Actualité des Grands-Lacs. – Semaine du 26 décembre 2015 au 1er janvier 2016
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Au Burundi, où un lot important d’armes a été à nouveau saisi au nord de la capitale (BUR_1), où des fosses communes de victimes des événements du 11 décembre auraient été découvertes par des habitants, ce que dément la police (BUR_2) et où la tension reste vive dans certains quartiers de la capitale (BUR_2_1), la situation politico-diplomatique reste confuse.

Bien que des contacts préliminaires auraient été renoués à Entebbe entre le régime et les opposants, ce dont se félicite la présidente de l’Union Africaine qui appelle aussi le président burundais à autoriser le déploiement d’une force de l’union dans son pays bien que le Conseil de sécurité n’a toujours pas arrêté sa position et que l’on ne sait comment cette opération pourrait être financée, la position de régime reste inflexible. Il a ainsi refusé la date du 6 janvier et le lieu (Kampala ou Arusha ?) du lancement de véritables négociations et a certifié qu’il répondra par la force à tout déploiement de troupes de l’UA : le gouvernement a d’ailleurs initié une manifestation populaire contre toute intervention d’une force de paix africaine.

Certains observateurs soulignent le rôle ambigü du président Museveni comme médiateur et l’absence de toute autre alternative que des négociations (BUR_3) (BUR_4) (BUR_5) (BUR_6).

En RDC, le processus électoral reste toujours aussi incertain. Alors qu’un dirigeant de l’opposition accuse le président Kabila de multiplier les obstacles pour sa tenue et annonce une mobilisation populaire pour le 19 janvier pour commémorer la répression de janvier dernier, les évêques catholiques se montrent inquiets de l’impasse de ce processus et veulent relancer un dialogue qui « ne contredise pas la constitution » (RDC_6). Les évêques ont aussi reçu le nouveau président de la CENI qui leur a signifié que 2016 serait une année électorale (RDC_7).

Quant au président congolais, il a annoncé, au cours de ses vœux à la nation, que l’année 2016 sera « une année de multiples défis », évoquant surtout celui de la paix, mais n’a fourni aucune indication sur son propre avenir politique (RDC_7_1).

De son côté, la mission internationale d’observation électorale exige des autorités qu’elles dotent la CENI de moyens financiers appropriés (RDC_11).

Dans le domaine de la sécurité, un nouveau commandant en chef sud-africain a été nommé à la tête de la MONUSCO en remplacement du général brésilien dont le mandat était venu à terme (RDC_1).

Sur le terrain, deux affrontements ont eu lieu entre les combattants de l’ADF et les FARDC dans le territoire de Beni (RDC_3) : à propos des attaques meurtrières de l’ADF, la France serait disposée à déployer 300 soldats pour former une unité anti-terroriste congolaise (RDC_10).

Toujours au Nord Kivu, MSF annonce la suspension de ses activités médicales à Mweso en territoire de Masisi pour des raisons de sécurité (RDC_2).

On notera aussi que des hostilités ont eu lieu entre deux groupes rebelles, des Maï-Maï de l’UPDI et des combattants FDLR, au sud de Lubero (RDC_5).

Au Sud Kivu, on relèvera des affrontements entre des rebelles Raïa Mutomboki et les forces armées dans le territoire de Kalehe (RDC_4).

Dans le domaine de la justice, un officier des FARDC est poursuivi par l’auditorat militaire de Bunia pour crime de guerre et meurtre (RDC_8).

Par ailleurs, l’association Reporters sans frontières invite les autorités congolaises à empêcher l’extradition d’un journaliste burundais de la radio indépendante détenu à Kinshasa « pour raisons sécuritaires » (RDC_9).

Enfin, le président congolais a accordé une remise totale de peine à neuf membres de la secte Bundu dia Kongo qui avaient été condamnés en 2008 pour ne pas reconnaître l’autorité de l’État, pour s’attaquer régulièrement à ses agents et pour appeler à chasser les « non-originaires » de la province du Kongo Central (RDC_9_1).

Au Rwanda, le président Kagame a annoncé comme attendu sa candidature pour un troisième mandat comme le lui permet une constitution récemment révisée par référendum (RWA_1).

Dans le domaine de la justice, le TPIR a officiellement clôturé sa mission dont le bilan est mitigé, beaucoup de crimes étant restés impunis selon l’ancienne porte-parole du tribunal : les dossiers en suspend seront transmis à un Mécanisme pour les tribunaux internationaux (RWA_3).

Par ailleurs, une cour d’appel de Francfort a condamné à la prison à vie pour sa participation au génocide de 1994 un ancien maire d’une agglomération du nord-est du Rwanda (RWA_2)

BURUNDI

Sécurité, Armée…

(BUR_1) RFI – 30/12

Kalachnikovs, lance-roquettes, munitions et même obus de mortiers… La police burundaise a opéré une importante saisie d’armes ce mardi, dans le quartier de Ngagara, une quinzaine de jours après les attaques contre des camps militaires dans la capitale et la répression sanglante qui s’en est suivie.

« Voici les endroits où l’on a découvert les armes. » Des trous dans le sol, des armes couvertes de terres. Les armes ont été déterrées dans le quartier de Ngagara, dans le nord de Bujumbura. Elles avaient été enterrées autour d’un local de quartier de la Regideso, la compagnie de distribution d’eau et d’électricité ou cachées dans des broussailles environnantes.

Devant des policiers et des militaires, le porte-parole de la police présente les lieux et les armes aux journalistes. « L’opération continue, on peut toujours trouver d’autres armes », commente-t-il. Un militaire continue de couper des ronces pour trouver des armes qui leur auraient échappés.

Deux personnes avaient été arrêtées la veille, confirme le porte-parole de la police. Mais selon plusieurs sources et notamment au sein des services de sécurité, six autres, des voisins, ont été interpellés et transférés d’abord au poste de police de Cibitoke puis au commissariat municipal. Selon des membres des familles, ils n’ont rien à voir et ont juste été arrêtés parce que leurs maisons se trouvaient à proximité.

(BUR_2) RFI – 30/12

Au Burundi, des habitants de Bujumbura s’inquiètent de l’existence de présumées fosses communes, suite aux événements du 11 décembre. Des camps militaires avaient été attaqués et une répression sanglante s’en était suivie. Le porte-parole de l’armée avait parlé de « 79 ennemis tués ».Des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme avaient évoqué un bilan plus lourd, notamment la FIDH qui avait, en guise de bilan provisoire, fait état de 154 morts et d’environ 150 jeunes portés disparus. Des familles de la capitale se plaignent toujours de ne pas retrouver leurs proches.

Pour les autorités, notamment locales, il n’y a pas de mystères. Des corps non identifiés provenant de Nyakabiga, Ngagara et Musaga ont été enterrés le 12 décembre vers 11h dans les cimetières de Kanyosha et Mpanda. Tous des assaillants ou leurs complices inhumés dans la foulée des attaques de casernes du 11 décembre, affirme le gouvernement. 58 personnes au total. Mais pour cet homme qui travaillait à proximité du cimetière de Mpanda quand des corps ont été enterrés, les choses ne sont pas si simples. « Les gens n’en parlent pas parce que les policiers qui étaient là ce jour-là ont intimidé ceux qui se trouvaient là, raconte-t-il. Un des agents qui accompagnait les services municipaux nous a dit que c’était un secret entre nous et la commune. »

Ce témoin dit avoir vu 25 corps répartis dans cinq fosses situées à deux pas du carré VIP du cimetière. Ce chiffre correspond à peu près à celui donné par les autorités qui démentent le caractère secret. On n’aurait pas fait ça en plein jour et devant témoin, explique un officiel.

Autre témoin, autre site : trois tombes, cette fois plus éloignées du cimetière officiel, en lisière de forêt. Des herbes commencent à peine à repousser. Ce témoin raconte ce qu’il a vu le 11 décembre et sa conviction qu’il s’agit bien de fosses communes.

Le porte-parole de la police dément que des policiers aient pu enterrer des corps. C’était le travail de l’administration, affirme-t-il. « Qu’ils vous disent où il y a des fosses communes et on va y aller ensemble pour vérifier. Est-ce qu’il peut y avoir des fosses communes qui ne sont pas connues par les forces de l’ordre ? Ce n’est pas possible », assure-t-il. « L’enterrement de cadavres, cela relève de l’administration, pas de la police, rappelle encore le porte-parole. Et je pense que le porte-parole du ministère de l’Intérieur s’est exprimé. Il a dit comment avaient été enterrées les personnes qui avaient été tuées lors de l’attaque du 11 décembre. » « La police n’enterre pas les gens, insiste-t-il. L’enterrement c’est une tâche de l’administration et le porte-parole du ministère de l’Intérieur s’est exprimé là-dessus. »

D’autres officiels mettent en garde contre le risque de manipulation. Le ministre burundais des Droits de l’homme avait notamment mis en garde ce week-end contre la diffusion de fausses photos sur les réseaux sociaux où l’on voyait des corps être déchargés dans des trous. Des photos plus anciennes, affirmait-il. Mais si ces quinze corps existaient bel et bien dans le deuxième site visité par RFI, ils n’entreraient pas dans la comptabilité officielle.

Du côté des Nations unies, comme de l’Union africaine, on dit enquêter sur ces allégations, mais des sources au sein des deux organisations disent ne pas avoir encore pu accéder aux sites dont parle la population, soit par absence d’autorisation, soit parce que ces sites seraient surveillés.

La société civile locale enquête également sur ces allégations. Elle a pu visiter plusieurs sites présumés et identifié des témoins.

(BUR_2_1) RFI – 31/12

Cette fin d’année au Burundi se déroule dans un contexte de tension notamment dans certains quartiers contestataires de Bujumbura. Après les violentes répressions du 11 décembre dans la capitale, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dresse un bilan provisoire de 154 morts et d’environ 150 jeunes portés disparus. Des chiffres contestés par l’armée. Les forces de l’ordre, qui ont mis la main sur des caches d’armes mardi, se félicitent même de la collaboration de la population alors que de leur côté, les habitants dénoncent des abus.

Du point de vue de la police, c’est un simple fait divers, des voleurs s’en seraient pris à un ressortissant d’un autre quartier, Kamenge. « Mais nous avons pu récupérer l’argent et ils ne sont partis qu’avec la carte d’identité », explique un officier. S’en est suivi, toujours selon la police, une course poursuite dans le quartier. La police aurait alors tiré quelques coups de feu avant qu’un homme soit interpellé.

Mais dans cette rue, plusieurs maisons ou parcelles ont les portes ou vitres fracturées, matelas retournés, les rares meubles ouverts, le contenu sorti. Et beaucoup de colère comme ces femmes qui refusent de témoigner au micro, mais qui finissent par expliquer que la police serait venue à nouveau chercher les garçons ou les hommes de la maison. « Il n’y en a plus ici, ils ont été tués, arrêtés ou ont fui, dit une mère effondrée. Regardez vous-même, il n’y a que des femmes sur cette parcelle, ce n’est pas vraiment les hommes qu’ils viennent chercher », dit-elle, encore tremblante, les larmes aux yeux.

Un haut responsable de la police dément les accusations de vol et autres abus. Pour lui, les habitants couvrent des criminels et cherchent juste à discréditer la police en se faisant passer pour des victimes.

Vie politique…

(BUR_3) AFP – 26/12

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à l’appel du gouvernement burundais samedi à Bujumbura contre le projet de déploiement d’une force de l’Union africaine (UA) dans ce pays plongé dans une grave crise politique, ont rapporté des témoins.

D’autres manifestations étaient organisées dans toutes les provinces du Burundi, également à l’appel du ministère de l’Intérieur.

« Le gouvernement via le ministère de l’Intérieur et de la Formation patriotique a appelé tous les Burundais patriotes à faire une marche manifestation aujourd’hui à travers tout le pays pour dire non à la venue de troupes de l’UA car le Burundi est un pays indépendant capable de protéger sa population », a déclaré le porte-parole du ministère, Therence Ntahiraja, à l’AFP.

À Bujumbura, où le gouvernement semble avoir peu mobilisé, quelques centaines de militants du parti au pouvoir ont défilé depuis la Place de l’indépendance, dans le centre de la capitale, jusqu’au bord du lac Tanganyika sous la protection de dizaines soldats et policiers fortement armés.

Un journaliste de la presse internationale a parlé d’environ 500 manifestants alors que le porte-parole de l’Intérieur évoquait « une grande foule ».

Les manifestants brandissaient des pancartes fustigeant la présidente de la Commission de l’UA: « le peuple burundais dit non à la manigance de Mme Dlamini Zuma » ou encore « les forces de l’UA égalent une recolonisation » du Burundi.

Relations extérieures

(BUR_4) Belga – 25/12

La présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini Zuma, s’est félicité vendredi de la reprise imminente du dialogue inter-burundais, prévue lundi en Ouganda, tout en appelant le président Pierre Nkurunziza à autoriser le déploiement rapide d’une mission de paix africaine au Burundi, plongé dans une grave crise politique.

Mme Dlamini Zuma a assuré dans un communiqué continuer de suivre de près la situation au Burundi et les efforts visant à trouver une solution rapide et pacifique à la crise actuelle, née de la contestation d’un troisième mandat de M. Nkurunziza. « Dans ce contexte, elle se félicite de la reprise imminente du dialogue inter-burundais, prévue à Entebbe, en Ouganda, le 28 décembre », sous les auspices du président ougandais Yoweri Museveni, ajoute le communiqué, reçu à Bruxelles.

La présidente de la Commission de l’UE a appelé toutes les parties prenantes burundaises « à apporter leur entière coopération à la Médiation et à placer l’intérêt de leur pays et de son peuple au-dessus de toute autre considération ». Elle a écrit à M. Nkurunziza pour solliciter l’accord du gouvernement burundais en vue du déploiement rapide de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) et de la mise en œuvre effective de son mandat.

Dans sa lettre, Mme Dlamini Zuma souligne encore que l’UA n’a d’autre objectif que d' »aider le gouvernement et le peuple burundais à un moment où la nécessité d’une telle assistance se fait ressentir de façon pressante », conformément à son engagement à promouvoir « des solutions africaines aux problèmes africains ».

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20151225-burundi-mission-impossible-union-africaine-nkurunziza

http://www.thecitizen.co.tz/News/Dar-opposes-AU-force-in-Burundi/-/1840340/3007298/-/ejitqvz/-/index.html

http://www.jeuneafrique.com/289792/politique/burundi-les-pays-de-la-region-enverront-ils-des-troupes/

(BUR_5) AFP – 28/12

Le gouvernement burundais et l’opposition ont renoué le contact lundi en Ouganda, sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni, pour tenter de relancer un dialogue bloqué depuis plus de cinq mois et dénouer la grave crise politique qui frappe le Burundi.

Des représentants du gouvernement, de l’opposition et de la société civile burundaise se sont retrouvés au palais présidentiel d’Entebbe, près de la capitale Kampala, pour assister à une cérémonie présidée par M. Museveni.

« Je vous demande, dans les deux camps, de vous asseoir et de trouver une solution politique pour mettre fin aux souffrances du peuple » burundais, a déclaré en ouvrant cette cérémonie le président ougandais, médiateur désigné par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC), selon le quotidien Daily Monitor.

Cette rencontre était destinée à permettre la reprise d’un dialogue interrompu depuis le mois de juillet, quand la partie gouvernementale s’était retirée des discussions deux jours avant l’élection présidentielle, qui avait débouché sur la réélection du président burundais Pierre Nkurunziza.

La réunion d’Entebbe n’est qu’un préalable à la reprise formelle des négociations, qui devraient avoir lieu au début janvier à Arusha, en Tanzanie, selon des sources diplomatiques. « Les véritables discussions doivent débuter très rapidement à Arusha », a indiqué à l’AFP l’une de ces sources, sous couvert d’anonymat, soulignant « le symbole fort que constitue le choix de cette ville ». Arusha a abrité pendant plus de deux ans, entre 1998 et 2000, les négociations interburundaises qui ont abouti à la signature d’un accord de paix ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006) entre l’armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutus. Mais « les choses ne seront pas faciles car tout le monde est conscient que les positions sont pour le moment inconciliables », a expliqué à l’AFP un analyste burundais ayant également requis l’anonymat.

À Entebbe, la délégation gouvernementale burundaise était menée par le ministre des Affaires étrangères Alain-Aimé Nyamitwe. Le parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, était aussi représenté, de même que tous les partis qui lui sont alliés.

Le Cnared, coalition des partis politiques opposés au troisième mandat, devait aussi s’exprimer par la voix de son président Léonard Nyangoma, qui vit en exil. Le gouvernement a toujours refusé jusqu’ici de discuter avec le Cnared, accusant ses membres d’être impliqués dans une tentative de coup d’Etat les 13 et 14 mai et d’être lié aux groupes armés. Mais il a tout de même fait une concession en acceptant sa présence à Entebbe. « Discuter avec le Cnared reste une ligne rouge pour le gouvernement », a rappelé à l’AFP un des membres de la délégation gouvernementale, sous couvert d’anonymat. « Mais comme aujourd’hui il ne s’agit pas de s’asseoir avec lui, le gouvernement va participer pour insister sur le principe de souveraineté et rappeler qu’on doit exclure impérativement tout fauteur de trouble de ce dialogue, comme le prévoit une résolution de l’ONU », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Cnared, Pancrace Cimpaye, a de son côté indiqué à l’AFP que celui-ci allait « demander avant toute chose un arrêt immédiat des massacres, car on ne peut pas négocier alors que des gens sont en train d’être tués ». « Nous allons insister sur un déploiement immédiat de la mission de l’Union africaine (UA), avant un retour à la légalité constitutionnelle qui passe par un gouvernement de transition chargé d’organiser des élections libres et démocratiques », a-t-il poursuivi.

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20151228-ouganda-burundi-negociations-nkurunziza-museveni-cnared

http://www.rfi.fr/afrique/20151227-burundi-reprise-discussions-entre-pouvoir-opposition-ouganda

http://www.rfi.fr/afrique/20151229-burundi-reprise-dialogue-6-janvier-possible-ouganda-nyamitwe-cnared

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2015/12/30/filip-reyntjens-et-la-crise-burundaise/

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2015/12/30/mediateur-dans-la-crise-burundaise-yoweri-museveni-est-aussi-un-pompier-pyromane/

http://www.bbc.com/afrique/region/2015/12/151229_burundi-talks

http://www.rfi.fr/afrique/20151231-burundi-voeux-nkurunziza-nouvelle-annee-2016

(BUR_6) AFP – DPA – 30/12

Le président burundais Pierre Nkurunziza a une nouvelle fois répété mercredi que son pays combattrait tous les soldats membres de la mission de paix de l’Union africaine (UA) qui seraient déployés au Burundi.

« Nous avons pris connaissance de la résolution de l’UA » adoptée ce mois et visant à envoyer 5.000 hommes au Burundi, a déclaré le président en direct sur les ondes des radios locales.       « Mais ils doivent respecter l’indépendance et les frontières du Burundi. S’ils violent cette convention, ils attaqueront le pays et chaque citoyen les combattra. Le pays sera attaqué et nous nous défendrons », a-t-il proclamé.

Il a aussi critiqué les discussions en cours entre le gouvernement et l’opposition, organisées au palais présidentiel d’Entebbe sous l’égide du président ougandais, pour tenter de relancer un dialogue bloqué depuis des mois et dénouer la crise politique. « Le gouvernement est contre le dialogue d’Entebbe », a martelé Nkurunziza, dénonçant la présence parmi les participants de personnes ayant tenté un coup d’Etat en mai dernier.

RDC

Sécurité Armée…

(RDC_1) AFP – Belga – 29/12

Un général sud-africain prendra le commandement de la force de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo, la Monusco, forte de 20.000 Casques bleus, succédant à un officier brésilien, a annoncé mardi l’ONU. Le général Derrick Mgwebi dirigera la Monusco, qui intensifie actuellement la pression sur les groupes de rebelles dans l’est du pays, où des élections sont prévues l’an prochain.

En annonçant cette nomination dans un communiqué, l’ONU souligne que le général Mgwebi « affiche une expérience militaire nationale et internationale de plus de 35 ans ». Cet officier de 59 ans a dirigé la mission de l’ONU au Burundi entre 2004 et 2006. Il est actuellement chef des opérations conjointes des Forces de défense sud-africaines, après avoir notamment été directeur des forces spéciales et l’un des responsables de l’infanterie de son pays. Il remplace le général brésilien Carlos Alberto Dos Santos Cruz, dont le mandat de deux ans a expiré au début du mois.

Kivu

(RDC_2) Radio Okapi – 25/12

Médecins Sans Frontières (MSF) a suspendu le 23 décembre toutes ses activités médicales et humanitaires à Mweso dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu. Anne-Marie Loof, manager des opérations de MSF à Amsterdam, affirme que cette décision fait suite aux mauvaises conditions sécuritaires dans lesquelles travaillent les agents de cette organisation à Mweso.

Le 15 décembre dernier un convoi de MSF circulant entre Kitshanga et Mweso a été braqué. Lors de cette attaque, deux employés MSF ont été enlevés avant d’être libérés le lendemain.  Cet incident a eu lieu alors que les équipes de MSF poursuivaient leurs activités médicales en faveur des populations de la région.

Une attaque inacceptable, dénonce Anne-Marie Loof. Elle réclame que les auteurs de l’attaque restituent à MSF tout ce qu’ils ont pris.

MSF exige des garanties de tous les acteurs de la région pour assurer la sécurité de son personnel et de ses structures. L’organisation va poursuivre ses activités médicales et humanitaires dans cette zone si ces conditions sont remplies, fait savoir Anne-Marie Loof.

Interrogé par Radio Okapi, l’administrateur du territoire dit que des plaidoyers sont déjà faits auprès des autorités provinciales et de l’armée pour permettre le retour de la paix dans cette zone.

MSF a apporté une assistance médicale et humanitaire aux habitants de Mweso pendant près de 8 ans.

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2015/12/27/actualite/societe/rdc-des-milliers-de-deplaces-prives-de-soins-gratuits-apres-le-retrait

(RDC_3) AFP – 26/12

Trois civils ont été tués aujourd’hui à Beni dans des affrontements entre soldats congolais et des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), a déclaré un porte-parole de l’armée. « Le bilan est de trois civils tués et trois militaires blessés » lors d’une riposte des Forces armées de la RDC (FARDC) à une attaque des ADF au Nord-Kivu, a précisé le lieutenant Mak Hazuka, porte-parole de l’opération Sokola I chargée de lutter depuis près de deux ans contre les groupes armés dans le nord du Nord-Kivu, tout particulièrement contre les ADF. Il n’a pas précisé si les morts ont été causées par balle ou à l’arme blanche.

Le président de l’ONG Société civile de Béni a déclaré à que lors des combats, « cinq civils sont morts et deux militaires ont été tués par les ADF ». Le lieutenant Hazukay a ajouté que « quelques cases ont été incendiées par les assaillants ». Jeudi, des détonations attribuées à une attaque contre les ADF conjointement menée par les FARDC et les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) ont été entendues aux alentours de Beni. Au moins trois personnes ont été tuées le même jour à l’arme blanche.

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2015/12/26/actualite/securite/beni-5-morts-dans-une-attaque-des-presumes-adf-malolu-46

http://www.radiookapi.net/2015/12/27/actualite/securite/beni-les-fardc-repoussent-une-nouvelle-attaque-attribuee-aux-adf

http://www.radiookapi.net/2015/12/30/actualite/securite/nord-kivu-renforcement-des-dispositifs-securitaires-beni

(RDC_4) Radio Okapi – 26/12

Les Raïa Mutomboki Shukuru ont tué un capitaine des FARDC et kidnappé un major ainsi qu’un notable, dans une attaque perpétrée vendredi 25 décembre, dans la localité de Mashere, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu). Ces miliciens ont également emporté deux armes AK 47 appartenant à l’armée régulière.

Des sources concordantes renseignent que la population de cette partie du Sud-Kivu est en débandade depuis la nuit dernière. Selon les mêmes sources, tout est parti lorsque le leader du groupe Raïa Mutomboki Shukuru avait été empêché par les FARDC d’aller assister au deuil de son beau-père, dans un autre village.

À son retour à Mashere, Shukuru attaque, tard dans la nuit, la résidence du major commandant de la 3e compagnie des FARDC sur place. Après un long moment d’échange de tirs avec les militaires, un capitaine FARDC tué, un  Major enlevé, et deux armes Ak47 emportées.

Coté civile, un notable de la place a également été emmené à une destination inconnue par ces assaillants.

Le chef de poste d’encadrement administratif de Bunyakiri confirme toutes ces informations. Il ajoute que les habitants de plusieurs localités du groupement de Mubugu, en chefferie de Buhavu, sont en débandade depuis la nuit, craignant des éventuelles représailles des militaires. Pour se mettre à l’abri, ces villageois ont abandonné leurs habitations. Les uns ont trouvé refuge en brousse et les autres dans des villages lointains.

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2015/12/28/actualite/securite/sud-kivu-2-miliciens-raia-mutomboki-tues-par-les-fardc

(RDC_5) Radio Okapi – 29/12

Huit personnes ont été tuées dans des affrontements qui ont opposé, le week-end dernier au sud de Lubero (Nord-Kivu), le groupe Maï-Maï de l’Union des patriotes pour la défense des innocents (UPDI) à la coalition des rebelles rwandais des FDLR et le groupe Maï-Maï Lafontaine. Des sources de la société civile qui ont donné ce bilan, lundi 28 décembre, parlent aussi des déplacements massifs de la population.

La société civile de Lubero avance un bilan de  7 morts, côté  de la coalition  FDLR-Maimai la Fontaine, et un Maï-Maï du côté de l’UPDI. Un civil aurait aussi été blessé pendant ces affrontements, affirme cette source.

Selon la société civile de Luhofu, la cité de Mbwavinya est vidée de ses habitants. Ces derniers ont fui vers Kirumba, Luofu et Bunyantenge. Ils sont actuellement logés, les uns dans des écoles et églises, tandis que d’autres vivent dans des familles d’accueil sans aucune assistance.

En raison du manque d’eau et la détérioration de conditions hygiéniques dans les milieux d’accueil, la société civile craint le risque d’apparition et contamination des maladies hydriques.

C’est depuis le début du week-end que les combats entre les deux parties sont signalés. Les Maï-Maï de l’UPDI auraient attaqué la coalition FDLR-Lafontaine à Mbwavinywa, au sud-ouest de Kasisi, quartier général de Lafontaine. Les affrontements se sont poursuivis jusque dimanche 27 décembre, selon les sources de la société civile.​

Vie politique…

(RDC_6) AFP – 29/12

Les évêques catholiques se sont déclaré inquiets de l’impasse autour du processus électoral en République démocratique du Congo et ont entrepris mardi des consultations pour favoriser le dialogue national qui doit permettre l’organisation d’élections dans un climat apaisé.

« Les évêques sont très inquiets parce que le processus électoral est bloqué ». a déclaré à l’AFP l’abbé Léonard Santedi, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

« Dans la perspective du respect de la Constitution », la Cenco a amorcé mardi une série de consultations auprès de la classe politique. Ils ont rencontré en premier lieu Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la coalition de partis qui soutiennent le président Joseph Kabila. Les évêques se sont ensuite entretenus avec des représentants de l’opposition.

Lire aussi sous :

http://afrikarabia2.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/12/27/rdc-joseph-kabila-ne-veut-pas-organiser-les-elections-51303.html

http://www.radiookapi.net/2015/12/31/actualite/politique/dialogue-les-eveques-rendent-compte-de-leurs-consultations-joseph

http://www.rfi.fr/afrique/20151231-rdc-eglise-catholique-veut-relancer-le-dialogue

(RDC_7) Radio Okapi – 31/12

Les évêques catholiques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo ont reçu  le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa, avec qui ils ont notamment discuté de la tenue des élections en 2016.

« 2016 est une année électorale. Nous allons commencer par les préparatifs » a fait savoir Corneille Nangaa au sortir de cette rencontre avec les évêques. Il a promis à ce sujet la publication d’un calendrier électoral réaménagé. Pour qu’il soit exécuté, a-t-il cependant précisé, il faut que ce calendrier soit consensuel.   « Nous disons quand même que nous voulons avoir la chance que le calendrier que nous allons publier soit effectivement exécuté. Ça nécessite qu’il soit un calendrier consensuel et réaliste » a déclaré Corneille Nangaa.

Le président de la Ceni a en outre noté que des préalables doivent être remplis avant l’organisation des élections. « On ne va pas organiser les élections sans intégrer les nouveaux-majeurs, sans penser à ceux qui ont changé d’adresses, sans penser aux congolais de l’Etranger à qui la loi donne aujourd’hui la possibilité de voter », a-t-il cité.

(RDC_7_1) Belga – 1/1

Le président congolais Joseph Kabila a affirmé que 2016 sera « une année de multiples défis », mais en évoquant à peine les multiples élections prévues cette année en République démocratique du Congo (RDC) et en ne fournissant aucune indication sur son propre avenir politique.

Dans son discours de présentation de voeux à la nation lu jeudi soir à la Radio-Télévision nationale congolaise, (RTNC), il notamment mentionné les défis « de la consolidation de la paix, de la croissance économique et de l’amélioration des conditions sociales des Congolais ». « L’année 2016 sera ainsi une année de multiples défis. Au plan politique, il nous faudra relever le défi de la consolidation de la paix », a déclaré M. Kabila.

Selon le chef de l’Etat, la responsabilité de la classe sociale du pays est ici engagée, « car à travers le dialogue politique national et inclusif (qu’il souhaite convoquer, ndlr), un consensus devra été trouvé sur des questions qui posent problème en vue de jeter de nouvelles bases des scrutins prévus par le calendrier électoral global du 12 février de cette année et dont d’aucun n’a été réalisé à ce jour ».

Ce calendrier prévoyait l’organisation de sept scrutins qui devait débuter par des élections locales le 25 octobre 2015 et culminer par une présidentielle et des législatives le 27 novembre 2016, à moins d’un mois de l’échéance du second quinquennat de M. Kabila. Mais depuis septembre, l’incertitude règne sur la tenue de tous ces scrutins après l’invalidation du calendrier électoral par la Cour constitutionnelle.

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2015/12/31/actualite/politique/rdc-2016-est-une-annee-de-multiples-defis-affirme-joseph-kabila

Justice, Droits de l’homme…

(RDC_8) Radio Okapi – 30/12

Un officier de l’armée congolaise est poursuivi pour crime de guerre par meurtre. Les résultats de l’enquête menée par l’auditorat militaire garnison de Bunia révèlent qu’il aurait enterré vivant, dans la nuit du 7 au 8 décembre, un milicien de la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) au village de Kamatsi à 90 kilomètres au sud de Bunia. Ce milicien s’était délibérément rendu à l’armée, pendant des opérations militaires conjointes FARDC-Monusco.

La victime a été prise de force devant sa femme pour être inhumé, a expliqué mardi 29 décembre, le premier substitut de l’auditeur militaire, le lieutenant Aimé Omba. Il a indiqué que ce capitaine FARDC a été arrêté le 22 décembre dernier sur instruction des autorités militaires.

L’auditorat militaire qualifie cette infraction de crime de guerre par meurtre. «Il a arrêté un milicien qu’il a torturé et enterré vivant. Vous voyez la gravité de ce que ça représente. Donc nous, à ce stade, nous sommes entrés de vérifier les faits et les circonstances de leur commission», a affirmé le lieutenant Aimé Omba.

Selon lui, le dossier est encore au niveau de l’instruction préparatoire. «Mais si nous trouvons que les faits sont avérés, nous allons le déférer devant les juges compétent», a promis le lieutenant Aimé Omba.

Pour sa part, le commandant second du secteur opérationnel des FARDC en Ituri a précisé que 5 militaires sont déjà arrêtés et transférés à l’auditorat pour des violations de droit de l’homme aux champs de bataille. D’après la même source, la hiérarchie militaire réprime sévèrement ces cas de violations de droit de l’homme qui risquent de tenir l’image de l’armée, engagée dans les opérations contre la FRPI au sud d’Irumu.​

(RDC_9) AFP – 30/12

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a appelé mercredi les autorités de la RDC à « empêcher » l’extradition d’un journaliste burundais détenu à Kinshasa depuis octobre pour « des raisons sécuritaires ».

« Nous demandons aux autorités congolaises d’empêcher ce transfert et de libérer Egide Mwemero immédiatement », écrit Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, dans un communiqué. Pour RSF, le journaliste « serait en grand danger s’il était renvoyé vers son pays d’origine ».

Egide Mwemero avait été arrêté le 13 octobre à Uvira, une ville située à la frontière du Burundi, à une centaine de kilomètres au sud de Bukavu. Il a été transféré le 5 novembre à Kinshasa pour « l’éloigner de la frontière », avaient justifié les autorités locales.

Selon la direction de la radio Le Messager du Peuple, qui émet à Uvira, ville voisine de la capitale burundaise Bujumbura, Egide Mwemero collaborait à une émission quotidienne sur le Burundi en kirundi (langue du Burundi parlée également au Sud-Kivu). Sa diffusion sur les ondes de cette radio communautaire sans préférence politique affichée avait commencé début octobre.

Les autorités provinciales avaient justifié son arrestation par des « raisons sécuritaires », accusant la radio de propager « des propos qui menacent sérieusement la paix au Burundi ».

Egide Mwemero travaillait auparavant à la RPA, la radio la plus écoutée du Burundi. Accusée par le pouvoir d’être une radio d’opposition, elle avait été fermée fin avril et avait réémis brièvement en mai pendant le putsch manqué contre le président Pierre Nkurunziza. Ses installations avaient ensuite été détruites par les forces loyalistes. La quasi-totalité de ses journalistes vivent aujourd’hui en exil.

(RDC_9_1) AFP – 1/1

Le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila a accordé jeudi une « remise totale » de peine aux membres d’une secte politico-religieuse condamnés en appel en 2009 pour « rébellion », en vue d' »apaisement avant le dialogue national ».

Le chef de l’État a accordé « la remise totale de la peine de servitude pénale à perpétuité restant à purger » en faveur de « neuf condamnés » membres de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo (BDK), indique une ordonnance lue à la télévision publique.

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en langue kikongo) est un groupe d’opposition religieux sécessionniste très implanté dans la province du Kongo central (Bas-Congo) au sud ouest de la RDC. Il prône la restauration de l’ex-royaume Kongo, qui comprenait l’actuel Kongo central, une partie de l’Angola, du Congo-Brazzaville voisin et du Gabon.

En mars 2008, les adeptes de BDK étaient accusés par le pouvoir de ne pas reconnaître l’autorité de l’État, de s’attaquer régulièrement à ses agents et d’appeler à chasser les « non-originaires » de la province. Les membres de ce mouvement s’étaient violemment affrontés aux forces de l’ordre lors d’une opération de police visant à « rétablir l’autorité de l’État ». Les affrontement ont causé la mort d’au moins 27 personnes, selon des sources officielles, et une centaine, selon une enquête de l’ONU et la société civile. Condamnés à mort en première instance, la peine des neuf adeptes a été commuée en « servitude pénale à perpétuité » en appel en avril 2009.

Outre la « remise totale » des membres du BDK, dans une autre ordonnance M. Kabila a accordé la « grâce présidentielle » aux condamnés congolais et étrangers « âgés de 70 ans et plus », sans en préciser le nombre ni l’identité.

Le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba a promis « d’autres libérations conditionnelles au plus tard le 10 janvier ».

Ces mesures présidentielles de grâce veulent marquer par « un acte de clémence et d’apaisement » le « dialogue national » voulu par M. Kabila, précise l’ordonnance.

Relations extérieures

(RDC_10) DPA – 31/12

La France est prête à s’impliquer dans la lutte contre les rebelles dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’ambassadeur français, Alain Remy, a annoncé mercredi que 300 soldats des unités spéciales seront envoyés dans le pays pour créer une unité « anti-terroriste » au sein de l’armée congolaise.

« Les unités spéciales françaises apporteront un soutien logistique et donneront des formations dans le cadre de la lutte contre le terrorisme », a indiqué M. Remy à l’agence allemande DPA.

La France veut notamment aider les autorités congolaises à lutter contre les rebelles ougandais de l’ADF. Cette organisation est composée d’islamistes qui entretiennent des liens avec le groupe terroriste Al-Shabbaab. Des centaines de citoyens ont été assassinés par l’ADF au cours de l’année écoulée.

(RDC_11) Radio Okapi – 31/12

La Mission internationale d’observation électorale (MIOE) exige aux autorités de la RDC de doter la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) des moyens financiers pour la réussite du processus électoral. Le coordonnateur national de cette structure, Jérémie Kenda, a déclaré mercredi 30 décembre à Radio Okapi que la question du financement du processus électoral devrait être abordée au cours du dialogue politique dont le chef de l’Etat a annoncé la convocation.

« Que ceux qui vont participer au dialogue mettent des moyens conséquents à la disposition de la Ceni pour l’organisation des élections. Il faut que le gouvernement congolais mette des moyens logistiques, financiers et matériels pour la réussite du processus électoral », a-t-il soutenu. Il a aussi invité les partis politiques qui vont participer au dialogue à former leurs militants pour le bon déroulement processus électoral en RDC.

Jérémie Kenda estime, en outre, que les élections risquent d’être émaillées de contestations malgré la tenue d’un dialogue si les partis politiques ne s’organisent pas. Pour le président Kabila, le dialogue doit permettre la tenue d’élections apaisées. « Si ces partis partent au dialogue et qu’ils ne sont pas organisés, ce dialogue ne servira à rien. Si la Ceni parvenait à mettre en place un calendrier électoral et que les partis politiques n’ont pas encore formé leurs témoins, ils contesteront toujours les élections », a affirmé le coordonnateur de MIOE.

Le président de la Ceni, Corneille Nangaa, a réceptionné lundi 28 décembre au port international de Matadi dans la province du Kongo-Central 97 jeeps 4×4 qui devront permettre aux agents de cette institution de bien faire leur travail.

Dans un rapport publié en octobre dernier, la Ceni avait plaidé pour l’acquisition de nouveaux moyens logistiques afin d’organiser les élections dans les meilleures conditions.

RWANDA

Vie politique…

(RWA_1) RFI – 1/1

Le président rwandais a choisi les fêtes de fin d’année et le traditionnel discours des vœux pour annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Paul Kagame sera bien candidat, pour un 3e mandat, comme le lui permet désormais la Constitution, dont la révision vient d’être validée, par référendum. Vous me l’avez demandé, je ne peux qu’accepter, a déclaré le chef de l’Etat dans un discours à la nation, retransmis à la télévision, hier soir.

« Les Rwandais ont souhaité réviser la Constitution. Une réforme que le peuple a approuvée par référendum : vous avez clairement exprimé vos choix pour le futur de votre pays. Vous m’avez demandé de diriger encore le pays après 2017. Compte tenu de l’importance et de la considération que vous attachez à cela, je ne peux qu’accepter. Mais je ne pense pas que nous ayons besoin d’un dirigeant éternel et ce n’est pas ce que je souhaite. », a-t-il déclaré

La réforme de la Constitution à laquelle Paul Kagame se réfère dans ses vœux a été validée par les électeurs rwandais le 18 décembre dernier. Déjà votée par le Parlement en novembre, elle a été approuvée par près de 98,3% des voix, avec un taux de participation qui, lui aussi, dépassait les 98%.

Présentée, par les autorités, comme le fruit d’une demande populaire, la révision constitutionnelle a été sévèrement critiquée par les partenaires internationaux du Rwanda, Etats-Unis en tête, et par les observateurs qui ont par exemple pointé la quasi-absence d’opposition politique dans le pays. Paul Kagame avait indiqué que sa décision de se représenter – ou non – reposerait sur le résultat du référendum.

Justice, Droits de l’homme…

(RWA_2) AFP – 29/12

Onesphore Rwabukombe, 58 ans, a été condamné à « la prison à vie (…) pour sa participation au génocide au Rwanda en 1994 », a indiqué dans un communiqué la Cour d’appel de Francfort (centre). Cet ancien maire de Muvumba, dans le nord-est du Rwanda, comparaissait pour son rôle dans le massacre le 11 mai 1994 de plus de 400 Tutsis réfugiés dans une église de Kiziguro, à environ 80 kilomètres au sud de Muvumba.

Au terme de trois ans de procès, M. Rwabukombe avait été condamné une première fois en février 2014 à Francfort à 14 ans de prison pour « complicité » dans ces massacres, devenant le premier responsable rwandais condamné en Allemagne sur la base d’une loi sur les crimes contre l’humanité adoptée en 2002. Il avait alors échappé à la peine de perpétuité prévue en cas de condamnation pour génocide. Mais en mai dernier, la Cour fédérale allemande avait ordonné qu’il comparaisse une deuxième fois car il y avait selon elle « la possibilité d’une condamnation pour participation » active au génocide et plus seulement pour « complicité ».

La Cour avait insisté sur son rôle dans l’organisation du massacre, dès la veille des faits. Il avait emmené en voiture des Hutus armés sur le site de l’église, leur avait ordonné: « Commencez votre travail! » puis avait assisté au massacre. Il avait ensuite participé au transport des corps dans une fosse commune. « L’accusé a agi de façon délibérée et avec la volonté de détruire », a indiqué mardi le président du tribunal de Francfort (centre), Josef Bill, cité par l’agence DPA.

Rwabukombe résidait avec sa famille dans la région de Francfort depuis 2002, et était incarcéré en Allemagne depuis 2010. Il avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt de Kigali, relayé en 2007 par Interpol.

 

(RWA_3) RFI – 31/12

 

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda créé en 1994 après le génocide rwandais clôt formellement ses travaux ce jeudi 31 décembre. Le jugement de présumés génocidaires ne s’arrête pas pour autant : le TPIR a transmis plusieurs affaires au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux qui assurera le suivi des dossiers. Et puis les juridictions nationales peuvent se saisir d’affaires. Ainsi un ressortissant rwandais installé en Allemagne depuis 2002 a été condamné à une peine de réclusion à perpétuité pour sa participation active au génocide mardi dernier par un tribunal de Francfort.

 

En 20 ans de travail, le Tribunal pénal international pour le Rwanda a inculpé 93 personnes : 61 ont été condamnées, 14 acquittées. Et enfin, huit des 93 inculpés sont toujours en fuite. On peut citer celui qu’on appelle le financier du génocide, l’homme d’affaires Félicien Kabuga.

 

Le dernier jugement rendu par le TPIR remonte au 14 décembre dernier dans l’affaire contre l’ancienne ministre de la Famille et de la Promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, et cinq coaccusés. C’est la première femme inculpée pour génocide par un tribunal international.

 

Dans son mandat, le TPIR devait juger essentiellement les suspects de haut niveau, ceux qui ont joué un rôle majeur dans le génocide. Il a ainsi jugé et condamné des personnalités éminentes comme l’ancien Premier ministre Jean Kambanda, l’ancien chef d’état-major de l’armée, le général Augustin Bizimungu, ou bien encore l’ancien directeur de cabinet du ministère de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora.

 

Le TPIR met la clef sous la porte, mais ce n’est pas pour autant la fin des poursuites contre de présumés génocidaires. Il y a donc le cas des huit inculpés pour génocide par le tribunal toujours dans la nature. Huit gros bonnets toujours en fuite.

 

Le dernier inculpé, arrêté en RDC, est Ladislas Ntaganswa, l’ancien maire de Nyakizu. C’est le procureur du mécanisme pour les tribunaux internationaux des Nations unies qui a annoncé cette arrestation. Ce mécanisme créé en 2010 est une structure chargée d’achever les travaux du TPIR et de son homologue pour l’ex-Yougoslavie, le TPIY. Son siège est à Arusha, en Tanzanie. Ce mécanisme prend donc le relai du tribunal sur les dossiers en cours, mais n’en ouvre pas d’autres. Et puis les juridictions nationales comme la France, la Belgique, la Finlande peuvent se saisir d’affaires. Parmi les 93 inculpés, le TPIR en a renvoyé dix devant des juridictions nationales.

 

Le dernier en date dans ce cadre était un Rwandais installé en Allemagne depuis 2002, un ancien maire condamné à perpétuité par un tribunal de Francfort pour avoir assisté au massacre d’au moins 450 personnes dans l’église de Kizigouro, dans l’est du Rwanda.

 

Début décembre, le ministre rwandais de la Justice, Johnston Bussingye, a appelé les Etats où se sont réfugiés des suspects inculpés de génocide à comprendre qu’ils ont un devoir envers l’humanité et envers les victimes du Rwanda.

 

Damien Vandermeersch, professeur de droit pénal international à Louvain, le bilan du TPIR est mitigé. Ce magistrat belge a mené l’instruction dans quatre affaires de présumés génocidaires jugées en Belgique. Il regrette notamment que certains crimes attribués aux FPR, le groupe rebelle de Paul Kagame qui a stoppé le génocide et est resté depuis au pouvoir, n’aient pas été jugés. « Il y a des points positifs dans le sens où il y a quand même de gros poissons qui ont été jugés, estime-t-il. Mais une des critiques, c’est que le TPIR s’est attaqué uniquement au camp des vaincus. Il existe quand même des éléments qui donnent à penser que des crimes ont été commis par l’autre partie, c’est-à-dire le FPR. Il faut reconnaître que de côté là, le TPIR n’a pas rempli sa mission. »

 

Pour Jean François Dupaquier, journaliste, écrivain, ancien expert-témoin auprès du TPIR, un des échecs du tribunal est de ne pas avoir ouvert le dossier de la famille Habyarimana. « Pour des raisons qu’on n’arrive pas à comprendre, le tribunal s’est refusé à examiner le cas de la famille du président Habyarimana, et notamment de son épouse Agathe Habyarimana, dont on sait qu’elle a joué un rôle important dans le génocide, souligne-t-il. Et cette timidité du tribunal a eu de lourdes conséquences puisque jusqu’à aujourd’hui (…) nous n’avons toujours pas une preuve judiciaire de l’organisation du génocide dans les mois et les années qui ont précédé le 6 avril 1994. »

 

 

Source : EURAC

 

 

 

 

 

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