Rwanda/RDC. L’ombre de Laurent Nkunda plane toujours sur le M23
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Rubrique : Actualité
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Publié le 16 Jan 2016 par Ghislain Mikeno

Le Kivu, riche province de l’Est de la RDC, a connu ces dernières années, des guerres meurtrières par des rébellions avec la complicité implicite du Rwanda. C’est le cas du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) dirigé par Laurent Nkunda, un ancien militaire de l’armée du Front Patriotique Rwandais.

Le CNDP, après avoir conquis bon nombre de localités riches en minerais dans le nord Kivu, signe un accord de paix avec Kinshasa le 23 mars 2009. Cet accord prévoit notamment la réintégration des rebelles du CNDP dans l’armée congolaise. L’intégration réalisée, les « nouveaux militaires de l’armée congolaise » restent au Kivu où ils contrôlent la filière du commerce des métaux précieux. Le gouvernement voulant faire le ménage et stopper ces actions du CNDP qui  avait créé un Etat dans l’Etat, procède à la mutation des principaux commandants de ce mouvement. Laurent Nkunda est écarté et se retire au Rwanda où il est « arrêté ».

Les militaires du CNDP s’opposent à cette réorganisation, se mutinent en 2012 et reprennent la guerre sous le nom du M23, mouvement qui fait référence aux accords de mars 2009. Ils estiment que Kinshasa n’a pas respecté toutes les clauses de cet accord. Ils ont pour chef Sultan Makenga et Bosco Ntaganda.

Soutenu massivement par le Rwanda, le M23 lance des attaques et conquit rapidement un large territoire autour de Massisi.

Début  novembre  2013, l’armée congolaise, appuyée par la MONUSCO et les militaires tanzaniens, chassent les combattants du M23 de leurs  positions et ceux-ci se replient en Ouganda. Ils sont cantonnés actuellement dans le camp de Bihanga dans le district d’Ibanda. Le journal Les Coulisses de décembre 2015, qui a mené une enquête dans la région, signale que  le camp est sous le commandement du colonel Mboneza secondé par Secoper Mihigo, jeune frère de Laurent Nkunda et est composé de trois catégories de personnes.

« Le premier groupe est composé d’extrémistes Tutsi qui ne savent pas se déterminer selon les intérêts du moment s’ils sont Congolais ou Rwandais, se référant à l’expérience de l’Ouganda lorsque Kaguta Museveni prend le pouvoir. La plupart dans ce groupe sont des analphabètes sans un avenir une fois en RD Congo. C’est le groupe qui a commis beaucoup de dégâts humains et matériels sur le sol congolais. Il a la conscience surchargée et ne saurait s’adapter nulle part ailleurs, parle kinyarwanda et réside dans son secteur exigeant que l’Etat congolais lui assure tous les avantages. C’est le groupe qui remorque tous les autres parce que constitué de chefs ayant la mainmise sur les autres.

Le deuxième groupe est celui des personnes entrées dans la rébellion par effet d’entraînement. Ils ne comprennent pas ce qu’est un Etat, ni la différence entre le Rwanda, l’Ouganda et la RD Congo. Pour eux, c’est le même espace. Ils sont des profanes et constituent le gros des troupes. C’est le groupe des Hutu subalternes, complexés. C’est chez eux qu’il y a la volonté de retourner au Congo mais sont pris en otage par les Bisimwa et autres qui n’ont pas encore de garantie de retour.

Le troisième petit groupe est constitué de ceux qui se sont déclarés Rwandais et/ou Ougandais, ramassés sur le chemin de l’école ou des champs pendant la guerre. La Croix rouge a sollicité leur retour mais en vain. Because, refus de Kigali ».

Pour meubler leur quotidien, le journal signale que dans le camp, les combattants  s’entraînent aux exercices physiques, que certains du groupe 2 sont engagés dans des travaux domestiques ou sont loués pour des champs des Ougandais. En outre, poursuit-il, à part les deux officiers, les autres sont en ville, libres de leurs mouvements. Le journal s’interroge :  « Quel genre de contraintes doit-on opposer à l’Ouganda pour qu’il ferme ce camp. Car, si le M23 existe, c’est simplement parce qu’il est soutenu. Et donc, il faut logiquement s’intéresser à la racine du mal au lieu de passer du temps à quelque chose qu’on a créé et qu’on peut écraser ».

 

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