanga(RDC_9).

Dans le domaine politique, le président de la CENI, qui invite les autorités administratives à sensibiliser le public aux élections, attend l’adoption du budget triennal 2014-2016 avant de publier le calendrier complet des élections (RDC_11). Par ailleurs, le Chef de l’Etat a nommé les neuf membres de la Cour constitutionnelle qui entrera en fonction en 2015 (RDC_12).

Dans le domaine des droits humains, une ONG demande la mise en place rapide de la Commission nationale des droits de l’homme et le vote d’une loi de protection des défenseurs de ces droits (RDC_13). Une autre ONG, la Voix des Sans Voix demande une protection pour l’épouse du policier congolais condamné pour meurtre dans l’affaire Chebeya et qui déclare être menacée d’enlèvement : une information non confirmée fait par ailleurs état de ce que deux autres condamnés par contumace auraient été vus à Lubumbashi (RDC_17).

En matière de justice, on signalera l’arrestation d’un défenseur d’une ONG défendant les pygmées dans la foulée d’affrontements récents entre communautés bantoues et pygmées au Katanga (RDC_14). On mentionnera également que le ministre de l’information a annoncé la libération de plus de 300 nouveaux amnistiés (RDC_16). Enfin, les trois Congolais ayant témoigné devant la CPI et qui se sont vu refuser le droit d’asile aux Pays-Bas sont arrivés à Kinshasa où il devrait être jugés selon le ministre Mende : Human Rights Watch et Amnesty International font part de leur inquiétude à ce sujet (RDC_15).

En Ouganda, des affrontements ont eu lieu entre l’armée ougandaise et des hommes armés, qui ne seraient pas des miliciens de l’ADF, mais des musulmans qui avaient attaqué une église dans la région frontalière avec la RDC (OUG_1).

Au Burundi, les députés ont voté un projet de loi pour lutter contre la prolifération des églises qui s’élèvent à plus de 500 (BUR_1).

En ce qui concerne le Rwanda, les juges français ont décidé de mettre un terme à l’enquête sur l’attentat contre l’avion de l’ex-président Habyarimana en avril 1994 : les parties civiles espèrent que des motivations politiques n’occultent pas cette décision (RWA_1).

Enfin, on signalera que pour ce qui regarde l’Afrique en général, l’Union africaine, qui avait condamné naguère la CPI pour s’en prendre en priorité à des Africains, a décidé d’accorder l’immunité aux dirigeants en exercice devant la Cour africaine des droits de l’homme, ce qui suscite des réactions négatives (REG_1).

Source : EurAC

Intégralité des dépêches

REGION

(REG_1) AFP – 4/7

L’Union africaine a indiqué vendredi avoir décidé d’accorder une immunité aux dirigeants en exercice sur le continent devant la future Cour africaine des droits de l’homme, suscitant la colère d’ONG qui dénoncent un recul dans la lutte contre l’impunité. "Les chefs d’Etat et les hauts responsables gouvernementaux ne devraient pas être jugés pendant qu’ils sont en exercice, parce que le navire de l’Etat doit continuer d’être dirigé", a déclaré à l’AFP Vincent Nmehielle, directeur des affaires juridiques au sein de l’UA. Il a précisé que les Etats membres ont voté à l’unanimité la résolution qui prémunit les dirigeants en exercice de poursuites devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette résolution n’aura une application pratique que lorsque le tribunal sera en activité, ce qui n’est pas attendu avant plusieurs années.

     

Cette décision a été adoptée lors du dernier sommet de l’UA à Malabo fin juin, mais elle n’avait alors fait l’objet d’aucune publicité. "C’est un pas en arrière dans la lutte contre l’impunité et une trahison des victimes de graves violations des droits de l’homme", a réagi Amnesty International dans un communiqué.

     

Parmi les dirigeants africains en exercice, la Cour pénale internationale (CPI) a inculpé le président kenyan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, ainsi que le président soudanais Omar el-Béchir. L’UA a par le passé accusé la CPI de racisme, affirmant qu’elle s’en prenait en priorité aux Africains. Fin 2013, elle avait demandé une suspension du procès des dirigeants kenyans, une requête rejetée par l’ONU.

     

M. Nmehielle a assuré que l’UA était engagée pour la justice mais a estimé que la CPI ne devait pas concentrer ses efforts sur des dirigeants africains. "Vous aurez une réaction négative, vous n’aurez pas un climat de coopération de l’ensemble de l’Afrique et aucune région ne coopérera si vous continuez à cibler nos dirigeants", a-t-il dit.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20140704-ua-accusee-oeuvrer-impunite-dirigeants-africains-malabo-immunite-justice-internationale/

BURUNDI

Justice, Droits de l’homme…

(BUR_1) BBC- 10/7

Les députés burundais ont adopté mercredi un projet de loi visant à lutter contre la "prolifération des églises". On estime, d’après les résultats d’une enquête nationale menée en 2013, qu’il y aurait 557 confessions religieuses à travers ce petit pays d’Afrique centrale.

Mots-clés

Ce texte impose notamment que les pratiques religieuses se déroulent dans des "lieux de culte appropriés". Pour être agréée, chaque confession religieuse devra réunir au moins 500 membres fondateurs.

La prolifération des églises évangéliques est un phénomène qui remonte à la guerre civile de 1993-2005, laquelle a causé la mort de quelque 300 000 personnes.

Le correspondant de la BBC, Prime Ndikumagenge, a déclaré que le projet de loi avait été voté à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale et qu’il était peu probable que le Sénat s’y oppose. Dès la promulgation du texte, chaque Eglise du pays aura un an pour s’y conformer.

Le président Pierre Nkurunziza, un ancien rebelle qui a été élu président en 2005, est un chrétien évangélique "born-again" et son épouse est pasteur dans une église évangélique.

OUGANDA

Sécurité, Armée…

(OUG_1) AFP – 6/7

Des troupes ougandaises ont tué 41 hommes armés dans des affrontements dans l’ouest de l’Ouganda, près de la frontière avec la RDC, a annoncé dimanche le porte-parole de l’armée. "Il y a eu une attaque menée par des hommes armés contre notre caserne à Bundibugyo et nous les avons repoussés, tuant au moins 41 des attaquants. L’opération est en cours", a dit à l’AFP le porte-parole Paddy Ankunda.

              

"Les attaquants nous ont pris neuf fusils", a-t-il ajouté tout en refusant d’indiquer si des soldats ougandais avaient été tués au cours de ces affrontements qui ont eu lieu samedi. Cependant, la presse locale a fait état de quatre morts, dont un soldat ougandais et trois enfants.

     

Le porte-parole de la police ougandaise, Fred Enanga, a déclaré de son côté qu’un officier a été tué dans le district de Kasese dans la journée de samedi lorsque des hommes armés ont attaqué un poste-contrôle de la police.

     

Ces affrontements ont eu lieu quelques heures après que l’armée eut annoncé avoir tué une personne suspectée d’avoir participé à une attaque menée par des musulmans contre une église dans une région frontalière il y a deux semaines. Au cours de cette attaque une femme avait été décapitée et sa tête avait été placée sur l’autel de l’église. L’armée, tout comme la police, ont démenti que ces attaques soient liées à un quelconque groupe rebelle, accusant des tribus locales et pointant des tensions communautaires.

Lire aussi sous :

http://www.lepoint.fr/monde/ouganda-65-morts-dans-des-affrontements-entre-soldats-et-hommes-armes-06-07-2014-1843833_24.php

http://www.jeuneafrique.com/actu/20140708T124231Z20140708T124206Z/ouganda-pres-de-100-morts-dans-les-combats-depuis-ce-week-end.html

http://www.rfi.fr/afrique/20140708-ouganda-police-nie-le-role-adf-dernieres-bakonzo-bambara-attaques/

RDC

Sécurité, Armée…

–          Kivu

(RDC_1) Radio Okapi – 5/7

Le chef du groupement Bashali Kayembe  plaide pour un déploiement de l’armée et de la police  à Burungu, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu. Dans appel lancé vendredi 4 juillet, Tumaini Bahati invite les forces de sécurité à venir mettre fin aux exactions des miliciens APCLS et Nyatura dans cette localité. Selon lui, les violences causées par ces miliciens ont déjà causé le déplacement de plus de 1 600 ménages loin de chez eux.

Tumaini Bahati accuse les miliciens Nyatura et APCLS de tracasser la population de Burungu, un village du groupement de Bashali Kayembe. Ces hommes armés commettraient notamment des vols dans les maisons. Il y a trois jours, ces combattants ont volé une centaine de vaches à Burungu, affirme le chef du groupement Bashali Kayembe.

Allant dans le même sens, le président de la société civile de Masisi, John Banyele, affirme que les miliciens exigent à chaque paysan de leur verser 1 000 FC (1,1 dollar américain) pour leur survie. En cas de refus, le paysan paie une amende de 100$.

Des sources locales indiquent que ces miliciens se rendent aussi coupables de viol sur des femmes et jeunes filles à Burungu.

Les autorités  politico-administratives sollicitent donc le déploiement des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la police nationale congolaise (PNC) afin de décourager les activités de ces hommes armés.

(RDC_2) Radio Okapi – 5/7

Le président de la société civile de Bweremana, Jean-Paul Kazungu, accuse des militaires congolais de commettre des exactions contre les habitants de cette localité du Nord-Kivu. Il a déclaré vendredi 4 juillet à l’issue du conseil local de sécurité que des FARDC volent et perçoivent des taxes illégales.

« Nous ne cessons de déplorer le comportement malsain de certains militaires : collecte forcée des produits vivriers, vols à main armée, perception illicite des taxes. La population a peur de se déplacer à cause des tracasseries », a-t-il expliqué, affirmant que les forces de l’ordre ne devraient pas être considérées comme des ennemis de la population. « Les militaires et les policiers ne sont pas nos ennemis. Ce sont plutôt nos frères, nos enfants. Ils sont nos collaborateurs directs et sont exhortés d’assumer valablement leurs attributions de sécuriser et protéger la population et ses biens », a indiqué Jean-Paul Kazungu.

Le président de la société civile de Bweremana a demandé aux autorités civiles et militaires d’envisager une formation sur l’éducation civique et morale pour ces soldats. « Dans le cas contraire, a-t-il prévenu, ils seront toujours en conflit avec la population. »

Interrogé au sujet de ces accusations, le commandant du bataillon de l’armée à Bweremana, Major Achille Bengehya Bachigeka, indique que  tous ces abus sont commis à son insu. Mais il promet de demander à ses subalternes d’y mettre fin.

(RDC_3) Radio Okapi – 5/7

Un soldat a abattu vendredi 4 juillet dans la matinée le lieutenant Madidi, commandant de l’armée congolaise chargé de la paie des militaires au 902ème régiment de l’armée à Bunyakiri dans le territoire de Kalehe. Selon un activiste des droits de l’homme qui livre cette information, ce meurtre ferait suite au refus du commandant de payer les salaires des soldats de mai et juin. Des sources locales indiquent que plus de 50 soldats se sont organisés le vendredi dans la matinée pour aller réclamer leur salaire.

Après l’avoir interrogé, le lieutenant Madidi auraient répondu aux militaires qu’il n’a toujours pas reçu l’argent pour leur paie. Mais les soldats pensent que leur commandant est en possession de leur salaire depuis le mardi 1er juillet et refuse de les payer.

Après avoir quitté le domicile du commandant, racontent des sources sur place, les militaires se sont concertés et ont chargé l’un d’eux d’aller abattre le lieutenant Madidi. Le soldat désigné s’est ensuite rendu au domicile du commandant sur qui il a tiré.

Après avoir entendu les coups de feu, les habitants du coin ont accouru. Pris de panique, le soldat a tiré des coups de feu en l’air pour s’enfuir. Il est allé se cacher dans la brousse en continuant de tirer. Une balle a tué un combattant de la milice Raïa Mutomboki regroupée dans cette brousse. Les miliciens ont abattu, à leur tour, le militaire. Conduit à l’hôpital général de Bunyakiri, le lieutenant Madidi a succombé à ses blessures.

Ces informations sont confirmées par le lieutenant Munguiko, commandant chargé des opérations militaires à Bunyakiri, et par des sources de la société civile locale.

La présidente de la société civile locale demande que la question des salaires des militaires soit résolue pour éviter de mettre la population civile en danger.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20140706-mort-officier-pose-question-paie-fardc-rdc-kabila-bancarisation-soldes/

(RDC_4) Radio Okapi – 7/7

Le président de la société civile de Kalehe, Désiré Majagi, dénonce l’existence de quatre groupes armés dans deux groupements de ce territoire du Sud-Kivu. Il a déploré cette situation le week-end dernier au cours d’un conseil élargi de sécurité. Désiré Majagi a indiqué que trois groupes sont opérationnels dans le groupement de Kalonge dont le Raïa Mutomboki, l’Armée rouge et les Maï-Maï Ntakaba.

Un quatrième groupe armé, le Raïa Atashinda serait en pleine formation dans le groupement de Bunyakiri sous la conduite d’un colonel non autrement identifié, affirme Désiré Majagi.

« C’est depuis une année que la situation sécuritaire n’est pas bonne. Nous avons connu cinq cas de meurtres. Il y a même une personne au niveau de Tshifundji qui s’est improvisé et perçoit l’équivalent d’environ 25 dollars américains pour renforcer les Raïa Mutomboki », explique ce responsable. Selon lui, tous ces groupes armés ne cherchent qu’à être reconnus pas le gouvernement congolais.

La société civile demande au gouvernement de renforcer ses troupes dans ce territoire. De son côté, le commandant chargé des opérations FARDC à Kalehe-centre indique que les exactions de ces éléments sont chaque fois stoppées par l’armée régulière.

(RDC_5) Radio Okapi – 8/7

La Nouvelle société civile de la chefferie des bafuliru dénonce la recrudescence des cas d’assassinats dans la chefferie de Bafuliru, à l’ouest de la cité de Sange, dans le Sud-Kivu. Selon le président de cette structure citoyenne, Innocent Ndaheba, 7 civils ont été tués en cinq mois. La dernière victime, un berger de Kiryama, a été assassinée vendredi 4 juillet par des hommes armés. Selon le président de la Nouvelle société civile, le berger a été tué alors qu’il s’opposait au vol de ses vaches.

En juin, c’est un quinquagénaire qui a été assassiné par des hommes armés à Butole, selon le secrétaire du poste d’encadrement administratif axe Lemera – Mulenge. La même source rapporte également le meurtre d’un homme, il y a deux mois, dans la localité de Kihinga, ainsi que de quatre personnes dans la localité de Katyaza-Langala.

L’âge des victimes varie entre 45 et 60 ans et la majorité d’entre eux ont été accusés de sorcellerie, selon des sources locales.

Pour sa part, le commandant des FARDC à Lemera centre avoue son incapacité à arrêter cette criminalité face à la circulation incontrôlée d’armes à feu dans cette entité. Ces armes sont notamment détenues par les jeunes d’auto-défense populaire ainsi que les groupes armés étrangers, dont les rebelles des FDLR et les FNL.

(RDC_6) Radio Okapi – 9/7

Deux personnes ont été tuées et quatre autres blessées au cours d’affrontements survenus dans la nuit du lundi à mardi dans la localité de Chifunzi à Minova (Sud-Kivu) entre les Maï-Maï Raïa Mutomboki et les FARDC. Ces affrontements sont à la base d’un mouvement des populations vers les villages voisins, a indiqué le président de la société civile de Kalehe mercredi 9 juillet.

Le déplacement des habitants de Chifunzi est remarquable depuis la nuit de lundi à mardi dernier. Selon le président de la société civile de Kalehe, Désiré Majagi, déjà plus de 500 ménages ont quitté leurs domiciles. D’après lui, ces déplacés fuient les combats entre les FARDC et les Maï-Maï Raïa Mutomboki, présents dans la brousse de ce groupement depuis plus de cinq ans. Certains habitants sont reçus dans des familles d’accueil à Rambo, Chiminunu et d’autres dans quelques localités du territoire de Kabare voisin.

Cette information livrée par la société civile locale a été confirmée  par le chef de groupement Kalonge, Joseph Sharangabo. Ce dernier précise que la majorité de ces déplacés installent leurs lits en paille dans des salles de classe et dans les églises locales où ils se sont installés.

–          Province Orientale

(RDC_7) Radio Okapi – 10/7

Six personnes ont été tuées lors des attaques perpétrées depuis lundi dernier dans le groupement Bakaiko en territoire de Mambasa (Province Orientale). De sources locales ont indiqué jeudi 10 juillet que l’opération a été conduite par un braconnier armé connu sous le nom de Mangalibi qui serait le jeune frère de feu Paul Sadala Morgan.

En dehors des morts enregistrés, des sources locales parlent aussi de dix-sept femmes violées et/ou séquestrées dans le maquis des braconniers. Deux d’entre elles auraient réussi à s’échapper. Des dizaines de maisons ont également été incendiées, déclarent les sources locales.

Les miliciens seraient venus réprimer une attaque menée quelques jours plus tôt par des Forces armées de la RDC contre leurs positions, poursuivent les mêmes sources. Les forces loyalistes auraient tué trois miliciens et récupéré cinq armes de guerre.

Pendant ce temps, un braconnier du nom de Sengi Sadala-neveu de Mangalibi-a été arrêté à Mambasa-centre depuis le début des attaques des FARDC. Sengi Sadala devrait être déféré à Bunia pour y être jugé. Mais la question de sa responsabilité divise les geôliers de Sengi Sadala à Mambasa. Certains pensent que c’est lui l’auteur de ces attaques et d’autres présentent le capturé comme le neveu de Feu Sadala Morgan et non de Mangalibi Sadala, l’actuel chef de file du mouvement armé.

Pour sa part, le commandement de la zone opérationnelle des FARDC à Bunia n’a pas encore donné sa version de faits sur cette affaire.

–          Katanga

(RDC_8) Radio Okapi – 5/7

Le président des déplacés de Mitwaba (Katanga), Désiré Kabila Kazadi, appelle la Monusco à s’installer dans ce territoire pour faciliter la reddition des combattants Maï-Maï. Pour lui, les personnes qui ont fui l’activisme des miliciens dans ce territoire ne peuvent pas retourner dans leurs villages tant que ces combattants n’auront pas désarmé.

« Le problème qui nous oblige à ne pas retourner dans nos villages, c’est d’abord l’homme-là Gédéon [chef d’une milice accusée de nombreuses exactions, ndlr] qui n’est pas encore sorti. Il sillonne toujours en brousse. On a peur de rentrer. Une fois qu’il se rend alors nous allons retourner », affirme le président des déplacés de Mitwaba.

Désiré Kabila Kazadi indique qu’au cours de ces quatre dernières années, les habitants de Mitwaba se sont souvent déplacés pour fuir l’insécurité causée par des miliciens. « Le 4 décembre 2011, nous avons fui. Nous sommes retournés dans nos villages en août 2013. Après seulement 3 mois, il y a eu encore l’incendie de nos maisons. Nous avons encore fui jusqu’à présent », explique la même source.

Le président des déplacés de Mitwaba appelle donc à un déploiement de la Monusco pour faciliter la reddition des miliciens afin de permettre le retour des déplacés.

En juin dernier, le chef milicien Kyungu Mutanga alias Gédéon a déclaré qu’il pourrait se rendre à la Monusco si celle-ci était présente à Mitwaba ou à Pweto. C’est l’administrateur du territoire de Mitwaba, Donatien Ngoy Kasongo qui l’a fait savoir aux membres de la délégation de la Monusco de Lubumbashi en mission à Mitwaba Centre.

Le territoire de Mitwaba ainsi que ceux de Pweto et Manono (Katanga) sont surnommés « Triangle de la mort », à cause des exactions qui y sont commises par les combattants Maï-Maï du groupe de Gédéon et les Maï-Maï Bakata Katanga. Plusieurs milliers de personnes ont fui cette partie du Katanga.

(RDC_9) Radio Okapi – 6/7

Des bandits armés créent, depuis une semaine, l’insécurité dans la ville de Lubumbashi, chef-lieu du Katanga. Ces assaillants ont abattu, jeudi 3 juillet, un motard non loin de chez lui, au quartier Upemba, dans la commune de Katuba, où un réseau de bandits était démantelé, quelques jours auparavant, par la police nationale congolaise. Le bourgmestre de cette commune affirme avoir appréhendé une quinzaine de femmes et cinq hommes qui faisaient partie de ce réseau. Le bourgmestre de Katuba a reconnu que la situation sécuritaire est préoccupante notamment aux quartiers Upemba, Salongo, Musumba et dans les environs de foyer social.

Il y a une semaine, où un autre motard avait été blessé par balle non loin du poste de péage au quartier Kisanga dans la commune Annexe. À quelques mètres de là, une famille était visitée, le même jour, par un groupe de bandits qui avaient blessé un enfant et poignardé un autre.

Un habitant du quartier Kisanga (commune Annexe) a exprimé son inquiétude par rapport à cette situation: «Le quartier est invivable. On arrache des histoires dans des boutiques et on demande de l’argent partout. Vous êtes chez vous, les gens armés et cagoulés font irruption».

Le bourgmestre de commune Annexe, Kahozi Bin Malisawa, entend lutter contre cette insécurité: «Nous avons acheté 300 appareils de communications. Nous voulons que les chefs de cellules, des quartiers, des blocs et rues puissent avoir cet appareil avec une consommation de 5 cens par minute».

Dans la commune de Katuba, le bourgmestre dit distribuer, chaque semaine, les cartes de crédit aux cadres de base pour alerter la police en cas d’insécurité.

En octobre dernier, sept personnes avaient trouvé la mort dans un accrochage entre les militaires et des bandits armés, présentés comme des Maï-Maï, selon des sources officielles.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/11/rdc-le-dispositif-securitaire-renforce-lubumbashi/#.U7_VH6j-SzM

(RDC_10) Radio Okapi – 9/7

Un regroupement massif d’hommes armés est signalé depuis quelques jours au pied des monts Kibawa dans le territoire de Moba au Nord de la province du Katanga. Alors que les sources sécuritaires sur place s’inquiètent de la présence de ces hommes armés, les autorités territoriales de Moba signalent la présence du chef milicien Gédéon dans le secteur.

Une source sécuritaire à Manono avance le chiffre de 800 miliciens Maï-Maï qui se sont regroupés au pied des Monts Kibawa. La même source renseigne également que ces combattants détiendraient une centaine de fusils, des AK 47 pour la plupart. Mais cette source dit ignorer les intentions réelles de ce groupe.

Interrogé à ce sujet, l’administrateur du territoire de Moba, Michel Mwila, affirme ne pas être au courant de ce regroupement d’hommes armés sur les Monts Kibawa. Cependant, il indique être au courant d’un activisme d’hommes armés depuis que Gédéon séjourne dans la région.

De son côté, le président de la plate-forme des associations de Pweto, les Monts Kibawa sont « un lieu de pèlerinage » pour Gédéon. À l’en croire, le chef milicien s’y rendrait régulièrement pour offrir des sacrifices à des divinités. Il y a une dizaine de jours, raconte-t-il, le chef milicien a réuni sur ces monts ses principaux lieutenants pour leur donner des nouvelles directives.

(RDC_10_1) Radio Okapi – 10/7

Le bateau M/V Patrick a été intercepté par des miliciens Maï-Maï lundi dernier sur le lac Tanganyika au niveau du village Kazumba (Katanga). Ce navire quittait Uvira au Sud-Kivu et se rendait vers Kalemie. Les assaillants ont emporté 2 000 dollars américains et d’autres biens, a affirmé jeudi 10 juillet son responsable, James Amani.

« Le bateau avait quitté le port de Kalundu lundi à 18h en partance pour Kalemie via Kabimba. Ils ont bien navigué sans obstacle et quand ils ont franchi Talama qui est la limite naturelle entre la province du Sud-Kivu et celle du Katanga, ils ont été surpris par deux pirogues avec moteurs de 75 chevaux à bord desquelles il y avait des gens armés non autrement identifiés », a déclaré James Amani.

Après avoir intercepté le bateau, les miliciens ont emporté tout ce qu’il y avait, ajoute-t-il. « À bord du bateau, il y avait des passagers et une petite quantité de cargaison. À Kazumba, les malfrats ont emporté une grande quantité de la cargaison. Ils ont pris 2000 dollars sur notre capitaine. Ils ont pris également un fut plein de mazout, 22 bidons plein d’essence. Ils ont pris aussi l’outillage du bateau », a raconté James Amani.

Selon lui, les Maï-Maï qui ont attaqué ce bateau répondaient aux ordres d’un commandant nommé Ekanda alias Draguila et qui étaient à bord de deux pirogues motorisées. « Ces miliciens les ont acheminés vers le village qu’on appelle Kazumba. De là ils ont été remis entre les mains d’un certain commandant appelé Ekanda Draguila. Parmi les passagers il y a trois femmes qui ont été violées », a poursuivi James Amani.

Le bateau a été relâché mercredi vers 18 heures et se retrouve au port de Kabimba.

De son côté, le commandant du 1004ème régiment basé dans la région, le colonel Jaguar confirme que les assaillants impliqués sont du groupe Maï-Maï Yakutumba. Il a assuré aux voyageurs sur le lac Tanganyika que des patrouilles conjointes sont en cours entre ses éléments et les forces navales de Kalemie pour mettre fin à cet activisme des groupes armés.

Vie politique…

(RDC_11) Radio Okapi – 8/7

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) attend le budget triennal 2014-2016 pour publier le calendrier électoral complet incluant tous les scrutins. C’est ce que Jean-Pierre Kalamba, le rapporteur de cette institution, a expliqué lundi 7 juillet aux membres du gouvernement provincial de Kinshasa. Jusque-là, la Ceni n’a publié que le calendrier des élections urbaines, municipales et locales prévues en 2015.

Une frange importante de la classe politique congolaise et la communauté internationale demandent à la Ceni de publier un calendrier électoral qui inclurait tous les scrutins y compris les législatives et la présidentielle qui doivent se tenir d’ici 2016.

Jean-Pierre Kalamba qui s’exprimait lundi à l’ouverture des rencontres d’échanges citoyens avec les animateurs des institutions politiques et administratives de Kinshasa a indiqué que la Ceni n’a reçu de moyens que pour organiser les élections locales, municipales et urbaines. Il a en outre estimé qu’il était important de commencer le cycle électoral par les élections urbaines, municipales et locales pour assurer une démocratie à la base.

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, également présent à cette rencontre, a promis de soutenir la commission électorale. « J’ai promis l’engagement du gouvernement provincial de Kinshasa à accompagner ce processus électoral. La Ceni propose deux projets. Il appartient aux représentants du peuple, donc au Parlement, de pouvoir choisir lequel convient le mieux tout en tenant compte de tout ce qu’il y a comme impact budgétaire », a expliqué le gouverneur. Le but serait notamment d’adapter l’arsenal juridique électoral au budget qui sera mis à la disposition de la Ceni.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/10/kinshasa-les-autorites-administratives-appelees-contribuer-la-sensibilisation-electorale/#.U76St6j-SzM

(RDC_12) Radio Okapi – 8/7

Le président de la République, Joseph Kabila, a nommé lundi 7 juillet les neuf membres de la Cour constitutionnelle de la RDC, dans une ordonnance présidentielle lue à la télévision nationale (RTNC). C’est la première fois de son histoire que le pays dispose de cet instrument juridique qui a la compétence de juger le président de la République et le Premier ministre. Les personnalités nommées sont soit professeurs de droit, soit anciens magistrats. Elles ont été désignées par le Parlement, le conseil supérieur de la magistrature et le chef de l’Etat lui-même.

Les neuf membres de la Cour constitutionnelle sont : Vunduawe Te Pemako, Luzolo Bambi, Banyaku Luape, Jean-Louis Esambo, Luamba Benda, Corneille Wasenda Mpunga Sungu, Kalonda Kele et Kilomba Landa.

Attendue depuis octobre 2013 pour remplacer la Cour suprême de justice, la Cour constitutionnelle est juge de la constitutionnalité des lois, des actes ayant force de loi, des édits et des règlements intérieurs des chambres parlementaires. Elle reçoit des recours en interprétation de la Constitution et tranche des conflits de compétences entre les pouvoirs législatifs et exécutifs. Dans ses compétences, la cour Constitutionnelle est également la juridiction pénale du président de la République et du Premier ministre. En matière électorale, la Cour a la compétence de connaître les recours et trancher par ses arrêts et contentieux électoraux.

Les nominations seront suivies de l’élection du président par les neuf membres. Ils devront ensuite désigner le procureur près la Cour constitutionnelle. Ce dernier sera chargé de la mise en accusation et la plaidoirie en faveur de la République.

Voir la biographie des neuf membres sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/08/rdc-les-9-membres-de-la-cour-constitutionnelle-sont-connus/#.U7viwaj-SzM

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/10/rdc-la-cour-constitutionnelle-pourra-etre-fonctionnelle-en-2015/#.U75YBaj-SzM

Justice, Droits de l’homme…

(RDC_13) Radio Okapi – 6/7

L’ONG Forum pour les droits des jeunes et enfants plaide pour la mise en place «rapide» de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) ainsi que l’adoption, au Parlement, d’une loi de protection des défenseurs des droits humains.

Au cours d’une matinée d’informations organisée samedi 5 juillet à Kinshasa, la présidente de cette structure, Annie Bambe, a assuré que son ONG continue à mener un lobbying auprès des systèmes des Nations unies et d’autres pays membres pour obtenir du gouvernement congolais l’application efficiente de ces recommandations. «Nous ne baissons pas les bras. Les autres Etats ont recommandé à la RDC que les défenseurs des doits de l’homme exercent leurs droits sans interférence », a ajouté Annie Bambe.

Le bureau de la CNDH sera constitué de 9 membres qui proviendront des regroupements de la société civile. La loi instituant cette commission avait été votée en décembre 2012 par le Parlement. Il s’agit de créer un organe indépendant chargé de la promotion et la protection des droits de l’homme en RDC. Selon la loi qui l’institue, cette commission ne pourra recevoir d’injonction d’aucun organe national ou international, afin de garantir sa mission consistant à veiller au respect des droits de l’homme dans le pays.

(RDC_14) Radio Okapi – 6/7

La police nationale congolaise (PNC) de Kalemie au Katanga a arrêté, depuis jeudi 3 juillet, le coordonnateur de l’ONG Voix des minorités indigènes (VMI), Georges Mbuyu. Le commissaire de district de Tanganyika qui a ordonné son arrestation l’accuse d’inciter les communautés pygmées et bantous au conflit.

« Ce qu’il y a à Kabalo comme incidents jusqu’à Nyunzu et Luizi, c’est à cause de lui [Georges Mbuyu]. Il  donne des fausses informations qui peuvent exciter les gens à s’entretuer », a affirmé le commissaire de district, Jean-Félix Ilunga Mpafu. Il a indiqué que Georges Mbuyu cherche à exciter les gens à la haine. « Moi, je ne peux pas tolérer ça », souligne-t-il.

Georges Mbuyu a été arrêté alors qu’il s’était présenté dans le cabinet de travail du commissaire de district. Il lui avait apporté une correspondance contenant les recommandations d’urgences sur des risques de conflits intercommunautaires. Ce document reprenait treize noms et signatures représentant le comité des experts d’analyse de risques sur les conflits intercommunautaires qui opposent depuis plusieurs mois la communauté des pygmées à celle des bantous dans la région. Des renseignements qui n’ont pas enchanté le commissaire de district qui n’y accorde pas non plus foi. « J’ai été à Nyemba, il n’y a jamais eu des conflits. Depuis que j’ai été avec le ministre [provincial] à Mukebo, il n’y a jamais eu de conflits en territoire de Manono entre les Pygmées et les Bantous. Mais, lui affirme ça », a-t-il répliqué.

Après les auditions au bureau de renseignements de la police, le coordonnateur de VMI a transféré à l’Agence nationale tous ces renseignements.

De leurs côtés, les activistes regroupés au sein de la Dynamique des groupes des peuples autochtones demandent la libération « sans condition » de Georges Mbuyu.

Le 25 juin dernier, des sources locales avaient rapporté que dix personnes auraient été tuées dans des affrontements qui ont opposé les Bantous aux pygmées dans le groupement de Maloba.

(RDC_15) AFP – 7/7

Trois Congolais ayant témoigné en 2011 devant la Cour pénale internationale (CPI) puis demandé l’asile aux Pays-Bas sont arrivés lundi en RDC, après avoir été expulsés malgré des craintes pour leur sécurité, a-t-on appris à l’aéroport de Kinshasa. Les trois hommes, Floribert Ndjabu, Pierre Célestin Mbodina et Manda Charif, sont arrivés à l’aéroport international de N’Djili à bord d’un vol spécialement affrété, vers 02Hh00 (03h00 HB), a-t-on indiqué de sources aéroportuaires. Ils ont aussitôt été pris en charge par la police qui les a conduits à la prison militaire de Ndolo, dans la capitale congolaise, a-t-on ajouté.

     

L’expulsion de MM. Ndjabu, Mbodina et Charif marque la fin d’un casse-tête judiciaire de plus de trois ans pour la CPI et son pays hôte, les Pays-Bas : ces anciens miliciens avaient été les premiers témoins de la CPI, entrée en fonction en 2003 à La Haye, à demander l’asile aux Pays-Bas. Tous trois disaient craindre pour leur vie après avoir incriminé le président congolais Joseph Kabila dans leur témoignage et refusaient dès lors d’être renvoyés dans leur prison à Kinshasa.,"Nous sommes vraiment déçus", a déclaré un des avocats des trois hommes, Goran Sluiter, à l’AFP.

Au terme d’une longue procédure impliquant aussi bien la CPI que les autorités néerlandaises, le Conseil d’Etat néerlandais avait décidé le 27 juin que les trois témoins pouvaient être renvoyés en RDC. Les juges avaient estimé que la RDC avait fourni suffisamment de garanties quant à leur sécurité, notamment qu’ils ne seraient pas condamnés à mort. Plusieurs ONG avaient pourtant appelé le gouvernement néerlandais à ne pas les renvoyer en RDC. Les trois hommes se trouvaient dans un centre de détention néerlandais depuis le 4 juin après avoir résidé depuis mars 2011 au centre de détention de la CPI.

     

"C’est décevant que le gouvernement néerlandais ait pris le risque d’être complice de possibles violations des droits de l’Homme", a affirmé Géraldine Mattioli-Zeltner, de l’ONG Human Rights Watch (HRW). "Etre le pays hôte de la CPI et un fervent défenseur des droits de l’Homme demande de faire des efforts", a-t-elle ajouté. Nicole Sprokel, d’Amnesty International, a pour sa part soutenu qu’"il était de la responsabilité du gouvernement néerlandais de s’assurer que les engagements (de la RDC, ndlr) soient respectés".

     

Les trois hommes avaient témoigné en mars 2011 dans le procès pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre de deux chefs de milice congolais, Mathieu Ngudjolo Chui et Germain Katanga. M. Ngudjolo a finalement été acquitté tandis que M. Katanga a été condamné à douze ans de prison. Les trois Congolais avaient aussi incriminé M. Kabila dans leur témoignage, l’accusant d’une attaque en 2003 dans l’est de la RDC. Les autorités congolaises affirment que les trois hommes n’ont rien à craindre dans leur propre pays.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20140707-floribert-ndjabu-nous-sommes-deja-broyes/

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/08/les-temoins-expulses-des-pays-bas-voulaient-se-soustraire-la-justice-congolaise-selon-mende/#.U7w11Kj-SzM

http://www.amnesty.org/en/library/asset/EUR35/001/2014/en/3ec42ae9-c3e9-4a2f-9ccf-470c8a394dd8/eur350012014en.pdf

(RDC_16) Radio Okapi – 9/7

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a révélé mercredi 9 juillet au cours d’une conférence de presse à Kinshasa les noms de 315 nouveaux bénéficiaires de l’amnistie. Ces amnistiés appartiennent à huit groupes dont celui qui a attaqué la ville de Kinshasa le 27 février 2011. Parmi ces amnistiés, on compte également des membres de l’ARP de Munene, les brebis de Jéricho d’Honoré Ngbanda ainsi que du groupe Bakata Katanga. Soixante-huit ex-combattants du M23 ainsi que cent cinquante-quatre combattants Bakata Katanga figurent aussi parmi les amnistiés.

« Il y a donc des personnes issues de différents groupes dont celui qui a attaqué la ville de Kinshasa le 27 février. L’autre groupe, ce sont des personnes condamnées dans le groupe Brebis de Jéricho. Le groupe ARP de Munene et le groupe Bakata Katanga », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Après cette annonce, les autorités de la prison centrale de Makala et de Ndolo ont confirmé que plus d’une centaine de personnes qui ont bénéficié de cette amnistie ont été libérées.

C’est la quatrième vague de personnes amnistiées depuis la promulgation de la loi d’amnistie en février dernier. Cette amnistie porte sur les faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques. Elle couvre la période du 18 février 2006 au 20 décembre 2013.

(RDC_17) AFP – 10/7

L’ONG la Voix des sans voix a enjoint mercredi aux autorités de Kinshasa de garantir la sécurité de la femme d’un policier congolais condamné pour le meurtre, en 2010, de Floribert Chebeya, qui dirigeait alors cette organisation de défense des droits de l’Homme congolaise.

La Voix des sans voix pour les droits de l’Homme (VSV) exhorte dans un communiqué "les autorités gouvernementales et judiciaires" de la RDC à "garantir effectivement la sécurité de Madame Dadi Bumba Mayalale et toute sa famille". Mme Bumba Mayalale est l’épouse du major Paul Mwilambwe, condamné à mort en 2011 pour le meurtre de Floribert Chebeya Bahizire et de son chauffeur, Fidèle Bazana Ebadi.

     

Jointe au téléphone par l’AFP, Mme Bumba Mayalale a affirmé avoir échappé à une tentative d’enlèvement mardi à Lubumbashi, la deuxième ville de RDC, dans le sud-est du pays, après avoir fait l’objet de menaces et d’intimidations. Elle a dit ne s’en être tirée que grâce à l’interposition de nombreux passants et craindre fortement pour sa sécurité et celle de ses enfants.  "La tentative d’enlèvement de Mme Dadi Bumba Mayalale […] relève des stratégies savamment mises en place par des personnes impliquées dans l’assassinat [de Chebeya et Bazana] en vue d’exercer de fortes pressions visant à dissuader son mari […] déterminé à dire la vérité sur les circonstances réelles du crime", écrit la VSV.

     

Le procès de ce double meurtre avait débouché en 2011 sur la condamnation à mort de quatre policiers – dont trois par contumace – et d’un cinquième à la prison à vie. En fuite, M. Mwilambwe avait mis en cause le général John Numbi, chef de la police nationale congolaise au moment des faits, dans le meurtre des deux hommes. La justice congolaise a refusé que son témoignage soit produit lors du procès en appel de l’affaire, qui a été suspendu en mai 2013 et n’a jamais repris.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2014/07/10/rdc-la-vsv-choquee-par-la-tentative-denlevement-de-lepouse-de-paul-mwilambwe/#.U77PVaj-SzM

http://www.rfi.fr/afrique/20140711-rdc-affaire-chebeya-bazana-condamnes-vus-lubumbashi/

Relations extérieures

(RDC_18) RFI – 4/7

Le rapport de mi-parcours du nouveau groupe d’experts des Nations unies, dont le mandat a été renouvelé en mars dernier, vient d’être rendu public. Dans ce rapport d’étape, très court, on apprend notamment que la branche du M23 qui se trouve en Angola se réorganiserait en l’absence d’avancées dans le processus de rapatriement au Congo et que ses cadres circuleraient librement.

Mais ce rapport met surtout l’accent sur deux groupes armés, les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF-Nalu). L’accent est mis aussi sur la mort dans des circonstances plutôt troubles du chef de guerre Maï-Maï Simba Morgan, qui s’était rendu aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Le groupe d’experts a visité à plusieurs reprises les camps des ADF-Nalu repris par l’armée congolaise depuis le début de son offensive en janvier. Il a récolté des centaines de pages de documents et d’enregistrement audio.

Deux conclusions s’imposent : d’abord, contrairement à ce que disaient leurs prédécesseurs, les nouveaux experts onusiens n’ont trouvé aucun lien entre les ADF-Nalu et al-Qaïda ou les shebabs, ni aucune trace de soutien. Ensuite, le groupe croit que malgré les opérations menées par les FARDC, le chaîne de commandement et de contrôle des ADF reste intacte. Celle-ci a le potentiel de se reconstituer comme cela a été le cas après la précédente offensive en 2010. Et pourtant, selon l’armée congolaise, les combats ont été violents. Entre janvier et mai 2014, 217 militaires auraient été tués et 416 blessés. Côté ADF, sur la même période, 531 auraient été tués. Les experts onusiens n’ont pas réussi à savoir ce que sont devenus les rebelles ougandais blessés qui, estiment-ils, devraient être nombreux. De même, il n’y a que très peu de prisonniers, peu ou pas de libération d’otages que les ADF sont censés avoir kidnappés.

Concernant les engins explosifs artisanaux retrouvés dans les camps des ADF, le groupe note qu’ils sont peu sophistiqués, ce qui ne permet pas justement de confirmer l’existence d’un transfert de compétences ou de savoir-faire à d’autres groupes comme al-Qaïda ou les shebabs.

Lire le rapport sous :

http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/2014/428

Sur les FDLR, lire aussi sous :

http://www.slateafrique.com/492499/rdc-faut-il-croire-au-desarmement-des-rebelles-hutu-rwandais

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2791p008.xml9/diplomatie-fdlr-armee-rdc-fdlr-rdc-rwanda-que-faire-des-ex-rebelles-fdlr.html

(RDC_19) EFE – Belga – 9/7

Le président américain Barack Obama a élargi les sanctions existantes contre des individus impliqués dans la déstabilisation de la RDC et menaçant la paix, la sécurité et la stabilité de ce pays d’Afrique centrale.

"Ce nouvel ordre exécutif (publié mardi) élargit les critères de sanctions afin de donner aux Etats-Unis davantage de flexibilité dans l’identification des personnes contribuant au conflit en RDC et à rapprocher les critères établis par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la plus récente est la 2136 datant du 20 janvier 2014", a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

     

Le gouvernement américain a réitéré sa "profonde préoccupation" à propos de la situation dans ce pays d’Afrique et dans la région des Grands Lacs, qui "menace la paix, la sécurité et la stabilité", ainsi que des opérations menées par des groupes armés, de la violence et des atrocités à grande échelle, des violations des droits de l’Homme, du recrutement et de l’utilisation d’enfants-soldats, des attaques contre les Casques bleus, de l’obstruction faite aux opérations humanitaires et de l’exploitation de ressources naturelles pour financer les personnes engages dans ces activités, ajoute le texte.

     

Le nouvel ordre exécutif (OE) signé par M. Obama, qui amende un document datant du 27 octobre 2006, introduit de nouveaux critères qui peuvent être utilisés pour sanctionner des personnes responsables, directement ou indirectement, de la mise en danger de la paix, de la sécurité ou de la stabilité de la RDC ou encore participent à des "actions ou politiques qui minent les processus ou les institutions démocratiques" du pays.

     

Washington souhaite aussi frapper toute personne qui commet des actes de violence de toute nature contre les femmes et les enfants ou recrute des mineurs au sein de groupes armés ou des forces armées (gouvernementales).

Lire le document sous :

http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2014/07/08/factsheet-democratic-republic-congo-executive-order

RWANDA

Justice, Droits de l’homme…

(RWA_1) AFP – Belga – 8/7

Les juges antiterroristes français Marc Trévidic et Nathalie Poux ont achevé leur enquête sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994, considéré comme le signal déclencheur du génocide au Rwanda et de l’assassinat de dix Casques bleus belges, ont annoncé mardi les avocats de la défense. Il revient désormais au parquet de prendre ses réquisitions, avant que les magistrats instructeurs ne décident de renvoyer ou non en procès les sept proches du président rwandais Paul Kagamé qui avaient été mis en examen dans cette enquête ouverte en 1998.

   

L’ancien juge d’instruction Jean-Louis Bruguière avait en novembre 2006 signé neuf mandats d’arrêt contre des proches du président rwandais, ce qui avait amené Kigali à rompre ses relations diplomatiques avec la France. Ces relations ont été rétablies en 2009.

   

"Ce 8 juillet 2014, Mme et M. les juges d’instruction Poux et Trévidic ont décidé de mettre fin à l’instruction concernant l’attentat de l’avion Falcon survenu le 6 avril 2014 en phase d’atterrissage à l’aéroport de Kigali", indiquent Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain, les avocats canadien et belge des mis en examen. "La défense, qui fut très patiente, attend désormais que le non-lieu soit prononcé au plus vite, en faveur des personnes visées par des mandats d’arrêt injustifiés mais très pertinemment levés par les magistrats instructeurs", ajoutent les deux avocats.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20140709-habyarimana-parties-civiles-reagissent-cloture-enquete/

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