Actualité des Grands Lacs – Semaine du 18 au 24 juillet 2015
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Au Burundi, après trois jours de négociations menées par le ministre de la Défense ougandais, en remplacement du président Museveni, et à quelques jours de l’élection présidentielle, le gouvernement burundais a demandé l’interruption du dialogue en principe sans tabous entre le pouvoir, l’opposition et la société civile (BUR_1) (BUR_2). Comme attendu, l’élection présidentielle s’est tenue à la date fixée par le régime dans un contexte de violences dans les régions où ce pouvoir actuel est contesté, bien que, selon l’ONU, le jour de l’élection se soit déroulé pacifiquement. Officiellement, le nom de sept autres candidats, qui avaient condamné la tenue de cette élection, figurait sur les listes. La participation au scrutin aurait été faible, voire très faible dans les régions qui contestent le troisième mandat du président Nkurunziza lequel aurait été élu sans surprise à près de 80 %. En fin de semaine, les résultats définitifs étaient cependant toujours attendus (BUR_3) (BUR_4).
Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ont qualifié l’élection de « non crédible » (BUR_5), tandis que la Belgique a déploré son manque d’inclusivité et de transparence (BUR_6). De son côté, l’Union européenne va lancer des consultations qui pourraient déboucher sur une suspension de la coopération avec le Burundi au motif qu’il n’a pas pris les mesures garantissant que les résultats de l’élection présidentielle de mardi soient représentatifs (BUR_9). Par ailleurs, l’Union africaine a procédé à un déploiement tardif d’observateurs des droits de l’homme et de militaires, alors qu’Amnesty International a déploré le recours à la violence durant le processus électoral (BUR_7). Enfin, Bujumbura a exprimé un « sentiment négatif » à l’égard du Rwanda accusé d’entraîner des putschistes burundais sur son sol (BUR_8).
En RDC, des experts de la francophonie sont arrivés à Kinshasa pour mener une enquête sur le fichier électoral (RDC_4). Toujours sur le plan politique, le processus de démembrement des provinces est désormais terminé : la presse congolaise fait état des faibles infrastructures dont disposeront ces nouvelles entités. La CENI a par ailleurs publié le calendrier des élections provinciales (RDC_5). De son côté, le nouvel envoyé spécial américain pour les Grands Lacs a rencontré des membres de la CENI et a évoqué le processus électoral et le respect de la constitution, tandis que le président Kabila a reçu le directeur d’Human Rights Watch avec qui la tenue des élections a aussi été évoquée (RDC_6).
Dans le domaine de la sécurité, des affrontements ont eu lieu entre les FARDC et des combattants de l’ADF qui ont aussi tué plusieurs femmes et ont incendié plusieurs habitations dans un village au nord de Beni (RDC_1) (RDC_2_1). On notera à ce sujet, que le président ougandais a sévèrement critiqué la MONUSCO et la RDC pour n’avoir pas réussi à désarmer ces combattants dont le chef, Jamil Mukulu extradé de Tanzanie, a comparu devant un tribunal ougandais pour crimes contre l’humanité (OUG_1) (OUG_2). Au Sud Kivu, la société civile dénonce la persistance d’assassinats commis dans la plaine de la Ruzizi par des groupes armés non identifiés (RDC_2). Au Katanga, où s’est rendu le patron de la MONUSCO qui s’est déclaré inquiet des conflits ethniques dans cette région, on observe la multiplication de conflits fonciers, en particulier dans le Haut Lomami (RDC_3).
Dans le domine des droits de l’homme, les neuf membres de la très attendue Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) ont prêté serment jeudi devant la Cour constitutionnelle de la RDC (RDC_5_1).
Au Rwanda, les parlementaires ont commencé les consultations à travers le pays pour leur permettre de rédiger la réforme constitutionnelle permettant au président Kagame de poser sa candidature à la prochaine élection présidentielle (RWA_1). A ce propos, on notera l’attitude négative des Etats-Unis sur ce troisième mandat, tandis que la Belgique et l’Union européenne évoque la nécessité d’une alternance politique. La Grande-Bretagne est quant à elle la plus directe en évoquant la nécessité d’une plus grande ouverture politique dans ce pays (RWA_2).

 Source : Eurac

Dépêches dont les références sont mentionnées ci-dessus dans l’article

BURUNDI

 

Vie politique…

 

(BUR_1) AFP – 18/7

 

Les acteurs de la crise burundaise, qui discutent depuis mercredi à Bujumbura sous l’égide d’un médiateur ougandais, ont commencé samedi à aborder les sujets de fond, à moins de trois jours de la présidentielle du 21 juillet dont l’opposition exige le report.

 

Les discussions ont commencé en milieu de matinée sur la « sécurité dans le pays et le retour des réfugiés », les plus de 150.000 Burundais ayant fui dans les pays voisins le climat pré-électoral délétère créé par la crise née fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat que ses adversaires jugent contraire à la Constitution.

 

Le calendrier électoral, contesté par les adversaires de M. Nkurunziza qui réclament l’annulation des législatives du 29 juin et le report sine die de la présidentielle de mardi, sera abordé ensuite, selon un délégué des opposants au troisième mandat.

 

Le camp présidentiel a finalement accepté sous pression de la médiation que « tous les sujets » soient abordés mais les discussions s’étaient achevées vendredi soir sans ordre du jour, les parties n’étant pas d’accord sur l’ordre dans lequel les différentes questions devaient être discutées, selon des délégués de l’opposition et de la société civile. Il y avait « accord sur les sujets mais des divergences sur leur ‘prioritarisation’ », a indiqué samedi Charles Ntidije, figure de l’opposition.

 

Un représentant des anti-Nkurunziza avait accusé samedi matin, avant la reprise des discussions, le camp présidentiel « de chercher à gagner du temps » en mettant en avant la question de la sécurité et des réfugiés, alors que les opposants souhaitaient parler en priorité « d’abandon du processus électoral », à moins de 72 heures de l’ouverture prévue des bureaux de vote.

 

Les discussions se poursuivaient samedi à la mi-journée, au dernier jour de campagne électorale, qui s’achève officiellement samedi à 16H00 GMT. Mais trois des huit candidats officiellement enregistrés à la présidentielle ont annoncé le retrait de leur candidature, dans une lettre adressée au président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et consultée samedi par l’AFP. Dans cette lettre, Jean Minani, président du parti Frodebu-Nanyuki (opposition), et les deux anciens chefs de l’Etat Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya estiment que « l’environnement politique et sécuritaire dans lequel les élections sont organisées n’en garantit pas le caractère pluraliste, inclusif, libre, transparent ». « Ces élections ne sont pas en conséquence garanties de crédibilité », poursuivent les trois signataires, indiquant qu’il ne prendront part qu’à des scrutins « organisés après des négociations entre les divers protagonistes afin d’en garantir la sérénité et la crédibilité ».

 

Principal opposant à M. Nkurunziza, Agathon Rwasa n’a pas pour l’heure retiré sa candidature, mais réclame toujours le report de la présidentielle et continue de dénier au chef de l’Etat le droit de briguer un nouveau mandat. Outre MM. Nkurunziza et Rwasa, restent dans la course Jean de Dieu Mutabazi, candidat d’une coalition de la mouvance présidentielle, Gérard Nduwayo pour l’Uprona et Jacques Bigirimana, pour les FNL. MM. Nduwayo et Bigirimana, qui ont évincé de leurs partis respectifs les dirigeants historiques MM. Nditije et Rwasa, sont considérés jusqu’ici comme des alliés objectifs de M. Nkurunziza.

 

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20150718-burundi-securite-coeur-discussions-presidentielle-election-Nkurunziza/

 

(BUR_2) AFP – 19/7

 

Le gouvernement burundais a demandé à la médiation ougandaise une interruption du dialogue mené avec l’opposition et la société civile pour tenter de sortir le Burundi de la grave crise qu’il traverse, a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur.

 

A 12H00 (10H00 GMT), aucun représentant du camp présidentiel (gouvernement, parti CNDD-FDD au pouvoir et alliés) n’était présent à l’hôtel de Bujumbura où se tiennent les discussions, qui n’avaient toujours pas repris, trois heures après l’horaire prévu, a constaté un journaliste de l’AFP. Elles avaient été ajournées samedi en fin d’après-midi après des échanges houleux, le pouvoir accusant l’opposition d’être tous des putschistes, selon des participants.

 

« Nous avons demandé au facilitateur une interruption du dialogue pour qu’on puisse se concerter sur la suite à y réserver », a déclaré le ministre de l’Intérieur burundais Edouard Nduwimana dans une déclaration télédiffusée dans la nuit de samedi à dimanche. « Nous allons mettre à profit cette interruption (…) pour déterminer si nous continuons ce dialogue parce qu’il a été prouvé que pendant que nous étions en train de dialoguer d’autres étaient en train de préparer autre chose », a-t-il ajouté.

 

En cause, un texte signé notamment par plusieurs représentants de l’opposition au dialogue, appelant à la création d’un Conseil national pour le respect de l’Accord (de paix) d’Arusha et de l’Etat de droit réunissant tous ceux, à l’intérieur et en exil, opposés à un troisième mandat de M. Nkurunziza. Une phrase de ce texte – que le gouvernement affirme avoir découvert samedi bien qu’il ait été largement diffusé depuis plusieurs jours – indique que ce futur Conseil saura pleinement jouer le rôle qui lui incombe comme garant de la légalité et des institutions du Burundi.

 

Selon des participants aux discussions, les représentants du gouvernement ont qualifié samedi cette déclaration de continuation du putsch déjoué à la mi-mai au Burundi. A la télévision, M. Nduwimana a expliqué que dans cette déclaration, (les signataires) annoncent qu’ils vont prendre en main toutes les questions qui concernent le Burundi et faire respecter la loi. Il a estimé improbable que les délégués du gouvernement soient présents à la reprise des travaux, convoquée dimanche matin par le médiateur, le ministre ougandais de l’Intérieur Crispus Kiyonga à qui le président Yoweri Museveni, mandaté par les pays de la Communauté est-africaine (EAC), a passé le relais jeudi. « Nous ne pensons pas pouvoir être là à cette heure, car il y a les élections des administrateurs communaux, d’autres vont aller à la messe, et d’autres enfin ont des obligations sociales », a déclaré le ministre.

 

Le processus est au point mort, a expliqué à l’AFP un cadre de l’EAC, se disant inquiet: la situation sécuritaire peut dégénérer à tout moment. A l’hôtel des discussions, M. Kiyonga s’entretenait dimanche depuis le milieu de matinée avec le secrétaire-général de l’EAC, Richard Sezibera, selon des sources concordantes.

 

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20150720-burundi-bilan-negociations-veille-election-presidentielle/

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/07/20/97001-20150720FILWWW00275-burundi-1000-personnes-fuient-chaque-jour.php

http://congosiasa.blogspot.be/2015/07/burundi-votes-bracing-for-unrest.html?spref=fb

 

(BUR_3) RFI – 21/7

 

Au Burundi, ce mardi, 3,8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour l’élection présidentielle alors que le président Pierre Nkurunziza est candidat à un troisième mandat controversé. Un scrutin qui se tient dans un contexte politique très tendu après la suspension du dialogue entre le pouvoir et l’opposition. Comme pour les législatives du 29 juin, l’opposition a d’ailleurs décidé de boycotter le scrutin.

 

Les ex-présidents Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya, tout comme le président du Frodebu Nyakuri, Jean Minani, ont été très clairs sur le fait que tout résultat qui évoquerait leur nom serait considéré comme nul et non-avenu. Pourtant, pour le président de la Céni, le retrait de leur candidature n’a pas suivi la procédure. Ils auraient dû lui écrire individuellement et formellement retirer leurs dossiers. « Nous ne participons pas à cette mascarade électorale et nous appelons nos militants à boycotter, répliquent ces trois figures politiques du pays ». « Quand on sait qu’on n’a pas d’assise, on trouve une excuse pour se tirer d’affaire », leur répond le conseiller en communication du président et directeur de sa campagne, Willy Nyamitwe.

 

Officiellement, il y a donc toujours huit candidats pour cette élection présidentielle.  Mais l’issue du scrutin, elle, ne fait aucun doute. La victoire du président Pierre Nkurunziza ne fait aucun doute. Après la très large victoire de son parti, le CNDD-FDD, aux législatives et aux communales du 29 juin dernier, le président sortant n’aura face à lui que trois candidats issus de petites formations alliées de son pouvoir. Des faire-valoir, selon l’opposition. Officiellement, son principal adversaire, Agathon Rwasa, n’a pas retiré sa candidature, mais comme le reste de l’opposition, il conteste à l’avance la légitimité du scrutin, dont il demande toujours le report.

 

L’ambiance était tout aussi tendue entre le pouvoir et les ambassadeurs de l’Union européenne. Une réunion avait lieu à la mi-journée lundi. « Ils continuent de répéter qu’on est assis sur un volcan, mais ils ne condamnent pas les attaques à la grenade, les appels à la violence et l’attaque rebelle dont on a été victime », explique un officiel burundais.

 

Déjà reportée à deux reprises, une ambiance délétère accompagne cette élection. La candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat à plonger le pays dans sa pire crise depuis la fin de la guerre civile en 2006. Les négociations sous l’égide ougandaise sont au point mort, alors que la communauté internationale estime que le climat actuel rend impossible un scrutin crédible. Malgré les menaces de plusieurs bailleurs de geler leur coopération, les autorités ont refusé de repousser une nouvelle fois cette présidentielle.

 

Bujumbura a déjà essuyé lundi soir une série d’attaques à la grenade et des tirs nourris à l’arme automatique. Sur Twitter, le conseiller en communication du président, Willy Nyamitwe, a estimé que ces tirs visaient à intimider les électeurs. Il parle d’« actes terroristes ».

 

Lire aussi sous ;

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/21/burundi-des-explosions-et-des-tirs-retentissent-a-l-ouverture-de-la-presidentielle_1351209

http://af.reuters.com/article/burundiNews/idAFL3N1012CB20150721?sp=true

http://www.rfi.fr/afrique/2min/20150721-direct-presidentielle-burundi-bureaux-vote-nkurunziza-mandat-bujumbura-tirs-tensions/

http://www.rtbf.be/info/monde/detail_burundi-ouverture-officielle-des-bureaux-de-vote-pour-la-presidentielle?id=9036960

http://www.rfi.fr/afrique/20150722-election-presidentielle-burundi-journee-attendre-electeurs-scrutin-participation/

http://www.france24.com/fr/20150721-burundi-presidentielle-violences-opposition-attaques-grenade-armee-nkurunziza-vircoulon

 

(BUR_4) AFP – 22/7

 

Le Burundi attendait mercredi, sans grand suspense, les résultats de la présidentielle qui doivent offrir un troisième mandat controversé au chef de l’Etat Pierre Nkurunziza, dont la volonté de prolonger sa présidence a plongé le pays dans une grave crise politique.

 

Après le dépouillement des bulletins, le travail de compilation et de centralisation se poursuivait mercredi. Aucun chiffre officiel n’a pour l’heure été communiqué et les résultats ne seront pas disponibles avant jeudi soir, a annoncé le président de la Commission électorale, Pierre-Claver Ndayicariye, à l’AFP.

 

Conseiller en communication du président Nkurunziza, Willy Nyamitwe a tiré mercredi lors d’un débat sur RFI « un bilan largement positif » de cette élection, pourtant boycottée par l’opposition et quasi-unanimement critiquée par la communauté internationale, notamment les États-Unis, l’Union européenne et la Belgique, ancienne puissance de tutelle. « Le taux de participation est largement satisfaisant et la conduite de cette élection est là pour convaincre même les indécis que le Burundi a atteint une certaine maturité dans la conduite d’élections libres, apaisées et transparentes », a-t-il déclaré.

 

Bien que les journalistes à travers le pays aient constaté une participation plus que moyenne – et extrêmement faible à Bujumbura – M. Nyamwitwe a estimé qu’elle devrait « tourner autour de 80% ».

 

Un des chefs de file de l’opposition, Jean Minani, a accusé les autorités de manipulations. « Tout le monde a vu ce qui s’est passé (…) le taux de participation était très faible (…) tout le monde a vu que les centres de vote étaient vides du matin jusqu’au soir », a-t-il expliqué. L’opposition n’ayant pas envoyé ses représentants dans les bureaux, les partisans du président Nkurunziza « étaient seuls dans ces centres de vote, pouvaient manipuler comme ils voulaient, et ils l’ont fait (…) ils n’ont aucun scrupule », a poursuivi M. Minani, ajoutant: « ce n’était pas des élections ».

 

Plusieurs anomalies ont été constatées par des journalistes de l’AFP mardi: assesseurs remplacés au dernier moment et procès-verbaux vierges pré-signés, notamment. « Un incident ici ou là ne peut pas être représentatif de tout le processus électoral dans notre pays », a estimé M. Nyamitwe.

 

Selon le président de l’Observatoire de la Presse du Burundi, Innocent Muhozi, M. Nkurunziza était « un candidat unique pratiquement, malgré quelques autres qui gravitaient autour et sont totalement affiliés au pouvoir (…) C’est une élection sans débat libre, sans liberté de presse, c’est une élection sans compétition, tout simplement ». « Ce qui est en train de se passer dans ce pays est plutôt grave et il faudrait s’en occuper maintenant que l’élection est terminée », a averti M. Muhozi. « Il va falloir revenir à la table » des négociations. « Cette société est profondément en crise, nous sommes au bord d’une nouvelle guerre et il faut qu’on arrête de faire semblant que tout va bien », a-t-il prévenu.

 

Le ton virulent et acerbe du débat sur RFI a une nouvelle fois montré que les deux camps restaient profondément antagonistes, MM. Nyamitwe et Minani s’accusant mutuellement d’avoir intimidé les électeurs pour qu’ils aillent ou non voter et se rendant mutuellement responsables des violences dans le pays.

 

Lire aussi sous :

http://www.jeuneafrique.com/249169/politique/burundi-nkurunziza-largement-en-tete-selon-les-premiers-resultats-provisoires/

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/23/elections-au-burundi-scrutin-largement-pacifique-selon-l-onu_1352723

 

Relations extérieures

 

(BUR_5) AFP – 21/7

 

Les Etats-Unis ont estimé mardi que l’élection présidentielle au Burundi ne sera pas « crédible » et discréditent encore « davantage » le gouvernement qui les a organisées dans un contexte très tendu.

 

« Les Etats-Unis préviennent que des élections tenues dans les conditions régnant actuellement au Burundi ne seront pas crédibles et discréditeront davantage le gouvernement », a indiqué John Kirby, porte-parole du département d’Etat dans un communiqué. « L’insistance du gouvernement à maintenir les élections présidentielles mardi menace sa légitimité au regard de ses citoyens et de la communauté internationale », a poursuivi M. Kirby.

 

« Plus grand est le risque d’effacer le fragile progrès effectué grâce à la mise en oeuvre de l’accord d’Arusha, qui stipule clairement qu’aucun président burundais ne doit servir plus de deux mandats », a relevé M. Kirby. Selon lui, « la légitimité du processus électoral a été entaché ces derniers mois par le harcèlement de l’opposition et de membres de la société civile par le gouvernement, par la fermeture d’entreprises de presse et de l’espace politique, et par l’intimidation des électeurs ». Outre « les dizaines de personnes tuées », quelque 167.000 Burundais se sont réfugiés dans les pays voisins, a-t-il affirmé.

 

Les Etats-Unis se sont dits « profondément inquiets » par le fait que le ministre des Affaires étrangères Aimé-Alain Nyamitwe n’ait pas donné son feu vert à l’entrée avant le scrutin d’observateurs de l’Union africaine en matière de droits de l’Homme. « Toute tentative du gouvernement burundais de refuser aux citoyens la possibilité de choisir librement leur dirigeant, sans intimidations et menaces de violence, forcera les Etats-Unis à revoir attentivement tous les aspects de notre coopération qui ne sont pas encore suspendus, y compris la mise en place de restrictions de visa pour tous ceux responsables – ou complices – d’avoir soutenu l’instabilité au Burundi par la violence », a prévenu M. Kirby.

 

Lire aussi sous

http://www.washingtonpost.com/blogs/monkey-cage/wp/2015/07/21/why-the-experts-are-worried-about-burundi/

 

(BUR_6) Belga – 21/7

 

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders regrette fortement l’organisation des élections présidentielles au Burundi ce mardi 21 juillet. « Ces élections ne répondent pas aux exigences minimales d’inclusivité et de transparence, ne sont pas crédibles et ne sont certainement pas de nature à résoudre la crise profonde qui secoue le Burundi », estime-t-il mardi dans un communiqué.

 

Le ministre espère que « le dialogue entamé sous la médiation de l’Ouganda permettra de rétablir le consensus entre toutes les parties et d’assurer le respect des principes fondamentaux comme le respect pour l’Etat de droit, la démocratie et les droits de l’homme ». « La Belgique appelle le Burundi à renouer avec l’esprit de consensus et d’inclusivité qui a présidé aux accords d’Arusha et qui demeure le socle de l’ordre constitutionnel et de la stabilité au Burundi.

 

Comme annoncé, la Belgique sera amenée à réexaminer sa coopération avec le Burundi », précise le communiqué.

 

(BUR_7) Belga – 22/7

 

La Commission de l’Union africaine (UA) a entamé mercredi le déploiement au Burundi de l’équipe de précurseurs comprenant des observateurs des droits de l’homme et des experts militaires pour « prévenir une escalade de la violence » et faciliter l’aboutissement des efforts de règlement de la grave crise que connaît le pays, au lendemain d’une élection présidentielle controversée, dont les résultats seront annoncés vendredi.

 

Ce processus se poursuivra dans les prochains jours, parallèlement au recrutement de personnels civils et d’experts militaires spécifiquement dédiés à la mission envisagée au Burundi, a précisé la Commission de l’UA, basée à Addis Abeba, dans un communiqué. « De façon plus spécifique, il vise à prévenir une escalade de la violence au Burundi, ainsi qu’à faciliter l’aboutissement des efforts de règlement de la grave crise que connaît le pays », a ajouté la Commission de l’organisation panafricaine.

 

Les observateurs des droits de l’homme sont chargés de surveiller la situation des droits de l’homme sur le terrain et de rendre compte des violations éventuelles des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Quant aux experts militaires, ils sont chargés de vérifier, en collaboration avec le Gouvernement et les autres acteurs concernés, le processus de désarmement des milices et autres groupes armés. « Le mandat de ces personnels sera exercé de manière indépendante, transparente et crédible », a assuré la Commission de l’UA.

 

La présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma, a appelé tous les acteurs burundais à « apporter leur entière coopération à l’équipe des observateurs des droits de l’homme et des experts militaires de l’UA.

 

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20150723-burundi-experts-militaires-droits-homme-ua-deploient-beaucoup-retard/

http://www.amnesty.be/doc/s-informer/actualites-2/article/burundi-recours-excessif-a-la

 

(BUR_8) RFI – 22/7

 

Pour la première fois, Bujumbura a fait part de son « sentiment négatif » à Kigali suite aux allégations faisant état d’entraînements de Burundais sur le sol rwandais. Au lendemain de la présidentielle tant contestée, le ministre burundais des Affaires étrangères a rappelé que son pays avait été victime d’une attaque rebelle le 10 juillet à la frontière avec le Rwanda et qu’il existait des informations persistantes indiquant la présence de trois généraux putschistes sur le sol rwandais. Des généraux qui ont revendiqué cette attaque.

 

« Nous avons communiqué à ce pays, par les canaux appropriés, le sentiment négatif du Burundi suite aux allégations faisant état d’entraînements militaires de citoyens burundais sur le sol rwandais pour venir attaquer le Burundi », a déclaré Alain Aimé Nyamitwe Ministre burundais des Affaires étrangères

 

(BUR_9) AFP – 23/7

 

L’UE va lancer des consultations qui pourraient déboucher sur une suspension de la coopération avec le Burundi, le pays n’ayant pas pris les mesures qui auraient garanti que les résultats de l’élection présidentielle de mardi soient « représentatifs », a indiqué jeudi soir la haute représentante pour la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini.

 

Evoquant dans un communiqué les violences qui ont émaillé les élections, Mme Mogherini a en outre prévenu que l’UE « se prépare à adopter des mesures restrictives ciblées contre ceux dont l’action aurait conduit ou conduirait à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’homme, et/ou entraverait la recherche d’une solution politique ».

 

Dans la foulée de l’Union africaine (UA), les dirigeants de la Communauté est-africaine (EAC) avaient à nouveau demandé le 6 juillet au Burundi de reporter la présidentielle du 15 au 30 juillet, et nommé le président ougandais médiateur dans la crise politique née de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, a rappelé, au noms des 28, la Haute représentante de la diplomatie de l’UE. Mais « il apparaît que les progrès dans la mise en oeuvre » de ces décisions sont « insuffisants », a-t-elle estimé, ajoutant que « seule la mise en oeuvre complète de ces décision aurait ouvert la voie à la tenue d’élections crédibles et inclusives au Burundi dont le résultat serait représentatif ». « En maintenant les élections, le gouvernement (burundais) en a décidé autrement », a déploré Mme Mogherini.

 

« En l’absence d’un dialogue national substantiel qui pourrait conduire à un consensus politique, le Burundi ne parviendra pas à retrouver le chemin de la stabilité, de la démocratie et du développement qui a commencé avec l’adoption de l’Accord d’Arusha », a-t-elle également jugé. « Dès lors, l’UE commencera les travaux préparatoires des consultations spécifiques comme prévu à l’Article 96 de l’Accord de Cotonou, afin de faire en sorte que le gouvernement burundais prenne les engagements qui s’imposent pour remédier à la crise », a annoncé Federica Mogherini.

 

Les accords de Cotonou régissent la coopération entre l’UE et les pays de la zone ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Son article 96 prévoit des consultations, qui peuvent durer 120 jours, lorsqu’une des parties considère qu’un pays ne respecte pas ses engagements démocratiques. En cas d’échec du dialogue, des « mesures appropriées » peuvent être prises, dont en dernier recours une « suspension » de l’accord de coopération, selon cet article.

 

OUGANDA

 

Justice, Droits de l’homme…

 

(OUG_1) AFP – 22/7

 

Le chef de la rébellion ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF), auquel on impute l’assassinat de centaines de civils, a été inculpé de crimes contre l’humanité et de meurtre de masse par un tribunal ougandais mercredi, a déclaré un porte-parole de la police.

 

Jamil Mukulu a été arrêté en Tanzanie en avril, avant d’être extradé en Ouganda début juillet. Interpol avait émis à son encontre un mandat d’arrêt à la demande de Kampala. « Il est accusé de crimes contre l’humanité et de meurtre de masse » ainsi que de trahison, a déclaré le porte-parole de la police, Fred Enanga à l’AFP. « Il a été inculpé avec deux de ses complices et la cour commence à entendre le cas », a-t-il ajouté.

 

Jamil Mukulu est apparu sous haute surveillance au tribunal à Jinja, à 85 kilomètres à l’est de la capitale Kampala, avec deux autres hommes accusés d’être des membres des ADF. Les journalistes se sont vus refuser l’accès au tribunal pendant l’audience mais ont pu photographier les prévenus.

 

Relations extérieures

 

(OUG_2) AFP – 17/7

 

Le président ougandais Yoweri Museveni a blâmé les Casques bleus pour avoir échoué à désarmer les rebelles ougandais qui sévissent dans l’est de la RDC voisine, décrétant que son armée devrait être autorisée à intervenir.

 

Dans un message prononcé à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman de ramadan, M. Museveni a accusé la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) de laisser opérer librement les rebelles musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF).

 

« Les ADF ont été défaits en Ouganda mais ils continuent de sévir en RDC en présence des Nations Unies. Vous savez, l’ONU s’engage parfois dans la préservation de l’insécurité. Ils préservent l’insécurité. Ils coexistent avec les ADF », a stigmatisé M. Museveni.

 

Selon lui, Kinshasa et l’ONU ont refusé à plusieurs reprises que l’Ouganda puisse entrer en RDC pour combattre les ADF jusque dans leurs bases orientales. « Quand nous disons: « Nous allons venir vous aider », ils nous répondent: « C’est à nous de le faire. » Je ne veux pas me quereller avec la RDC ou avec l’ONU mais si (les ADF) entrent au Rwanda, nous devrons les tuer. Ce n’est pas bien de parler de tuer durant le ramadan. Mais c’est bien ce qui va arriver », a-t-il averti.

 

RDC

 

Sécurité, Armée…

 

  • Kivu

 

(RDC_1) Radio Okapi – 20/7

 

Les Forces armées de la RDC et les rebelles ougandais de l’ADF s’affrontent depuis dimanche 19 juillet à l’arme lourde à Mutata, une vallée située à plus ou moins 45 kilomètres au Nord-Est de Beni (Nord-Kivu). Selon le porte-parole adjoint des Opérations Sokola 1, Le lieutenant Mak Hazukay, il s’agit d’une offensive de l’armée contre une position des combattants des rebelles.

 

Des sources locales indiquent que les FARDC ont lancé, dans l’après-midi de dimanche, un assaut sur une position de ces rebelles ougandais, située entre les villages d’Atokaka et Bilimani, en territoire de Beni.

 

«Les troupes d’élite de l’opération Sokola 1 ont localisé et identifié une position défensive des terroristes islamistes des ADF à l’Est des villages abandonnés de Atukaka et Bilimani, plus précisément dans la vallée de Mutara. Exactement, depuis hier dimanche 19 juillet 2015, les combats ont commencé. Au moment où je vous parle, ils se poursuivent. Le bilan sera communiqué ultérieurement, parce que la zone est encore sous les tirs», a affirmé le lieutenant Mak Hazukay lundi matin.

 

À en croire d’autres sources sécuritaires, les FARDC ont lancé depuis cinq jours une opération de fouille et de destruction de toutes les positions des ADF, à partir desquelles ces rebelles ougandais commettent les massacres des civils à Beni.​

 

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2015/07/21/beni-larmee-reprend-le-controle-de-mutara-bastion-des-adf/

 

(RDC_2) Radio Okapi – 21/7

 

Le coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) de Sange et ses environs, au Sud-Kivu, a déploré lundi 20 juillet la persistance de cas d’assassinats dans la plaine de la Ruzizi. Selon Bernard Kadogo, six cas d’assassinats ont été enregistrés en un mois, dont le plus récent date de samedi dernier à Bwegera. Ces assassinats sont aussi enregistrés à Sange, Rukobero, Namijembwe et Rushima, à plus de 70 km au sud de Bukavu.

 

Les cas d’assassinats déplorés dans la plaine de la Ruzizi sont l’œuvre d’hommes armés non identifiés.

 

Selon le coordonnateur de la NSCC dans la plaine de la Ruzizi, samedi dernier, un homme a été tué par des inconnus armés à Bwegera. Bernard Kadogo explique que la victime rentrait chez lui vers 20 heures.

 

Un autre cas d’assassinat est celui  d’un berger, il y a une semaine, à Namijembwe, à plus de 12 km au sud-est de la cité de Sange. La même source rapporte l’assassinat d’un quinquagénaire deux semaines plus tôt à Sange centre.

 

Enfin, des  sources administratives du groupement de Kigoma, affirment que le chef de  la localité de Rukobero a été abattu dans sa résidence il y a trois semaines par une bande d’inconnus armés.

 

(RDC_2_1) AFP – 24/7

 

Trois femmes ont été tuées jeudi soir dans l’est de la RDC dans une attaque attribuée aux rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

 

Les « djihadistes ADF » ont attaqué Mayi-Moya, à environ 45 km au nord de la ville de Beni, dans la province troublée du Nord-Kivu, annonce dans un communiqué le Centre d’Etude pour la promotion de la Paix, la Démocratie et les Droits de l’Homme (Cepadho). « Au cours de cette attaque, les terroristes ont tué trois civils (des femmes) et incendié quatre maisons, dont une habitation et trois boutiques », précise le texte, qui souligne que fin juin le village avait déjà subi une incursion qui avait fait trois morts.

 

Interrogé par l’AFP, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a confirmé une « incursion des rebelles ADF, qui ont attaqué une position militaire » et qui, au final, ont « tué trois femmes et brûlé une dizaine de maisons ». Il a ajouté qu’il y avait eu des « affrontements » entre militaires et rebelles mais n’a pas pu dire si des pertes avaient été enregistrées d’un côté ou de l’autre.

 

  • Katanga

 

(RDC_3) RFI – 20/7

 

Alors que le redécoupage des provinces bat son plein en RDC, les conflits fonciers se multiplient dans certaines zones. Ainsi dans le nord de ce qui était jusque-là le Katanga, des jeunes de deux villages se sont livrés à des violences ce week-end. Des dizaines d’habitations ont été incendiées.

 

C’est dans le Haut-Lomani, l’une des quatre provinces issues de ce que l’on peut désormais appeler l’ancien Katanga, qu’au moins 40 habitations ont été incendiées le week-end à Kebenge par une bande de jeunes venus du village Kamanga. Il s’agit d’un conflit sur les limites entre les deux contrées. Les jeunes gens incriminés ont d’abord érigé une barrière sur la route et ravi des marchandises à des commerçants, notamment des produits manufacturés.

 

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme, Institut congolais pour la formation et l’alphabétisation, les conflits fonciers sont récurrents dans le territoire de Bukama, une région où règne l’insécurité à cause des groupes armés. Plusieurs villages ont ainsi été désertés.

 

Les responsables locaux de la police déclarent qu’il y a deux semaines tout un village du même territoire de Bukama – environ 85 habitations – a été incendié et deux enfants avaient été tués.

 

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2015/07/23/lubumbashi-rencontre-kobler-katumbi-autour-de-la-securite-lhumanitaire/

 

Vie politique…

 

(RDC_4) Radio Okapi – 17/7

 

Une équipe d’experts de l’Organisation Internationale Francophone (OIF) a entamé, vendredi 17 juillet à Kinshasa, l’opération d’enquête sur le fichier électoral de la RDC. Ces experts francophones se sont entretenus tour à tour avec des membres de la Ceni, des acteurs de l’opposition, de la Majorité ainsi que des membres de la société civile pour avaliser leur méthode de travail.

 

Le chef de la délégation d’experts de l’OIF, Sika Sangare a expliqué la nécessité de l’audit de ce fichier pour la RDC: «La problématique du fichier électoral se pose dans tous les pays de l’espace Francophone. Déjà, ici, en 2011, le fichier électoral était au cœur de contestations électorales. Toutes les missions d’observation, dans leurs rapports, on peut ressortir des faiblesses».

 

Il a salué la volonté manifeste de la Ceni de disposer d’un fichier électoral fiable, en s’engageant dans une opération de correction globale des faiblesses identifiées en 2011 non seulement par les acteurs politiques mais également par des missions d’observation. «Nous avons apprécié le travail de la Ceni qui a été fait et l’état général du fichier électoral. Partant de là, nous allons procéder à une analyse approfondie du fichier dans toutes ses dimensions et porter un jugement après», a poursuivi lé général Sika Sangare.

 

L’OIF fait partie d’observateurs internationaux des élections en Afrique francophone. Des experts électoraux de cette organisation internationale sont venus auditer le fichier électoral de la RDC sur invitation de la Ceni, pour la tenue des élections  transparentes et crédibles en RDC.

 

L’opération d’audit du fichier électoral congolais intervient deux mois après que la Ceni a présenté les résultats des opérations menées dans le cadre de la fiabilisation du fichier électoral et la stabilisation de la cartographie opérationnelle.

 

Le fichier électoral congolais actualisé contient 30 682 599 électeurs. Ce résultat a permis à l’institution électorale de préparer les élections urbaines, municipales et locales, annoncées au second semestre de 2015.

 

(RDC_5) Belga – 22/7

 

La RDC vient de boucler son redécoupage en 26 provinces – contre onze auparavant – mais les premières difficultés pratiques apparaissent, indique mercredi la presse congolaise.

 

Le processus d’installation de 26 provinces, prévu par la Constitution congolaise promulguée en février 2006, n’a effectivement démarré qu’en janvier dernier. Il s’est terminé dimanche par le « démembrement » de la province du Bandundu qui a été scindée en trois nouvelles entités: le Kwilu, le Kwango et le Maï-Ndombe.

 

Le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a qualifié cette opération de découpage territorial de « salutaire » et de « réussie ».

 

Selon le gouvernement, l’élection des gouverneurs des nouvelles entités se tiendra entre le 27 juillet et le 13 août. Mais certaines provinces manquent cruellement d’infrastructures (des bâtiments pour abriter l’administration, le gouvernorat, le gouvernement et l’assemblée provinciale) et leur viabilité est incertaine faute d’aéroport, d’usines, de richesses du sol et du sous-sol, de routes bien tracées, dénonce depuis des mois la presse.

 

Ainsi, dans l’ex-province, divisée en quatre – Tshopo, Ituri, Bas-Uele et Haut-Uelé – ces deux dernières manquent de bâtiments pour démarrer, soulignait dimanche la radio onusienne Okapi. Dans le Bas-Uélé, « toutes les infrastructures sont à reconstruire après le passage des ex-Forces armées zaïroises (FAZ), l’armée du Mouvement de Libération du Congo (MLC) ou encore de l’Alliance des forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL, le mouvement de Laurent-Désiré Kabila qui a renversé le maréchal Mobutu Sese Seko en 1997) pendant les guerres de 1994 à 1997 et celle de 1998 à 2003 », ajoutait la Radio. Et dans quinze des nouvelles provinces, l’élection prochaine des gouverneurs est compromise par l’absence de cours d’appel chargées du contentieux électoral de ces scrutins, souligne mercredi le journal ‘Forum des As’.

 

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2015/07/23/rdc-lelection-des-gouverneurs-des-nouvelles-provinces-fixee-au-31-aout/

 

Justice, Droits de l’homme…

 

(RDC_5_1) AFP – Belga – 23/7

 

Les neuf membres de la très attendue Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) ont prêté serment jeudi devant la Cour constitutionnelle de la RDC, où le climat est tendu à l’approche d’une série d’élections.

 

Les neuf membres – dont quatre femmes – ont juré de ne participer à aucune activité « susceptible de nuire à l’indépendance et à la transparence » de leur fonction, lors d’une cérémonie retransmise sur la Radio-Télévision nationale Congolaise (RTNC, la chaîne publique).

 

La Cour constitutionnelle avait confirmé mardi la légalité de l’élection des membres de la CNDH, désignés par l’Assemblée nationale. L’événement s’est produit après que le directeur exécutif de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth, eut déclaré mardi à Kinshasa que son organisme était « profondément » préoccupé par le « climat de répression à l’approche des élections ». Le 15 juillet, le chef du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH), Jose Maria Aranaz, avait annoncé « une tendance à l’augmentation des violations des droits de l’Homme » dans tout le pays au premier semestre 2015. Ces violations touchent au droit à la liberté d’expression, à l’intégrité physique et au droit de réunion pacifique, et ont été « majoritairement commises à l’encontre d’opposants politiques, de membres de la société civile et de journalistes par des agents » de la police, précise un rapport du BCNUDH.

 

Le Parlement congolais avait voté fin 2012 un texte créant la CNDH, chargée de promouvoir et protéger les droits de l’Homme, en toute indépendance. Après de longues tractations, les neuf membres – issus de la société civile – ont été désignés en avril. La RDC commence en octobre un cycle d’élections qui doit s’achever en novembre 2016 avec la présidentielle.

 

Relations extérieures

 

(RDC_6) Radio Okapi – 23/7

 

Les Etats-Unis sont «concentrés» aux élections présidentielles et au respect des Constitutions dans la région des Grands Lacs, a affirmé mercredi 22 juillet à Kinshasa l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région, Thomas Perriello. Il a rencontré un peu plus tôt les membres du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

 

« Notre intérêt à travers la région [des Grands lacs] est concentré sur les élections présidentielles et le respect de la Constitution », a indiqué Thomas Perriello.

 

L’envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs est arrivé en RDC en début de semaine. C’est sa première tournée depuis sa nomination en remplacement de Russ Feingold à ce poste.

 

À Kinshasa, Thomas Perriello a discuté avec le bureau de la Ceni et les membres des autres institutions de la RDC. « Ce premier voyage a été une occasion pour écouter et apprendre à partir des autorités de ce pays sur ce qu’ils vont faire pour que les Etats-Unis voient dans quelle mesure ils pourront intervenir », a ajouté l’envoyé des Etats-Unis pour les Grands lacs, région constituée du Burundi, de la RDC, de l’Ouganda et du Rwanda.

 

Ces pays doivent organiser des élections présidentielles entre 2016 et 2017. Les opposants politiques et des organisations de la société civile dénoncent les tentatives de certains présidents de la région d’allonger leurs mandats au-delà de ce que prévoient les constitutions de leurs pays.

 

Lire aussi sous :

http://radiookapi.net/actualite/2015/07/23/en-rdc-le-directeur-de-human-rights-watch-discute-de-la-situation-electorale-avec-kabila/

 

RWANDA

 

Vie politique…

 

(RWA_1) AFP – 20/7

 

Les parlementaires rwandais ont commencé lundi des consultations populaires à travers le pays dans le but de rédiger la réforme constitutionnelle qui permettra au président Paul Kagame de briguer un troisième mandat en 2017, a-t-on appris de source officielle.

 

« Jusqu’au 11 août, tous les parlementaires vont sur le terrain pour faire des consultations avec la population. On va leur demander leur avis à propos de l’amendement, ce qu’ils attendent de cette réforme », a dit lundi à l’AFP Donatille Mukabalisa, présidente de la Chambre des députés. Ces consultations avaient été annoncées le 14 juillet à l’issue d’un vote à l’unanimité du Parlement rwandais en faveur d’une réforme faisant sauter le verrou des deux mandats présidentiels dans la Constitution.

 

L’issue de la consultation fait peu de doute: avant même le vote au Parlement, plus de 3,7 millions de Rwandais, sur un corps électoral de quelque 6 millions, avaient déjà signé des pétitions réclamant une modification de l’article 101 de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels successifs.

 

Dans plusieurs pays de la région, notamment au Burundi, en RDC et en Ouganda, les dirigeants sont accusés de vouloir contourner les règles pour se maintenir au pouvoir au-delà des limites permises.

 

Au Rwanda, Paul Kagame insiste lui sur le fait que s’il se présente à un troisième mandat, ce sera plébiscité par son peuple. Mais dans un pays régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d’expression et son manque d’ouverture politique, nombre d’observateurs estiment que ce plébiscite est orchestré par le pouvoir. Ces consultations vont « nous guider dans la rédaction du projet de réforme » constitutionnelle, a toutefois ajouté lundi Mme Mukabalisa, précisant que les parlementaires allaient rencontrer « toutes les couches de la population ».

 

La Constitution remodelée fera ensuite de nouveau l’objet d’un vote au Parlement, puis sera formellement soumise à référendum.

 

Relations extérieures

 

(RWA_2) RFI – 18/7

 

La communauté internationale a finalement réagi au vote cette semaine du Parlement rwandais en faveur d’une réforme de la Constitution ouvrant la voie à un 3e mandat pour Paul Kagame. Dans un pays souvent critiqué en matière de liberté d’expression et épinglé par l’ONU pour son manque d’espace politique, les parlementaires ont, à l’unanimité, jugée recevable la pétition signée assurent-ils volontairement par près de 4 millions de Rwandais – soit plus de la moitié du corps électoral – réclamant la fin de la limitation à deux mandats présidentiels.

 

Si les Etats-Unis avaient exprimé leur opposition à un troisième mandat de Paul Kagamé, face à ce nouveau pas vers une réforme de la constitution, Belgique, Union européenne et Royaume-Uni soulignent l’importance du principe de l’alternance démocratique.

 

La Belgique et l’Union européenne rappellent leur attachement au respect des constitutions et au principe de l’alternance politique, tout en reconnaissant que la décision d’une réforme appartient au peuple rwandais. Un éventuel référendum constitutionnel « doit pouvoir se dérouler dans le cadre d’un débat libre et ouvert », tient toutefois à préciser Bruxelles et, rappelle le porte-parole adjoint du ministère belge des Affaires étrangères, « un changement de constitution ne peut pas être fait uniquement pour des intérêts personnels ». L’Union européenne précise pour sa part « que tous les Rwandais devraient être libres d’exprimer leurs points de vue ».

 

Londres est plus direct. Selon une porte-parole du Foreign Office, afin d’inscrire dans la durée les progrès réalisés depuis le génocide de 1994, le Rwanda doit désormais « approfondir la gouvernance démocratique, à travers l’ouverture de l’espace politique, une plus grande liberté d’expression et le futur transfert pacifique du pouvoir ».

 

Comme pour parer les critiques d’ingérence étrangère, l’officielle britannique – comme l’Union européenne-, se réfugie derrière les principes décidés par les Africains eux-mêmes : « La Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, que le Rwanda a ratifiée, l’engage à veiller à ce qu’il ne porte pas atteinte au droit de peuple à changer démocratiquement de gouvernements », explique le Foreign Office.

 

 

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