Victoire Ingabire : octobre 2010 – octobre 2014. Déjà 4 ans de captivité !
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Rubrique : Actualité


Publié le 12 Oct 2014 par Gaspard Musabyimana

C’est en 2010, que l’opposante politique Victoire Ingabire est rentrée d’exil de son propre gré. Elle fut, après quelques mois, arrêtée et détenue dans la sinistre prison centrale de Kigali. Un simulacre de procès fut organisé à la Haute Cour de Kigali devant laquelle des faux témoins recrutés par les services secrets militaires (DMI) ont été présentés par le procureur comme des anciens collaborateurs de l’opposante. Pourtant elle ne les connaissait même pas. Ils sont venus plaider « coupables » et elle fut condamnée à 8 ans de prison.

Voulant aller au bout de la procédure, Victoire Ingabire a interjeté appel devant la Cour Suprême, mais sans se faire aucune illusion, car dans un de ses discours, le président Kagame lui-même avait publiquement déclaré, avant même le début du procès, que l’opposante était coupable et que donc elle devait être condamnée. Entre temps, ceux qui ont été  présentés comme des co-accusés de Victoire Ingabire et comme des officiers des FDLR et qui ont plaidé « coupables » de tous les chefs d’accusations portés contre l’opposante, ont été mis en liberté.

Les plus sceptiques ont accordé le bénéfice du doute à la « justice » rwandaise en espérant que la Cour Suprême réparerait l’injustice et laisserait partir libre l’opposante qui n’a commis d’autre délit que celui d’avoir une autre conviction pour l’exercice du pouvoir que celle de l’actuel Président Paul Kagame. Après plusieurs reports injustifiés, le verdict fut enfin prononcé le vendredi 13 décembre 2013. Sans surprise, la Cour Suprême alourdit la peine infligée par la Haute Cour à l’opposante Victoire Ingabire et la condamna à 15 ans d’emprisonnement.

Ce samedi 11/10/2014, le Réseau International des femmes pour la démocratie et la Paix et la Fondation Victoire pour la Paix ont organisé, Bruxelles, un walking diner pour commémorer ce triste anniversaire (octobre 2010-octobre 2014) et pour soutenir le combat pacifique d’une femme d’exception, Victoire Ingabire Umuhoza.

Daphy NkundwaDans son mot de circonstance, Daphy Nkundwa, la coordinatrice du Réseau a demandé au public présent en nombre d’adresser leurs pensées à cette femme de conviction, cette mère d’un courage émouvant qui ne doit pas être brisé en plein vol. Elle a préféré perdre sa propre liberté et se battre pour celle de tout un peuple. Choisissant le combat des dignes sans canons ni épées, elle a choisi  de s’éloigner de la peur, de l’égoïsme qui habite l’être humain. Elle a choisi la résistance à l’autorité qui écrase, qui dénie le droit le plus élémentaire qu’est le droit à la vie.

La coordinatrice du réseau a rappelé que dans son discours à Montréal, Victoire Ingabire a dit qu’elle prenait le devant  et avait exhorté chacun (e) à occuper une place sur le terrain et de jouer son rôle dans le rétablissement de la justice et de la liberté au Rwanda, pour une paix durable dans la région des Grands Lacs . Et  bien pour ceux qui ne sont pas encore sur le terrain, le moment est venu! La coordinatrice a remercié le public d’avoir répondu à cet appel de Victoire Ingabire.

La coordinatrice a terminé son allocution en citant Martin Luther King qui a dit : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier ».

Gaspard Musabyimana
12/10/2014

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