Actualité des Grands-Lacs : Semaine du 22 au 28 août 2015
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Rubrique : Actualité
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Publié le 31 Août 2015 par Gaspard Musabyimana

RESUME : Au Burundi, la violence politique et le risque de guerre civile sont toujours d’actualité. Un membre du parti d’Agathon Rwasa, lequel a accepté de participer au gouvernement, a été abattu (BUR_1), tandis que des armes ont été saisies à Cibitoke, un des lieux de la contestation contre le pouvoir, et que 23 personnes ont été arrêtées dans ce contexte (BUR_2). Un nouveau gouvernement, qui comprend surtout des « durs » du régime et entend sévir contre les groupes armés, a été investi ce qui rend difficile tout futur dialogue avec l’opposition : la société civile reste cependant divisée sur l’attitude à adopter (BUR_3). De son côté, Amnesty International dénonce des recours plus fréquents à la torture depuis avril dernier, tandis que RSF s’inquiète des intimidations et des violences à l’encontre de la presse (BUR_4). Enfin, on signalera que le Rwanda a protesté contre l’arrestation d’une trentaine de ses ressortissants au Burundi et demande des explications aux autorités de ce pays (RWA_1).

En RDC, la problématique du calendrier électoral qui s’apparente de plus en plus à un casse-tête et l’attitude qu’adoptera le président Kabila restent au-devant de l’actualité. La CENI a à nouveau prolongé la date du dépôt des candidatures aux postes de gouverneurs des provinces (RDC_5). De leur côté, l’ASADHO et 33 ONG demandent au président de ne pas violer la constitution, la première dénonçant son silence sur ses intentions. Par ailleurs, le patron de la MONUSCO ainsi que l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs soulignent une fois encore que la constitution doit être respectée (RDC_6) (RDC_15). Alors que le débat fait rage sur la date des élections locales, le président a promulgué la loi contestée sur la nouvelle répartition des sièges rendue nécessaire du fait de la création des 26 nouvelles provinces (RDC_7).

Par ailleurs, le principal parti d’opposition, l’UDPS, dont un responsable a été agressé dans la prison où il est détenu à Mbuji-Mayi, est en pleine crise. Les 25 « frondeurs » résidant en dehors de la RDC et qui contestent le leadership d’Etienne Tshisekedi annoncent la tenue d’un conclave à Bruxelles qui désignera une nouvelle direction intérimaire, tandis que des discussions se tiendraient avec le gouvernement à Kinshasa, certains dont le fils du chef de l’UDPS étant intéressé à une participation gouvernementale (RDC_3) (RDC_4).

Dans le domaine de la sécurité, le patron de la MONUSCO, qui insiste sur le retour des FDLR au Rwanda, a annoncé la fin de toute aide alimentaire accordée jusqu’ici à ceux qui se trouvent dans un camp de transit à Kisangani : ces derniers accusent Kinshasa de vouloir les affamer pour qu’ils retournent au Rwanda (RDC_14). Au Nord Kivu, les habitants d’une agglomération du territoire de Rutshuru, qui n’ont plus accès à leurs champs, appellent les militaires, à une trêve dans leur traque contre les groupes armés (RDC_1), tandis qu’un accrochage a eu lieu entre les FARDC et des bandits armés dans un quartier de Goma (RDC_2). Enfin, en Province Orientale, on note un déplacement massif de populations suite à des attaques de Maï-Maï Simba dans plusieurs localités de l’Ituri (RDC_2_1).

Dans le domaine de la justice et des droits humains, le chef de guerre, Thomas Lubanga, condamné à 14 ans de prison à la CPI a demandé sa libération anticipée après avoir purgé les 2/3 de sa peine (RDC_8). À Goma, le procureur a demandé trois ans de prison ferme pour quatre militants de la LUCHA, deux des autres membres de ce mouvement citoyen étant toujours détenu sans procès à Kinshasa (RDC_9). Enfin, RSF et JED dénoncent les pressions psychologiques et physiques exercées sur les journalistes de la chaîne publique RTNC dans le cadre des futures élections (RDC_10).

Dans le domaine économique, les autorités ont annoncé un taux de croissance en diminution pour l’an prochain du fait la crise en Chine avec laquelle la RDC a passé d’importants contrats miniers (RDC_13). Par ailleurs, deux compagnies aériennes récemment créées sont en difficulté :  un Airbus de la nouvelle compagnie Congo Airways a été saisi à Dublin par une société américaine qui déclare avoir été dépossédée de deux concessions diamantaires en RDC (RDC_11), tandis que la compagnie Korongo Airways, filiale de Brussels Airlines, a décidé de suspendre ses vols suite au mauvais entretien de la piste de Mbuji-Mayi qui a failli provoquer un accident à l’un de ses avions (RDC_12).

EURAC, 31/08/2015


 

 D E P E C H E S

 BURUNDI

 Sécurité, Armée…

(BUR_1) RFI – 24/8

La violence politique persiste au Burundi. L’administrateur de la commune d’Isale, un membre du parti d’Agathon Rwasa, a été abattu par des hommes non-identifiés samedi 22 août dans la soirée. Un nouvel assassinat qui rappelle que les tensions sont toujours vives dans le pays.

L’administrateur de la commune d’Isale a été abattu par des hommes non-identifiés dans la soirée du samedi 22 août alors qu’il prenait un verre en plein cœur de sa localité.

Sur les 129 administrateurs que compte le pays, Pontien Barutwanayo était le seul représentant des FNL, le parti Agathon Rwasa. D’abord opposé au 3ème mandat, ce dernier a finalement accepté la vice-présidence de l’Assemblée.

Célestin Ruridikye, responsable de la Ligue burundaise des droits de l’homme pour la province de Bujumbura, dont dépend la commune d’Isale, a pu recueillir les premiers éléments sur cet assassinat. « L’administrateur était dans un cabaret en train de partager un verre avec ses amis. Il y avait beaucoup de monde. Et puis un véhicule est passé tout près du cabaret et, à ce moment, on a tiré sur le cabaret et on a tué l’administrateur. Parmi ses compagnons, trois ont été blessés […]. Jusqu’à maintenant, personne n’a vu celui qui a tiré. Il faisait nuit, ils ont juste vu le véhicule passer. Les malfaiteurs n’ont pas encore été identifiés », rapporte Célestin Ruridikye.

Une enquête a été ouverte, a précisé le porte-parole de la police. Ce meurtre intervient après deux autres assassinats ciblés survenus récemment. Celui, il y a une semaine, du colonel Jean Bikomagu et celui, il y a trois semaines, du général Adolphe Nshimirimana. Signe que la crise politique au Burundi est toujours vive.

Lire aussi sous :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/21/le-burundi-va-entrer-dans-une-logique-de-guerre-civile_4732919_3212.html

http://www.crisisgroup.org/fr/regions/afrique/afrique-centrale/burundi/op-eds/2015/vircoulon-crise-au-burundi-un-risque-regional.aspx

(BUR_2) RFI – 24/8

Le quartier de Cibitoke a été perquisitionné pendant plusieurs heures dimanche matin, à Bujumbura. Des armes ont été saisies et 23 personnes arrêtées. Dans ce quartier où la mobilisation avait été forte contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, les relations entre la population et la police restent tendues, et chacun a une lecture très différente des évènements.

Dès les premières heures de la matinée, dimanche, des militants des droits de l’homme burundais ont reçu des appels des habitants de Cibitoke. La veille, ils ont entendu des tirs et dès 6 h du matin, la zone entre la 11e et la 14e avenue a été bouclée. « Les policiers fouillent les maisons et pillent la nourriture. Ils ont des listes de noms », rapportent ces habitants inquiets. Une vingtaine de jeunes ont été arrêtés. Certains « seulement parce qu’ils habitent près d’une parcelle inoccupée où deux kalachnikovs ont été retrouvées », expliquent encore ces habitants, convaincus que la police leur « fait payer la mobilisation anti-troisième mandat ».

« La police n’a jamais ciblé un quartier parce qu’il est réputé contestataire », rétorque Pierre Nkurikiye, le porte-parole de la police burundaise. Selon lui, une patrouille de l’armée a été prise à partie, samedi soir, par des jeunes qui ont tiré sur les soldats avant de prendre la fuite. Les soldats les ont ensuite poursuivis jusqu’à une maison qu’ils ont encerclée jusqu’à l’arrivée de la police, dimanche matin. Quatre personnes ont été arrêtées et un fusil confisqué. Mais comme des suspects ont pris la fuite, les perquisitions ont été étendues, affirme Pierre Nkurikiye. Des kalachnikovs ont par ailleurs été découvertes à l’intérieur de l’enclos fermé d’une maison, dont les propriétaires ont été arrêtés, précise-t-il. « L’ensemble des 23 personnes interpellées l’a été en lien avec ce qui a été trouvé », souligne le porte-parole de la police. Quant aux saisies de nourriture, elles sont considérées comme de « l’équipement logistique des insurgés », conclut-il.

Vie politique…

(BUR_3) RFI – 25/8

Le président burundais Pierre Nkurunziza, investi le 20 août dernier, a nommé lundi soir les membres de son nouveau gouvernement. Les ministres ont prêté serment ce mardi 25 août 2015, en matinée, dans le palais des Congrès de Kigobe, à Bujumbura.

Lundi, vers 23 h sur les ondes de la radio nationale burundaise, la présidence a annoncé la nomination de son nouveau gouvernement. Un gouvernement composé de 20 membres. Six ministres ont été reconduits, notamment le ministre des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwé.

Cinq ministres pro-Rwasa font leur entrée dans ce nouveau gouvernement. Ils héritent du ministère de la Jeunesse et des Sports, de la Fonction publique, du Commerce, de la Gouvernance et du Développement communal. Des ministères plus économiques que politico-sécuritaires.

Alors que le président Pierre Nkurunziza avait évoqué la modification de l’article 129 de la Constitution pour pouvoir former un gouvernement d’union nationale, celui-ci n’a pas été révisé. Cet article pose deux conditions à l’entrée au gouvernement : appartenir à un parti politique et obtenir plus de 5 % des voix.

Si la coalition d’Agathon Rwasa, Amizero, a largement dépassé les 5 %, elle reste une coalition d’indépendants. Mais pour le conseiller en communication de la présidence, Willy Nyamitwé, la Constitution a été respectée, car cette coalition peut être considérée comme une formation politique, explique-t-il.

Parmi les nominations marquantes de ce gouvernement, l’entrée du commissaire de police en chef, Alain Guillaume Bunyoni, secrétaire permanent du Conseil national de sécurité. Depuis la mort du général Adolphe, il est devenu la pièce maîtresse du président Nkurunziza.

Autre nomination à noter, celle de la nouvelle ministre de la Justice, une juge de la Cour constitutionnelle qui a validé la candidature de Pierre Nkurunziza. Pour ce qui est des quotas ethniques et de genre fixés par les accords d’Arusha, ceux-ci ont bien été respectés.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20150825-burundi-nominations-nouveau-gouvernement-nkurunziza-ligne-dure

http://www.rfi.fr/afrique/20150827-burundi-reprise-dialogue-devient-impossible-nkurunziza-rwasa-cnared-museveni

http://www.romandie.com/news/Burundi-Nkurunziza-appelle-la-population-a-aider-a-detruire-les-groupes-armes-/624424.rom

http://www.rfi.fr/afrique/20150828-burundi-societe-civile-divisee-cnared-nkurunziza-troisieme-mandat-vital-nshimiriman

Justice, Droits de l’homme…

(BUR_4) Belga – 24/8

Le recours à la torture au Burundi a fortement augmenté depuis avril dernier, dénonce Amnesty International dans un rapport publié lundi. Différents témoignages font état de l’usage de barres de fer et de brûlures à l’acide parmi les méthodes utilisées pour « extorquer des aveux et réduire au silence la dissidence ».

Le rapport dénonce des actes de torture et des mauvais traitements commis par le Service national de renseignements (SNR) et la Police nationale du Burundi (PNB) envers notamment un militant des droits de l’Homme et un journaliste, pour participation présumée aux manifestations contre la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Ces actes interviennent alors que le Burundi est lié par divers traités régionaux et internationaux qui interdisent la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, rappelle Amnesty.

« Ils ont commencé à me frapper à coups de barre de fer. Ensuite, ils m’ont dit de me déshabiller. Ils ont pris un jerrican de cinq litres rempli de sable et l’ont attaché à mes testicules. Ils l’ont laissé pendant plus d’une heure; j’ai perdu connaissance. Lorsque j’ai repris mes esprits, ils m’ont fait asseoir dans une flaque d’acide pour batterie. La brûlure était atroce », a déclaré à Amnesty un homme arrêté fin juin. »Le troisième jour, ils m’ont conduit dans une pièce avec un tas de bouts de verre et ont menacé de me couper avec ces tessons. Ils m’ont demandé d’écrire la liste de toutes les personnes que je connaissais et de signer un document dans lequel je m’engageais à ne plus participer à aucune manifestation. Je l’ai signé », a raconté un autre manifestant.

Aucun des détenus n’a été autorisé à consulter un avocat ni à entrer en contact avec sa famille, dénonce l’organisation. « Aucun de ces cas de violations des droits humains ou de torture n’a semble-t-il fait l’objet d’une enquête. »

« Le gouvernement du Burundi doit prendre sans délai des mesures afin de garantir l’obligation de rendre des comptes, d’accorder des réparations pour les actes de torture et les mauvais traitements infligés par les membres des forces de sécurité », insiste Sarah Jackson, directrice adjointe du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs d’Amnesty International.

Les manifestations organisées à Bujumbura entre fin avril et mi-juin visaient à protester contre la volonté du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat lors de l’élection de juillet dernier.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20150827-burundi-enquete-agression-correspondant-rfi-pietine

RDC

Sécurité, Armée…

Kivu

(RDC_1) Radio Okapi – 21/8

Les habitants de Nyamilima, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) appellent les militaires à observer une trêve dans la traque contre les miliciens dans la contrée. Ils ont lancé cet appel, vendredi 21 août, trois semaines après le lancement de cette opération qui ne leur permet pas d’accéder aux champs pour récolter du manioc.

Les militaires ont bloqué leur accès aux champs, voulant bien mener les opérations de traque contre les groupes armés actifs dans cette zone.

Ces habitants disent avoir épuisé toutes leurs réserves de vivres. S’ils peuvent trouver un peu de légumes dans les jardins autour des maisons, il faut se rendre dans les champs éloignés pour avoir le manioc, aliment de base pour cette population.

Le vice-président du Noyau de paix et de développement du groupement de Binza, Kambale Kanduki a indiqué que de nombreux habitants de Nyamilima n’arrivent plus à se nourrir. «Nous ne savons pas le temps que vont prendre ces opérations. C’est pourquoi nous aurions voulu qu’on nous donne un temps pour évacuer nos récoltes qui sont dans les champs. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de nourritures au marché et nos provisions sont terminées. Beaucoup de personnes commencent dormir ventre creux », s’est-il plaint.

Pour sa part, l’administrateur du territoire de Rutshuru, Justin Mukanya, estime difficile que la demande de la population trouve une suite favorable. «Chaque fois qu’il y a des cas d’insécurité à Nyamilima, la population organise des marches. Aujourd’hui, le gouvernement est résolument engagé à mettre fin à cette insécurité.  Nous ne pouvons pas comprendre qu’au même moment où la population demande la sécurité, et que les militaires sont engagés en pleines opérations, que la même population demande qu’on arrête !» Justin Mukanya n’exclut pas le fait que si la hiérarchie l’autorise, il pourra permettre que les militaires pourront accompagner les habitants dans les champs pendant un ou deux jours, pour qu’ils se procurent la nourriture.

(RDC_2) Radio Okapi – 25/8

Trois personnes ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi 24 août dans des accrochages entre des soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) et huit bandits armés au quartier Kyeshero à Goma (Nord-Kivu). Parmi les morts, on dénombre un soldat et deux bandits, selon la Police nationale congolaise (PNC) qui évoque aussi quatre blessés.

Huit bandits se sont introduits dimanche vers 20 heures locales dans une alimentation située en face du bistrot Tchengerero, raconte des sources policières. Au moment où ils menaçaient le propriétaire de l’alimentation, les gardes du corps d’un officier qui suivaient la scène de près ont réagi pour préserver la vie de l’infortuné. Un échange de tirs s’en est suivi entre les deux parties. Deux des bandits ont été tués sur-le-champ, deux autres ont été blessés.

La police indique que les bandits en fuite ont finalement tiré sur un des militaires qui lui aussi est mort. Son corps a été déposé à la morgue de l’hôpital militaire de Goma tandis que les dépouilles de deux bandits ont été placées à la morgue de l’hôpital provincial de Goma.

Les quartiers Kyeshero et Ndosho restent actuellement les secteurs les plus touchés par la montée de l’insécurité dans la ville de Goma, précise la police.

  • Province Orientale

(RDC_2_1) Radio Okapi – 27/8

Un déplacement massif des populations est observé depuis dimanche dernier dans les localités Lelesi, Wamba et Metume, au sud-est de Mambasa centre, dans la province de l’Ituri. Ce déplacement des familles est consécutif à une attaque perpétrée par les Maï-Maï Simba de Manu en début de cette semaine dans ces villages. Selon le chef de chefferie des Babila Babombi, qui a rapporté la nouvelle mercredi 26 août à Radio Okapi, il est difficile pour l’instant de préciser le nombre de ces déplacés, car le mouvement continue.

Le chef de chefferie des Babila Babombi, Jules Asunya, rapporte que la plupart de ces habitants se dirigent vers Biakato, chef-lieu de la chefferie et d’autres vers le Nord-Kivu.

«Les chiffres ne sont pas avancés. On parle seulement de plusieurs morts et plusieurs blessés. Oui, il y a des civils qui ont été tués», indique Alfred Bongwalanga, administrateur du territoire de Mambasa.

De son côté, Abdallah Penembaka, député national élu du territoire de Mambasa condamne cette nouvelle attaque contre des civils. «D’abord, je dois commencer par condamner cet acte. Chaque chose en son temps. Pour le moment, nous pensons qu’il est temps de penser à la reconstruction de notre entité», a-t-il poursuivi.

Abdallah Penembaka appelle cependant les autorités militaires à pourchasser ces rebelles jusqu’à leur dernier retranchement: «Je dois aussi féliciter l’intervention musclée de nos forces armées de la RDC, qui sont intervenues à temps cette fois ci, et ont mis en déroute ces assaillants. Je dois aussi lancer un appel vibrant aux autorités militaires de traquer ces assaillants jusqu’à leur dernier retranchement.»

La chefferie des Babila Bambombi fait face à l’activisme des Maï-Maï depuis plusieurs années. Cette situation a donné lieu aux meurtres, pillages, viols et déplacements fréquents de la population locale.

Vie politique…

(RDC_3) Belga – 22/8

Les « frondeurs » du principal parti congolais d’opposition, qui remettent en cause le leadership du président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, organiseront un « conclave » visant à doter le parti d’une nouvelle direction « intérimaire » du 18 au 20 septembre prochains à Bruxelles, ont-ils indiqué samedi.

Selon eux, l’UDPS traverse depuis janvier 2013 une « crise sérieuse de légitimité » causée par la « multiplication des statuts et le dédoublement des structures consécutif aux nominations intempestives faites par le président (Etienne Tshisekedi) en violation des dispositions légales qui nous régissent ».

Ces 25 membres et cadres de l’UDPS, dont la plupart vivent en exil en Europe ou au Canada, ont pris l’initiative de réunir les délégués représentant les fédérations de l’UDPS (du pays, la RDC, et de la diaspora). Ils entendent « ouvrir un dialogue interne pour préparer un congrès extraordinaire qui établira un ordre nouveau respectueux des objectifs fondamentaux que notre parti s’est fixé, à savoir: la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir », en faisant référence à la déclaration adressée samedi dernier à l’agence Belga.

Le conclave de Bruxelles vise à « préparer le parti à affronter efficacement les prochaines échéances politiques » – un cycle de sept scrutins, dont une élection présidentielle doit se tenir en RDC entre octobre prochain et novembre 2016 – en proposant notamment la mise en place de structures organisationnelles appropriées. Un nouveau leadership intérimaire et responsable sera désigné pour conduire la période de transition menant vers le congrès de l’UDPS, souvent évoqué pour décembre prochain.

(RDC_4) RFI – 23/8

Nouvel épisode dans la crise qui déchire le principal parti d’opposition congolais, l’UDPS. Après des communiqués demandant, pour les uns, la nomination d’un nouveau président par intérim, pour les autres, le maintien de l’opposant historique Etienne Tshisekedi à la tête du parti, depuis quelques jours ce sont les discussions que l’UDPS aurait avec des émissaires du gouvernement qui font la Une des journaux. Des rencontres qui sont la source de toutes les spéculations.

Il y a d’abord eu cette rencontre à Rome. Des émissaires du gouvernement et du parti d’opposition se sont entretenus dans la capitale italienne entre le 11 et le 17 août, selon des sources concordantes. Une réunion qui faisait suite à d’autres à Kinshasa. Et qui s’est poursuivi au sein de l’UDPS ces derniers jours à Bruxelles.

Quel en a été le contenu ? C’est la question que se pose quotidiennement la presse à Kinshasa. Pour Bruno Tshibala, porte-parole de l’UDPS, ces discussions doivent servir à se mettre d’accord sur les modalités du dialogue politique initié par Joseph Kabila en juin. Et notamment résoudre le point de divergence entre les deux camps : la présence ou non d’un médiateur international à ce dialogue. Joseph Kabila s’y est déjà officiellement opposé, mais selon Bruno Thsibala « les différences » seraient « sur le point d’être élaguées ».

Pas question par contre, à en croire le porte-parole, « de parler de la participation de l’UDPS à un gouvernement d’union nationale ». « Nous faisons du respect du délai constitutionnel, et des élections une question de vie ou de mort », insiste-t-il. Pourtant d’autres sources sont moins affirmatives.

Selon elles, Félix Tshisekedi, le fils du numéro 1 du parti, pourrait bien être intéressé par un poste gouvernemental. Une position difficile à assumer publiquement au sein du parti d’opposition historique. Contacté à plusieurs reprises Félix Tshisekedi était injoignable en fin de semaine. Selon plusieurs sources, la possibilité d’une participation de l’UDPS aux affaires intéresserait le pouvoir en place car un gouvernement d’union nationale avec le parti d’opposition pourrait faciliter à Joseph Kabila la gestion du pays jusqu’à la tenue des élections.

Lire aussi sous :

http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/rdc-un-haut-responsable-du-premier-parti-dopposition-agresse-en-prison

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2015/08/24/congo-les-ambitions-de-noel-tshiani-kasaien-et-economiste-chevronne/?_ga=1.115017476.2007165767.1396182397

(RDC_5) Belga – 24/8

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) en RDC a une nouvelle fois prolongé la date de dépôt des candidatures à l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des 21 nouvelles provinces du pays, rapporte lundi la presse kinoise.

Cette élection reste toutefois à priori fixée au 6 octobre prochain – après avoir été initialement prévue le 31 août -, même si le nouveau report annoncé vendredi par la Céni fait craindre un « glissement » général des sept scrutins prévus d’ici novembre 2016, dont une présidentielle et des législatives.

La date limite de dépôt des candidatures aux postes de gouverneurs, déjà prolongée au 21 août, a été reportée sine die, souligne lundi le journal ‘Forum des As’, citant le vice-président de la Ceni, André Mpungwe Songo.  Selon lui, la date du 21 août n’a pas du tout tenu compte des difficultés rencontrées dans la mise en place des nouvelles assemblées provinciales.

La Céni estime que des assemblées provinciales – une dans chacune des nouvelles provinces créées début juillet en scindant les plus grandes ex-provinces – ont été installées en violation de la loi de programmation, où les sessions extraordinaires ont été clôturées dans la précipitation sans avoir épuisé l’ordre du jour. D’où l’impossibilité de tenir les scrutins indirects prévus au 6 octobre prochain. La Céni a donc mis entre parenthèses le calendrier électoral et proclamé la poursuite de l’opération de dépôt de candidature, souligne le quotidien.

Lire aussi sous :

http://www.jeuneafrique.com/259256/politique/rdc-lelection-gouverneurs-finalement-reportee-sine-die/

http://www.rfi.fr/afrique/20150826-rdc-problemes-organisation-elections-gouverneurs-provinces

http://www.jeuneafrique.com/259136/politique/rdc-mode-demploi-dun-casse-tete-electoral/

(RDC_6) BBC – 24/8

L’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho) a dénoncé lundi les appels à un troisième mandat pour le président Joseph Kabila. L’Asadho estime que la démarche constitue une « violation de la constitution » de la RDC.

Dans un communiqué, l’association demande au Chef de l’Etat de « rappeler à l’ordre ceux qui incitent le président à se représenter en 2016 pour qu’ils mettent fin aux appels à la violation de la constitution ».

L’Asadho s’inquiète du « silence » du Président Kabila qui ne s’est jamais publiquement exprimé sur ses intentions.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20150826-troisieme-mandat-kabila-medias-publics-accuses-partialite-rdc-asadho-katende-burund

http://www.radiookapi.net/2015/08/28/actualite/politique/rdc-33-ong-demandent-joseph-kabila-de-ne-pas-violer-la-constitution

(RDC_7) Jeune Afrique – 26/8

Après quatre mois d’intenses débats au Parlement, le président congolais Joseph Kabila a promulgué mardi soir la loi sur la répartition des sièges pour les élections communales et locales. Un texte législatif nécessaire à l’organisation de ces scrutins locaux initialement prévus en octobre.

« En promulguant cette loi, le chef de l’État réaffirme à nouveau sa volonté d’amener le peuple congolais aux élections conformément au calendrier global rendu public par la Ceni [Commission électorale nationale indépendante] », souligne l’ordonnance présidentielle lue sur la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC).

Suivant le calendrier global des élections tel que publié par la Ceni à la mi-février, cette promulgation devait initialement intervenir entre le 6 et le 20 avril, après l’examen et l’adoption du texte au Parlement au plus tard le 5 avril. Mais c’est seulement le 11 août, à l’issue d’une nouvelle session extraordinaire controversée et boycottée par l’opposition, que le Sénat a finalement approuvé l’annexe à la loi portant sur la répartition des sièges pour les élections communales et locales. Celles-ci doivent, en principe, avoir lieu le 25 octobre. Mais faute d’avoir le texte législatif dans le délai imparti, la Ceni n’avait pas pu recevoir les candidatures pour ces scrutins locaux dont le dépôt était initialement prévu entre le 26 mai et le 28 juillet.

« Comme le président de la République vient de publier la loi que nous attendions, nous allons rapidement convoquer une plénière de 13 membres de la Ceni pour examiner la question et prendre une décision », a confié dans la foulée Jean-Pierre Kalamba Mulumba, rapporteur de la commission électorale. « Mais le découpage du territoire national qui a été enclenché [le pays est passé entre temps de 11 à 26 provinces, ndrl] posera sûrement un problème budgétaire supplémentaire », a-t-il prévenu.

En attendant, le débat sur le report de ces élections locales fait rage dans le pays depuis plusieurs mois. Des voix s’élèvent essentiellement au sein de l’opposition politique et de la société civile pour demander leur renvoi pur et simple après les législatives et la présidentielle de 2016, alors que la Majorité présidentielle (coalition au pouvoir) tient à leur maintien à la date initiale fixée par la Ceni.

Justice, Droits de l’homme…

 

(grands lacsRDC_8) AFP – 21/8

 

L’ex-chef de milice congolais Thomas Lubanga, condamné à 14 ans de prison pour crimes de guerre dans l’est de la RDC, a demandé une libération anticipée vendredi à la Cour pénale internationale, niant avoir exercé des pressions sur des témoins dans un autre procès.

 

« À ce stade, c’est avec beaucoup d’émotion que je pense à ma famille et mes enfants », a déclaré M. Lubanga lors d’une audience publique devant la CPI, qui siège à La Haye, après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

 

  1. Lubanga avait été transféré au centre de détention de la CPI en mars 2006, et avait été condamné en 2012 pour l’enrôlement d’enfants soldats en Ituri, province orientale de RDC riche en ressources comme l’or, lors de violences en 2002-2003. Sa peine de 14 ans de prison avait été confirmée en appel.

 

Le temps passé en détention avant la condamnation étant déduit de la peine, l’ex-chef rebelle en a purgé deux tiers. Or, les statuts de la CPI prévoient que lorsqu’un accusé « a purgé les deux tiers de sa peine (…), la Cour réexamine la peine pour déterminer s’il y a lieu de la réduire ».

 

Le procureur a pour sa part recommandé le maintien en détention, assurant que M. Lubanga n’avait pas du tout coopéré avec la Cour pendant son procès, et surtout, a dit avoir des motifs de croire qu’il exerce, depuis sa prison de La Haye, des pressions sur des témoins dans un autre procès de la CPI, celui de l’ex-chef de guerre Bosco Ntaganda. Le procès de M. Ntaganda doit s’ouvrir le 2 septembre.

 

« À aucun moment, je n’ai eu des contacts inappropriés avec qui que ce soit », a rétorqué Thomas Lubanga.

 

Recommandant la libération anticipée, la défense de M. Lubanga a affirmé que ce dernier avait coopéré avec la CPI tout au long de son procès, et souligné que « sauf exception, les condamnés sont systématiquement libérés aux deux tiers de leur peine » en justice internationale.

 

La condamnation de Thomas Lubanga avait été la première de la CPI, entrée en fonction en 2003.

 

(RDC_9) RFI – 22/8

 

En RDC, le procès de quatre militants de la société civile à Goma, reporté à maintes reprises, s’est finalement tenu vendredi 21 août. Accusés d’incitation de la population au soulèvement contre le régime, après l’organisation d’une manifestation à Goma en avril dernier pour demander la libération d’un de leur camarade, le procureur de la République a requis trois ans de prison ferme. Les avocats des quatre militants de l’organisation lutte pour le changement (Lucha) ont, quant à eux, plaidé l’acquittement.

 

Pour les avocats de la défense, il est impossible de condamner des citoyens pour avoir exercé leur liberté de manifester, garantie par la Constitution. D’autant plus, que selon eux, la mairie et les autorités avaient été informées, par courrier, de la tenue de cette manifestation. Un rassemblement pacifique pour demander la libération de deux amis militants détenus à Kinshasa, ont rappelé les avocats de la défense. Mais ces arguments n’ont pas convaincu le procureur. Selon lui, la défense a échoué à prouver que la Lucha avait bien averti les autorités de la ville. La lettre que les militants disent avoir déposée est dépourvue d’accusé de réception. Et la secrétaire du maire, qui aurait pu confirmer ou non la version de la défense, ne s’est finalement pas présentée à la barre. Mais pour la défense le procès est avant tout politique, les militants de la Lucha étant bien connus à Goma pour leurs actions non-violentes. Et aucun élément ne prouve l’incitation de la population au soulèvement contre le régime. Reste que le ministère public a requis la peine maximale : trois ans de prison ferme, pour incitation à la désobéissance. Le juge a jusqu’au 11 septembre pour trancher.

 

Pendant ce temps à Kinshasa, les deux jeunes Fred Bauma et Yves Makwambala sont toujours détenus à la prison centrale depuis plus de 5 mois, après avoir participé à une rencontre avec des militants burkinabè et sénégalais des mouvements du Balai citoyen et Y’en a marre. Leur procès n’a toujours pas commencé. Le juge doit d’abord examiner une demande d’annulation des procès verbaux déposée par la défense. L’audience est prévue vendredi prochain.

 

(RDC_10) Afrikarabia – 23/8

 

Dans une longue enquête réalisée sur le terrain auprès de journalistes à Kinshasa, mais aussi en province, RSF et JED dénoncent les pressions sur les journalistes de la chaîne publique RTNC. A la veille d’élections cruciales en 2016, la chaîne aurait multiplié les installations  d’antennes dans toutes les villes du pays, afin de relayer « les actions du gouvernement ». Un journaliste de la RTNC témoigne de la censure et de l’auto-censure qui règne dans la chaîne d’Etat : « On nous a dernièrement instruit de toujours commencer et de mettre en avant les consignes du gouvernement et de ne jamais critiquer le pouvoir. Si vous osez, vous êtes punissable, d’ailleurs vous n’avez aucune chance que votre papier qui critique ou dénonce le pouvoir passe au conseil de rédaction. Moi ça gêne mon indépendance et j’ai décidé de ne plus soumettre de papiers à la rédaction ».

 

Depuis plusieurs mois, les menaces sur la presse congolaise se font plus pressantes. Dernier fait en date : « Le 10 août dernier, plusieurs hommes armés ont raflé des exemplaires du journal C-News dans différents points de vente de Kinshasa, selon la direction du média. Cet acte de censure envers le journal s’ajoute à une longue liste d’actes de harcèlement dont il fait l’objet depuis plusieurs mois ». Autre cas : le 21 juillet 2015, Simon Mulowa, directeur de Full Contact Radio, station émettant à Kananga, a été placé en garde-à-vue après une émission de radio sur « quelques dysfonctionnements constatés dans la mise en place de la nouvelle province ». Aux commandes de cette répression sur la presse congolaise, on trouve l’Agence nationale de renseignement (ANR), les services congolais qui font office, pour l’opposition, de « police politique ». En province, l’agence a saisi début août 2015 le matériel de Canal Orient à Kisangani. Cette radio-télévision appartient au député John Ilongo Tokole, un opposant au gouverneur de la province.

 

A Uvira, dans la province du Sud-Kivu, RSF et JED ont dénoncé, toujours en août 2015, l’arrestation de Brinal Nundun, un journaliste de Canal 7 TV. Le journaliste a été interpellé par des agents de l’ANR (toujours elle) et détenu durant 3 jours dans ses cachots. Brinal réalisait un reportage sur les réfugiés Burundais d’Uvira, au siège de l’ONG « Action Ku Saïda ». Son matériel a été saisi. Contacté par JED, Brinal Nundu a déclaré qu’il a été accusé « d’avoir réalisé son reportage dans l’enclos de l’organisation « Action Ku Saïdia » sans l’autorisation préalable de l’ANR. »

 

A 15 mois de la fin du mandat de Joseph Kabila et dans une tension politique extrême, « ce types de pression sont à prendre très au sérieux, selon RSF et JED, dans un pays où 82 journalistes ont été arrêtés ou interpellés entre 2013 et 2014, et où 60 ont été battus et menacés sur la même période dans l’impunité la plus totale ». Journalistes en Danger affirme que la moitié des atteintes à la liberté de la presse en République démocratique du Congo, « sont le fait de personnes identifiables dans l’armée, la police ou encore les services de sécurité qui n’ont pas à craindre des poursuites judiciaires ». Et la situation ne s’améliore pas. Au dernier classement de la liberté de la presse 2015 dans le monde, la RDC est à la 150ème place sur 180. Un peu mieux qu’en 2014, mais moins bien qu’au cours de ces 14 dernières années. En 2002, le Congo était classé au 113ème rang.

 

Economie, Finances…

 

(RDC_11) Radio Okapi – 23/8

 

Le deuxième Airbus A 320 de Congo Airways ne pourra plus arriver à Kinshasa mardi 25 août comme annoncé par les responsables de cette compagnie aérienne nationale. Cet appareil reste bloqué à l’aéroport de Dublin sur une décision de la Haute cour irlandaise, saisie par la société américaine Miminco LLC et deux citoyens américains, John Dormer Tyson et Ilunga Jean Mukendi.

 

Selon la radio irlandaise Radio Teilifis Eireann, les avocats de la partie américaine exigent de l’Etat congolais de payer à leurs clients une dette de 10 millions d’euros. Ces avocats, cités par la radio irlandaise, expliquent que ce litige remonte en 2007. La RDC avait à l’époque accepté au cours d’un arbitrage de payer 11, 4 millions d’euros à leurs clients pour les avoirs dépossédés de leurs deux concessions minières de diamant. Cependant, poursuivent ces avocats, la RDC n’a payé, depuis 2007, que 1, 3 millions d’euros à leurs clients sur le montant qui leur est dû.

 

La décision provisoire de la justice irlandaise empêche à la fois la RDC et Congo Airways d’utiliser cet Airbus A 320, actuellement en cours de travaux à Dublin. D’où la décision du juge irlandais de clouer au sol l’aéronef congolais avant que la partie congolaise, absente lors du procès, ne réagisse.

 

Selon les sources officielles congolaises, le gouvernement s’emploie à régler ce litige pour permettre à cet avion d’arriver à Kinshasa.

 

Lire aussi sous :

http://www.rtbf.be/info/economie/detail_les-deboires-de-la-nouvelle-compagnie-aerienne-nationale-congolaise?id=9060375

 

(RDC_12) Belga – 25/8

 

La compagnie aérienne Korongo Airlines, filiale de Brussels Airlines en RDC, a suspendu ses vols jusqu’au 4 septembre après que son unique appareil, un Boeing 737-300, eut été endommagé au décollage, a-t-elle annoncé sur son site internet. Korongo Airlines a attribué cet arrêt de ses vols aux dégâts subis par le stabilisateur horizontal de son avion qui a été sérieusement touché par des plaques de bitume projetées lors d’un décollage le 19 août de l’aéroport de Mbuji-Mayi, le chef-lieu de la province du Kasaï oriental (centre de la RDC).

 

« Nous sommes contraints d’étendre l’annulation de nos vols jusqu’au 4 septembre 2015 inclus, délai annoncé par les techniciens en charge de la réparation », a précisé la direction de la compagnie congolaise. « Notre avion de remplacement habituellement loué auprès de notre partenaire sud-africain n’étant malheureusement pas disponible nous offrons un remboursement des billets ou une réaccomodation gratuite sur le prochain vol Korongo Airlines disponible pour lequel nous espérons pouvoir rapidement confirmer un horaire », ajoute-t-elle.

 

« Par ailleurs nous poursuivons nos démarches avec les autorités aéronautiques congolaises pour que des mesures urgentes soient prises pour réhabiliter la piste de l’aéroport de Bipemba-Mbuji-Mayi aux fins d’éviter toute répétition, aux lourdes conséquences, de ce type d’incident dans le respect strict des recommandations de l’Organisation internationale de l’Aviation civile » (OACI), conclut Korongo.

 

Basée à Lubumbashi, le chef-lieu de la nouvelle province du Haut-Katanga (sud-est), la compagnie dessert deux destinations domestiques (la capitale, Kinshasa, et Mbuji-Mayi) ainsi que Johannesburg, en Afrique du sud. Korongo ne dispose plus que d’un appareil, un Boeing 737-300 provenant de la flotte de Brussels Airlines, contre trois lors de son lancement en 2012.

 

Le capital de la compagnie est détenu par un holding dans lequel Brussels Airlines possède 50,5% et le Groupe George Forrest International (GFI) – appartenant à l’influent homme d’affaires belge George Forrest, actif dans divers secteurs congolais, en particulier minier et des travaux publics – le solde de 49,5%.

 

(RDC_13) AFP – 27/8

 

La RDC a annoncé jeudi qu’elle prévoyait désormais un taux de croissance de 8,4% pour l’année 2015, contre 9,2% précédemment, à la suite de la baisse des marchés financiers en Chine. »Le déclin des marchés financiers chinois a engendré une réduction de la prévision de croissance de la RDC pour 2015″, qui « passe maintenant à 8,4%, ce qui représente toujours plus du double » du taux de l’économie mondiale, explique un communiqué du ministère des Finances.

 

La RDC, pays parmi les moins développés au monde, est le premier producteur mondial de cobalt et dispute à la Zambie la place de premier producteur africain de cuivre. L’extraction et la transformation de ces deux minerais, très abondants au Katanga (sud-est) et dont la Chine est un grand importateur, sont le moteur de la croissance économique nationale.

 

« En raison de son influence majeure sur les marchés internationaux, la prévision de croissance revue à la baisse de la Chine a réduit les prévisions d’importation et provoqué une baisse du prix du cuivre – une des principales exportations de la RDC -, au plus bas depuis six ans », souligne le ministre des Finances Henri Yav Mulang dans le communiqué.

 

La Chine est un partenaire privilégié de la RDC, mais leur coopération a parfois fait polémique. Meurtrie par deux guerres entre 1996 et 2003, Kinshasa avait signé en 2007 un contrat de neuf milliards de dollars avec un groupement d’entreprises chinoises pour la réhabilitation ou construction de près de 10.000 km de routes et de voies ferrées, deux barrages, des hôpitaux, logements et écoles. En échange, selon l’ONG Global Witness, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles, le gouvernement congolais s’était engagé à fournir aux entreprises chinoises jusqu’à dix millions de tonnes de cuivre et 600.000 tonnes de cobalt. Mi-août 2009, notamment sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) qui craignait un nouvel endettement de la RDC, Kinshasa avait annoncé la révision à six milliards de ce contrat.

 

Relations extérieures

 

(RDC_14) Radio Okapi – 23/8

 

La Mission des Nations unies en RDC (Monusco) n’apportera plus de la nourriture aux ex-combattants hutus rwandais des FDLR, cantonnés au camp Lieutenant général Bahuma (Kisangani), à partir du mois de septembre prochain. Le chef de la mission onusienne, Martin Kobler l’a annoncé samedi 22 août lors de sa visite dans ce camp où sont cantonnés plus de sept cents ex-rebelles des FDLR et leurs dépendants.

 

« La Monusco, pour le moment, nourrit tous les camps de Kamina, Kitona, Kisangani, Kanyabayonga et Walungu. Et on n’a pas d’argent. Il faut trouver une solution pour la nourriture et pour le carburant », a déclaré Martin Kobler. Pour lui, ces ex-combattants FDLR doivent volontairement retourner dans leur pays, le Rwanda. « Ils doivent être rapatriés au Rwanda. C’est très important de trouver une solution. On ne peut pas laisser les gens ici », a indiqué le patron de la Monusco, affirmant avoir discuté avec certains ex-combattants.

 

Ces derniers disent craindre pour leur sécurité une fois de retour au Rwanda. « J’ai parlé avec les adultes, j’ai parlé avec les adolescents. Ils disent :  »Nous craignons d’être tués au Rwanda ». Je leur ai offert, comme la dernière fois, de prendre un petit groupe avec moi pour inspecter les camps au Rwanda, les programmes de réinsertion. Et puis, ils peuvent revenir ici pour raconter leur histoire. Ils n’acceptent pas », explique le chef de la Monusco pour qui ces ex-combattants ont peut-être « un agenda caché ».

 

« Je crois qu’ils ont un agenda politique. Je ne suis pas prêt de parler de la politique. Pour moi, c’est une question humanitaire », a insisté Martin Kobler.

 

Lire aussi sous :

http://www.voaafrique.com/content/les-fdlr-accusent-kinshasa-d-affamer-et-de-priver-des-soins-ses-combattants-demobilises/2925832.html

 

(RDC_15) Belga – 27/8

 

Le nouvel envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs en Afrique, Thomas Perriello, a réitéré la position des Etats-Unis qui tiennent à l’organisation de l’élection présidentielle et des législatives en 2016 en RDC dans le respect de la Constitution interdisant au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, rapporte jeudi la presse kinoise. »Nous avons souligné la nécessité pour les autorités congolaises de respecter la Constitution. Et que les élections législatives et présidentielle soient organisées dans le délai fixé par la Constitution » ;, a indiqué mercredi M. Perriello après avoir rencontré M. Kabila la veille à Kinshasa.

 

Le diplomate américain a affirmé au cours d’une conférence de presse avoir eu des échanges « très productifs » avec le chef de l’Etat congolais avec qui il a discuté des questions d’actualité notamment les élections et la pacification de la partie est du pays.

 

« Le président (américain Barack) Obama a parlé longtemps de la nécessité de respecter la Constitution et l’Etat des droits, car cela est important pour n’importe quel pays », a rappelé M. Perriello, cité par la radio onusienne Okapi et le journal ‘Le Potentiel’ notamment.       L’envoyé spécial de Washington a par ailleurs exprimé la volonté de son pays de travailler avec la RDC pour trouver la solution à la question des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) qui commettent des exactions sur les civils congolais depuis de nombreuses années.

 

Les Etats-Unis s’inquiètent également de la situation politique au Burundi qui risque de « déstabiliser toute la région des Grands Lacs ». « C’est ce qui arrive très souvent quand un dirigeant veut s’accrocher au pouvoir », a souligné M. Perriello, dans une référence au président burundais Pierre Nkurunziza, qui vient d’entamer un troisième mandat controversé ayant plongé son pays dans une grave crise émaillée de violences.

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2015/08/26/actualite/politique/martin-kobler-la-constitution-devra-etre-gardee

http://www.rfi.fr/afrique/20150827-congo-rdc-onu-etats-unis-pression-kabila-elections-novembre-2016-presidentielle-mon

 

RWANDA

 

Relations extérieures

 

(RWA_1) RFI – 24/8

 

Le Rwanda a protesté contre l’arrestation d’une trentaine de ses ressortissants au Burundi. Protestation par une note verbale, dont on a appris l’existence ce week-end par le quotidien pro-gouvernemental, le New Times. Kigali y aurait ajouté une liste de noms et demande des explications. Et ce dans un contexte de tension entre les deux pays.

 

Interrogée sur Twitter, Louise Mushikiwabo explique que son gouvernement a protesté par plusieurs biais. La chef de la diplomatie rwandaise détaille par le biais de l’ambassade du Rwanda à Bujumbura ou même directement auprès du ministère burundais des Affaires étrangères.

 

Sur cette note verbale de protestation figureraient une trentaine de noms de ressortissants et les circonstances de leurs arrestations. Arrestations notamment survenues à la frontière où, par exemple, on aurait fait descendre ces ressortissants rwandais d’un bus. Pas d’ultimatum, ajoute Louise Mushikiwabo sur Twitter. « Le Burundi faisait face à des difficultés complexes, il n’y avait pas lieu d’en rajouter », conclut-elle.

 

Du côté de Bujumbura, on se contente d’expliquer avoir reçu la note verbale lundi 24 août, après donc la parution de l’article dans le New Times, et d’examiner les affirmations rwandaises. « Si vous les interviewez, n’oubliez pas de leur demander des informations sur nos requêtes à nous », rétorquent tour à tour plusieurs officiels burundais.

 

Le Burundi avait officiellement fait part de son déplaisir quant au fait que Kigali accueille trois généraux à l’origine de la tentative de putsch de mai dernier. Mais aussi suite à des informations faisant état d’entraînements de rebelles burundais côté rwandais. Récemment, le parquet burundais disait demander la coopération de ses voisins en vue de l’extradition de certains militaires accusés d’avoir assassiné le général Adolphe Nshimirimana et qui auraient fui. Aucune de ces requêtes n’aurait reçu de réponse, selon plusieurs responsables à Bujumbura.

 

 

 

 

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