Rwanda : Une illustration du phénomène « hutu de service » 
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Alain Mukuralinda, après avoir fait condamner Victoire Ingabire, jette l’éponge et se replie… aux Pays- Bas !

Jusqu’au 04 novembre 2015, Alain Mukuralinda était magistrat au Parquet de Kigali où il était entré en 2002 après son retour d’exil de la Belgique où il vivait et avait acquis la nationalité belge. Au Parquet de Kigali dont il était le porte-parole, il dirigeait souvent l’équipe de l’Accusation dans les grands procès politiques. C’est ainsi qu’il a été l’« accusateur principal », comme Procureur, dans le procès de madame Victoire INGABIRE Umuhoza, p résidente du parti FDU-Inkingi.

Qui est Alain Mukuralinda ?

Alain Mukuralinda est originaire de Kigali-Ngari. Il a fait ses études secondaires au collège de Rwamagana qu’il a terminées en 1990. En 1991, il entama des études de Droit à l’Université de Louvain-La-Neuve en Belgique où il a décroché une licence en Droit.

Points focaux dans sa carrière de juriste

En 1999, il fut inscrit au barreau de Bruxelles mais il aurait été rayé peu de temps après (mai 2000) suite à une faute professionnelle. C’est alors qu’il rentra au Rwanda en 2002 pour être embauché au Parquet. Il gravira alors tous les échelons jusqu’au poste qu’il occupait avant sa démission de ce mois.

Alain Mukuralinda se rendra célèbre au Parquet de Kigali par  son instrumentalisation dans le procès de Victoire Ingabire. L’on se souviendra en effet que c’est lui qui dirigeait l’équipe d’accusation dans ce procès inique et politique. Le pauvre « hutu de service »Alain Mukuralinda ne faisait que lire et exhiber de faux  documents fabriqués par les Renseignements Militaires (DMI) et dont le caractère de faux grossiers sautait aux yeux de tout observateur sauf aux yeux d’Alain Mukuralinda qui devait s’exécuter. Même les témoins qui lui furent donnés par les enquêteurs pour qu’il les présente étaient si maladroitement « techniqués » que la Cour gênée a dû à plusieurs reprises suspendre la séance pour lui permettre d’être recadré par les Renseignements Militaires. Comme par exemple ces soi-disant Majors, Colonels etc… des FDLR qui devaient affirmer qu’ils avaient été sous les ordres ou reçu des fonds da la part de Victoire Ingabire alors qu’ils ne l’avaient jamais aperçu de leur vie avant la tenu de ce procès.

Ayant bien joué son rôle déshonorant, Mukuralinda recevra les félicitations de ses maîtres et madame Victoire Ingabire, Présidente du Parti FDU-Inkingi, fut condamnée à 15 ans de réclusion qu’elle purge dans la prison-mouroir de Kigali dite « 1930 ». Après leurs prestations, ces malheureux témoins malgré eux, ayant été symboliquement condamnés alors qu’ils s’accusaient de crimes graves, furent, sur demande d’Alain Mukuralinda, libérés et même pour certains indemnisés.

Humiliations quotidiennes et frustrations à faire craquer le plus coriace des caïds

Moins de 2 ans après avoir fait condamner Victoire Ingabire, Alain Mukuralinda vient de jeter l’éponge. D’aucuns se demandent pourquoi cette démission alors que sa carrière semblait être bien lancée et que même d’autres le voyaient déjà  « Procureur général » ? Ceux qui le côtoyaient tous les jours à Kigali décrivaient un homme blessé et régulièrement humilié par ses collègues et leurs compagnes. A plusieurs reprises et en public, celles-ci n’hésitaient pas à l’interpeller, quelque fois en présence de son épouse, en lui demandant comment il a pu épouser « une guenon », entendez par là une hutue. Il faut dire qu’Alain Mukuralinda est marié à la fille de l’ancien ministre des Travaux Publics Félicien Gatabazi assassiné par le FPR en février 1994.

Mais tout n’est pas négatif dans cette aventure d’Alain Mukuralinda à Kigali. Il a pu en effet récupérer tous les biens immeubles dans Kigali, oh combien abondants, de sa famille et qui risquaient d’être saisis comme il en est le cas pour les biens des exilés. Si cet exploit n’est pas contrarié par le régime après sa défection, il sera à l’abri du besoin pour le reste de ses jours où qu’il se trouve, en Belgique ou aux Pays Bas comme il l’a fait entendre sans que l’on sache pourquoi car aux dernières nouvelles, sa famille élargie (père et mère, frères et sœurs) était toujours domiciliée en Belgique tandis que sa famille nucléaire était toujours avec lui à Kigali.

Alain Mukuralinda revient en Europe où il va croiser journellement les proches des personnes qu’il vient de laisser derrière lui dans les geôles de Kigali. Au premier rang Victoire Ingabire qui, outre les membres de sa famille, a des milliers de partisans dans le Benelux. Que va-t-il leur dire ? Pourra-t-il avoir le courage de se confesser et de demander pardon ? Wait and see !

Jean-Jacques Karamira

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