Rwanda. La Révolution rwandaise de 1959 : 60 ans après… par Dr. Phil. Innocent Nsengimana
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En refusant de changer de point d’appui social et politique et d’agir contre les actes des monarchistes extrémistes, en remettant aux calendes grecques les revendications sociales, politiques et économiques des Rwandais, les bami rwandais Mutara III Rudahigwa et Kigeli V Ndahindurwa  ont accentué le dynamisme destructeur interne qui servit de soubassement à la Révolution rwandaise de novembre 1959. L’acculturation de l’élite rwandaise comme autre élément ayant influencé les événements s’est greffée à ce dynamisme et a servi d’outil à l’accomplissement de cette Révolution. Cet événement qui, en ce mois de novembre 2019 fête ses 60 ans, ouvrit la porte à la République rwandaise. Comparée à d’autres soulèvements qui eurent lieu sur le territoire rwandais et dont quelques exemples sont évoqués dans le présent écrit, la Révolution de 1959 fut unique quant aux bouleversements qu’elle introduisit dans tous les secteurs de la vie du pays et à l’ampleur des dégâts (humains et matériels) qu’elle occasionna.  

 

Mots clés : Mutara III Rudahigwa, La Révolution rwandaise, Kigeli V Ndahindurwa, Le Coup d’Etat de Mwima, Prosper Bwanakweri, Abbé Stanislas Bushayija, Lazare Ndazaro

Introduction

La Révolution rwandaise désigne une période de bouleversements sociaux et politiques de grande envergure qui se produisirent au Rwanda à la fin des années 50-début des années 60. Cette période s’étend du 3 novembre 1959[1] avec les incidents qui éclatèrent dans la chefferie du Ndiza, à la suite d’une attaque perpétrée contre le sous-chef Dominique Mbonyumutwa jusqu’au 1er juillet 1962, date à laquelle l’indépendance du Rwanda fut proclamée. Cette période fut marquée par l’émergence des institutions républicaines mais aussi par des épisodes de violence inouïe, au terme desquels plusieurs centaines de personnes trouvèrent la mort et  d’autres prirent le chemin de l’exil. Des dégâts matériels furent également énormes.


INTÉGRALITÉ DU TEXTE, A TÉLÉCHARGER :  Hist Révolution Rwanda


Aujourd’hui, 60 ans viennent de s’écouler et cette  Révolution peine toujours à faire partie intégrante de la mémoire collective de tous les Rwandais. Elle reste controversée : pour certains Rwandais, elle constitue un événement à commémorer car elle leur a donné l’occasion de participer à la gouvernance de leur pays, mais pour d’autres elle est de triste mémoire car elle a contribué à la perte de leurs postes de commandement ainsi que des privilèges qui y étaient affiliés.

La commémoration du 60ième anniversaire de la Révolution rwandaise de 1959 en ce mois de novembre 2019 constitue une occasion de méditer sur cette divergence de point de vue des Rwandais et surtout de revisiter les documents édités et non édités  afin d’y déceler des éléments pouvant aider à contribuer à la restitution de ce qui s’est réellement passé. C’est cet exercice de restitution qui constitue l’objet de cet écrit. Nous espérons que les éléments qui seront relevés contribueront à rétablir la vérité historique en ce qui concerne les  faits et gestes auréolant cet événement et que cette vérité aidera au rapprochement des différents points de vue.

Pour la clarté de l’exposé, nous verrons en premier lieu, le concept même de « Révolution » : sa signification et son utilisation. Ce terme est-il applicable aux événements tels qu’ils se sont produits au Rwanda de 1959 à 1962 ? Ensuite, il sera question de voir si le soulèvement des populations contre leurs autorités en 1959 était fondé. Le territoire rwandais n’avait-il pas connu d’autres types de soulèvements des populations avant 1959 ? Si oui, quelles furent leurs particularités par rapport à celui de 1959 ? Le point suivant sera axé sur les causes (lointaines et directes) de la Révolution. Avant de conclure, nous présenterons brièvement les principales étapes du déroulement de la Révolution et ses conséquences  sociales et politiques sur l’évolution du Rwanda.

  1. « Révolution » : Signification et utilisation…

Une « Révolution » est définie par le Larousse comme un « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se révoltant contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder ». Elle constitue un phénomène précédé généralement de signes annonciateurs ; une succession d’événements résultant d’un programme (ou projet), voire d’une idéologie. Elle implique la notion d’une rupture entre l’ancien et le nouveau. Elle rompt pour rétablir. En considérant cette définition, le concept « Révolution » diffère de celui de « Révolte » qui désigne la contestation par des groupes sociaux de mesures prises par les autorités en place, sans que cette contestation s’accompagne nécessairement d’une volonté de prendre le pouvoir et de se substituer à ces autorités. La « révolte » est un mouvement de rébellion spontané. On parle donc habituellement de « Révolution », une fois que le soulèvement débouche sur une prise de pouvoir, laquelle s’exprime ensuite par d’importants changements institutionnels.

Cette précision terminologique mis en relation avec ce qui s’est passé au Rwanda, dès novembre 1959 jusqu’au 1er juillet 1962, conduit à qualifier les événements ayant caractérisé cette époque de « révolutionnaires » : le soulèvement de la population accompagné de violence a permis  des bouleversements profonds dans la gouvernance du Rwanda. Ils conduisirent à la chute de la monarchie et à la proclamation de la République. De par tous ces éclaircissements, il nous semble incorrect d’employer le terme « jacquerie » comme certains auteurs l’ont fait pour parler de cette Révolution.

  1. D’où proviennent les révolutions ?

Selon l’Abbé Stanislas Bushayija,

« …au début une classe domine une autre, une classe opulente et puissante gouverne une classe pauvre, méprisée et souvent opprimée ; quelques éléments des classes inférieures commencent par s’émanciper et, soit par leur énergie, soit par leur savoir, arrivent à imposer le respect, encore qu’on se plaise parfois à les traiter de parvenus pour les humilier ; dans le reste de la masse se crée en même temps une prise de conscience progressive de la situation anormale où elle se trouve et un désir de plus en plus vif d’en sortir… C’est ainsi qu’il faut comprendre les discussions, les manifestes, les articles qui se succèdent à un rythme de plus en plus rapide. L’histoire nous montre que lorsque des revendications arrivent à ce point de maturité, elles aboutissent fatalement à des révolutions ou des guerres civiles, si les responsables ne leur donnent pas une réponse satisfaisante… » (M. Pochet, Rétrospective. Le problème ruandais….Dossier 6 et 7, p. 5)

Parlant de la provenance du phénomène révolutionnaire,  F. Reyntjens insiste quant à lui sur le rôle des changements introduits dans un système. A ce sujet, il écrit :

« …Il est dit souvent que les révolutions sont mises en marche dans le but d’effectuer des changements radicaux. En réalité cependant, les changements radicaux préparent et provoquent la révolution, si le système ne parvient pas à les accommoder à temps. Le sentiment de révolutionnaire, ou la volonté de soulèvement, est engendré par des irritations, difficultés et frustrations inhérentes à la réalisation des changements drastiques. Les potentialités révolutionnaires sont dès lors les plus réduites là où il n’y a pas eu de changements. 

Parmi les forces poussant un système  au de-là de son équilibre en causant une désorganisation du système socio-culturel et politique, on peut citer en général les conflits internes parmi des groupes d’intérêt et la perception ou l’impression de subordination et d’infériorité de la part d’une composante de la société… » (F. Reyntjens, Pouvoir et droit au Rwanda…p. 181.)

La Révolution de novembre 1959 au Rwanda trouve aussi son essence dans ces situations générales telles que présentées par  l’Abbé Stanislas Bushayija et Filip Reyntjens. Avant elle, les situations de révolte s’étaient manifestées  sur le territoire rwandais face à un pouvoir monarchique centralisateur légitimé par une idéologie de domination. Celles-ci n’aboutirent pas certes à la prise du pouvoir, mais elles marquèrent l’évolution socio-politique du Rwanda. Elles constituaient des signes annonciateurs d’une problématique dans la gouvernance du pays. Quelles furent ces situations de révolte qui se produisirent sur le territoire rwandais avant la Révolution de novembre 1959?  Quelles étaient les aspirations des révoltés? Comment étaient-elles mâtées ?

III. Exemples de soulèvements sur le territoire occupé par le Rwanda actuel avant 1959

Le territoire rwandais a été à plusieurs reprises le théâtre des soulèvements populaires dirigés contre les autorités en place. En 1901, Rukara[2], présenté comme le descendant de Kimenyi, mwami du royaume du Gisaka refusa l’autorité de Musinga et proclama l’indépendance du Gisaka. Ce royaume avait été conquis définitivement sous le règne de Kigeli Rwabugili par la prise de Rukurura, son tambour dynastique. L’autorité coloniale allemande appuya Musinga et la rébellion de Rukara fut mâtée par le chef du district d’Usumbura au Burundi, Werner von Grawert. Rukara fut capturé. Il fut déporté au Bukoba, en Tanzanie où il mourut en prison.

Fêtes du Roi Kigeri célébrée en son honneur par des danses, à Bukavu dans les années 60

Vers 1910, le Nord du Rwanda fut concerné par le soulèvement du prétendant Ndungutse et de ses alliés : Rukara et Basebya.[3] D’après l’Abbé Alexis Kagame,

« …Ndungutse dont le nom véritable était Birasisenge habitait à Bugwangali dans la région du Mutara… Les rumeurs populaires disaient que Musekerande (une des nombreuses épouses de Kigeli Rwabugili) avait eu deux fils : Biregeya, de Kigeli IV, et Ndungutse qu’elle aurait de Mibambwe IV Rutalindwa.  Voulant profiter de ces rumeurs, Birasisenge se donna le nom de Ndungutse. Après plusieurs aventures dont les récits en font le héros, il arriva à Ngoma aux abords du marais mouvant du Rugezi. Son serviteur Kagesa alla lui amener Basebya, le Chef des Pygmées. Basebya le considéra comme le vrai fils de Rutarindwa et donc le Roi légitime. Toute la région du Buberuka le reconnut comme tel… Tous les fidèles de Musinga furent attaqués, leurs habitations furent incendiées dans le Buberuka, et l’expédition atteignit le Bumbogo jusqu’au Kiziba près de Bugaragara… »[4]

Comme ce fut le cas pour Rukara du Gisaka, les Allemands se rangèrent du côté du mwami Yuhi Musinga pour venir à bout du soulèvement de Ndungutse.  A ce sujet, l’Abbé Alexis Kagame écrit :

« …Le lieutenant Gudovius (Bwana Lazima) qui était à Kigali, apprit la nouvelle. Il vint avec sa troupe (au Bumbogo) et ne trouva que les restes des incendies, les assaillants s’étant retirés… L’Allemand envoya dire à Yuhi V Musinga qu’une expédition devait être organisée, qui seconderait ses soldats. Celle-ci se composa officiellement de la compagnie Iziruguru=les Palatins… et le commandement fut confié à Rwubusisi, fils de Cyigenza. Au lieu cependant d’attaquer directement l’adversaire, comme en agissaient  les autres expéditions, celle-ci, de par la volonté du Lieutenant Gudovius, fixa un camp de marches=urugerero à Burenga près de Sayo… »[5]

Les préparatifs à l’assaut final eurent lieu au cours de 1911 jusqu’au début 1912. Pendant cette période, Gudovius et Rwubusisi engagèrent des espions dont la principale mission était de leur fournir des informations. Un autre élément qui contribua à retarder l’expédition contre Ndungutse est donné par l’Abbé Kagame… « Par l’entremise d’un émissaire appelé Ruhinankiko, un Mututsi sincèrement rallié à lui, Ndungutse amorça les pourparlers avec Bwana Lazima, en vue de livrer Rukara[6] à la ‘vengeance’ européenne. Voilà la raison pour laquelle l’expédition avait été condamnée à l’inaction : le lieutenant Gudovius attendait d’abord qu’aboutissent les pourparlers en cours… »[7] Finalement, Rukara fut livré. Par cet acte de trahison, Ndungutse croyait gagner la confiance de l’autorité coloniale allemande. Seulement, il ignorait que l’armée de celle-ci et celle de Musinga s’étaient coalisées et  avaient déjà arrêté le plan pour l’attaquer. C’est en avril 1912 que lesdites armées passèrent à l’action. Ndungutse fut attaqué et tué dans sa résidence située aux abords du marais du Rugezi, au Nord du Rwanda, le 13 avril 1912.  Basebya qui habitait dans le voisinage de Ndungutse fut aussi attaqué et « les Pygmées (guerriers de Basebya) se dispersèrent sans avoir engagé un combat sérieux…»[8]

En guise de prévention contre toute autre tentative de soulèvement dans le Nord, Gudovius et Rwubusisi procédèrent à la démonstration de force. Ainsi, «…l’expédition partit de là et parcourut toutes les régions ayant reconnu  Ndungutse. Arrivé á Rusarabuge, Bwana Lazima aperçut sur le lac Ruhondo les aborigènes qui fuyaient en barque, croyant quant à eux que tout était dit. Mais ils furent tous noyés à coups de fusils…Bwana Lazima promena sa troupe et les guerriers de Rwubusisi à travers le Bushiru, le Buhoma, le Bwanamwali le Bugoyi revenant vers l’Est par le Bukonya chez Bwimba et chez Irangare fils de Nubaha. Toutes ces régions, théâtres de combats acharnés, furent vaincues et incendiées…»[9]

Écrasées dans le Nord avec l’aide des Allemands en 1912, les velléités de révoltes resurgiront sous d’autres époques dans d’autres endroits sur le territoire rwandais. En effet, durant les années 30, les Rwandais furent « tiraillés entre les obligations coloniales et les redevances dues aux autorités indigènes. Les abus d’autorités se multiplièrent… La population exaspérée par toutes ces contraintes traduisit son mécontentement par des mouvements de révolte » (G. Mbonimana, 1981, p. 342).

Ces mouvements de révolte se manifestèrent de plusieurs manières. G. Mbonimana qui a fait des recherches là-dessus en a recensé trois : vers la fin de 1926, il y eut le mouvement prophétique de  Nyiraburumbuke. D’après G. Mbonimana,

« ce mouvement prit naissance aux environs du lac Muhazi vers la fin de 1926. Il aurait été lancé par un Hutu nommé Rugira…Celui-ci prophétisa la venue  d’une jeune femme Nyiraburumbuke…Elle surgirait des profondeurs du lac Muhazi pour chasser tous les Européens ; elle serait accompagnée de son frère Ruhumuliza… qui distribuerait à tout le pays une nouvelle variété de sorgho dont on fabriquerait de la bière sans peine. Le mouvement s’entendit  au Gisaka et au Bugesera, où le lac Mugesera joua le rôle du lac Muhazi ; il prit fin en 1927 grâce à l’intervention de la Force Publique qui arrêta les membres influents… » (G. Mbonimana, 1981, p. 343).

Vers 1927-1928 apparut la révolte de Semaraso. Selon G. Mbonimana (1981, p. 344), cette révolte  « éclata au nord du pays (Rukiga et Ndorwa). Il s’agit d’un mouvement lancé par des Hutu contre les Européens et les chefs Tutsi. Le chef du mouvement, Semaraso … se disait Ndungutse, fils du roi Mibambwe Rutalindwa, successeur de Rwabugili. Avisé de la révolte, la résidence de Kigali ordonna, le 25 mars 1928 une opération militaire. Une bataille livrée à Kaniga (dans le Ndorwa) opposa les guerriers de Semaraso à un détachement de la Force Publique du 29 mars au 4 avril de la même année…Il y eut plusieurs victimes… »

L’autre révolte que Mbonimana mentionne est celle que l’historiographie rwandaise a retenue sous l’appellation de « La révolte du Bumbogo ». En effet,

« à la fin du mois d’octobre 1930, l’administration mena  à travers tout le pays une vaste campagne pour la culture du manioc ; des centres de distribution de boutures de manioc furent organisés, mais en nombre limité. Tous les contribuables étaient convoqués. L’on assista à une véritable mobilisation : ainsi à Kigali, on attendait pour le 24 octobre de la même année plus de 17 000 porteurs venus des régions voisines. Aux yeux des contribuables du Bumbogo, cette mobilisation n’était qu’une invention des chefs tutsi qui voulaient livrer les Hutu aux Européens ; ceux-ci devaient emmener les Hutu soit au Katanga, soit en Uganda ou même en Europe.

Comme on parlait de « la bataille du manioc » (urugamba rw’imyumbati), tous les groupes en route vers le centre de distribution de Kigali s’identifièrent à des troupes guerrières opérant au nom du roi Musinga et se livrèrent à des massacres et au pillage. Les autorités locales tutsi furent menacés : le chef de province, Rwampungu, et les sous-chefs se refugièrent à Kigali, tout en alertant l’Administration. Celle-ci se concerta avec la Mission de Kigali. Après avoir consulté Mgr Classe, les Pères Blancs de Kigali acceptèrent d’intervenir dans la pacification de la région. Le Père Davos, ancien de la mission de Rulindo…, accompagna Schmidt, administrateur de Kigali ; tous les deux s’efforcèrent de sensibiliser chrétiens et catéchumènes, les invitant à donner aux païens l’exemple d’obéissance aux autorités. De leur côté, les prêtres rwandais expliquèrent les sens et l’importance des cultures obligatoires. Ainsi grâce à cette collaboration entre la Mission et le Gouvernement, le Bumbogo retrouva la paix…. » (G. Mbonimana, 1981, pp. 344-345)

Comme on peut le voir, avant 1959 le territoire rwandais ne fut pas à l’abri des soulèvements de sa population. De par ces quelques exemples susmentionnés, il y a lieu de noter qu’ils y ont été nombreux, qu’ils étaient de nature différente et qu’ils n’étaient pas motivés par les mêmes aspirations. Ils étaient dirigés soit, contre l’autorité du mwami Yuhi Musinga, soit contre l’autorité coloniale ou contre les deux à la fois. La plupart de ces soulèvements furent réprimés dans le feu et le sang par la coalition faite de troupes de Musinga et de troupes coloniales sans trop penser à leurs causes. Et comme toute révolte constitue un symptôme d’un malaise, la répression toute seule n’apporte pas de solutions durables, si le malaise n’est pas bien identifié et correctement traité.

Pour le cas rwandais, le malaise qui motiva les soulèvements des années 30 tel qu’évoqué par G. Mbonimana (1981, p. 342) et cité plus haut ne fut pas levé. Il se perpétua : les Etats colonial et « sindi-nyiginya » continuèrent à agir sur les populations à travers entre autres leurs systèmes tributaires. Et ce sera, cette double mainmise sur la population, combinée à d’autres situations d’injustices et d’inégalités qui servira au déclenchement et à l’alimentation du phénomène révolutionnaire qui éclatera en novembre 1959.

  1. De la révolution de 1959
  2. 1. Du contexte socio-politique favorable ou causes indirectes…

Le phénomène révolutionnaire naît et se développe dans un contexte socio-politique voire culturel bien déterminé. Son analyse est inconcevable en dehors de ce contexte car c’est dans celui-ci où logent ses éléments déclencheurs. La Révolution de novembre 1959 au Rwanda n’a pas échappé à cette règle de tendance universelle. Le contexte qui servit de  matrice nourricière à cette Révolution fut constitué d’éléments qui ont résulté de la structure socio-politique montée par la monarchie rwandaise depuis l’époque précoloniale ; éléments que la colonisation et l’évangélisation n’ont pas manqué d’influencer, à partir du début du XXe siècle. Quels sont ces éléments qui ont favorisé la naissance, le développement et l’éclatement du phénomène révolutionnaire rwandais ?

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Hist Révolution Rwanda


Notes

[1] Les événements qui ont préludé directement à la Révolution ont commencé le vendredi 30 octobre 1959 et son véritable début est à situer le mardi 3 novembre 1959, par une altercation entre le sous-chef Nkusi et les Hutu qui étaient venus chez le chef Gashagaza du Ndiza « pour le convaincre du complot du samedi et du dimanche contre les bahutu importants du Ndiza et ensuite de lui dire de quitter la chefferie car au lieu de chercher du bien il cherche du mal pour sa chefferie ». L’attaque dont Dominique Mbonyumutwa fut victime, le 1er novembre 1959, est donc une étape vers l’éclatement véritable de la Révolution. (Voir plus loin le point IV. 1. 2. Les causes directes …L’attaque planifiée contre le Sous-Chef Dominique Mbonyumutwa, le 1er novembre 1959…) 

[2] Ce Rukara de la lignée royale du Gisaka est différent de Rukara rwa Bishingwe du Mulera

[3] Pour les détails concernant ce soulèvement et son anéantissement, voir Abbé A. KAGAME, Un Abrégé de l’histoire du Rwanda de 1853 à 1972. Editions universitaires, Butare, 1975, pp. 160-169.

[4] Idem, p.161

[5] Idem, p. 162

[6] Ce Rukara est Rukara rwa Bishingwe du lignage Abarashi du clan Abacyaba du Mulera. Il était poursuivi d’être à l’origine du meurtre du Père Blanc Loupias de la mission de Rwaza. Pour échapper à la vengeance européenne, il s’était enfui et avait trouvé refuge chez Ndungutse.

[7] Abbé A. KAGAME, Un Abrégé de l’histoire du Rwanda de 1853 à 1972…, op. cit., pp. 163-164.

[8]Idem, pp. 166-167.

[9] Idem, p. 167.

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