Les guerres récurrentes en RDC s’inscrivent dans un plan de réduction de la population mondiale
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Cet article est extrait d’un texte du Pr Stanislas Bucyalimwe Mararo, qu’il a présenté dans une conférence sur l’Est de la République Démocratique  du Congo, IOB, 23  septembre 2015.

J’appartiens au premier petit groupe d’intellectuels du territoire-mouroir  de Masisi où des massacres politiques et ethniques massifs ont été perpétrés entre 1962 et 1965, où des spoliations foncières accompagnées d’atroces violences ont été systématiques durant les années 70 et 80 et  où  l’actuelle guerre de la RDC a été déclenchée en mars 1993. J’ai la chance ou la malchance d’avoir vécu tous ces drames.

Je suis l’un des premiers Kivutiens qui avaient compris à l’époque que cette guerre qui venait d’être déclenchée avait une dimension régionale et internationale. La majorité des Kivutiens s’en sont rendus compte après novembre 1996 et la majorité des citoyens d’autres provinces après mai 1997. Pire, il y a jusqu’aujourd’hui des gens au Kivu pour qui l’agression du pays n’a commencé que le 02 août 1998[1]. J’y fais allusion pour deux principales raisons: d’abord montrer que la RDC connaît une seule guerre depuis mars 1993 car les acteurs majeurs (visibles et invisibles) sont les mêmes; ensuite, rappeler que. nous comprenons et nous réagissons aux événements souvent en retard et que, finalement, l’esprit d’anticipation nous manque beaucoup.

Mon parcours scolaire et professionnel m’a permis de bien comprendre le rôle de la Belgique et des Etats-Unis dans l’histoire de la RDC ou, mieux, le poids de Washington et de Bruxelles dans les malheurs récurrents de la RDC. Pour paraphraser Michel Chossudvosky, en RDC, nous appartenons à cette humanité victime de la “longue guerre” que, dans leur folie de grandeur, les Etats-Unis ou les oligarques mondialistes mènent depuis 1991[2] . (…)

D’emblée, je dois souligner que ce qui se passe dans le pays est l’application d’un vaste plan échaffaudé dans certaines officines occidentales.

Le premier enjeu  est de modifier les frontières; raison pour laquelle le Rwanda et l’Ouganda occupant les zones frontalières depuis octobre/novembre 1996 et l’ONU n’a jamis voulu placer ses troupes à la frontière entre la RDC et ces deux pays depuis leur arrivée en  décembre 2000.

Le deuxième est le contrôle des richesses de cette région que bien d’études ont analysé avec clarté et l’acquisition des espaces verts. Le troisième enjeu est le dépeuplemen par plusieurs stratégies: massacres massifs et récurrents; soustraction des populations ciblées du secteur producteur avec comme consequence:

– la concentration des réfugiés internes dans des camps des déplacés (plus de 3 million en ces jours) où ils dépendent de l’aide humanitaire qui, souvent, vient à comptes gouttes et sont soumis au contrôle de leurs “bienfaiteurs”;
– l’errance sans fin de ceux et celles qui n’ont pas trouvé des places dans les camps, les forêts étant leur dernier refuge;
– les expulsions et l’exil forcé hors du pays et de la région;
– les viols perpétrés par les militaires et autres guerriers sidéens[3] ;
– la paupérisation comme mode d’hégémonie;
– la violence comme mode de gouvernement.

Ce dépeuplement n’a rien de hasardeux ni de particulier; il s’inscrit dans  le plan de la réduction drastique de la population mondiale (“à moins de 500 millions”) mis en marche par les mondialistes[4].

Le professeur Ken Smail est clair là-dessus lorsqu’il affirme ceci: ‘‘Si l’on regarde au-delà des inquiétudes à court terme qui ont empoisonné les débats sur la population au niveau politique, il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation à long terme nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, comme on l’a estimé, sur les 50 prochaines années, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation”[5].

Si l’on évaluait le nombre des vies emportées par les régimes répressifs et les guerres  en cours dans l’Afrique des Grands Lacs (Sud-Soudan, Burundi, Ouganda, Rwanda, et RDC) depuis le début des années 80 jusqu’en 2015, on verrait qu’on est plus dans le monde des fictions. Des morts qui se comptent en des millions et des millions (de 12 à 15 millions tout au moins et dont plus de la moitié sont enregistrées en RDC ) et qui n’émeuventt personne dans la sphère des puissants de ce monde! C’est tout un symbole.

Ce qui ne ressort pas directement de ce qui défile sous nos yeux et qu’il  conviendrait d’avoir à l’esprit dans le débat qui va suivre est de deux ordres:

– La constitution de l’Etat congolais  s’est faite de l’Ouest vers l’Est dans le cadre de l’ application du projet colonial européen dans les territoires qui formaient ce qui fut appelé “Bassin Conventionnel du Congo” à la fin du 19ème siècle.

– Aujourd’hui, son existence est menacée à partir de l’Est dans le cadre de l’applicaton du projet néo-colonial américain appelé “Great Horn of Africa Initiative’’ ou tout simplement la Grande Corne de l’Afrique) mis au point par l’Administration Bill Clinton en décembre 1994.

Stanislas Bucyalimwe Mararo, PhD.

Lire tout le texte : Conférence du 23 septembre 2015 sur l’Est de la RDC


[1] “Pourquoi mourir au Kivu?”, Canadian Journal of African Studies / Revue Canadienne des Études Africaines Vol. 36, No. 1 (2002), pp. 35-78.
[2] The Globalization of War: America’s « Long War » against Humanity. Global Research, February 16, 2015.
[3] P.W. Singer, “Aids and international security . Brookings Institution Foreign Policy Studies Program”, in Survival, Vol. 44, No. 1, Spring 2002, pp. 145-15;
[4] Susan George, The Lugano Report. On Preserving Capitalism in the 21st Century. Pluto Press, 1999; Global 2.000- Projet de Dépopulation. Le Nouvel Mondial 2007.
[5] “Réduction de la population mondiale: faire face à  l’inévitable”,
www.terresacree.org/population.htm

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