Rwanda. Identification des lobbies pro-Kagame à travers le monde
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Rubrique : Actualité
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Publié le 21 Nov 2021 par Emmanuel Neretse

Introduction

 

Il est actuellement établi et donc évident que Paul Kagame a été créé et poussé à conquérir militairement le Rwanda à la tête duquel il est placé depuis presque trois décennies et y est maintenu par de puissants lobbies qui tracent la marche du monde.

 

Ces lobbies sont connus et facilement identifiables. Mais le paradoxe réside en ce que, par leur toute puissance, oser les nommer publiquement et les dénoncer serait presque suicidaire. En effet, ils sont tellement puissants qu’ils tiennent sous leurs coupes les classes politiques dans certains pays mais aussi les systèmes judiciaires tant nationaux qu’internationaux, sans parler des grands médias, qui presque tous, leur appartiennent. C’est pour cela que quand ceux qui sont exaspérés par leurs actions et sont à bout comme l’est le peuple rwandais et donc qui, logiquement, se doivent de les dénoncer, doivent y aller avec doigté et finesse pour ne pas s’attirer leurs foudres avant même la transmission du message.

 

Première identification

 

Le plus visible, la partie émergée de l’iceberg, de ces lobbies mais aussi le moins nocif en cas d’identification est celui constitué par un groupe de personnalités américaines et européennes que Paul Kagame a recruté pour leur confier la direction de toutes les entreprises publiques générant les revenues ainsi que des grandes sociétés dans lesquelles l’état rwandais détient la majorité des actions. Ainsi, le Rwanda est le seul pays d’Afrique et sûrement du monde, à recruter des cadres occidentaux dans son administration et pas dans le cadre de la coopération avec ces pays (car dans ce cas ils sont payés par leurs pays respectifs), mais à titre privé et donc en leur assurant les conditions salariales supérieures à celles de leurs pays d’origine.

 

Ci-après la liste des heureux élus que Paul Kagame a choisi pour leur confier les entreprises et services étatiques qui génèrent et gèrent les finances de l’état rwandais.

 

1. Scott Ford, un américain. Il est Président Directeur Général (PDG) de “Agaciro Development Fund”. Deux autres américains, Alysia Silber et Adreuw Rozanov sont membres du Conseil d’Administration.

2. Marc Holtzman, un américain. Il est PDG de la Banque de Kigali

3. Patricia Campbell, américaine. Présidente (Recteure) de l’Université du Rwanda.

4. Paul Davenport, un canadien. Président du Conseil des Présidents des Universités du Rwanda.

5. Bobby Pittman, un américain. PDG de la Banque Rwandaise de Développement.

6. Tidjane Thiam, un franco-ivoirien. PDG du “Rwanda Financial Ltd”.

7. Chrispopher John Wales, un britannique. Directeur Général de RSSB (Caisse de Sécurité Sociale du Rwanda).

8. Philipp Watrin lui aussi britannique, est adjoint de Chrispopher John Wales au RSSB chargé de la Gestion des Fonds (Fund Management).

9. Gwladys Watrin, une britannique, est Directeur Général de “Kigali International Financial Center” (KIFC).

10. Thierry Watrin, un autre britannique, est Directeur Général de “Green Economy and Climate Change’’ au Ministère de l’Economie et des Finances (MINECOFIN).

11. Itzhak Ficher, un israélien. Il est le PDG de “Rwanda Development Board”.

12. Ron Weiss, un israélien. Directeur Général de “Rwanda Energy Group”.

13. Mauro Lorenzo, un américain. Il est Directeur au Conseil Stratégique Economique à la Présidence.

 

Le pourquoi de cette option

 

Si l’on considère les sommes que Paul Kagame s’engage à payer à ces fonctionnaires d’un autre genre, l’on pourrait se demander si réellement cela vaut le coup. En effet, une fonction comme celles que vont occuper ces occidentaux au Rwanda est rémunérée au minimum 10.000 euros par mois sans y inclure les indemnités et les primes divers leur allouées. Comme Kagame les recrute à titre privé et qu’il leur garantit de ne pas perdre des avantages qu’ils avaient chez eux, il se peut qu’il en rajoute. Quand on pense qu’un rwandais qui occuperait le même poste ou qui a le même rang dans la fonction publique (Directeur Général) gagne 1 617 505 Frw (1617 euros : Journal Officiel n° Spécial du 13/08/2020) par mois, ce qui équivaut à plus moins 16% de ce que gagne un de ces expatriés ayant le même grade et la même fonction, on pourrait s’étonner et se demander pourquoi Paul Kagame a choisi cette option.

 

Mais ce serait mal connaître le système et la nature du régime de Paul Kagame et de son parti-état FPR. Ces expatriés, visiblement grassement rémunérés, rendent en effet des services énormes et vitaux à Paul Kagame que le citoyen lambda ne pourrait imaginer car ne le concernant qu’indirectement et négativement.

 

Services rendus a Paul Kagame

 

Ces cadres spéciaux que l’on pourrait qualifier de “mercenaires en col blanc”, rendent des services immenses à Paul Kagame. A l’intérieur, ils lui permettent de mettre à la tête des entreprises générant le plus de revenues des personnalités qui n’ont et n’auront jamais de velléités politiques au Rwanda. Ces mercenaires en col blanc n’ont aucun regard sur le sort que Paul Kagame fait subir à son peuple et ne peuvent s’en émouvoir et le manifester, pourvu que leurs rémunérations soient régulièrement assurées et qu’ils continuent à mener la dolce vitae à Kigali. Paul Kagame est donc non inquiété par leur aisance financière contrairement s’il s’agirait de rwandais. Car il ne supporte pas qu’un compatriote, qui qu’il soit, soit aussi riche que lui dans ce pays ou même possède des biens ou une fortune sur lesquels il n’aurait pas d’emprise. Ils sont simplement tenus de gérer les entreprises au profit de leur propriétaire qu’est Paul Kagame qui les a embauchés.

 

A l’extérieur, ils connectent Paul Kagame aux réseaux de la Finance mondiale mais aussi lui servent de guides et de couverture vers les paradis fiscaux pour le blanchissement des fonds publics spoliés à l’état rwandais par Kagame et sa famille en évitant ainsi qu’un rwandais mette son nez dans ces magouilles.

Last but not least, ils font sa promotion et chantent ses louanges dans les milieux politiques et financiers de leurs pays respectifs et en ciblant les décideurs auxquels ils ont facilement accès. Et ils servent de relais et d’intermédiaires pour payer d’autres lobbies qui lui rendent des services dans les médias et les organisations internationales sans qu’il n’aille directement les rencontrer.

 

Voici donc une piste pour qui voudrait aborder les lobbies de Paul Kagame sans se faire exploser en vol. Ces hauts fonctionnaires de Kagame peuvent être abordés d’une façon ou d’une autre pour leur dire que le monde les observe et que l’Histoire prend note. Que la souffrance du peuple rwandais à laquelle ils participent indirectement en promouvant un régime aussi répressif que celui du FPR de Kagame sera aussi comptabilisée dans leur bilan dans la gestion des entreprises financières de l’état rwandais que Paul Kagame a fait siennes.

 

Emmanuel Neretse*
21/11/2021

 

 

 

 


*Emmanuel Neretse est webjournaliste et écrivain. Son dernier livre est intitulé “ Rwanda. Ils ont tué la République Rwandaise”  et vient de paraître aux Editions Duboiris, Paris, octobre 2021.

 

 

 

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