Approche pour comprendre les raisons de la défaite des FARRéagissant à l'article d'Emmanuel Neretse, un certain Charlie Rwembe a posé la question de savoir le pourquoi de la défaite des FAR vu que toutes les informations étaient connues. Voici la réponse d'Emmanuel Neretse. |
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Monsieur Charlie Rwembe, Merci pour vos observations par rapport à mon article. Concernant vos questions, sans aller jusqu’à vous donner un cour magistral de stratégie générale ni écrire un traité d’histoire de la guerre d’octobre, je vais essayer de vous répondre brièvement. Partout et à n’importe quelle époque, l’issue de la guerre (victoire ou défaite) est la résultante de plusieurs facteurs dont la somme fait pencher la balance d’un côté ou d’un autre. Bien entendu ces facteurs n’ont pas le même poids, mais la part de chacun peut être clairement quantifiée à l’issu du conflit. Les principaux facteurs d’appréciation sont :
Analysons maintenant la situation du Rwanda pendant la guerre à la lumière de ces facteurs. 1.1. La direction politique de la guerre, à savoir le gouvernement, est apparue aux yeux de tout observateur objectif comme la plus catastrophique des temps modernes. Un gouvernement ouvertement empêtré dans des querelles partisanes, incapable de dégager une perception consensuelle des enjeux de cette guerre. Certains de ses membres voyant dans la probable victoire des FAR (Forces Armées Rwandaises) comme celle de leurs adversaires politiques et donc à ne pas souhaiter, les autres ne voyant dans leurs partenaires que des pions avancés de l’ennemi. Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’une telle équipe puisse gérer une crise aussi grave que la guerre ? Vous demandez si à l’époque les FAR ont perçu cette état de choses. Ma réponse est OUI. Qu’ont-elles fait ? RIEN. Tout le monde sait comment on appelle l’action des forces armées dans de telles situations. Cela ne s’est pas produit. 2.1 L’outil technique c’est-à-dire le bras armée du gouvernement qu’étaient les FAR. (NB : Je n’admets pas votre qualification de « armée de Habyarimana ». Les FAR étaient bien « nationales » et pas une milice privée de qui que ce soit). Leur réponse à l’agression du 01/10/1990 est à analyser en considérant les moyens (matériels et humains) que le gouvernement avait mis à leur disposition pour remplir leur mission de défense du pays. De ce point de vue, l’armée rwandaise n’était pas préparée et donc pas en mesure d’affronter un conflit moderne de type international. Cette situation était-elle ressentie ? Ma réponse est OUI.Que ce qui fut fait ? BEAUCOUP. Mais ce n’est pas en quelques mois qu’on peut rattraper des décennies perdues et transformer une petite formation militaires tournée plutôt vers le maintien de l’ordre et les travaux communautaires en une grande armée moderne. Cependant, les efforts fournis dans ce sens ont quand même permis de retarder l’issue fatale. Le FPR n’a complètement conquis le Rwanda que presque quatre ans après sa première incursion. En comparaison, le grand Zaïre s’est effondré en quelques mois ! 3.1. La situation socio-économique. Pour soutenir une guerre, il ne suffit pas d’avoir une armée, si forte soit-elle. Il faut aussi que sa population puisse la supporter et que l’économie soit capable de fournir l’effort de guerre sans être paralysée. Il est apparu qu’au Rwanda, le gouvernement fut vite débordé par des problèmes divers les uns plus aigus que les autres : 1) la gestion des déplacés des zones de guerre ; 2) la crise économique et les conséquences des programmes d’ajustement structurel ; 3) la cohésion nationale qui a volé en éclat suite à la tournure ethnique qu’avait pris la guerre, etc.
4.1. L’environnement international. Sur le plan régional, le seul allié qu’avait le Rwanda était le Zaïre du Maréchal Mobutu. Or celui venait d’être déclaré infréquentable par les puissances occidentales et ses jours étaient ainsi comptés. Sur le plan international, seul la France de François Mitterrand soutenait encore le Rwanda. Mais elle ne pouvait pas aller jusqu’à s’embrouiller avec ses alliés traditionnels (USA et Grande Bretagne) pour faire plaisir au petit Rwanda. Conséquence : le soutien de la France fut conditionné aux énormes concessions que devaient faire le Rwanda, tandis que l’ennemi était soutenu sans condition par les Anglo-saxons. Cette situation fut-elle ressentie à l’époque ? OUI. Qu’a-t-on fait ? Je ne sais pas ! Mais ce que je sais c’est que tout comme l’armée, on ne bâtit pas une politique étrangère en un jour, tout comme on ne noue pas des alliances fiables en un jour et surtout après l’éclatement du conflit. 5.1. L’Ennemi. Sans être spécialiste de l’armée ougandaise, je puis tout de même affirmer que les combattants tutsi issus de ses rangs et qui ont attaqués le Rwanda le 01/10/1990 étaient plutôt aguerris. Au sein de la NRA (l’armée ougandaise) ils venaient de conquérir l’Ouganda plus vaste, plus forte et plus riche que le Rwanda. Leur détermination et leur motivation étaient sensiblement plus élevées que celles des FAR journellement confondues et démoralisées par des discours politiques incohérents. Ils n’avaient de compte à rendre à personne, ni sur le plan international (non tenus par aucun accord signé), ni sur le plan interne (aucune population à gérer). Cette situation était-elle connue ? OUI. Qu’a-t-on fait ? Recueillir les renseignements et les transmettre aux décideurs (gouvernement) pour suite appropriée. Voilà Monsieur Charlie Rwembe ce que je peux vous répondre brièvement. Il va de soi que l’analyse est lapidaire mais rassurez-vous, elle pourrait être plus développée ailleurs si le besoin se faisait sentir. Bien à vous,
Catégories Actualités sur le Rwanda
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Commentaires / réactions
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Neretse Emmauel from Bruxelles-Belgique (Thursday, 23-07-09 13:28)
Cher Monsieur xxxxxxxx from Brussels-belgium,
La comparaison que vous faites entre les FAR (du Rwanda) et les FAB (du Burundi)ne nous semble pas complète dès lors que vous ne mentionnez pas qu'au Burundi une armée"monoethnique" devait veiller sur les intérêts de la minorité,donc toujours en éveil; tandis qu'au Rwanda une armée presqu'aussi "monoethnique",croyait la majorité dont elle était issue indétrônable.La détermination et l'engagement des premiers s'explique peut-être plus par le "réflexe de survie" de chaque minorité, que par les meilleures formations ou autres.
Bien à vous.
Emmanuel Neretse.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx from Brussels-belgium (Monday, 13-07-09 16:57)
Très Cher NERETSE et autres internautes,
Permettez-moi de vous faire remarquer que durant cette époque de guerre, il y avait au sud du Rwanda le Burundi voisin dont les structures de l'armée étaient quasi similaires à celles des FAR. Cependant, la différence était que chez les FAB(Forces Armes Burundaises), les facteurs humains et moraux étaient mieux développés au regard de la majorité des armées des pays voisins; en effet, la promotion des soldats et d'officiers n'était pas le fait de clientélisme mais plutôt du mérite. Aussi, il est à reconnaître que la formation de ladite armée était, sans conteste, meilleure que chez les FAR: divers stages à l'étranger pour les officiers, entraînement régulier pour les troupes, ...
Mutama Rafiki from Rwanda (Sunday, 05-07-09 18:12)
La defaite des FAR n a pas seulement ete une victoire militaire et politique du FPR, elle constitue aussi une series de victoires de plusieurs logiques contradictoires les unes des autres. Citons quelques exemples: le neocolonialisme francais en afrique et sa resistance, la logique francophone et anglo saxonne, les valeurs traditionnelles rwandaises et l'illusion d'une republique ethnique hutue, l'Etat providentiel et l'Etat arbitre,... Loin donc des apparences ethniques que certains se contentent a evoquer pour qualifier la guerre du FPR, deriere se cache deux logiques essentiellement differentes et contradictoires de voir le monde et son destin.
Habimana Pierre from France-Paris (Thursday, 02-07-09 19:14)
Pour Notre frere Neretse Emmanuel:
L'echec de notre armee est a placer sous plusieurs angles:
-Manque d'experience sur les tactiques de la guerilla
-Ouvertures d'esprit du cadre officier.Le role de l'officier etant de prevoir,commander et controler. Le gros des offrs des FAR leurs missions etaient d'executer comme un simple soldat!L'officier est un penseur et non un executant!
-Manque de debat contradictoire sous peine d'etre remercie
-Le circuit d'officier des FAR bases sur les amities au lieu de la competance.Comment comprendre que Serubuga et Rwagafalita puissent diriger les FAR et la Gendarmerie pendat x annees? Depuis la sortie de l'Ecole d'officiers jusque a la retraite san aucun stage? Aucune merite? Comment les officiers etaient choisis pour suivre tels ou tels cours? les differents postes de commandement ?
-Votre Tactique au mois de mai-juin 1994: Pas de munitions malgre tout defense a outrance? Mission Impossible !L'armee de Saddam Hussein a Bagdad devant la puissance de feu des Americains a bien reagi tout de meme. Regardez jusque aujourd'hui ils ont pratiques le pourrisement de zone , sans sortir du pays.
Je pourrais raconter plusieurs cas qui montrent que les offrs des FAR n'ont pas du tout accomplis leur role!
Karangwa Emmanuel from Kigali/Rwanda (Thursday, 02-07-09 07:57)
IYI NKURU NYIBONYE MU KANYA NKABA NIFUZA KO MWAYITANGAZA N'ABANDI BAKAYIMENYA.
-Nyuma y'aho ejo kuri BBC bavuzeko HRW yamaganye umugambi w'itegeko reta imaze gushyiraho ryo kubuza kubyara abarwaye indwara zo mu mutwe, no gutegeka kwipimisha sida abagiye gushyingiranwa, dore ahubwo undi mugambi uri mw'ibanga abantu bose bagomba guhaguruka bakamagana.
1. Ubu hari umugambi watangijwe wo gukona abagabo ( abahutu)uwo babikoreye bamuha 5.000Frw, umuganga ukoze iyi operation bakamuha 100.000Frw. Uyu ni umugambi watangijwe mw'ibanga ,ariko abahuti bazajya gukanguka bose ari inkone. Igitangaje rero ni uko usanga imiryango myinshi y'abatutsi yo ihatirwa kubyara benshi bavugako ngo ari ugusimbura abapfuye.
AGAPFA KABURIWE NI IMPONGO.
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Mbalimombazi Charles from Kigali-Rwanda (Wednesday, 01-07-09 19:36)
Reactions sur l'article de Neretse Emmanuel: Il faut oser de Regarder la realite en face SVP!
1.Les services de securite d'un pays prennent leurs responsabilites devant une situation catastrophique:
-Devant ce chaos politque , pourquoi vous n,avez pas reagi a temps?Croisez-les bras et attendre?
-Pourquoi admetre que le FPR installe son QG au CND?
-Pourquoi accepter le depart des troupes Francaises?
-La Tactique:
Combatre une guerilla avec les manoeuvres du moyen age? Et pourtant nombreux etaient les BEM, BEMSG,IR,etc....
-Votre systeme tout entier etait pourri:Le circuit d'officier: Formations, promotions,postes a occuper,etc... Tout etait bases sur quoi mon ami? Les competences ou les relations d'amities ou d'origine,etc...
-Regarder aujourd'hui: Dans le monde entier une armee qui echoue, le commandement cede, demissione. Votre camp c'est le moment de se nommer General,Marechal, etc... Avez-vous une explication a ce sujet? 15 ans et bientot 30 ans, ils continuent a penser aux tirailleurs avec des morties comme appui? Devant un pays encadre au milimmetre.
Des exemples ne manquent pas, mon ami. Des strateges nous ont manques et nous manquent encore:Le role de l'officier s'est resume en quoi finalement?
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Cette situation fut-elle perçue ? OUI. Qu’a-t-on fait ? Il faudrait à cet effet décortiquer les actions du gouvernement.