Elections présidentielles au Rwanda : la candidate Victoire Ingabire rentre le 18/1/2010
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Les FDU (Forces Démocratiques Unifiées) ont organisé un meeting politique le 09/01/2010 à Bruxelles. Malgré les conditions météorologiques difficiles, les gens avaient répondu nombreux au rendez-vous.

Dans sa brève intervention, Victoire Ingabire a dit à l’assistance qu’elle prendra l’avion le 18/1/2010 à Amsterdam pour rentrer au Rwanda comme candidate aux élections présidentielles qui auront lieu au mois d’août prochain. Sa priorité à son arrivée est de rencontrer les hautes autorités du pays, y compris le Président Paul Kagame, pour notamment s’enquérir des modalités pratiques du déroulement des élections : révision de la loi électorale, utilisation des moyens de l’Etat durant la campagne électorale, modalités de dépouillement des voix, neutralité de l’armée et des services de sécurité, le sort du Parlement au cas où les FDU gagnaient les élections, …

Victoire Ingabire partira seule au Rwanda, car les dix autres membres des FDU n’ont pas pu obtenir des passeports demandés aux ambassades rwandaises. Elle s’est étonnée, à ce sujet, du double langage tenu par Kigali qui, d’une part, exhorte les réfugiés à rentrer au pays et quand ils en manifestent le désir, se voient refuser des documents de voyage.

Si Victoire Ingabire part au Rwanda briguer le poste de Président, c’est pour redonner espoir au peuple qui croupit sous la dictature du FPR, a -t-elle précisé. « Je sais que le chemin sera long.  Il est parsemé d’embûches. Et si jamais je laisse ma vie au Rwanda comme certains le prédisent, continuez la lutte démocratique que j’aurai entamée », a-t-elle demandé au public. Elle a été beaucoup applaudie et a conclu par : « Tous unis, nous vaincrons ».

Après une séance de récoltes de fonds pour soutenir la Candidate, le premier vice-président des FDU, Eugène Ndahayo, a pris la parole. Il a fustigé les méthodes terroristes utilisées par le pouvoir de Kigali. Après avoir tenté vainement de décourager les FDU de se présenter aux élections par des contacts officieux, les autorités rwandaises ont réussi à faire insérer trois lignes dans le récent rapport des Nations-Unis sur les FDRL, soulignant notamment le fait que Victoire Ingabire aurait parlé avec les représentants de cette organisation. Eugène Ndahayo a rappelé que ce rapport de l’ONU fait de l’amalgame : il y a eu une réunion de la mise sur pied d’un dialogue inter-rwandais qui a eu lieu à Barcelone en Espagne. A part les représentants des FDU dont Victoire Ingabire, le FPR au pouvoir au Rwanda y avait délégué également ses membres dont un certain Dr Naasson et Isidore Munyakazi. Les représentants des FDRL étaient eux aussi dans la réunion. Cette reproche à Victoire Ingabire ne tient donc pas debout.

Un autre signe de terrorisme à l’approche des élections est le fait que l’ambassade rwandaise à Bruxelles a refusé au même Eugène Ndahayo un passeport lui reprochant tantôt qu’il a trahi le pays pour avoir témoigné chez le juge espagnol ayant inculpé les hauts officiers rwandais pour des crimes contre l’humanité, tantôt qu’il n’est pas rwandais.

Ndahayo a fait savoir qu’il n’a jamais été en contact avec ce juge. S’agissant du fait qu’il lui a été signifié qu’il n’est pas rwandais, il a exhibé à l’ambassade tous les actes administratifs le nommant dans la Fonction publique rwandaise sous Habyarimana mais aussi des actes de nomination avec la signature des autorités du FPR dont l’ex-président Pasteur Bizimungu et l’ex- Vice-président Paul Kagame lors de son affectation comme Directeur de cabinet sous le régime du FPR. Malgré tout, le passeport lui a été refusé. Des lettres d’insistance ont été écrites au gouvernement rwandais. Elles sont restées sans réponses. La dernière a été adressée au ministre à la présidence Solina Nyirahabimana par la Présidente des FDU.

Ndahayo est d’avis que le pouvoir rwandais est basé sur le crime et que la décision des FDU d’aller aux élections présidentielles est un début d’une révolution pour des changements pacifiques au Rwanda.

Le deuxième Vice-Président, Nkiko Nsengimana, a informé l’assistance que les Rwandais de l’extérieur ont transféré 65 millions d’euros au Rwanda et qu’à ce titre ils constituent les premiers bailleurs de fonds de ce pays loin devant la Grande Bretagne, premier bailleur bilatéral du Rwanda, qui aide ce pays à concurrence de 40 millions d’euros par an. Ces transferts se sont augmentés d’une façon vertigineuse vers la fin de l’année passée de façon qu’à ce rythme, ils atteindraient 200 millions d’euros cette année.

Cette augmentation s’explique par les méthodes utilisées par les fameux tribunaux Gacaca qui taxent presque systématiquement de fortes amendes aux familles hutu ayant notamment des enfants ou des membres de familles à l’étranger sans parler des prébendes qui règnent dans cette institution. Ceux qui sont à l’extérieur sont ainsi forcés de payer pour sauver les leurs restés au pays. Nkiko Nsengimana a demandé à l’assistance de réserver une partie de cet argent au soutien de l’opposition politique et de se rappeler que les devises envoyées au Rwanda permettent au régime d’acheter des armes pour exterminer la population civile.

Quant au Secrétaire général des FDU, Jean Baptiste Mberabahizi, il a souligné la dangerosité du pouvoir du FPR au Rwanda, pouvoir qu’il connaît bien pour l’avoir servi avant son exil. Il a rappelé des discours du président Paul Kagame qui a dit à Bwisige qu’il va « broyer » tous ceux qui s’opposent à lui et a vociféré des menaces à ceux qui soutiennent le Roi Kigeri V allant jusqu’à dire qu’il va les « blesser » par des objets contondants.

Il a rappelé qu’il a été un des collaborateurs de Tito Rutaremera, un des grands idéologues du FPR et un grand « Inyenzi » car il faisait partie de ce mouvement guerrier dans les années 60. Rutaremera ne cesse d’appeler l’opposition politique extérieure à venir opérer des changements à l’intérieur du pays en étant sur place. Mais quand des gens veulent rentrer, le gouvernement leur refuse des passeports, a dit Mberabahizi.

Il a poursuivi son exposé sur la même lancée en relevant que le 07/04/2007, le président Paul Kagame, dans son discours, s’est dit affligé de n’avoir pas pu exterminer à temps les réfugiés qui étaient partis en exil au Zaïre (RDC) mais a rassuré que si c’était à recommencer il le ferait excellemment car son armée est mieux préparée qu’avant. Par ailleurs il les a massacrés à l’arme lourde dans les camps en 1996-1997.

Mberabahizi est revenu sur l’attaque qu’a subie son épouse l’année passée par des inconnues qui l’ont frappée et jetée sur le bord de la route dans la ville de Bruxelles. Cette dame reste infirme car elle a le dos cassée. Mberabahizi a dit que c’est le risque d’être un opposant politique mais que cela ne le décourage pas. Il a révélé qu’un membre éminent du FPR en Belgique, Deus Kagiraneza, l’a accosté récemment et lui a dit qu’il a fait des mises en scène d’assassinat de son épouse pour que les Belges lui donnent une escorte de sécurité.

Pour Mberabahizi, la terreur du FPR se répand non seulement par des crimes (négationnisme, idéologie génocidaire, …) qu’il impute à toute personne dont il veut se débarrasser mais également par des rapports commandés comme celui sur l’assassinat de l’ex-Président Habyarimana sous la direction de Mutsinzi, un ancien président de la Cour suprême et qui était auparavant à Banjoul où il travaillait comme un zaïrois ou celui de l’ONU sur les FDRL et présidé par un indien naturalisé anglais. Comme le Rwanda est devenu comme une colonie anglaise, la teneur de ce rapport se comprend car ce pays fait tout pour protéger Paul Kagame et son régime.

La parole a été donnée ensuite au public qui a plus donné des suggestions. La question lancinante fut la sécurité de Victoire Ingabire au Rwanda mais elle a répété que les FDU sont un groupe d’hommes et de femmes convaincus qui pourraient continuer la lutte démocratique au cas où elle venait à disparaître.

Le rôle des USA et surtout de la Grande Bretagne dans la consolidation de la dictature au Rwanda a été relevée par plus d’un. Joseph Matata, défenseur des droits de l’Homme, a fait savoir à l’assistance qu’il compte organiser des manifestations aux ambassades de ces deux pays deux fois par mois jusqu’à la fin de l’année pour sensibiliser l’opinion sur le malheur du peuple rwandais par le soutien inconditionnel de ces deux puissances au régime de Kigali. Il a insisté sur le fait qu’il va organiser ces manifestations, non pas pour soutenir politiquement qui que ce soit, mais strictement dans le cadre de lutte pour les droits de l’Homme au Rwanda.

A ce sujet, un autre intervenant a rapporté les propos d’un journaliste rwandais qui a affirmé que le Rwanda est sous une nouvelle colonisation : avant il y avait la colonisation par des Occidentaux ; aujourd’hui c’est une colonisation par une clique au pouvoir au Rwanda qui décide comme bon lui semble : ses membres se lèvent un beau matin et décident de la suppression du français, ou exigent que toute la bananeraie soit coupée ou que tel quartier de la ville de Kigali soit  détruite, …

Le meeting, qui avait commencé à 16h, s’est terminé vers 21h00 entrecoupé par une petite pause.

Gaspard Musabyimana
10/01/2010.

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