LA SOUFFRANCE DU HUTSI FAUSTIN TWAGIRAMUNGU !
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Rubrique : Actualité
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Publié le 22 Août 2019 par Sylvestre Nsengiyumva

Un billet d’humeur de Sylvestre Nsengiyumva

 

Au secours les amis révolutionnaires, y a le feu au lac !

Loin d’être un « jeu », la politique est avant tout une aventure humaine. Le corollaire indéniable de cette proposition, c’est que, depuis que le monde est monde, dans le temps et dans l’espace, tout acteur politique qui s’engage est toujours motivé, en premier, par un ressort psychologique intime (icyo yikura !). Adolphe Hitler, par exemple, aurait eu des origines juives cachées et, surtout, aurait fréquenté, dans son enfance, une riche famille juive qui l’aurait humilié…

LA CONDITION HUTSIE

La souffrance silencieuse de la masse hutsie rwandaise se décline en deux catégories:

– il y a ceux qui, depuis la tendre enfance, souffrent d’un système patriarcal à la con, lequel ne les reconnaît pas dans leur identité et leur sensibilité intime métissée. C’est le cas, par exemple, de Sylvestre Nsengiyumva et de JMV Ndagijimana;

– puis il y a ceux qui, comme Faustin Twagiramungu, souffrent parce qu’assumer leur identité et leur sensibilité hutsie est, tout bonnement, au-dessus de leur force. Cette dernière forme de souffrance est de nature clinique ; elle relève de la psychiatrie…
Aux temps 30’50 » et 37′ de sa dernière interview de 2h40′ avec Tharcisse Semana, Faustin Twagiramungu a encore inspiré pitié à ceux qui connaissent son histoire perso et intime,

quand il a enfoncé le clou déjà planté par ses soins la semaine d’avant sur Ikondera : « abo muzababwire ko ntashobora kuvugana n’Abahutsi, simbazi mu mateka y’u Rwanda. Ubwo wenda ahari Umuhutsi ari inyuma y’Umutwa…! »

PARCOURS POLITIQUE DANGEREUX D’UN HUTSI AMBIVALENT

Comme il l’a intempestivement lâché récemment sur Ubumwe, jeune adolescent, Faustin Twagiramungu assistait aux meetings de l’UNAR, pendant que celui qui deviendrait plus tard son beau-père dirigeait ceux du MDR Parmehutu ! Et pour cause : il était le fils de Mr Gishungu (Gisambo en langue mashi !), un richissime hutu plus congolais que rwandais, qui avait fait fortune dans le trafic juteux, national et inter-frontalier, de vaches volées (Gutunda). Situation confortable qui lui avait permis d’épouser une femme tutsie « de bonne famille » et, dans la foulée, de se faire encarter à l’UNAR de son meilleur ami Rukeba, avant d’en devenir l’un des leaders en vue dans son Kinyaga natal.

Toute sa jeunesse, Faustin Twagiramungu, fils on ne peut plus bio de son père (!), militera lui-même, ouvertement d’abord et clandestinement ensuite, dans la jeunesse unariste, jusqu’au jour où il mit genou à terre pour demander la main de l’aînée de…Kayibanda!

Seulement voilà, avec cette « culture unariste », il ne rompra jamais le cordon ombilical, d’autant qu’il gardera une proximité politique et une amitié indéfectible, tissées sur les bancs du Collège Saint André, avec un des idéologues majeurs de cette mouvance en exil: Tito Rutaremara. L’on sait aujourd’hui que,  fin des années 80, lorsque Tito Rutaremara lança RANU en Ouganda (UNAR en anglais !), Faustin Twagiramungu pilotait alors la STIR, ce qui explique sans doute…CELA !

Tout en continuant à « se vuruguter » dans cette interaction plus forte que lui avec son passé, Twagiramungu ne trouva rien de plus logique aussi que de relancer le parti de son beau-père, qu’il appelait, dans tous ses meetings populaires, « irya Papa na Mama », tout en sachant que Papa et Mama étaient justement UNAR !

Cette ambivalence machiavélique, sciemment entretenue, fut néanmoins entachée d’une naïveté politique inouïe. En effet, quand il réussit, à force de jouer sur les deux tableaux, à se faire imposer par le FPR comme Premier ministre dans les accords d’Arusha, en ayant fait imploser au passage le MDR, quelqu’un lui demanda comment il comptait s’y prendre face à Kagame et Kinani, qui possédaient chacun une armée. Voici ce qu’il répondit en substance (parodie) : ces deux-là, quand j’aurai gagné les élections, leurs kalachs et autres katiouchas, ils n’auront d’autre choix qu’à se les enfoncer bien profond là où je pense! La suite se passe de rappel… Sauf peut-être à rappeler que, dans ce parcours hasardeux, à chaque fois que cet homme  a dû descendre le pantalon pour « se faire avoir », sans vaseline et pour des cacahouètes (on parle de 350000€ en 2003), il a laissé morts et disparitions dans son sillage ! De petits pigeons qui avaient eu le seul tort de croire à sa tragique imposture!

STRATÉGIE POUR UN RETOUR IMPROBABLE…

On dit qu’il ne faut jamais enterrer un homme politique avant sa mort physique! C’est sans doute vrai… Aujourd’hui Faustin Twagiramungu,  Rukokoma pour les intimes (!), passe pour un revenant improbable. Un autre que lui se ferait assister, mais puisqu’il ajoute  l’arrogance à la malhonnêteté intellectuelle et au mensonge chronique, il le fait tout seul et, maladroitement, il est condamné à « kwisobanura » en permanence !

La politique a ceci de particulier qu’elle entretient un rapport implacable avec le passé des politiciens. Les zones d’ombre dans ton passé, ou tu les assumes et tu en gères les conséquences, ou tu fais publiquement amende honorable. Sans quoi…

Si la politique était une cour de recrée, ça se saurait, et tout le monde se mettrait à y jouer, d’autant que ça peut rapporter gros : gloire, argent et, éventuellement, réalisation de soi…

UN « MOT DE LA FIN » RÉVOLUTIONNAIRE

Je n’ignore pas le principe qui veut que, au moment T de son histoire, chaque peuple a les leaders qu’il mérite ! Si la majorité de rwandais souhaitent rester dans le logiciel facile Gahutu-Gatutsi, veillez au moins à dorénavant vous choisir comme « Guides », de « vrais » hutus et de « vrais » tutsis. Je vous le conjure, vous verrez que les « vaches » seront mieux gardées !

Sylvestre Nsengiyumva

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