Les Africaines et le développement des fesses
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Le développement des fesses ou stéatopygie est à la mode dans certaines capitales noires africaines.

Le terme stéatopygie vient de deux mots grecs : steatos/graisse et pugê/fesse, derrière. Une femme stéatopyge a des fesses d’une grande énormité due à un amas de graisse dans la région fessière.

Considérée comme un trait de beauté dans bon nombre de cultures africaines, la stéatopygie est notamment caractéristique des femmes bochimanes et hottentotes d’Afrique australe, principalement au Botswana, en Namibie, en Afrique du Sud et en Angola.

Dans la région des Grands Lacs notamment chez les Hima au Sud de l’Ouganda, il existait une forme de stéatopygie. Pour séduire, les dames de la haute hiérarchie adoptaient, après de longs entraînements, une démarche élégante, exécutée en se déhanchant. Elles se livraient, pour ce faire, à des exercices visant notamment à développer des fesses. Dans toute cette région comme chez les Hottentots et les Bochimans, la stéatopygie s’accompagnait de l’élongation de petites lèvres vulvaires.

Actuellement, dans bon nombre de pays africains, des fesses développées et bien rondes sont appréciées par des hommes et constituent toujours une marque de beauté.

A Abidjan en Côte d’Ivoire, les femmes et les filles font la course au développement de leur postérieur. Etre une bobaraba est à la mode.

Le terme bobaraba est une expression malinké pour désigner les grosses fesses (botcho en nouchi, kigba en mooré). Selon une certaine perception, une belle femme doit avoir des fesses bombées, imposantes, protubérantes, etc. Des sommes colossales sont dépensées pour y arriver : achat de boissons faites à base de mixtures des feuilles et d’écorces d’arbres et de racines, séances de massage, des pommades, des injections, des comprimés à avaler, des suppositoires, etc.

Dans cette course effrénée aux fesses volumineuses, rien n’est épargné. Certaines filles et femmes se massent avec des crèmes à base de salive d’escargot, utilisent des suppositoires d’huile de foie de morue ou s’introduisent un bouillon de cubes Maggi par voie anale. On a aussi le « C4 » (allusion faite à un type d’explosif) utilisé à Abidjan (Côte d’Ivoire), tandis que les Kinoises (RD-Congo) préfèrent le Deca-Durabolin, un stéroïde, produit miracle pour grossir et donc gonfler les muscles fessiers[i].

Des collants moulants et rembourrés avec de la mousse au niveau des fesses permettent aux femmes d’afficher de jolies fesses rebondies. Ils sont vendus comme de petits pains dans des capitales africaines[ii].

La dangerosité de tous ces traitements est évidente. Des spécialistes soulignent par exemple que le bouillon de cubes, du fait de sa forte teneur en sel, peut être corrosif pour les muqueuses et entraîner des infections. Des cas ont été rapportés où cette médication non contrôlée a effectivement produit des effets contraires dont des nécroses du muscle fessier.

Extrait tiré du livre de Gaspard Musabyimana, Sexualité et rites en Afrique hier et aujourd’hui, Bruxelles, Editions Scribe, 2015, pp.208-2010.


[i] http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2700p040.xml0/, consulté le 01/6/2015.
[ii] http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2792p037.xml0/, consulté le 01/6/2015.

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