Actualités des Grands Lacs – Semaine du 24 au 30 septembre 2016
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RESUME : En RDC, les violences qui ont eu lieu dans la capitale les 19 et 20 septembre derniers restent toujours à l’avant-plan de l’actualité. Alors que le gouvernement provincial de Kinshasa a clôturé l’enregistrement des victimes en faisant état d’une centaine de familles ayant déclaré avoir perdu l’un de leurs membres (RDC_9), le « Rassemblement » conduit par Etienne Tshisekedi a porté plainte contre trois ministres et trois généraux accusés d’être « les auteurs des tueries » (RDC_10). Sur les 138 personnes arrêtées en flagrance, une centaine a été condamnée à des peines entre 45 jours et 25 ans de prison (RDC_13).

Sur le plan diplomatique, les réactions sont multiples et alarmistes, mais pas nécessairement univoques. Alors que le ministre français des Affaires étrangères évoque une menace de guerre civile en RDC, son homologue belge insiste sur la nécessité d’une enquête indépendante et d’un dialogue inclusif (RDC_14). De leur côté, les Etats-Unis ont décrété des sanctions ciblées contre deux généraux, dénoncées comme ubuesques par le gouvernement qui accuse les Etats-Unis de préparer le chaos en RDC : ils ont aussi  invité les familles du personnel diplomatique et le personnel non-indispensable à quitter la RDC (RDC_18). Quant aux institutions internationales, l’Union européenne, l’Union africaine et l’OIF ont lancé un appel au calme et à la retenue et ont demandé la tenue rapide du dialogue national, tandis que l’ONU pointe du doigt les responsabilités des autorités, l’usage excessif de la force et une enquête indépendante sur les événements (RDC_16). Par ailleurs, le président congolais a été reçu par le pape au Vatican, entretien au cours duquel il a été question des défis la situation politique, du dialogue national, des affrontements récents à Kinshasa et du rôle que l’Eglise catholique joue en RDC en matière d’enseignement, de santé et de lutte contre la pauvreté (RDC_17). Enfin, on signalera que la procureure de la CPI a affirmé suivre avec une « extrême vigilance » la situation en RDC (RDC_15).

Pour ce qui regarde le dialogue national, vilipendé aussi par le vice-président du G7, Olivier Kamitatu, ses travaux sont restés suspendus toute la semaine (RDC_8) : sa reprise était normalement prévue en fin de semaine, mais aura finalement lieu le 1er octobre, le président de la CENI n’ayant pas encore donné des indications claires sur le fichier et le calendrier électoral (RDC_9_1). Il doit traiter d’un accord politique présenté par le facilitateur de l’Union africaine. Cet accord porte sur le formation dans les 30 jours d’un gouvernement national dirigé par l’opposition, le maintien dans ses fonctions du président Kabila jusqu’à la désignation de son successeur, et un consensus entre la CENI et les participants sur l’élaboration du calendrier électoral. À entendre le co-modérateur et président de l’UNC, l’opposant Vital Kamerhe dont la télévision a été privée de sa fréquence, ce dernier doit impérativement intervenir avant la signature de l’accord (RDC_6) (RDC_7).

Dans le domaine de la sécurité, les combattants ougandais de l’ADF ont été  une fois de plus sur le devant de la scène cette semaine. À Beni, où les activités ont été paralysées par une journée de deuil et de protestation contre les massacres de civils constamment commis par cette milice (RDC_1), un mouvement de panique suite à une rumeur d’une incursion de leur part a fait plusieurs morts (RDC_2). Par ailleurs, ces mêmes combattants ont tendu une embuscade mortelle sur la route de Beni à Kasindi (RDC_3). On ajoutera, toujours à propos de l’ADF, que la justice militaire a condamné à mort dix de ses miliciens (RDC_11).

Mais c’est au Kasaï Central que les violences ont été les plus meurtrières et les plus spectaculaires. L’aéroport de Kananga ainsi que le territoire de Dimbelenge, dont le centre a été repris par les FARDC, ont été attaqués par un groupe armé voulant se venger de la mort d’un chef coutumier (RDC_4) (RDC_5).

Enfin, pour ce qui regarde le procès de J.P. Bemba à la CPI, on signalera que ce dernier a fait appel de la sentence qui l’a condamné en juin dernier à 18 ans de prison (RDC_12).

Pour ce qui regarde le Burundi, un rapport d’enquête spécial de l’ONU a été présenté officiellement : rejeté par le gouvernement, il est accablant sur les  violations massives des droits de l’homme (BUR_1). Par ailleurs, le chef d’un parti d’opposition faisant partie du CNARED, mouvement d’opposition non reconnu par les autorités, a été arrêté pour atteinte à la sûreté de l’Etat (BUR_2). De son côté, l’Union européenne a prolongé d’un an ses sanctions contre quatre Burundais impliqués dans les violences survenues en 2015, après l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat (BUR_3).

Au Rwanda, Human Rights Watch relève la disparition inquiétante d’un activiste de l’opposition appartenant au parti de Victoire Ingabire, le FDU (RWA_1). Par ailleurs, un universitaire et ancien dirigeant syndical rwandais, recherché depuis 12 ans pour son implication présumée dans le génocide de 1994, a été extradé mercredi des Etats-Unis vers le Rwanda (RWA_2).

 


 

 

BURUNDI

 

Justice, Droits de l’homme…

 

(BUR_1) Deutsche Welle – 27/9

 

C’est ce mardi qu’est officiellement présenté, un rapport d’enquête spécial des Nations unies sur les violations des droits de l’Homme au Burundi. Le rapport des experts est accablant pour le gouvernement burundais qui le rejette en bloc. Et pourtant, les témoignages de victimes sont édifiants.

 

« Personne ne peut quantifier exactement toutes les violations perpétrées », au Burundi, explique le rapport. Car le pays s’est renfermé sur lui-même. La presse indépendante est durement réprimée. Mais un chiffre, facilement vérifiable, est révélateur au dire des experts – celui du nombre de réfugiés. À la fin du mois d’août dernier, ils étaient plus de 286.000 à avoir fui. Parmi eux Isidore, qui comme la très grande majorité des réfugiés a rejoint la Tanzanie. Il témoigne des horreurs vécues.

 

« Notre maison a été attaquée à la roquette. Moi j’ai échappé à cette attaque, parce que je faisais un petit job dans une discothèque. Après le drame, c’était nos voisins qui m’ont téléphoné pour me dire, eh monsieur ta famille vient d’être décimée. Et quand je suis arrivé á la maison, c’était l’horreur – j’ai trouvé les corps de mes parents et de mes cinq sœurs. »

 

Les experts des Nations unies font leurs estimations: « Plus d’un millier de personnes ont été tuées dans le cadre de la crise. Des milliers auraient été torturées, un nombre inconnu de femmes victimes de diverses formes de crimes sexuels, des centaines de personnes auraient disparu, et des milliers auraient été illégalement détenues ». L’histoire de Yasine, un nom d’emprunt, est édifiante – la jeune étudiante a manifesté contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza en Europe. Son bref retour au pays, fin 2015 a tourné au cauchemar.

 

Le défenseur des droits de l’Homme Pierre-Claver Mbonimpa a aussi été victime de violations de droits de l’Homme. « Dans la même semaine où j’étais là, ils sont venus me chercher dans ma famille, on a menacé mes parents, ils ont été séquestrés. Le même jour, nos domestiques sont morts. Dans la matinée où j’ai pu fuir le quartier contestataire, dans lequel je vivais, j’ai vu des cadavres dans les rues. J’ai vraiment peur pour ma famille, parce que je suis la cible directe, mais vu que moi, ils m’ont ratée, étant au Burundi, ils vont s’en prendre à ma famille. Même ici, on est surveillés. »

 

Yasine est aujourd’hui réfugiée en Europe. Une paix ne sera possible qu’au prix de nouvelles pressions sur le Burundi, selon les experts onusiens. Aujourd’hui, ils vont demander une nouvelle série de sanctions, plus robustes à l’encontre du Burundi. Mot d’ordre: « les droits humains avant tout ».

 

(BUR_2) AFP – 29/9

 

Le chef d’un parti d’opposition au Burundi, Gervais Niyongabo, l’un des derniers à être restés dans le pays, a été arrêté mercredi à Makamba (sud), pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », a annoncé jeudi la police burundaise.

 

  1. Niyongabo, président du parti d’opposition Fedes-Sangira, et membre du Cnared, la principale coalition d’opposition au Burundi, a été arrêté pour « participation » à des « bandes armées » et « atteinte à la sûreté de l’Etat », a annoncé le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, sur son compte Twitter.

 

L’opposant, l’un des rares à encore résider au Burundi, la plupart vivant désormais en exil, est détenu à Bujumbura par le Service national de renseignement (SNR), qui dépend directement du président Pierre Nkurunziza, a précisé M. Nkurikiye. Le SNR est accusé par de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme de recourir à la torture contre les opposants présumés.

 

Relations extérieures

 

(BUR_3) AFP – 29/9

 

L’Union européenne a prolongé jusqu’au 31 octobre 2017 ses sanctions visant quatre Burundais impliqués dans les violences survenues dans ce pays africain en 2015, après l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

 

Ces sanctions, décidées le 1er octobre 2015, consistent en un gel de leurs avoirs détenus dans l’UE, doublé d’une interdiction d’entrée dans l’Union, a rappelé dans un communiqué le Conseil de l’UE, qui représente les 28 pays membres. Elles visent Godefroid Bizimana, Gervais Ndirakobuca alias Ndakugarika et Mathias-Joseph Niyonzima alias Kazungu. Ces trois fonctionnaires du régime Nkurunziza, de la police, de la présidence ou des renseignements, sont accusés d’avoir eu un rôle de premier plan dans la répression des manifestations qui avaient suivi l’annonce du président, fin avril 2015.

 

La quatrième personnalité concernée est un ancien général, Léonard Ngendakumana, que l’UE accuse d’avoir été mêlé à la tentative de coup d’Etat militaire du 13 mai 2015 pour renverser le régime.

 

Tous quatre ont eu des activités « considérées comme compromettant la démocratie ou faisant obstacle à la recherche d’une solution politique à la crise burundaise », certaines d’entre elles constituant « des atteintes graves aux droits de l’homme », justifie le Conseil de l’UE. « Le Conseil a estimé que l’absence de progrès en ce qui (les) concerne (…) justifiait la prorogation des sanctions », poursuit le communiqué.

 

RDC

 

Sécurité, Armée…

 

  • Kivu

 

(RDC_1) Radio Okapi – 23/9

 

Les activités sont paralysées depuis la matinée de vendredi 23 septembre dans la ville de Beni (Nord-Kivu), à la suite de l’appel à une journée de deuil lancée par la société civile locale. Cette structure citoyenne dit protester contre les massacres des civils tués lors d’une incursion des présumés rebelles ADF mercredi à Kasinga, dans la commune de Rwenzori.

 

Des sources locales rapportent que sur le boulevard Nyamwisi et dans le centre commercial de Matonge, la quasi-totalité des boutiques et magasins sont fermés. La même situation est observée au marché central de Kilokwa où plusieurs étalages sont également vides, indiquent les mêmes sources, soulignant tout de même que les banques, stations-services et boutiques des produits de télécom sont ouvertes.

 

Du côté de l’armée nationale, le commandement des opérations Sokola 1 appelle la population de Beni et ses environs à collaborer avec la mairie pour instaurer un système d’alerte. Le porte-parole des opérations Sokola 1, le lieutenant Mak Hazukay, souligne que cela permettra aux forces armées congolaises d’être saisies directement  pour intervenir promptement.

 

Selon les sources de la société civile locale, dans l’intervalle de dix jours seulement, les présumés rebelles ADF ont tué treize personnes, dont deux à Kididiwe, quatre à Malolu et  sept autres à Kasinga, des agglomérations  périphériques  de la ville de Beni.

 

(RDC_2) Radio Okapi – 25/9

 

Dix-sept personnes ont trouvé la mort samedi 24 septembre à Beni et plusieurs autres sont portées disparues, principalement les enfants, suite à un mouvement de panique provoquée par la rumeur d’une incursion des ADF dans cette ville du Nord-Kivu.  Selon le responsable de la protection civile de Beni, la situation a été aggravée quand un militaire FARDC en tenue civile a commencé à tirer en l’air. Il précise que ce bilan est encore provisoire.

 

Le responsable de la protection civile à Beni, Jean-Paul Kapitula, précise que quinze personnes sont mortes par noyade: «Pendant cette panique, comme il pleuvait abondamment, il y a des enfants qui ont été perdus. Nous sommes en train de rechercher ces enfants. Ils ont pris la route Mangina, la route Butembo et d’autres, la route d’Oïcha. Et par rapport aux dégâts humains, nous comptons 15 morts par noyade et  deux par crise. Nous attendons encore recevoir d’autres corps qui seront repêchés.»

 

Selon les reporters de Radio Okapi, jusque ce matin, plusieurs parents recherchaient encore leurs enfants perdus pendant cette panique.

 

Le maire de Beni, Nyonyi Bwanakawa, appelle la population ayant fui vers les cités voisines de Beni à regagner leurs domiciles. «Il y a eu panique hier [samedi 24 septembre], aujourd’hui il n’y a pas panique. La ville a recouvré son calme depuis hier. Mes administrés qui sont allés à Mangina, à Butembo, ailleurs que chacun retourne à domicile», lance le maire de Beni.

 

Le militaire ayant tiré en l’air et qui a aggravé cette panique est aux arrêts à l’auditorat militaire de garnison de Beni.

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/28/actualite/societe/le-numero-deux-de-la-force-de-la-monusco-veut-une-forte-presence-des

 

(RDC_3) Radio Okapi – 28/9

 

Trois civils et deux militaires ont été tués mardi 27 septembre dans deux embuscades tendues par des présumés rebelles ADF sur la route Beni-Kasindi au Nord-Kivu. Cinq autres personnes ont été blessées.

 

Selon des sources militaires, les présumés auteurs de ces deux attaques font partie d’un groupe de rebelles ADF en débandade qui étaient traqués par l’armée.

 

D’après les mêmes sources, dans la poursuite des assaillants, les militaires ont tué deux présumés rebelles. L’armée a demandé à la MONUSCO de déplacer le véhicule incendié par les assaillants. L’engin bloque le trafic sur la route Beni-Kasindi.

 

  • Kasaï

 

(RDC_4) AFP – 24/9

 

Des miliciens du chef Kamwena Nsapu, tué en août par les forces de l’ordre, ont attaqué l’aéroport de Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), vendredi 23 septembre, selon des sources concordantes.

 

Selon des bilans contradictoires compilés par l’AFP, les heurts ont fait au moins dix morts et peut-être plusieurs dizaines. « Nous avons enregistré sept morts du côté de l’armée et quarante dans les rangs des assaillants, miliciens du chef Kamwena Nsapu », a déclaré sous le couvert de l’anonymat un membre du cabinet du gouverneur de la province du Kasaï-Central, dont Kananga est la capitale.

 

Interrogé sur ce bilan de plusieurs dizaines de morts, M. Mende a déclaré : « Le calme est revenu, peut-être à ce prix-là. » « Nous sommes en réunion d’évaluation » pour faire toute la lumière sur cette affaire, a-t-il ajouté. Selon une source militaire occidentale, « il y a eu certainement plus de dix morts », mais « on est en dessous de vingt ». Les versions divergent sur le contrôle de l’aéroport

 

La situation est restée confuse toute la journée à Kananga. L’enchaînement des événements était difficile à retracer depuis les premiers affrontements de la veille. Néanmoins, selon des sources concordantes, les rebelles ont réussi à prendre le contrôle de l’aéroport. M. Mende a précisé qu’une hôtesse de la compagnie aérienne publique nationale Congo Airways avait été tuée. Le porte-parole du gouvernement a assuré que les forces loyalistes ont repris le contrôle de l’aéroport, situé en bordure de quartiers habités dans l’est de la ville. Deux journalistes et un responsable d’ONG, joints par téléphone de Kinshasa, ont, eux, affirmé le contraire, précisant que les soldats encerclaient l’aéroport mais qu’ils n’étaient pas parvenus à y reprendre pied.

 

Le doute persistait pour la source militaire occidentale, selon qui « l’aéroport serait sous le contrôle de l’armée », mais celle-ci ne semblerait pas contrôler tous les quartiers alentour. Selon cette source, des renforts de l’armée dépêchés par voie terrestre étaient attendus dans la ville, mais on ne pouvait dire avec précision quand ils arriveraient compte tenu de l’état « catastrophique » des routes de la région, dépourvue d’infrastructures de base comme pratiquement tout le reste du pays.

Un fort sentiment « anti-rwandais »

 

À l’origine de ces affrontements, il y a un homme. Médecin dans la force de l’âge, le chef de la tribu Kamwena Nsapu a été tué dans une opération de police en août. Revenu dans le pays en avril après avoir habité un certain temps en Afrique du Sud, il aurait commencé à contester le pouvoir central et ses représentants locaux. À la suite de ce qu’il a présenté comme le viol de sa femme par des « Rwandais » (éléments rwandophones de l’armée régulière originaires de l’Est de la RDC), le chef Kamwena Nsapu a lancé un appel à l’insurrection et à la « libération du Congo » dans un appel audio qui lui est attribué et qui circule sur les réseaux sociaux.

 

Selon les sources de l’AFP, un fort sentiment « anti-rwandais » s’exprimait à Kananga depuis 48 heures. L’aéroport est pratiquement le seul moyen de désenclaver une ville et une région extrêmement reculée du pays.

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/24/actualite/politique/kananga-28-morts-nouveau-bilan-des-combats-entre-policiers-et

 

(RDC_5) Radio Okapi – 28/9

 

Les miliciens de Kamwina Nsapu ont investi depuis mardi 27 septembre dans la soirée le territoire de Dimbelenge dans la province du Kasaï Central, témoignent des sources locales à Radio Okapi. Selon elles, la situation est aussi confuse dans les villages environnants.

 

Avant d’arriver à Dimbelenge-centre, les hommes de Kamwina Nsapu seraient passés par Luandanda, Mutoto et Muamba Mbuyi où ils ont non seulement pillé, mais aussi incendié des postes de service de sécurité. « Ils sont entrés par Kajiba, dans le secteur de Lubudi. Après avoir incendié un bureau de la Police nationale congolaise (PNC) et un service de renseignements, et quelques maisons d’habitations, ils se sont rendus vers Katende. Après ils ont repris le chemin vers Dimbelenge où ils sont entrés autour de 21h45 », renseigne un habitant de Dimbelenge-centre joint par Radio Okapi.

 

Sur place à Dimbelenge, les hommes de Kamwina Nsapu, ont incendié les bureaux de service de sécurité et attaqué le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). « Ils ont failli brûler même des ordinateurs qui gardent des documents importants de la CENI. Heureusement que le chef de localité était sur place. Il a supplié les deux miliciens qui ont saccagé cette intuition de ne pas faire cela [toucher aux ordinateurs].  On a déplacé quelques matériels importants comme les ordinateurs et les motos mais on a brûlé les documents administratifs à la CENI », a ajouté la même source.

 

Ces miliciens de Kamuina Nsapu se dirigeraient les uns vers Bana ba Ntumba dans le secteur de Lubi et les autres vers le lac Munkamba, du côté Amika.

 

Pendant ce temps, la ville de Kananga est calme. Le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité Evariste Boshab y poursuit ses consultations. Il était prévu, dans la matinée de mercredi 28 septembre, une réunion des notables du territoire de Dibaya à Kananga pour analyser et voir comment trouver dans solutions dans cette affaire des miliciens du chef coutumier Kamwina Nsapu.

 

Les combats entre les forces de l’ordre et ces miliciens ont déjà fait 49 morts, selon un bilan officiel.​ Le chef coutumier Kamwina Nsapu a été tué en août dernier dans les affrontements avec les forces de l’ordre. Il s’apposait aux «tracasseries» des services de l’Etat sur ces administrés.

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/30/actualite/securite/kasai-central-les-fardc-prennent-le-controle-de-dimbelenge

 

Vie politique…

 

(RDC_6) Radio Okapi – 23/9

 

Vital Kamerhe exige toujours un «calendrier» électoral, avant la signature de l’accord qui devrait sanctionner la fin de ce forum. Cet accord doit clairement stipuler que Joseph Kabila ne va pas se présenter à la prochaine présidentielle, dont la date doit être indiquée, a affirmé vendredi à Radio Okapi, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et co-modérateur du dialogue pour le compte de l’opposition.

 

«Nous devons avoir un calendrier [électoral] qui va faire partie intégrante de l’accord que nous allons signer et qui va préciser la date des scrutins, la présidentielle combinée aux autres scrutins, et la date de la passation des pouvoirs conformément à la constitution», a indiqué M. Kamerhe. Selon lui, l’actuel président de la République ne sera pas candidat à sa propre succession. «Et c’est notre souhait», a-t-il souligné.

 

La frange de l’opposition qui prend part au dialogue a suspendu sa participation aux travaux, censés reprendre vendredi 23 septembre à la cité de l’Union africaine. Les opposants disent vouloir rendre hommage aux victimes des échauffourées survenues en début de semaine à Kinshasa.

 

Après une courte plénière, le facilitateur Edem Kodjo a encore suspendu les travaux pour une durée indéterminée. Par ailleurs, il a distribué aux participants le projet du texte d’un accord  politique qui devrait sanctionner la fin des travaux.

 

Lire aussi sous :

http://www.rfi.fr/afrique/20160924-rdc-dialogue-nouveau-suspendu-apres-violences-plainte-tshisekedi

http://www.jeuneafrique.com/361123/politique/rd-congo-television-de-lopposant-vital-kamerhe-privee-de-frequence/

 

(RDC_7) Belga – 26/9

 

Le projet d’accord politique préparé par le facilitateur du « dialogue national » en République démocratique du Congo (RDC) prévoit la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale pour gérer, durant une période intérimaire, le pays sous la direction de l’actuel chef de l’Etat, Joseph Kabila, jusqu’à l’installation du nouveau président de la République élu, rapporte lundi la presse kinoise.

 

« Il sera procédé, immédiatement après la signature du présent accord et dans un délai de trente jours francs, à la formation d’un nouveau gouvernement de large union nationale comprenant les représentants de la Majorité présidentielle, de l’opposition politique et républicaine et de la société civile », indique le document proposé vendredi par le facilitateur désigné par l’Union africaine (UA), Edem Kodjo, avant la suspension du dialogue. Le texte précise que le Premier ministre sera « issu des rangs de l’opposition », selon le site 7sur7.cd.

 

Pendant cette période intérimaire, qui intervient après le 19 décembre – date de la fin du second mandat du président Kabila -, ce dernier reste en fonction jusqu’à l’installation du nouveau président de la République élu. Le texte se fonde sur l’arrêt 262 du 11 mai de la Cour constitutionnelle en interprétation de l’article 70 de la Constitution.

 

Ce projet d’accord de quinze pages indique par ailleurs que les participants au dialogue vont devoir notamment s’accorder avec la Commission électorale nationale indépendante (Céni) pour l’élaboration d’un calendrier électoral en fixant une date raisonnable pour la tenue de la présidentielle couplée avec les législatives nationales et provinciales.

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/26/actualite/politique/rdc-la-date-des-elections-sera-soumise-lappreciation-des-participants

http://www.rfi.fr/afrique/20160926-rdc-le-role-futur-kabila-centre-questions-le-dialogue-national

http://www.radiookapi.net/2016/09/25/actualite/politique/dialogue-le-projet-daccord-politique-preconise-un-gouvernement-de

http://www.radiookapi.net/2016/09/27/actualite/politique/rdc-le-projet-daccord-politique-du-dialogue-viole-la-constitution

 

(RDC_8) RFI – 27/9

 

Le dialogue politique congolais, entre pouvoir et opposition, est suspendu depuis vendredi et n’a pas repris lundi comme prévu. Ce mardi 27 septembre, la plénière pour adopter un accord politique n’aura pas lieu. Le facilitateur de l’UA, Edem Kodjo, mène des consultations pour ramener plus de membres de l’opposition à la table des négociations. Après les ambassadeurs et l’Eglise catholique lundi, il rencontre l’Eglise protestante ce mardi. Le projet d’accord politique soumis aux participants à ce dialogue circule toujours entre les mains du pouvoir et de l’opposition.

 

L’une des questions à laquelle le projet d’accord politique ne répond pas, c’est celle de la date de l’élection présidentielle. C’est pourtant le cœur du problème en RDC, puisque le mandat de Joseph Kabila expire le 19 décembre prochain. Il faut donc qu’une date figure clairement sur l’accord qui sera signé entre le pouvoir et l’opposition. Mais c’est aussi une donnée qui peut mettre le feu aux poudres, explique un diplomate à Kinshasa. La majorité serait tentée d’étendre la période de transition à 2018. Inacceptable pour l’opposition, qui participe au dialogue, mais aussi pour l’Eglise catholique. Ils ne veulent surtout pas dépasser 2017. Résultat : la facilitation a préféré ne rien mettre pour le moment et trois croix figurent en lieu et place de cette date sur le projet d’accord.

 

Autre difficulté : trouver une formule qui mette tout le monde d’accord sur « qui » gèrera la transition jusqu’à l’organisation des élections. Le texte d’Edem Kodjo propose que Joseph Kabila reste au pouvoir jusqu’à l’élection d’un nouveau président. L’opposition, elle, exige l’ajout de l’interdiction de se représenter pour Joseph Kabila. « Pas évident à obtenir », analyse le même diplomate. Donc, en attendant de trouver un accord sur ces questions, c’est un texte à trous qui circule.

 

Le facilitateur a déjà rencontré les ambassadeurs accrédités à Kinshasa, ainsi que la Conférence épiscopale. Les deux font des allers-retours entre pouvoir et opposition. « Tout le monde fait le vœu d’un dialogue plus inclusif », estime un membre de la facilitation. Mais d’ajouter que chacun « peine aussi à trouver ce qui, concrètement, pourrait les faire revenir ». L’objectif, c’est « d’obtenir au moins un accord sur la date des élections », résume un diplomate.

 

Lire aussi sous :

http://www.jeuneafrique.com/327273/politique/rdc-forme-c6-con/

https://actualite.cd/2016/09/29/olivier-kamitatu-camp-presidentiel-cree-conditions-dun-soulevement-populaire-dun-chaos-generalise/

 

(RDC_9) Radio Okapi – 27/9

 

Le gouvernement provincial de Kinshasa a clôturé mardi 27 septembre l’enregistrement des victimes des violences meurtrières de la semaine passée.

 

Le gouverneur de la ville, André Kimbuta, avait annoncé que son gouvernement allait prendre en charge l’inhumation de toutes les personnes mortes au cours de ces violences enregistrées en marge d’une manifestation de l’opposition. Des violences qui ont fait 32 morts, selon la police, et une centaine de morts, d’après l’opposition.

 

Le gouvernement provincial n’a pas encore annoncé le nombre de dossiers réceptionnés. Le ministre provincial des Affaires sociale qui affirme rédiger un rapport à ce sujet déclare n’avoir pas l’autorisation de livrer l’information à la presse. Mais certaines sources proches du gouvernement provincial renseignent que jusqu’à lundi environ 100 familles avaient déjà déclaré avoir perdu un de leurs membres au cours des violences de la semaine passée. À en croire les mêmes sources, le gouvernement provincial vérifie l’exactitude des déclarations présentées par les familles.

 

(RDC9_1) Belga – 29/9

 

Les travaux du dialogue national inclusif destiné à préparer des élections « apaisées » en République démocratique du Congo (RDC) reprendront vendredi après près de deux semaines de suspension, a annoncé jeudi le facilitateur africain, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo.

 

Ce dialogue avait été suspendu le 19 septembre, au premier jour d’échauffourées entre forces de sécurité et membres de l’opposition ou jeunes exigeant le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat expire le 19 décembre.

 

Lire aussi sous ;

http://www.radiookapi.net/2016/09/30/actualite/politique/dialogue-nouveau-report-des-travaux-en-labsence-du-president-de-la

 

Justice, Droits de l’homme…

 

(RDC_10) Radio Okapi – 24/8

 

Le président du comité des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, Etienne Tshisekedi, a saisi vendredi 23 septembre le Parquet général de la République contre certaines autorités politiques et de défense de la RDC qu’il accuse d’être  «les auteurs des tueries» des journées de lundi et mardi derniers à Kinshasa.

 

A l’issue de la rencontre tenue ce vendredi à Kinshasa sur l’évaluation des évènements de lundi et mardi derniers, Etienne Tshisekedi, a déclaré : «J’ai le regret d’annoncer à notre peuple et à l’opinion internationale que j’ai donné mandat au secrétaire général de l’UDPS de porter plainte contre les auteurs des tueries de journées du 19 et 20 septembre 2016.»

 

La plainte vise les autorités suivantes : Evariste Boshab, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Denis Kambayi Tshimpungu, ministre de la Jeunesse et Sports, André Kimbuta, gouverneur de la ville de Kinshasa, le Général Bisengimana, commissaire général de la police nationale congolaise, le Général Gabriel Amisi et le Général Kanyama, commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa.»

 

Les précités sont poursuivis pour «manquements graves contre les instruments internationaux de protection des droits de l’homme, la constitution et les lois de la République démocratique du Congo.»

 

(RDC_11) AFP – 25/9

 

La justice militaire congolaise a condamné à mort dix présumés rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) reconnus coupables des massacres à répétition à Beni et ses environs dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris dimanche auprès d’un avocat de la défense. « La cour opérationnelle a rendu dix arrêts condamnant à la peine de mort dix prévenus, sans leur trouver des circonstances atténuantes », a déclaré Me Idi Djuma, l’un des avocats de la défense.

 

Le verdict est tombé tard samedi et les décisions de cette Cour ne sont pas susceptibles d’appel. La peine de mort n’est plus appliquée en RDC qui a décidé d’un moratoire. Elle est systématiquement commuée en prison à perpétuité.

 

« Nous nous inclinons devant cette décision de la cour », a ajouté Me Djuma, indiquant que malgré « les aveux », le tribunal n’avait pas réuni « suffisamment de preuves qui démontrent l’implication » des accusés dans les massacres.

 

Le procès, qui a débuté le 20 août, visait des présumés auteurs des tueries de Tenambo et Oïcha, localités du territoire de Beni en proie depuis octobre 2014 à des massacres à l’arme blanche attribués aux rebelles ougandais des ADF.

 

Selon l’ONU, ces tueries à répétition dans cette zone sont majoritairement imputées aux ADF. Cette version a été partiellement remise en cause par un récent rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

 

(RDC_12) AFP – 28/9

 

L’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, condamné en juin à 18 ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a officiellement interjeté appel, dénonçant les vices de forme de son procès.

 

La semaine dernière, M. Bemba a interjeté appel de sa condamnation, a annoncé mercredi dans un communiqué l’équipe de défense, ajoutant que ses droits ont été à tel point violés que le procès Bemba est en fait un jugement entaché d’un vice de procédure.

 

Riche homme d’affaires devenu chef de guerre, Jean-Pierre Bemba, 53 ans, est jugé responsable de la vague de meurtres et de viols commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003. En cinq mois, quelque 1.500 hommes du MLC ont tué, pillé et violé en Centrafrique, où ils s’étaient rendus pour soutenir le président Ange-Félix Patassé face à une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé.

 

Pour la défense, le procès, qui présente de graves vices de forme, a été déséquilibré et injuste. Les conclusions des juges sur un contrôle effectif sont éloignées de la doctrine et pratique militaire, ont expliqué les avocats de M. Bemba. Selon eux, ce procès a inventé une théorie de responsabilité du commandant qui est une impossibilité militaire.

 

Reconnu coupable des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en vertu du principe de la responsabilité du commandant, Bemba a été condamné à la peine la plus lourde jamais imposée par cette juridiction basée à La Haye, aux Pays-Bas, et fondée en 2002 pour juger les pires crimes commis à travers le monde. Ce jugement était également le premier de la Cour à avoir mis l’accent sur le recours au viol comme crime de guerre.

 

Le bureau de la Procureure a deux mois pour répondre, a précisé mercredi la défense. La CPI rendra son verdict le 19 octobre dans un procès annexe à l’encontre de Jean-Pierre Bemba pour subornation de témoins.

 

(RDC_13) Radio Okapi – 28/9

 

Cent trente-huit personnes arrêtées pendant les émeutes qui ont secoué la ville de Kinshasa la semaine dernière ont déjà été jugées en procédure de flagrance. Trente-huit personnes ont été acquittées alors que cent autres ont été condamnées à des peines allant de 45 jours à 25 ans de prison.

 

Ces personnes étaient poursuivies pour pillages, incendies et destructions méchantes lors des échauffourées des 19 et 20 septembre derniers. Elles ont été jugées au Tribunal de grande instance et de paix de la Gombe, au Tribunal de paix de Makala, au Tribunal de grande instance de Kalamu et au Tribunal de paix de Kasa-Vubu. Soixante-huit autres personnes interpellées pour les mêmes raisons attendent d’être présentées devant les juges.

 

Le président du collectif des avocats qui défendent ces personnes, Me Papy Niango, affirme que le procureur n’a pas fourni d’« indices sérieux » de culpabilité des prévenus. « Le procureur ne nous a pas produit des indices sérieux pouvant permettre au juge d’asseoir sa conviction sur la culpabilité des uns et des autres », soutient-il.

 

Me Niango demande aux juges de faire preuve d’indépendance. « Nous en appelons à la bonne foi de chacun et de tous. Que les juges soient à l’abri de toute influence négative pouvant hypothéquer son indépendance et son objectivité », indique l’avocat.

 

Le collectif des avocats qui défendent ces prévenus n’exige pas d’honoraire sur recommandation de l’Institut des droits humains et de l’Association congolaise pour l’accès à la justice.

 

Relations extérieures…

 

(RDC_14) Belga – 23/9

 

Le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a réitéré vendredi sa « profonde préoccupation à l’égard du climat de violence en République Démocratique du Congo » et exhorté tous les acteurs à ne pas faire usage de violence.

 

Il a rappelé la responsabilité première des forces de sécurité pour maintenir l’ordre public de manière proportionnée. Face à la gravité des faits qui se sont produits cette semaine, il a par ailleurs appelé au lancement sans délai d’une enquête indépendante. « La Belgique demande à ce que la responsabilité individuelle des personnes impliquées dans les faits de cette semaine soit examinée », a-t-il indiqué vendredi par voie de communiqué.

 

Pour le ministre des Affaires étrangères, une solution à la crise ne peut être trouvée que « de manière pacifique, par un dialogue réellement inclusif et dans le respect de la constitution ».

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/24/actualite/politique/rdc-le-seul-chemin-pour-la-stabilite-cest-une-date-certaine-pour-des

http://www.ouest-france.fr/monde/republique-democratique-du-congo/la-rdc-au-bord-de-la-guerre-civile-estime-ayrault-4522283

 

(RDC_15) AFP – 23/9

 

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a lancé vendredi un appel au calme en République démocratique du Congo (RDC), affirmant « surveiller avec une extrême vigilance » la situation à Kinshasa.

 

Suite « à des actes dont il est allégué qu’ils pourraient constituer des crimes de la compétence de la CPI, je tiens à rappeler à tous et à toutes en RDC que je surveille avec une extrême vigilance la situation sur le terrain », a-t-elle affirmé dans un communiqué. « J’appelle toutes les parties potentiellement impliquées et tous les acteurs congolais au calme et à la retenue, et à s’abstenir de tout acte de violence contre les personnes et les biens », a-t-elle ajouté.

 

« Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité », a ajouté la procureure.

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/23/actualite/justice/je-surveille-avec-une-extreme-vigilance-la-situation-en-rdc-avertit-la

 

(RDC_16) AFP – 24/9

 

L’Union africaine, les Nations unies, l’Union européenne et l’Organisation internationale de la francophonie ont lancé samedi un appel commun au calme, au dialogue et à la tenue rapide d’élections « crédibles » en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué conjoint publié à New York où se tient l’Assemblée générale de l’ONU, ces organisations se disent « gravement préoccupées par les violents incidents survenus récemment à Kinshasa et ailleurs » en RDC.

 

Elles « lancent un appel à tous les acteurs politiques de la RDC, y compris la majorité présidentielle et l’opposition politique, afin qu’ils fassent preuve de retenue dans leurs actions et déclarations, et qu’ils exhortent leurs partisans à renoncer à la violence ». Elles invitent également « les autorités de la RDC à promouvoir et protéger les droits de l’homme et à respecter les libertés fondamentales (..) y compris lors de manifestations publiques ». « Toutes les parties prenantes (..) ont la responsabilité d’agir dans le strict respect de la loi et des droits de l’homme, et devront faire face aux conséquences de leurs actes en cas de manquement », soulignent-elles. « Tout en restant déterminés à continuer de soutenir le dialogue national en cours, les quatre organisations partenaires rappellent que seul un dialogue inclusif mené avec le plus grand nombre d’acteurs politiques ouvrira la voie à des élections pacifiques et crédibles ».

 

Les quatre organisations signataires de cet appel « demandent au gouvernement de la RDC de rester engagé dans le processus de dialogue, y compris en continuant de prendre des mesures visant à créer un climat de confiance ». Par ailleurs, elles « encouragent les groupes politiques qui ne font pas partie des négociations en cours à jouer un rôle constructif en vue de contribuer à la tenue d’élections crédibles le plus tôt possible ».

 

Lire l’appel sous :

https://eeas.europa.eu/node/10411_en

 

Lire aussi sous :

http://www.radiookapi.net/2016/09/26/actualite/politique/dialogue-en-rdc-des-diplomates-plaident-pour-le-consensus-le-plus

http://reliefweb.int/report/democratic-republic-congo/violences-kinshasa-la-rdc-danse-sur-un-volcan

http://www.radiookapi.net/2016/09/27/actualite/societe/violences-kinshasa-lonu-demande-une-enquete-independante

http://www.jeuneafrique.com/360849/politique/rd-congo-lonu-pointe-doigt-responsabilite-autorites-violences-de-kinshasa/

http://www.radiookapi.net/2016/09/29/actualite/societe/violences-kinshasa-lonu-denonce-un-usage-excessif-de-la-force

 

(RDC_17) AFP – 26/9

 

Le pape François a reçu lundi matin au Vatican Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo (RDC), pour une audience préparée avant les violences meurtrières ayant secoué son pays il y a une semaine.

 

« Une attention particulière a été prêtée aux sérieux défis posés par la situation politique actuelle et les récents affrontements qui se sont produits dans la capitale », a précisé un communiqué du Vatican. « L’importance de la collaboration entre les différents acteurs politiques et les représentants de la société civile ainsi que les communautés religieuses, a été souligné, pour promouvoir le bien commun, à travers un dialogue respectueux et inclusif pour la stabilité et la paix dans le pays », ajoute le texte. « Enfin, ont été soulevées les violences persistantes que subit la population de l’est du pays et l’urgence d’une coopération au niveau national et international pour fournir l’assistance nécessaire et rétablir la coexistence civile », poursuit le communiqué du Vatican, qui évoque néanmoins des discussions « cordiales ».

 

La « contribution importante » de l’église catholique en RDC, dans les domaines de l’éducation, de la santé et la réduction de la pauvreté, a également été mise en exergue à l’occasion de cette visite, selon le Saint-Siège.

 

Après une arrivée très protocolaire au Vatican, le président congolais est entré rapidement dans la bibliothèque de la maison pontificale pour s’entretenir avec le pontife argentin, sans que les photographes ne puissent immortaliser leur première poignée de mains dans l’antichambre. Le pape est apparu très concentré et peu souriant au début de ces 20 minutes d’entretien avec M. Kabila, mais l’ambiance était légèrement plus détendue à la sortie, lorsque les deux hommes ont pris congé en se serrant la main, cette fois devant les photographes. Le président congolais, accompagné d’une délégation d’une douzaine de personnes, a ensuite été reçu par Mgr Paul Gallagher, le ministre des Affaires étrangères du Vatican, en l’absence du secrétaire d’Etat, Mgr Pietro Parolin, parti assister à la signature de l’accord de paix historique en Colombie.

 

(RDC_18) AFP – Radio Okapi – 28/9

 

L’administration américaine a annoncé mercredi 28 septembre des sanctions financières contre les généraux Gabriel Amisi Kumba et John Numbi, respectivement commandant de la première zone de défense de l’armée congolaise et ancien chef de la police nationale congolaise.

 

Leurs avoirs éventuels aux Etats-Unis seront gelés et il est interdit à tout ressortissant américain de réaliser des transactions avec ces individus. « Ces responsables, actuel et ancien, du gouvernement de la République démocratique du Congo se sont engagés dans des actions qui ont sapé le processus démocratique en RDC et réprimé les libertés et droits politiques du peuple congolais, risquant de répandre l’instabilité dans le pays et plus largement dans la région des Grands Lacs », a déclaré John Smith, directeur en exercice de l’agence du Trésor qui émet ces sanctions, cité par l’AFP.

 

Le général Amisi Kumba est accusé d’avoir commandé des unités des FARDC dans la répression de manifestations politiques. « De plus en plus de violations des droits à la liberté de s’exprimer et de se réunir pacifiquement ont été rapportées dans les provinces de l’ouest, notamment à Kinshasa », estime le Trésor qui cite l’usage « de force excessive et d’armes létales pendant des manifestations (…) particulièrement en janvier 2015 ».

 

Pour sa part, le général John Numbi est accusé d’avoir usé « d’intimidation violente pour s’assurer la victoire de candidats affiliés à la coalition du président Kabila » en mars dernier lors d’élections. Il aurait menacé de tuer des candidats de l’opposition s’ils ne se retiraient pas volontairement de la course et trois ont obtempéré, précise l’administration américaine qui souligne que si M. Numbi n’est plus membre officiel du gouvernement, il reste « un conseiller influent du président Kabila ».

 

Un officiel congolais interrogé par Radio Okapi sur ces sanctions a indiqué que « les autorités congolaises prennent le temps de s’imprégner de cette décision et pourront réagir ce jeudi ».

 

En juin dernier, l’administration américaine avait annoncé des sanctions financières contre le chef de la police de Kinshasa, général Kanyama, pour sa responsabilité dans des violences et des disparitions dans la capitale de la République démocratique du Congo.

 

Lire aussi sous :

http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/belga/rdc-le-departement-d-etat-americain-ordonne-au-personnel-diplomatique-de-quitter-le-pays-57ede0cbcd70871fc4232743

http://www.radiookapi.net/2016/09/29/actualite/politique/kinshasa-denonce-des-sanctions-ubuesques-contre-les-generaux-amisi-et

http://www.rtbf.be/info/monde/detail_kinshasa-accuse-les-etats-unis-de-preparer-le-chaos-en-rdc?id=9417764

 

RWANDA

 

Justice, Droits de l’homme…

 

(RWA_1) Belga – 29/9

 

Une activiste de l’opposition au Rwanda, Illuminée Iragena, est portée disparue depuis six mois et ses proches redoutent qu’elle ne soit décédée en détention après avoir été victime d’une disparition forcée, a indiqué jeudi l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW). Mme Iragena, qui est membre du parti Forces démocratiques unifiées (FDU)-Inkingi, a été vue pour la dernière fois le 26 mars, a précisé HRW dans un communiqué.

 

Dans une affaire apparemment liée, quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse, une autre membre du même parti d’opposition, Léonille Gasengayire, a été arrêtée après avoir rendu visite en prison à la présidente de son parti, Victoire Ingabire. Mme Gasengayire a été accusée d’avoir apporté à Victoire Ingabire un exemplaire du livre que cette dernière avait écrit. Apparemment, Illuminée Iragena avait contribué à organiser cette livraison. La police a relâché Mme Gasengayire trois jours plus tard, mais l’a de nouveau arrêtée le 23 août.

 

« Le gouvernement rwandais devrait intensifier ses efforts pour déterminer ce qui est arrivé à Illuminée Iragena », a déclaré le directeur de la division Afrique de HRW, Daniel Bekele, cité par le communiqué. « Si elle est en détention, les autorités devraient révéler où elle se trouve et soit l’inculper et la juger rapidement, soit la libérer. Si elle est morte, elles (les autorités) devraient rendre publiques les circonstances de son décès », a-t-il ajouté.

 

Human Rights Watch a documenté plusieurs disparitions, arrestations motivées par des raisons politiques et détentions illégales au Rwanda, notamment d’opposants ou de détracteurs présumés du gouvernement.

 

Lire aussi sous :

https://www.hrw.org/fr/news/2016/09/29/rwanda-une-activiste-de-lopposition-portee-disparue

 

(RWA_2) La Voix de l’Amérique – 29/9

 

Un universitaire et ancien dirigeant syndical rwandais, recherché depuis 12 ans pour son implication présumée dans le génocide de 1994, a été extradé mercredi des Etats-Unis vers le Rwanda.

 

Le linguiste rwandais Léopold Munyakazi, originaire de Gitarama (centre du Rwanda) et diplômé d’une université française, est arrivé à l’aéroport de Kigali mercredi soir à bord d’un vol charter américain, selon cette source.

 

  1. Munyakazi, qui nie avoir participé au génocide, était détenu dans une prison de l’Etat d’Alabama aux États-Unis, après le rejet de sa demande d’asile dans ce pays où il était rentré en 2004.

 

L’universitaire est soupçonné d’être impliqué dans le génocide de 1994 au Rwanda qui avait fait environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi, selon l’ONU.

 

Aujourd’hui âgé de 65 ans, M. Munyakazi était en 1994 secrétaire général de la Centrale syndicale des travailleurs du Rwanda (CESTRAR), après avoir été professeur de linguistique à l’Université nationale du Rwanda.

 

Il avait d’abord été détenu dans une prison rwandaise pour participation présumée au génocide, avant d’être relâché par les autorités et de gagner les Etats-Unis, où il avait demandé l’asile tout en enseignant le français dans des écoles et universités.

 

Kigali avait émis deux mandats d’arrêt à son encontre en 2006 et 2008. Il avait jusqu’ici pu s’opposer à son extradition, en arguant qu’il était poursuivi pour ses opinions politiques hostiles au régime de l’actuel président Paul Kagame.

 

Le Parquet général rwandais conteste sa version et le poursuit pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, et crimes contre l’humanité.

 

Léopold Munyakazi est le plus connu et le plus haut placé des quatre Rwandais extradés à ce jour par les Etats-Unis pour leur implication présumée dans le génocide.

 

Une dizaine de Rwandais accusés de participation au génocide ont déjà été renvoyés à Kigali, principalement en provenance des Etats-Unis, du Canada, de l’Ouganda et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui a fermé ses portes fin 2015.

 

Pour leur part, les pays européens sont, dans leur ensemble, encore réticents à extrader des Rwandais vivant sur leur territoire, car ils doutent qu’ils puissent être jugés équitablement dans leur pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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