Actualité des Grands Lacs – Semaine du 7 au 13 février 2015
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Rubrique : Actualité


Publié le 13 Fév 2015 par Gaspard Musabyimana

RESUME : En RDC, la MONUSCO, où un américain habitué aux opérations de paix a été nommé (RDC_9) et dont l’efficacité est mise à jour dans un reportage critique (RDC_1), a décidé de suspendre provisoirement son soutien aux FARDC dans la foulée de la désignation de deux généraux impliqués dans des atteintes aux droits humains (RDC_3). De son côté, le ministre rwandais de la Défense accuse la Tanzanie et l’Afrique du Sud, qui fournissent des casques bleus à la brigade d’intervention, de ne pas vouloir se battre contre les FDLR (RWA_1). Quant à la situation des réfugiés de l’ex-M23 en Ouganda et au Rwanda, le coordinateur congolais du Mécanisme de suivi de l’Accord d’Addis-Abeba affirme que ce dossier est bientôt clos (RDC_11)

Sur le terrain, le gouverneur du Nord Kivu a décidé de s’installer provisoirement à Beni pour permettre une meilleure interaction avec les forces de l’ordre (RDC_2). En Province Orientale, la LRA est accusée de pillages et d’enlèvements dans le territoire d’Ango (RDC_4).                                   

Dans le domaine politique, l’internet a été rétabli après vingt jours d’interruption ordonné par les autorités, bien que des problèmes subsistent sur certains réseaux sociaux toujours bloqués (RDC_5). Par ailleurs, des observateurs et des acteurs politiques estiment que la crise autour de la loi électorale a fragilisé la pouvoir, mais a également révélé les divisions au sein de l’opposition (RDC_6). À ce propos on signalera que l’envoyé spécial américain a précisé que les Etats-Unis veulent avoir des garanties que l’élection présidentielle aura bien lieu en 2016 (RDC_10). Le président de la CENI a de son côté publié le calendrier électoral « complet et constitutionnel », alors que le chef de l’Etat a promulgué à cette date la loi électorale (RDC_6_1).

Dans le domaine de la justice et des droits humains, le militant des droits de l’homme, Christophe Ngoyi, accusé d’être auteur ou co-auteur des troubles lors des récentes manifestations contre la loi électorale, a été présenté au ministre de l’Intérieur qui a tenu à rassurer sur le sort de l’intéressé (RDC_7). Par ailleurs, l’UNICEF assure qu’au total 50.000 enfants-soldats sont sortis des forces ou des groupes armés, dont 4.500 en 2014 (RDC_8).

Au Burundi, la société civile demande au président de la République, qui s’appuie sur un article ambigu de la constitution pour se représenter, d’annoncer explicitement qu’il renoncera à un troisième mandat (BUR_1). Par ailleurs, Hulan Rights Watch a accusé jeudi l’armée et la police burundaises d’avoir perpétré des dizaines d’exécutions sans jugement après des affrontements avec un groupe rebelle fin décembre (BUR_2).

BURUNDI

Vie politique…

(BUR_1) AFP – 11/2

La société civile burundaise a appelé mercredi le président Pierre Nkurunziza, soupçonné de vouloir rempiler pour un troisième mandat en juin, d’annoncer dès à présent qu’il y renoncera, afin de "prévenir de nouvelles violences" au Burundi.

Le collectif "Campagne citoyenne Halte au 3e mandat", lancé il y a environ deux semaines et qui regroupe 304 associations de la société civile, avait adressé une discrète lettre au chef de l’Etat burundais le 4 février lui enjoignant de "s’abstenir de briguer un troisième mandat".

Faute de réponse, il a aujourd’hui décidé de faire plus de bruit. "Nous n’avons pas encore reçu de réponse de la part du président Nkurunziza, (. . ), mais aujourd’hui nous l’appelons publiquement à prendre exemple sur le président de la RDC (République démocratique du Congo), Joseph Kabila, et à annoncer à son tour qu’il renonce à briguer un troisième mandat", a dit à l’AFP Vital Nshimirimana, un responsable du collectif. "Nous disons (à Pierre Nkurinziza) qu’il n’est pas encore trop tard pour (. . . ) qu’il sorte de son silence", a insisté M. Nshimirimana, pour qui c’est la seule façon d’éviter "une violence" qui sera en revanche "évidente s’il se représente".

Le Burundi tiendra en mai des élections communales et législatives, qui seront suivies d’une présidentielle en juin. Ces scrutins sont qualifiés de cruciaux pour l’avenir du pays, sorti en 2006 de 13 ans de guerre civile qui ont ruiné son économie.

S’appuyant sur un article ambigu de la Constitution, qui selon son camp lui permet de se représenter en juin, le président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, n’a jamais fait mystère de son intention de briguer un troisième mandat.

La grande majorité de la classe politique, l’église catholique et la société civile y sont opposés, s’appuyant paradoxalement également sur la Constitution, mais aussi sur les accords de paix d’Arusha (Tanzanie) qui avaient ouvert la voie à la fin de la guerre civile.

Justice, Droits de l’homme…

(BUR_2) AFP – 12/2

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi l’armée et la police burundaises d’avoir perpétré des dizaines d’exécutions sans jugement après des affrontements avec un groupe rebelle fin décembre. L’armée et la police du petit pays d’Afrique des Grands Lacs "ont commis au moins 47 exécutions extrajudiciaires entre le 30 décembre 2014 et le 3 janvier 2015", a accusé HRW dans un communiqué. "Des membres armés de la ligue des jeunes du parti au pouvoir (Imbonerakure) ont également participé aux exécutions", a-t-elle ajouté.

     

Selon l’organisation basée à New York, qui s’appuie sur des témoignages d’habitants, ces exécutions ont été menées dans la foulée d’affrontements survenus dans la province de Cibitoke, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bujumbura, entre les forces de sécurité et un groupe rebelle jamais identifié. Les combats entre les forces gouvernementales et ces rebelles, qui venaient de la RDC) voisine, avaient duré cinq jours.

     

L’armée avait affirmé avoir tué une centaine de rebelles dans les affrontements, avant de procéder à quelques arrestations. HRW reproche en fait aux forces de l’ordre d’avoir exécuté des personnes qui s’étaient rendues. "Il semble (…) que les militaires et les policiers n’ont pas cherché à arrêter la plupart des hommes qui se sont rendus, préférant les abattre", a expliqué Daniel Bekele, directeur de la division Afrique de HRW.

      

Le gouvernement burundais a promis de "répondre point par point" au rapport de HRW après l’avoir lu. Son porte-parole, Philippe Nzobonariba, a cependant déjà dénoncé "l’attitude traditionnellement hostile" de l’organisation.

     

Les autorités burundaises n’ont jamais donné la moindre indication sur l’identité du mystérieux groupe rebelle, constitué, selon des témoins, de près de 200 hommes. Elles avaient cependant affirmé que leur but était de gagner la forêt de la Kibira, qui partage le Burundi du nord au sud et servait de sanctuaire aux groupes armés pendant la guerre civile (1993-2006). De là, ils comptaient selon elles recruter et lancer des attaques dans tout le pays avant les élections générales de mai et juin, à l’approche desquelles le parti du président Pierre Nkurunziza, le CNDD-FDD, est accusé de faire le vide autour de lui.

     

Selon des observateurs, il est évident que l’offensive rebelle était d’une façon ou d’une autre pilotée par une partie de l’opposition. Et que Bujumbura entendait envoyer un signal fort en la matant.

RDC

Sécurité, Armée…

–          Kivu

(RDC_1) Jeune Afrique – 6/2

Le documentaire "RDC : à quoi servent les Casques bleus ?" mis en ligne jeudi sur le site de la chaîne franco-allemande Arte revient sur la série des massacres qui ont été perpétrés fin 2014 à Beni, dans l’est du pays. Et remet surtout en cause l’efficacité de la Monusco dans la protection des civils.

"En RDC comme dans nombre de pays où les Casques bleus sont déployés depuis longtemps, les populations s’interrogent sur l’utilité de ces missions de la paix, de ces soldats si peu motivés et si peu efficaces, de ces fonctionnaires surpayés au regard des revenus locaux, autour de 7 000 euros mensuels, plus les primes, le tout exonéré d’impôts", résume Michel Dumont, grand reporter à Arte, dans "RDC : à quoi servent les Casques bleus".

Le documentaire mis en ligne le 6 février tente de comprendre les raisons de la persistance des massacres à Beni, dans l’est de la RDC, malgré la présence de la Monusco, la plus importante mission de maintien de la paix des Nations unies. Une force de 20 000 hommes, dotée de plus d’un milliard d’euros de budget annuel…

Le film de 24 minutes s’arrête également sur les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), présumés auteurs des massacres de ces derniers mois à Beni. Sur des images de propagande que se sont procurées les auteurs du documentaire, on voit notamment un commandant ADF tenir un discours puisé dans l’islamisme radical. "Allah veille sur vous, lance-t-il à ses hommes. Vous devez avoir la foi. Si vous devez mourir, sachez que vous aurez 72 vierges au paradis et si vous ne mourrez pas, vous trouverez le bonheur sur terre."

Écouter le reportage sous :

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150206135540/s-curit-fardc-monusco-adf-vid-o-rdc-massacres-de-beni-un-documentaire-d-arte-s-interroge-sur-l-efficacit-de-la-monusco.html

(RDC_2) Radio Okapi – 8/2

Le gouverneur du Nord Kivu Julien Paluku quitte Goma et s’installe provisoirement à Beni, théâtre d’une énième tuerie des civils qui a fait une vingtaine de morts, mercredi 3 février, à Mayangose-Kibidiwe. Julien Paluku estime que sa présence sur place lui permettra d’interagir directement avec les responsables des Forces armées de la RDC, de la Police et les autorités locales pour mettre fin à l’insécurité et les massacres des civils dans la zone.

«J’ai résolu d’abord de rester à Beni pendant un temps pour qu’avec les militaires, les policiers, la population civile, nous puissions comprendre et attaquer les problèmes de fond tels que les assassinats que nous avons connus il y a quelques jours», a déclaré Julien Paluku à son arrivée à Beni. « Ce qui change, c’est la proximité de l’autorité provinciale vis-à-vis des problèmes, la compréhension directe et l’action directe », a-t-il affirmé pour justifier sa présence dans la ville.

Plus de 20 personnes ont été tuées la nuit de mardi 3 à mercredi 4 février après une nouvelle attaque attribuée à «des hommes armés non identifiés» à Mayangose-Kibidiwe, dans le territoire de Beni.

Au cours d’une visite sur les lieux du crime, Julien Paluku avait estimé que les autorités devaient désormais anticiper ce genre d’évènements.

Selon la société civile du Nord-Kivu, plus de 200 civils ont été tués au cours de plusieurs massacres perpétrés à Beni depuis octobre 2014, dont la plupart sont attribués à des rebelles ougandais des ADF.

Lire aussi sous :

http://christophvogel.net/2015/02/10/amid-impending-fdlr-operations-insecurity-is-on-the-rise-in-north-kivu/

(RDC_3) AFP – 10/2

L’ONU a suspendu temporairement son soutien aux opérations de l’armée congolaise contre les rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), a indiqué mardi à l’AFP un responsable de l’ONU.

              

S’exprimant anonymement, ce responsable a justifié cette décision par la controverse avec Kinshasa autour de la nomination, pour mener une offensive gouvernementale contre les FDLR dans l’est de la RDC, de deux généraux accusés de violations des droits de l’homme.

     

En dépit d’un ultimatum de l’ONU, le gouvernement congolais avait annoncé jeudi qu’il ne comptait pas remplacer les deux généraux, Bruno Mandevu et Sikabwe Fall. "La Monusco (mission de l’ONU en RDC) a exprimé des préoccupations quant aux liens entre les deux généraux et des violations de droits de l’homme et en conséquence nous avons fait une pause dans notre soutien aux FARDC (forces gouvernementales) dans les opérations anti-FDLR", a déclaré le responsable onusien. "Nous sommes en contact constant à haut niveau avec le gouvernement et nous sommes confiants qu’une solution sera trouvée", a-t-il ajouté. Il a souligné que la Monusco continue de soutenir d’autres opérations de l’armée congolaise et qu’elle le fera "pleinement" pour l’offensive anti-FDLR dès que le problème sera résolu.

     

L’ONU avait donné jusqu’au 13 février à Kinshasa pour remplacer les deux généraux, faute de quoi les Nations unies retireraient leur soutien à l’opération. Bruno Mandevu et Sikabwe Fall figurent sur une liste établie par la Monusco d’officiers indésirables pour leur responsabilité ou leur complicité présumées dans de graves violations des droits de l’Homme.

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2015/02/11/traque-des-fdlr-la-monusco-mis-une-pause-dans-la-cooperation-avec-les-fardc/

–          Province Orientale

(RDC_4) Radio Okapi – 7/2

Huit personnes ont été kidnappées et plusieurs biens de valeurs et produits agricoles pillés jeudi 5 février par de présumés rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Ces crimes ont eu lieu dans le territoire Ango, à plus de 500 km au nord de Kisangani, en Province Orientale. Selon la société civile locale, le régiment FARDC d’Ango s’est lancé à la poursuite des assaillants.

Ces incursions ont été perpétrées dans les localités de Dizaga et de Digba, à respectivement 15 et 45 km au nord d’Ango-centre. À Digba, témoigne la société civile, l’incident s’est produit vers 12h00. Cinq femmes qui se rendaient ont été enlevées pendant qu’elles se rendaient d’Ango-centre à Digba-centre pour participer à des funérailles. Elles sont tombées dans une embuscade tendue par les assaillants. Ensuite, vers 16 h00, la localité de Dizaga a été le théâtre d’une attaque de ces hommes en armes.

La même société civile affirme que les assaillants, une vingtaine environ, ont pillé les greniers des villageois et plusieurs biens de valeur dont des machines à coudre, des groupes électrogènes et des pièces de tissus appartenant à des commerçants.

Sur le chemin de retour, les assaillants ont aussi enlevé un garçon et deux filles mineurs qu’ils ont obligées à transporter de leur butin.

Alertée, l’unité des Forces armées de la RDC (FARDC) de Digba s’est mise en chasse des kidnappeurs le lendemain de l’attaque.

Vie politique…

(RDC_5) AFP – 8/2

L’internet mobile a été rétabli dans la nuit de samedi à dimanche en RDC, 20 jours après son interruption ordonnée par les autorités à la suite de manifestations violentes, mais certains réseaux sociaux restaient bloqués. Parmi les réseaux indisponibles figurent Facebook et Twitter qui, selon le gouvernement, ont mis de l’huile sur le feu lors des manifestations.

     

Interrogé par l’AFP, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a déclaré que "c’est une question d’heures" avant que ces réseaux soient accessibles. "Les services des PTNTIC (Postes, télécommunications, nouvelles technologies de l’information et de la communication) vont rétablir" l’accès, a-t-il assuré.

Le 20 janvier, pour affaiblir la contestation, Kinshasa avait ordonné la coupure des SMS et d’internet. L’internet fixe avait été rétabli après deux jours, mais pas l’internet mobile, bloqué pour empêcher l’accès aux réseaux sociaux, ni les services SMS, moyen le moins cher pour communiquer.

    

 Jeudi, M. Mende avait affirmé que couper les réseaux sociaux avait permis à l’Etat d’éviter une "guerre civile".

Le retour à la normale intervient alors que le Parlement a voté, le 25 janvier, une loi électorale vidée de sa disposition la plus controversée, mais qui pourrait entraîner un décalage des législatives, prévues en 2016 en même temps que la présidentielle, faisant craindre de nouvelles violences.

(RDC_6) AFP – Belga – 11/2

La crise autour de la nouvelle loi électorale en RDC a fragilisé un peu plus la majorité du président Joseph Kabila, mais a également révélé la désunion de l’opposition.

              

"Au sein de la majorité […] ils ne sont plus unis, c’est clair", juge Placide Mandona, chercheur en philosophie politique à l’Université catholique du Congo, et "à la base de tout [il y a] cette fameuse loi électorale".

"Il n’y a pas de cohésion au sein de la majorité", regrette un cadre de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), troisième parti politique de la Majorité présidentielle, qui reproche au Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de M. Kabila d’avoir totalement marginalisé ses partenaires au moment du passage de la loi.

     

Avant même cet épisode, les divergences au sein de la majorité étaient apparues, en particulier lorsque le Mouvement social pour le renouveau (MSR, deuxième force de la majorité) avait fait savoir fin 2014 son opposition à des plans échafaudés par certains responsables de la majorité pour permettre à M. Kabila de rester au pouvoir après 2016. Le MSR a fini par resserrer les rangs, mais d’autres alliés du président sont entrés en dissidence, comme Jean-Claude Muyambo, qui accuse M. Kabila de vouloir s’accrocher au pouvoir. Chef d’un petit parti, M. Muyambo a été l’un des organisateurs de la contestation contre la loi électorale. Emprisonné depuis le 20 janvier, il est poursuivi pour une affaire d’abus de confiance sans lien avec les derniers événements. "La guerre est même au sein du PPRD", confie un chef provincial de ce parti.

     

Le parti présidentiel apparaît divisé entre une "aile dure" incarnée par des personnalités comme Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, ou Évariste Boshab, ministre de l’Intérieur, aujourd’hui déterminés à soutenir la ligne définie par le chef de l’État, et d’autres comme Moïse Katumbi, gouverneur de la province du Katanga (berceau du pouvoir) qui commencent à mettre en garde contre toute volonté de maintien au pouvoir de M. Kabila au-delà de 2016. Mais l’opposition, minée par les divisions et les querelles d’ego, ne semble pas en mesure de profiter de la situation. Au sein de ses rangs, "c’est la pagaille", résume Philémon Muamba, professeur d’histoire politique à l’Université de Kinshasa.

     

Premier parti de l’opposition au Parlement, l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) n’est plus que l’ombre de lui-même en l’absence de son chef historique, Étienne Tshisekedi, en convalescence depuis le mois d’août à Bruxelles. L’UDPS, qui juge le Parlement illégitime, est minée par les dissensions internes et n’a pas participé au mouvement contre la loi électorale. Celui-ci a été conduit par une coalition rassemblant l’Union pour la Nation congolaise (UNC, troisième force de l’opposition), des membres du Mouvement de Libération du Congo (MLC, deuxième parti d’opposition à l’Assemblée) et d’autres opposants. Mais "il n’y a pas un homme fédérateur ou une femme fédératrice", estime M. Muamba. Comme l’UDPS, le MLC est très affaibli en l’absence de son chef, Jean-Pierre Bemba, jugé à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), et par le récent débauchage de certains de ses dirigeants entrés au gouvernement en décembre, comme le vice-Premier ministre Thomas Luhaka.

    

Le président de l’UNC, Vital Kamerhe, voudrait en profiter pour rassembler les opposants autour de sa personne, mais souffre dans l’opinion de son ancienne proximité avec M. Kabila, dont il fut le directeur de campagne en 2006.

     

Pour M. Muamba, "il y a encore un grand travail à faire pour le rapprochement" entre les différentes tendances de l’opposition.

(RDC_6_1) AFP – 12/2

La prochaine élection présidentielle en RDC est prévue pour le 27 novembre 2016, a annoncé jeudi la Commission électorale nationale indépendante (Céni), avertissant que le tenue de ce scrutin était conditionnée par un certain nombre de "contraintes".

              

L’élection présidentielle, à laquelle le chef de l’État Joseph Kabila n’a plus le droit de se présenter, selon la Constitution congolaise, doit avoir lieu le même jour que les élections législatives, a indiqué le rapporteur de la Céni, Jean-Pierre Kalamba, lors d’une cérémonie publique à Kinshasa en présence de ministres, de diplomates et de journalistes.

     

Le calendrier électoral dévoilé jeudi par la Céni porte sur l’organisation des élections locales et provinciales, devant avoir lieu au scrutin direct en octobre 2015 ainsi que sur les sénatoriales devant avoir lieu au scrutin indirect en janvier 2016, jusqu’à la présidentielle.

     

La communauté internationale – Belgique comprise – demandait depuis de longs mois la publication de cet échéancier pour décider du soutien financier qu’elle pourrait apporter au processus électoral congolais.

     

M. Kalamba a prévenu que la tenue de tous ces scrutins dépendrait d’un certain nombre de "contraintes" devant être levées avant une "date critique" pour chacune d’elle. Pour la présidentielle et les législatives, il a cité au nombre de ces contraintes "l’exécution du plan de décaissement des fonds" nécessaires à l’organisation des scrutins, la "mise à jour du fichier électoral" ou encore le vote et la promulgation du projet de "la loi de répartition des sièges" des députés sur le territoire national.

Lire aussi sous :

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/belga/rdc-kabila-promulgue-la-loi-electorale-avant-la-publication-du-calendrier-des-scrutins-54dcbf1235700d75228a1051

http://radiookapi.net/actualite/2015/02/12/rdc-la-ceni-annonce-la-publication-ce-jeudi-du-calendrier-electoral-global/

Justice, Droits de l’homme…

(RDC_7) Radio Okapi – 10/2

Le militant des droits de l’homme Christopher Ngoyi, arrêté le 21 janvier pendant les manifestations contre la loi électorale à Kinshasa, a été présenté mardi 10 février au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Evariste Boshab. La police judicaire qui l’a présenté l’accuse d’être auteur ou co-auteur des troubles enregistrés pendant les manifestations contre la loi électorale. Elle a annoncé le transfert de Christopher Ngoyi au Parquet général. Il est poursuivi pour dix chefs d’accusation:

Les manifestations organisées par l’opposition contre la loi électorale avaient dégénéré en émeutes en janvier dernier. Elles ont fait 27 morts, selon le gouvernement. Mais certaines organisations des droits de l’homme font état d’un bilan plus élevé. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) parle de 42 morts.

Après ces manifestations, des organisations des droits de l’homme avaient dénoncé « l’enlèvement » de Christopher Ngoyi par des militaires alors que le défenseur des droits de l’homme partageait un verre avec ses amis sur une terrasse.

Présents lors la présentation de leur collègue au ministre de l’Intérieur, les activistes des droits de l’homme se disent contents de l’avoir vu en bonne santé et attendent que Christopher Ngoyi présente ses moyens de défense devant le juge.

Pour sa part, Evariste Boshab a affirmé qu’il appartiendrait à la justice de départager « en toute indépendance » l’enquêteur et le militant de droits de l’homme.

Lire aussi sous :

http://www.romandie.com/news/RDC-le-pouvoir-rassure-sur-le-sort-dun-militant-associatif-detenu-au-secret/564458.rom

(RDC_8) Radio Okapi – 12/2

À l’occasion de la célébration de la journée internationale de lutte contre l’utilisation d’enfants soldats ce jeudi 12 février, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) annonce que près de 4 500 enfants sont sortis des forces et groupes armés en RDC en 2014. Depuis 2002, indique l’agence onusienne, ce sont au total 50 000 enfants sortis des forces et groupes armés qui ont été assistés. 80% d’entre eux sont du Nord et Sud-Kivu.

L’Unicef appelle le gouvernement congolais et les partenaires financiers à investir les moyens nécessaires pour garantir une réintégration durable de tous les enfants sortis des forces et groupes armés. Le manque de ressources financières menace la réintégration durable de ces enfants, fait remarquer l’agence.

L’Unicef félicite cependant la RDC pour les initiatives prises pour mettre fin à l’enrôlement d’enfants. Il appelle le gouvernement congolais à se doter des moyens financiers nécessaires pour réaliser ses ambitions et à lutter contre l’impunité des auteurs de violation graves des droits des enfants.

Dans un communiqué publié à l’occasion de la même journée, le chef de la Monusco a regretté que des enfants soient encore recrutés au sein des groupes armés. « Des milliers d’enfants continuent d’être enrôlés par les groupés armés dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le recrutement d’enfants compromet l’avenir de ces enfants et prive la RDC de leur vigueur », a déclaré Martin Kobler.

Il a, par ailleurs, salué les efforts du gouvernement congolais dont l’adoption du plan d’action pour la lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces armées en octobre 2012 est « le signe fort de son engagement contre le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés ». Pour Martin Kobler, « la place des enfants c’est à l’école et non pas sur le champ de bataille ».

« Donnons-leur des crayons et non des armes », a-t-il plaidé.

Relations extérieures

(RDC_9) Belga – 9/2

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé la nomination d’un Américain habitué des opérations onusiennes de maintien de la paix comme nouveau "numéro deux" de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) en remplacement d’un général nigérien.

              

David Gressly, 56 ans, sera plus particulièrement chargé des opérations et de l’état de droit au sein de la Monusco, la plus importante de toutes les opérations des Nations unies, a précisé l’ONU dans un communiqué reçu lundi à Bruxelles. Il succède au général nigérien Abdallah Wafy, qui occupait ce poste depuis 2013, après avoir été chef de la police et de la composante police de la Mission, de 2010 à 2013.

     

Selon l’ONU, M. Gressly dispose d’une "vaste expérience" au sein des missions de maintien de la paix, ayant été dernièrement représentant spécial adjoint du secrétaire général et représentant résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans le cadre de la Mission de l’ONU pour la stabilisation au Mali (Minusma). Il a également été coordonnateur régional au sein de la Mission des Nations Unies au Soudan (Minus), après avoir travaillé pendant plus de vingt ans au sein du système des Nations unies, y compris au Sénégal, en tant que coordonnateur humanitaire régional pour la région du Sahel.

(RDC_10) Radio Okapi – 9/2

« Nous pensons que le transfert de pouvoir doit se faire de manière paisible et démocratique à travers la tenue d’élections crédibles et transparentes », a déclaré lundi 9 février l’Envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs et en RDC. Au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, il a réitéré la demande de son pays appelant à la publication d’un calendrier électoral complet.

Jusque-là, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a publié que le calendrier des élections locales, municipales et urbaines prévues en 2015.

« Nous avons réitéré à maintes reprises la nécessité de publier un calendrier électoral complet. Maintenant avec l’adoption effective de la loi électorale, nous pensons que les conditions sont là pour que ce calendrier puisse être publié. Et j’aimerai particulièrement souligner le fait que ce calendrier devrait inclure d’une manière claire la tenue des élections présidentielles », a déclaré Russ Feingold.

Pour le diplomate américain, cette élection présidentielle devrait avoir lieu avant fin 2016. Il a ajouté que son pays plaidait pour un transfert de pouvoirs paisible et démocratique. Russ Feingold a fait savoir que la politique des Etats-Unis en cette manière ne s’applique pas uniquement à la RDC. « Ce n’est pas qu’une politique que nous recommandons spécifiquement à la RDC mais c’est une manière de faire qui va s’appliquer à tous les gouvernements de la région et, au-delà, au continent africain », a -t-il indiqué.

L’Envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs a fait savoir que le manque de financement ne devait pas être une excuse pour ne pas organiser les élections en RDC. « Il ne faut pas que cet argument soit utilisé pour faire en sorte que les élections ne se tiennent pas dans un temps opportun », a souligné le diplomate américain.

Au sujet du financement des prochaines élections en RDC, il a affirmé que son pays avait déjà décaissé 20 millions de dollars américains. « Nous nous évertuons de faire en sorte que les Etats-Unis soient parmi les premières puissances à pouvoir soutenir la tenue d’élections en RDC. Il y a déjà 20 millions de dollars qui ont été décaissés à cet effet », a déclaré Russ Feingold.

Lire aussi sous :

http://www.onewovision.com/actu-rdc/RDC-Washington-veut-l-assurance-que-la-presidentielle-aura-lieu-en-2016,i-20150209-87fd

http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-washington-pour-un-transfert-de-pouvoir-paisible/

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2822p008.xml8/edem-kodjo-joseph-kabila-nkosazana-dlamini-zuma-pr-sidentielle-rdc-2016-rdc-pr-sidentielle-en-rdc-un-missaire-de-l-ua-pour-sonder-les-intention-de-kabila-en-2016.html

(RDC_11) Radio Okapi – 11/2

Le coordonnateur national du Mécanisme national de suivi de l’accord d’Addis-Abeba, François Muamba, a déclaré mercredi 11 février que le dossier «ex-M23 » serait bientôt clos. Il s’est exprimé au terme d’une réunion d’évaluation des déclarations de Nairobi, signées en décembre 2013 et mettant fin à la rébellion du M23. Des envoyés spéciaux internationaux pour les Grands Lacs dont Saïd Djinnit, l’ambassadeur de l’Ouganda ainsi que le chargé de mission à l’ambassade du Rwanda en RDC ont examiné le niveau d’exécution de ces déclarations.

« Nous avons échangé de manière à pouvoir avoir entre nous RDC-Ouganda-Rwanda la même lecture sur les avancées qui sont réelles dans la mise en œuvre de ces déclarations », a indiqué François Muamba à la sortie de cette réunion.

Il a annoncé qu’au terme de cette réunion, il a été décidé qu’une délégation mixte RDC-Ouganda-Communauté internationale se rende en Ouganda « de manière à clarifier définitivement cette question de savoir qui est Congolais, qui veut rentrer au Congo, qui souhaite poursuivre son séjour en dehors de la RDC ». « Et je dis aux Congolais que dans quelques semaines, ils apprendront la bonne nouvelle. On n’entendra plus parler ni de l’ex-M23 encore moins de Nairobi car ces sujets-là auront été clôturés », a assuré François Muamba.

Deux déclarations avaient été signées séparément, fin 2013 à Nairobi, par le M23 et le gouvernement de la RDC pour mettre fin aux pourparlers de Kampala entre les deux parties. Quelques semaines avant la signature de ces déclarations, l’armée congolaise appuyée par la Monusco avait défait militairement la rébellion qui occupait plusieurs territoires du Nord-Kivu.

RWANDA

Relations extérieures

(RWA_1) RFI – 11/2

Le ministre rwandais de la Défense James Kabarebe s’en est pris à la Tanzanie et à l’Afrique du Sud, membres de la brigade d’intervention de la Monusco déployée en RDC. Il les accuse de ne pas être prêts à se battre contre les rebelles FDLR. Le 29 janvier, l’armée congolaise a annoncé une opération contre les rebelles hutus. La force onusienne n’était pas directement associée à l’initiative, mais devait la soutenir d’une manière opérationnelle, logistique et stratégique. Elle a toutefois suspendu temporairement son soutien à la suite du refus de Kinshasa de remplacer deux généraux présumés complices dans de graves violations des droits de l’homme.

« Les troupes tanzaniennes et sud-africaines ont attaqué le M23 avec une rage inimaginable (…) Mais elles n’attaqueront pas les FDLR », a martelé le ministre rwandais de la Défense. James Kabarebe a publiquement accusé la Tanzanie de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda. Pour rappel, un récent rapport du groupe d’experts de l’ONU fait état de voyages de responsables de cette rébellion hutu et de transferts d’argent depuis ou à destination de la Tanzanie.

Si sa principale cible n’a pas été Kinshasa, alors que sur le terrain, aucune action sérieuse n’a démarré, il s’en est pris aux Nations unies. Il a fait référence à la réunion de Sant’Egidio qui avait provoqué la fureur du Rwanda. Sur invitation de la communauté religieuse, une délégation de FDLR avait notamment rencontré le 26 juin le patron de la Monusco.

Le ministre a accusé la force de l’ONU d’avoir facilité le transport jusqu’à Rome du président par intérim des FDLR, Victor Byiringiro sous sanction. « Et maintenant, la Monusco prétend ne pas pouvoir soutenir les FARDC (Forces armées de RDC, NDLR) à combattre les FDLR ? C’est une contradiction », a-t-il déclaré. Victor Byiringiro ne s’est toutefois jamais rendu à destination, son interdiction de voyager n’ayant finalement pas été levée

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