BÉBÉ CLARISSE ET PAPA MUKU: CHRONIQUE D’UN DIVORCE ANNONCÉ
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Un billet d’humeur
de Sylvestre Nsengiyumva

 

Alain Mukuralinda avait cru se refaire une virginité dans le show-biz rwandais, histoire de faire oublier une obscure carrière de procureur-potopoto, dans laquelle il s’était illustré par un seul « haut-fait » : avoir un jour opportunément confondu Victoire Ingabire avec une énorme cruche à porter, poussant l’imbécillité jusqu’à publier un torchon que, heureusement, j’ai été le seul à feuilleter ! Impyisi zose nzisera igikoma…

 

Seulement voilà, Clarisse Karasira vient de doucher les ardeurs de ce « muteruzi » hors-pair. Dans une intervention qui battra chez YouTube le record de la vidéo la plus courte (54 secondes), la diva montante de la musique traditionnelle rwandaise n’a ouvert la bouche que 4 secondes chrono pour « balancer son porc », sourire malicieux aux lèvres à l’intention d’un public de niche « qui se reconnaîtra », et qui n’attendait que ça depuis kalakala! Scénario on ne peut plus hitchcockien, mis au point pour siffler dramatiquement la fin d’une récréation contre nature qui n’aura duré que neuf mois…

La seule « relation d’affaires » aussi bizarroïde qui tient au Rwanda depuis un temps, c’est le tandem Kagame-Bazivamo au sommet de « Cyama », et pour cause : l’un des deux fait le mort ! Une seule fois on a entendu Bazivamo au début de cet idylle, dans un rassemblement à Nyagatare. Il avait alors hasardé une blague qui n’avait fait rire personne : « Afande, les gens disent que vous et moi on se ressemble »! Regard noir de Sa Majesté, et hop: bas les pattes !!!

 

Contrairement à Bazivamo, notre Muku national n’est pas du genre à fermer sa grande gueule. On raconte même que, des fois, il l’ouvre tellement grande que la petite Clarisse redoute d’être aspirée dedans !

 

La goutte qui a fait déborder cet improbable vase, c’est quand Alain Mukuralinda a fait des mains et des pieds pour intervenir au dernier Rwanda Day. Sélectionné pour amuser la galerie, il a alors fait le voyage Abidjan-Bonn à ses frais, fermement décidé à enflammer cette Grand-messe de Kagame par un discours autobiographique mémorable, ponctué de révélations fracassantes sur son parcours de procureur-écrivain-sagihobe!

 

Au moment précis où il a évoqué ses petits déjs aux mandazi avec son autre vache à lait Gisupusupu, la Clara a esquissé une moue de dégoût ! Et quand il s’est vanté d’avoir fait retirer trois présumés « génocidaires ruharwa » de la liste noire, elle a carrément vomi dans son inkongoro, et a définitivement pris sa décision…

 

Non mais, déconnage à part, un drame national se déroule sous nos yeux: la destruction d’un symbole de réconciliation rêvée Gahutu-Gatwa-Gatutsi. Tout ça par la faute d’un mec prêt à tout pour être ce qu’il n’est pas et ne saurait être : Boss-Papa!

 

En effet, quand un bon matin François Nsengiyumva, juste pour « faire  le twa », l’a appelé Boss, Alain Muku y a cru. Et le lendemain, quand Clarisse Karasira, juste pour faire un peu dans « l’ironie tutsie », l’a appelé Papa, il y a cru aussi…et s’est alors senti pousser des cornes de vache !

 

Sylvestre Nsengiyumva