Rwanda. Le procès de Victoire Ingabire est politique, n’en déplaise à Mehdi Ba!
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L’article publié par Mehdi Ba dans « Jeune Afrique » du 25/11/2015 contient trop d’amalgames et transpire une partisannerie affichée pour la dictature de Paul Kagame. Au cours des audiences, Victoire Ingabire a prouvé, au-delà de tout doute raisonnable, que les charges retenues contre elles n’étaient étayées par aucune preuve ni de  fait vérifiable  que ce soit. Ce qui révèle un procès purement politique.

Pour des organisations internationales crédibles, le procès contre Victoire Ingabire est politique

Pour des raisons louches et inavouées, Mehdi Ba, dans son article, va à l’opposé des positions claires et réfléchies des organisations internationales crédibles comme le Parlement européen, Amnesty International ou Human Rights Watch.

Par sa résolution 2013/2641(RSP), le Parlement européen a condamné sans aucune ambiguïté le caractère politique du procès de Victoire Ingabire.

Dans son article du 25 mars 2013, Amnesty International souligne qu’il « a recueilli des informations selon lesquelles des détenus ont été soumis à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements au camp Kami. Le fait qu’au moins deux hommes jugés en même temps que Victoire Ingabire y aient été incarcérés pendant des mois avant de l’incriminer nous inspire de graves inquiétudes et doit donner lieu à une enquête ».
Cette ONG ajoute : « Le procès en première instance de Victoire Ingabire a été entaché d’irrégularités, et les normes internationales ont été bafouées ».
Enfin, « après avoir examiné les éléments de preuve produits lors du procès, Amnesty International ne voit pas ce qui prête à penser que Victoire Ingabire avait l’intention d’inciter à la violence ou à la haine à l’égard d’une ethnie ».

Dans sa publication du 30/10/2012, Human Rights Watch déclare : « Le verdict de culpabilité prononcé le 30 octobre 2012 dans le procès contre une dirigeante de parti d’opposition, Victoire Ingabire, est l’aboutissement d’un procès marqué par des irrégularités et par des chefs d’accusation à caractère politique ».

Mehdi Ba à la rescousse de la dictature. A quel prix ?

Victoire Ingabire a consigné ses notes dans un livre

Victoire Ingabire a consigné ses notes dans un livre

Le journaliste de « Jeune Afrique », Mehdi Ba avait déjà perdu de sa crédibilité depuis qu’il s’est propulsé aux avant-postes dans le combat médiatique que doit mener la dictature de Paul Kagame pour occulter ses crimes. A chacune de ses sorties sur le Rwanda, Medhi Ba apparaît plus qu’un militant zélé du parti-Etat FPR du dictateur Kagame qu’un journaliste d’un organe de presse panafricain basé à Paris. Mais dans le cas de la prisonnière politique Madame Victoire Ingabire, Medhi Ba a vraiment touché le fond. Appelé en rescousse pour éteindre l’incendie que constituerait l’émoi soulevé dans certains milieux occidentaux par le martyr de cette Aung San Suu Kyi rwandaise. Mehdi Ba ne recule devant aucune stupidité pour remplir sa part du contrat de communication.

Péché originel

Pour culpabiliser tous les Hutu du crime de « génocide », même des enfants nés après 1994 ou des personnes qui n’étaient pas au Rwanda à cette époque, le régime a trouvé une astuce que les instances du parti doivent répandre à travers des campagnes politiques. Ainsi, les enfants hutu doivent se sentir coupables des crimes commis par leurs parents. S’ils ne sont pas poursuivis pour cela, c’est uniquement par miséricorde de Paul Kagame et de son FPR. Conséquence : tous les Hutu doivent se taire, vivre tête baissée et raser les murs, ou alors …être arrêtés, jugés et lourdement condamnés. Dans sa tentative de défendre l’indéfendable, à savoir le postulat : Victoire Ingabire ne serait pas une prisonnière politique, Mehdi Ba ne pouvant trouver aucun argument juridique qui tienne la route se rabat sur la trouvaille du régime du FPR : accuser Victoire Ingabire du « péché originel de génocide » !

En effet notre brave « journaliste »  rappelle que la mère de Victoire Ingabire a été condamnée par contumace pour génocide par les fameux tribunaux « Gacaca ». Et alors de s’écrier que la présidente du Parti FDU-Inkingi est aussi coupable dé génocide parce que sa mère en a été condamnée ! Même en omettant de préciser, comme le fait Mehdi Ba,  que cette condamnation est intervenue après l’arrestation de Victoire Ingabire justement pour servir dans la mascarade de procès qui devait la condamner, il est honteux qu’un prétendu intellectuel africain ose recourir à ce genre d’arguments pour défendre une des dictatures les plus sanguinaires du continent.

Manipulation et mauvaise interprétation des propos des victimes

On savait que les services de renseignements militaires du régime FPR sont passés maîtres dans la manipulation de l’opinion notamment en présentant les propos des personnalités visées sous une fausse interprétation et souvent l’opinion occidentale mord à l’hameçon. Ainsi, il est passé dans l’histoire que le président Juvénal Habyarimana aurait déclaré que « … les accords d’Arusha n’étaient que des chiffons de papier », donc qu’il ne les appliquerait pas. Ceux qui l’affirment se basent sur un discours prononcé en … 1992 quand les négociations venaient à peine de commencer et qu’aucun accord n’avait encore été signé. Les accords d’Arusha ne furent signés qu’en .. . août 1993 ! Personne ne se pose la question de savoir le pourquoi de cet anachronisme. La vérité étant que le président Habyarimana donnait un conseil de sage aux négociateurs pour qu’ils le fassent du fond du cœur car si non il en sortirait non pas des Accords de paix mais de simples mots gravés sur le papier. Aucun chef d’Etat au monde entier ne peut être condamné ou même critiqué pour avoir donné un tel conseil de bon sens aux deux parties en conflit qui s’engagent dans des négociations.

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire

Mais le FPR, aidé en cela par des journalistes comme Mehdi Ba, s’en est servi et s’en sert encore pour accabler feu le président Juvénal Habyarimana. Cette fois-ci encore, Mehdi Ba se sert de ce subterfuge pour présenter Victoire Ingabire comme une criminelle de droit commun et non une opposante politique. Le « journaliste » fait état d’un document dans lequel Victoire Ingabire préconiserait la lutte armée. Ce qui serait suffisant pour la faire condamner.

Or, dans cette note en question, la présidente du parti FDU-Inkingi avertit, comme peut le faire n’importe quel acteur politique souhaitant la paix pour le Rwanda, que la situation caractérisée par des exécutions extrajudiciaires, des emprisonnements arbitraires, des tortures et disparitions doublées du refus catégorique du régime d’ouvrir l’espace politique, un régime qui ne supporte pas la moindre critique… cette situation ne pourrait conduire à moyen ou long terme qu’à une guerre. Ce qui constitue une analyse judicieuse et des conseils de sage. Mais dans le Rwanda du dictateur Paul Kagame, ceci constitue «  une preuve irréfutable »  du crime d’« atteinte à la sécurité de l’Etat et de terrorisme ».

Une telle interprétation venant d’une dictature comme celle qui écrase le Rwanda depuis 1994,  peut être compréhensible tout en restant inadmissible. Mais là où cela dépasse tout entendement, c’est quand  elle est reprise par un soi-disant intellectuel et journaliste africain. Hélas ! Mehdi Ba vient de toucher le fond et se ridiculise, car il n’avait plus aucune crédibilité en tant que journaliste tout comme son organe de presse d’ailleurs qu’est « Jeune Afrique ».

Désormais, leur rôle est de nuire et pas du tout d’informer. Mais de tout temps et sous toutes les latitudes que ce soit Nelson Mandela ou Aung Sa Suu Kyi, les régimes qui les enfermaient entre quatre murs durant des années, avaient toujours des relais médiatiques comme Mehdi Ba et son « Jeune Afrique » pour justifier leur cruauté et le calvaire qu’ils faisaient subir à ces innocents.  Les thuriféraires encore en vie du régime d’Apartheid  en Afrique du Sud ou de la dictature militaire en Birmanie  vivent désormais dans la honte et le déshonneur.

Que Mehdi Ba en médite avant de claironner des louanges au dictateur en accablant ceux qui luttent pour la démocratie au Rwanda!  C’est pourquoi les partisans de Victoire Ingabire ainsi que d’autres personnes éprises de justice et de démocratie ne doivent pas être découragés ni distraits par les journalistes dévoyés de la trempe de Medhi Ba.

Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse

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2 commentaires
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Semanzi Paulin / 27 novembre 2015 à 9 h 11 min

Jeune Afrique est un journal pourri en voie de disparition. A cause de l’internet, beaucoup de journaux vont faire faillite. Jeune Afrique, lui, a choisi de se mettre au service des dictateurs comme Kagame. L’ argent que Kagame dépense pour ce journal est de l’argent perdu car très peu de gens lisent ces conneries et moins encore personne n’est prête à payer un sous pour ce Journal corrompu! Quand à moi, même gratuit, je ne lis pas ce que Jeune A FRIC écrit.
Le malheur du peuple rwandais fait non seulement le bonheur de Kagame, de certains occidentaux (Blair, Clinton, Michel ) , des blancs menteurs, mais aussi de journalistes corrompus tels que Jeune A FRIC. Un ami togolais m’a dit que ce qui en souffre peuvent aussi apporter leur contribution: ne pas lire Jeune A FRIC. Depuis, je ne lis aucun article de ces vautours.

CESAR / 28 novembre 2015 à 0 h 36 min

Monsieur Mehdi Bâ est un français, d’ethnie Peul. Selon lui, les Tutsi rwandais sont des frères des Peuls. C’est en raison de ses liens de fraternité qu’il s’est autoproclamé défenseur des intérêts des Tutsi partout où ils sont, le tout au mépris des règles élémentaires qui gouvernent sa profession. Il est frappé d’un dysfonctionnement intellectuel caractérisé. La parfaite illustration est ses divagations colportées à grande échelle via Jeune Afrique, son employeur et autres médias occidentaux dont Golias, le réseau Voltaire, animé par le groupe Chrétien Jean-Pierre, Dupaquier et consorts. Il a maintes fois fait le tourisme ici au Rwanda. Ce même Monsieur a pitoyablement et cyniquement osé dire que le président Habyalimana été tué par les extrémistes Hutu de son camp en tête Colonel Bagosora Théoneste, ex-directeur de cabinet du Ministre de la Défense et partant un haut fonctionnaire, au seul motif qu’il voulait partager le pouvoir avec ses frères tutsi. Mais lorsque ce même Colonel Bagosora a été définitivement acquitté du chef d’accusation relativement à la planification du génocide des Tutsi et conséquemment à son exécution d’une part et quand Kagame a avoué publiquement son crime contre Habyalimana et autres d’autre part, Monsieur Bâ a avalé sa langue. Sa malhonnêteté intellectuelle est intrinsèquement sui generis. Les Rwandais qui ont lu ou lisent ses galimatias ont même observé que ce même individu a, sans vergogne, osé expressément affirmer que les dirigeants français à l’époque des faits au Rwanda ont commis le génocide contre les Tutsi rwandais. Mais lorsqu’il s’agit préciser le fondement de ses imputations ou citer ses sources, il sèche.
Bref, Monsieur Bâ prétend être défenseur des intérêts des Tutsi plus que les intéressés eux-mêmes. Son employeur étant la voix du parti-Etat qu’est le FPR et du régime de Kigali sous la direction de Kagame à titre onéreux, il reçoit naturellement des primes pour ses écrits truffés de contrevérités, des divagations, infamies et galimatias en tous genres. Il n’est pas encore médaillé par Kagame pour les services faits. Comme celui-ci va bientôt s’autoproclamer président à vie de notre pays ou le Roi du Rwanda sous le nom de Kagame Premier, Monsieur Bâ espère être récompensé pour ses exploits au bénéfice de ses frères.
Le danger pour ce genre d’individu c’est que ceux qui ne le connaissent pas en particulier les jeunes étudiants français et africains francophones ou qui ne s’informent pas prennent ses affabulations pour les saintes écritures. Il est pris pour spécialiste du Rwanda et du Burundi et partant une référence incontestée à l’instar de Dupaquier Jean-François et de Jean-Pierre Chrétien.
Par conséquent, les Rwandais de l’extérieur qui ont les moyens de réagir doivent tout faire pour annihiler la nocivité de Monsieur Bâ. Il a trop fait de mal contre certains réfugiés rwandais en France dont le Père Wenceslas Munyeshyaka, la veuve Habyalimana, Colonel Serubuga Laurent, Docteur Rwamucyo Eugène et autres. Seul le Plus Haut connaît le sort de ses enfants.In fine, ses méfaits ont été inopérants car aucun de ses gibiers n’a été expédié à son frère Kagame.

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