La Grèce à l’heure des Programmes d’ajustement structurel à l’africaine ?
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Rubrique : Actualité
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Publié le 25 Juil 2015 par

Vers le début des années 70, la vulnérabilité de la plupart des économies africaines se fait sentir. Les équilibres macroéconomiques se rompent : déficit budgétaire, endettement étouffant, inflation galopante et déficit commercial chronique. Bref, le tableau est catastrophique. L’Afrique se voit alors contrainte de recourir aux programmes des institutions de Bretton Wood (Fond Monétaire International et Banque Mondiale). Comme remède proposé, en simplifiant, il y avait entre autres la réduction des dépenses étatiques ; ce qui occasionna des coupes budgétaires dans les secteurs de santé, d’assistance sociale, etc. C’est ce qui fut appelé « Programmes d’Ajustement Structurel : PAS ».

Ces Programmes d’Ajustement Structurel ont été introduits en Afrique au début des années 1980 non seulement du fait d’une crise d’expansion du modèle développementaliste, mais aussi à cause d’un certain nombre de déséquilibres macro-économiques, tant du point de vue des finances publiques que de celui de la balance des paiements. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international, créateurs des Programmes d’Ajustement Structurel, ont imposé ces mesures pour stabiliser les économies, c’est-à-dire pour ramener les déficits des finances publiques et de la balance des paiements dans des limites qui permettent d’organiser une gestion financière déflationniste. Ils voulaient donc, par ce biais, les aligner sur le système mondial.

Les réformes préconisées par le FMI ont suscité des critiques, à la fois de la part des populations concernées, aussi bien que de certains économistes. Les conséquences sociales sont généralement douloureuses pour les populations. Le FMI lui-même a reconnu quelques erreurs dans sa politique et entamé des réformes.

Si le FMI se défend de préconiser des politiques réduisant les dépenses sociales, la perception par les populations est souvent bien différente.

La dévaluation de la monnaie, autre mesure souvent préconisée par le FMI, est elle aussi souvent contestée

La Grèce en crise

Depuis quelques années, le Grèce se débat dans une crise financière sans précédent. Ne pouvant plus payer ses dettes, ses partenaires au sein de l’euro zone sont las de continuer à le supporter ,de façon que sa sortie de la zone euro fut un temps sérieusement envisagée. Alors pour s’en sortir, le nouveau gouvernement grec doit prendre des mesures d’austérité très sévères sous l’œil vigilant des bailleurs de fonds et des grands pays de la zone euro surtout l’Allemagne et la France. La potion amère que doit s’infliger la Grèce prévoit des privatisations, une baisse de 22% du salaire minimum et l’embauche de nouveaux inspecteurs des impôts pour lutter contre la fraude fiscale.

Pour recevoir une nouvelle aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international, le parlement grec doit adopter une nouvelle batterie de mesures de rigueur :
Flexibiliser le marché du travail
• Pour enrayer la chute du chômage et améliorer la compétitivité de la Grèce, l’Union européenne et le Fonds monétaire international exigent une baisse de 22% du salaire minimum.
Suppression des hausses de salaire automatiques, notamment celles engendrées par l’ancienneté.

Économies dans le budget de l’État
• Réduction des frais de dépense des médicaments,
• Baisse du budget de la Défense de 300 millions d’euros.
Suppression de 500 postes de maires.
Réduction de 10% des salaires des fonctionnaires bénéficiant de régimes spéciaux.

Renforcer le fisc
La Grèce doit adopter une réforme d’ampleur des services des impôts. Elle va notamment recruter de nouveaux contrôleurs, multiplier les vérifications fiscales, informatiser son système de collecte.

Poursuite du programme de privatisations
Fonction publique

Athènes va placer 15.000 fonctionnaires dans une « réserve de main-d’œuvre ». Ils seront payés à 60% de leurs salaires. En Grèce, un salarié sur cinq est fonctionnaire.

Ce remède infligé à la Grèce en cette année 2015 ressemble étrangement à ces fameux Programmes d’Ajustement Structurel imposés aux pays africains dans les années80 et qui furent des ravages sur le plan social. La Grèce appliquera-t-elle intégralement et pendant combien de temps ce programme ? Quels effets ces « PAS nouvelle formule » auront-ils sur le peuple grec à court et moyen terme ? L’on se rappellera que certains pays latino-américains n’avaient pas simplement pu appliquer ces Programmes d’ajustement structurel.

Ange-Marie Kananura

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Un commentaire
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Leonard / 28 juillet 2015 à 18 h 50 min

Le programme d ajustement structurel n a pas été imposé aux pays africains . Il a été proposé, négocié et accepté par les demandeurs (pays Africains .

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