Sexe et légendes érotiques
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Nifiirifiirwaniik, femme aux 80 petites lèvres vulvaires

Dans la tradition des habitants des îles Chuuk (Océan Pacifique), les femmes les plus belles sont celles qui ont de longues petites lèvres vulvaires. Celles-ci sont de ce fait objet de beaucoup de soins dès la tendre enfance d’une jeune fille.

Une légende des ces îles parle ainsi d’une jolie femme du nom de Nifiirifiirwaniik qui avait les plus beaux organes génitaux. Et pour cause, son sexe était pourvu de quatre-vingt petites lèvres. Elle était désirée et une multitude d’hommes avaient fait des relations sexuelles avec elles. Mais aucun d’entre d’eux n’avait réussi à lui faire atteindre l’orgasme, ses petites lèvres étaient entremêlées, cachant son clitoris qui restait inaccessible. Aucun pénis de ses nombreux amants n’était assez long pour se frayer un chemin entre ces petites lèvres pour atteindre le clitoris de l’intéressée. Ils ne faisaient qu’effleurer le sexe de Nifiirifiirwaniik qui souffrait de ne pas jouir comme les autres femmes.

Mais un homme avait fait sa renommée sur l’île à cause de son très long pénis. Il s’appelait Wonofaat. Son sexe était détachable de telle sorte qu’il pouvait se promener tout seul à la recherche des organes génitaux féminins à pénétrer. Nifiirifiirwaniik , qui avait entendu parler des prouesses sexuelles de cet homme, alla le chercher. Elle le séduit. Wonofaat succomba aux charmes de la femme et lui fit l’amour. Il dégaina son long sexe qui se fraya le chemin entre les 80 lèvres vulvaires jusqu’à se frotter fortement et à plusieurs reprises sur le clitoris de Nifiirifiirwaniik. Celle-ci jouit, atteignant ainsi son premier orgasme. Le plaisir fut intense qu’elle poussa des cris qui furent entendus sur toute l’île.

Nipepenimong au pénis détachable

Cet homme au pénis détachable et qui était parvenu à faire jouir Nifiirifiirwaniik pour la première fois de sa vie, est connu sous le nom de Nipepenimong. Un jour, il envoie son pénis auprès d’une très jolie femme en train de pêcher dans la mer.

Voyant le pénis en train de nager, la femme le prend pour un poisson. Il l’attrape et le met dans sa corbeille. Le pénis se débat, saute sur la femme et parvient à faire des relations sexuelles avec elle.

La femme rentre à la maison avec le fameux poisson qui parvient à faire des relations sexuelles avec deux de ses filles. Mais la troisième, la plus jeune, voyant le pénis s’approcher d’elle, le prend pour un serpent venimeux. Elle le frappe avec un gros bâton et le tue. Nipepenimong, propriétaire du pénis, qui avait joui à cause des relations sexuelles effectuées par son organe vagabond, mourut en même temps que son pénis par effet de synchronisation.

Le vagin denté

Le mythe du vagin denté est très ancien et a des variantes selon des cultures. Il fait croire que chez certaines femmes, le vagin serait pourvu de dents. Dans la mythologie occidentale, le vagin est décrit comme un « sexe mangeur », une « bouche vorace pour avaler le pénis ». Les femmes possédées ou drôles sont décrites dans certaines littératures comme un « sexe carnivore », qui déchire le sexe des hommes sans pitié, qu’elles ont « des becs entre les jambes ».

Dans les contes antiques, on trouve des histoires lugubres en rapport avec la cruauté du vagin. L’une d’elles parle d’une « fille d’un démon qui avait la vulve hérissée de dents ». Pour attirer les hommes à croquer, elle se transformait en jolie jeune fille, séduisante. Quand l’homme s’en approchait, attiré par cette beauté, la fille lui coupait tout de suite son pénis. Les femmes au vagin denté sont assimilées, dans certains contes russes, aux ogresses. Le mythe du vagin denté justifiait, dans certaines cultures, qu’avant la première nuit de noce, la mariée soit déflorée par un spécialiste qui préparerait alors le chemin au marié encore novice.

Chez les Indiens Tobas d’Argentine, il existe une légende selon laquelle les femmes s’alimentaient avec les dents de leurs vagins. Les hommes avaient peur de leur faire l’amour jusqu’au jour où survint un libérateur qui s’attaqua à ces dents, permettant ainsi aux hommes de faire des relations sexuelles malgré la présence d’une seule dent transformée en clitoris.

Des toiles anciennes faites en rapport avec le vagin denté montrent un homme avec des instruments de toutes sortes (ficelle, tenailles, …) jouant le rôle de dentiste vaginal.

Dans certaines civilisations anciennes, ce mythe a servi à protéger les femmes contre des viols et autres assauts sexuels de certains hommes indélicats.

D’autres explications, les unes plus farfelues que les autres, veulent que le sexe de la femme fait peur car il n’est pas entièrement visible contrairement au pénis. Les hommes ont donc eu toujours peur de ce qui se cachait derrière cet organe mystérieux, d’aspect concave, dont on ne parvenait pas à pénétrer le secret.

Des imaginations débordantes ont donc pensé que s’il s’ouvrait, le vagin montrerait ses dents. D’autres y voient la volonté de domination de l’homme sur la femme, voulant à tout prix maintenir sa hauteur et ne pas risquer de devenir un jour esclave de la femme ou de se faire aspirer, engloutir, via le vagin de celle-ci.

Au Moyen Age, des légendes en rapport avec des ‘‘succubes’’ battaient le plein. Il s’agissait de démons qui se transformaient en jeunes femmes et qui séduisaient des hommes pour leur faire l’amour. Une fois dans l’action, leurs sexes étaient  tranchés et avalés par ces femmes.

Le mythe du vagin denté a inspiré notamment le film Teeth (dent), sorti en 2007. Ayant découvert que son vagin est pourvu de dents, l’héroïne du film, une jeune fille de 17 ans, utilise cette arme pour corriger les hommes volages. Deux ans avant, en 2005, une chercheuse sud-africaine avait mis au point un préservatif pour se protéger contre le viol. En cas de pénétration sexuelle, les piquants du préservatif rentrent dans le pénis. Seule une opération chirurgicale, pouvait sauver l’homme des douleurs causées par cette invention spéciale.

Dans certains pays africains, le mythe du vagin denté justifie l’ablation du clitoris. Certaines tribus ouest-africaines sont quasiment hostiles à cet organe. Elles lui prêtent des maux de toutes sortes à travers des mythes perpétués par leurs traditions et coutumes qui assimilent le clitoris à une dent prête à mordre le pénis, et qu’il faut donc enlever avant qu’elle ne fasse des dégâts.

Ces tribus pratiquent ainsi la clitoridectomie notamment chez les Dogons qui, installés majoritairement au Mali, mais trouvables aussi au sud-ouest du Niger, au nord du Burkina Faso et Côte d’Ivoire, pensent que le clitoris enlaidit la femme par le fait même qu’il a l’air d’un pénis. En le coupant, la fente vulvaire est plus esthétique. Pour eux, cette excision vise à rendre la femme plus féminine.

Chez les Lulua, un des peuples de la province du Kasaï-Occidental en République démocratique du Congo mais également présents au nord-est de l’Angola, ils considèrent, dans leur mythologie, que le vagin a des dents, qui ont été arrachées les unes après les autres et que le clitoris serait la dernière dent rebelle à supprimer. Chez les Bambaras, groupe ethnique implanté principalement au Mali mais également présent en Guinée, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Gambie, en Guinée-Bissau, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal, l’on considère le clitoris comme un dard qui peut blesser l’homme lors de la pénétration durant les rapports sexuels. D’autres croyances véhiculent l’idée fausse selon laquelle, lors des relations sexuelles, la pénétration devient impossible chez une femme non excisée, le pénis étant ainsi prisonnier du clitoris. Ces croyances conduisent à des pratiques d’excision en procédant à l’ablation du clitoris voire même des petites et des grandes lèvres vulvaires.

Les humeurs vaginales de Nyiransibura

Dans la région des Grands Lacs africains, l’on parle d’une certaine Nyiransibura. Cette femme avait des humeurs vaginales abondantes que leur écoulement est à l’origine de la formation du lac Kivu qui existe entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo.

Jane Mugeni

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