Fabien Neretse avait été pris au départ comme un militaire : cette erreur n’a rien changé au procès
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Annick Ferauge, une citoyenne belge lambda, qui a assisté aux audiences du procès Neretse, m’a partagé les notes qu’elle a prises lors de la plaidoirie de la défense de Fabien Neretse le 16/12/2019. Les appareils d’enregistrement et photographiques étaient interdits dans la salle. Bien que Neretse ait été condamné à 30 ans de prisons par la Cour d’Assises de Bruxelles le 19/12/2019, ces notes ne manquent pas d’intérêt.

Ce jour devait avoir lieu, selon le calendrier annoncé, la prise de parole de l’accusé pour « derniers mots de l’accusé ».
Surprise : nous avons eu droit aux plaidoiries de la défense, le procès a pris du retard car l’accusation a occupé deux journées entières, au lieu d’une.

Le procureur est Arnaud Doutremont.
Madame la Présidente Cour d’Assises : Leclercq
Chaque fois qu’il y a meurtre ou attentat terroriste, il y a Cour d’Assises. La qualification des faits détermine la tenue de Cour d’Assises.

Maître Flamme, avocat de la défense, prend la parole et rappelle que ce procès a lieu après 18 ans d’enquête et que l’âge de Neretse est donc à présent de 71 ans.

Maître Flamme a découvert la salle d’Assises et souligne ses couleurs rouge (peu de rouge selon nous) et noir. Il fait donc référence à Stendhal « Le rouge et le noir » et nous en lit un passage où Monsieur  Julien Sorel dit : « voilà le dernier de mes jours qui commence » (il est condamné à mort). La peine de mort est abolie en Europe, donc en Belgique en 1996, mais on ne l’accomplissait déjà plus. Chaque habitant du monde a sa propre vérité subjective.

  1. Parler de la profession d’avocat, c’est dire qu’il y a avocat et corporation d’avocats. Ses membres agissent sur base d’une morale basée sur le désintéressement.
  2. Symbole : le fort, le faible. Le faible doit être protégé du fort. C’est pourquoi existent les avocats pro deo (pour ceux qui n’ont pas l’argent pour payer d’autres avocats). Ici, nous sommes 11 (accusation) avocats contre 2 (défense).
  3. Il faut employer la raison, le droit est éminemment rationnel, c’est comme l’ordre des médecins. En tant qu’avocat, je suis le garant de notre déontologie très élaborée : c’est l’aîné de la salle qui doit s’insurger. Je m’insurge contre ce que j’ai entendu jeudi de Maître (madame) Hirsch, à savoir accuser un confrère de crime en audience.

Ni notre client, ni nous-même n’avons rencontré un témoin ni mis sous pression ni payé un témoin. Le messager de mauvaises nouvelles était assassiné dans le temps.

Voici quelques corrections à ce que nous avons entendu :

-concernant le Mwami (ancien roi du Rwanda) : l’aristocratie avait tout le pouvoir, donc le Mwami, chef de l’aristocratie puisque roi.
-lors de la révolution de 59, il y eut des tués de part et d’autre.
-ceux qui sont partis à l’étranger (Tutsi) sont partis de leur plein gré pour se reconstituer à l’étranger et revenir pour reconquérir le pouvoir (en 90 mais diverses incursions au cours des ans, voir archives Pochet pour détails)

-Collette Braeckman a qualifié la guerre de « juste » (guerre de 1990 à 1994 déclenchée par le FPR constitué de Tutsi exilés et organisés à l’étranger). Le mot « juste » fut souvent dit par elle avec beaucoup de pathos. De même qu’il faut souligner que les « pauvres réfugiés » (selon C.B.) n’était pas pauvres et loqueteux comme elle le décrit (rappelons qu’ils étaient partis de leur plein gré, pas chassés et faisaient partie de la société ougandaise parfois haut placés dans l’armée notamment).
-Les terroristes d’aujourd’hui deviennent parfois les Présidents ou dirigeants de demain. Ex : Menahem Begin a commis attentat, explosion en 1946, il est devenu plus tard premier Ministre. Il n’y a qu’une guerre juste, celle qui est menée en autodéfense.

-Kagame était militaire (Ouganda) et était en formation aux USA. Un militaire sans papiers, cela ne s’est jamais vu. L’armée du FPR – Kagame- comptait 20.000 hommes de troupe et était financée par qui ? Par le Pentagone comme l’a écrit le célèbre avocat américain Erlinder dans son ouvrage « The accidental Genocide ».
-Le témoin Luc Marchal a été refusé sans motif (pour rappel chef des casques bleus belges à Kigali lors des événements et donc témoin privilégié, et de l’état belge).

-J’ai donné au jury le livre de Judi Rever « In praise of blood » et le dernier livre de Charles Onana.
-Nous devons parler de la radio Muhabura. L’ambassadeur Swinnen est allé à Mulindi (QG du FPR) et a dit : « vous avez aussi une radio ‘‘Muhabura’’». Sans réponse.
-l’Administration Clinton a soutenu à fond la guerre, une guerre pour l’or du Congo et le coltan, etc…qui est le but final prémédité du FPR. Judi Rever l’a montré dans son livre après 20 ans d’enquête. C’est un plan assez simple au fond mais diabolique, on a livré le pays au prince des ténèbres.

Moi, en vous apportant cet autre évangile…. Il est d’autres évangélistes, Judi Rever, Charles Onana, qui apportent une autre vérité. J’ai écrit « Rwanda 1994 » en mars 2019.

La cave d’Ali baba, ce sont les milliards de dollars du Congo enfuis dans les caves. La guerre du Congo est toujours en cours depuis 1996. La chasse à l’homme est toujours en cours dans la boue du Congo.

Les mapping reports ont montré que l’Ouganda et le Rwanda, en occupant l’Ituri, violent le droit international. De plus, ils ont mis en place la main mise sur le pouvoir au Congo. Par 16 voix contre une.

Le Procureur a dit ici qu’ « il faudrait prouver les 10 millions de morts du Congo ». Or, chose jugée, chose prouvée. Par la plus haute cour du monde !!!

-Mr cherche de l’argent pour l’hôpital, et il n’obtiendra pas cet argent !
-On a vus des photos de têtes coupées, d’hommes, femmes, enfants, c’est la signature du FPR.
-Mr Swinnen a dit qu’il y avait équilibre entre les ethnies sous Habyarimana.
-Le roi Baudouin était l’ami d’Habyarimana. Pensez-vous donc que celui-ci pouvait être le gangster que l’on prétend ici ?

Judi Rever a été menacée. J’ai mis son livre à disposition du jury. Il y a 3 génocides :

–          Le premier est celui des Hutus commis par le FPR
–          Vient ensuite celui commis contre les Tutsi que nous ne nions pas
–          Et enfin celui commis aujourd’hui encore au Congo, les têtes coupées, c’est la signature du FPR ainsi que les viols. C’est l’horreur totale.

Le témoin Vandermeersch a avoué qu’il avait connaissance du rapport Gersony. C’était l’horreur totale, le pays baignait dans le sang. Nous lui avons demandé (à Vandermeersch) : avez-vous fait quelque chose ? Silence… Il n’a pas répondu, puis il a avoué qu’il avait ouvert un dossier contre Kagame, mais on n’a poursuivi personne.

Mr Hourigan avait un testament-rapport témoignage que le FPR avait descendu l’avion lui-même. Hourigan présente le rapport à L. Arbour, procureure au TPIR, le dossier est enterré, et elle est licenciée. Kagame faisait la loi au TPIR. Carla del Ponte, procureure au TPIR, a été licenciée aussi. Le 3 ème licenciement est celui du Juge d’instruction Bruguière (France), on en met un autre ensuite (Trevidic).

Le Procureur actuel en France dit qu’on ne sait pas qui a fait l’attentat. Mais un appel de ce jugement a lieu le 15 janvier prochain à Paris.

Venons-en à la responsabilité pénale de Neretse. Concernant les procès précédents (ici), on a dit : ils ont tous été condamnés. (commentaire perso : ils étaient faits pour cela). Mais ici, Neretse est accusé pour génocide. Pas les procès précédents.

Abordons la lettre de Madame Beckers, de sa belle-sœur, de son frère et de sa nièce contre Fabien Neretse, le lieutenant Neretse et ….. Mme Beckers savait que l’exécution dans la maison voisine de Neretse avait été commise par des militaires. Elle pensait sans doute que Mr Neretse était militaire ? Mais elle ne savait pas qu’il n’était pas militaire.

Nous évoquons l’accusé de Treblinka : Demiamuk, il n’était pas le coupable, l’erreur a été commise pendant plusieurs années (avant qu’on reconnaisse qu’il n’était pas le coupable). Pour la justice, mieux vaut 9 coupables en liberté qu’un innocent en prison. Quand un client vient trouver un avocat, l’avocat écoute la première fois. Maître Hirsh a critiqué qu’on a laissé Neretse en liberté. C’est très grave pour un avocat, en fait on ne peut punir quelqu’un à l’avance. Le Procureur a prétendu que Neretse était dangereux, névrosé. Mais non, le médecin légiste a dit : « normalement névrosé ». Chaque mot a son importance. A la Cour pénale (CP) et le TPIR (tribunal pénal international pour le Rwanda), tous les jours, on reçoit mot pour mot ce qui s’est dit. C’est très important.

J’ai reçu des menaces contre ma personne et mes fils m’ont demandé d’arrêter, j’ai dit non je ne vais pas arrêter, mais j’ai porté plainte.

1ère erreur : ils ont tenté une action, une commission contre Neretse militaire.
La justice n’a pas d’argent, il y a du vent dans le Palais de justice. Le dossier est complexe et cela coûte de l’argent.

Dans l’acte d’accusation, on dit qui est Neretse : tolérant, conciliant. Le Procureur écrit… Guichaoua dit que Neretse a sauvé des Rwandais. X.. a travaillé avec lui sur le projet GBK. Twagiramariya a demandé à Neretse de sauver son frère emprisonné pour complicité avec le FPR. Neretse l’a fait. Il a aussi hébergé chez lui 4 Tutsi plus un autre pendant plusieurs mois, réfugiés chez lui. Guichaoua n’est pas précis. De la part d’un professeur d’université, il faut être précis, c’est un phare, un professeur d’université !!

Mr Neretse travaillait pour GBK (café) avec la banque mondiale, et c’était un modèle pour l’Afrique. Après GBK Neretse devient OCIR Café en 1992 (guerre déjà), il a la licence. Rwandex appartenait pour 41% des actions. Office du thé avait 2 actions, il les donne à Neretse, le jour-même, ça lui pète entre les mains, on les lui reprend. Les Belges disent que Neretse doit sauter, il se trouve alors à la rue. Il commence son projet, il a des ambitions sérieuses, des ambitions internationales. Son fils dit que à toutes les barrières, il est arrêté (donc Neretse n’est pas protégé et n’est pas du pouvoir). Le MRND d’Habyarimana l’a évincé sous pression des Belges. Le Procureur a dit : « ses Interhamwe ». Le fils dit : « il n’était plus personne ». L’accusation dit : « il assiste à des meetings » ! Où ? Quand ?  Des rumeurs, ce sont des rumeurs !.. Les rumeurs en droit n’établissent rien. Ce n’est pas une preuve en justice. Avec des rumeurs, tout est possible. Il y a eu des millions de morts dans les collines.

Maître Gillet a été très habile, il dit : « il commettait le génocide avec son intelligence » ! (commentaire : ha ha !!!!). La seule réunion établie, c’est à Mataba, un préfet, un sous-préfet.

Je rappelle : « on est le maître de la parole qu’on a gardée, l’esclave de celle qu’on a dite ».

Il faut des écrits qui montrent cette intention criminelle (de génocide). Le but de la réunion à Mataba, c’était la sécurité, l’ennemi était aux portes. Il aurait dit : « il faut travailler », bien sûr il fallait travailler, cultiver les champs.

L’accusation dit : « des meetings, non, « planificateur », on ne l’a pas dit, mais on l’a dit. «  dans sa tête », ah oui, comment ? ça a été dit ? non. Brouillon ! Ces choses vagues font « un faisceau de preuves » ! Le médecin légiste a dit : « rapport normal à la réalité, – pas centré sur lui-même, – névrose banale ». L’avocat rappelle la définition de Dr Jekyl et Mister Hyde, bon docteur le jour, criminel la nuit. Neretse n’est pas psychopathe. Jekyl l’était, il avait une double personnalité. Les 3 frères de Neretse ont été assassinés par le FPR. Neretse fut poursuivi par le FPR et les extrémistes hutu (infiltrés et créés par le FPR). Maître Jacques interviendra sur les détails, mais disons déjà que toute l’accusation de Mme Beckers est basée sur un employé de Neretse qui n’existe pas.

Annick Ferauge

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