Comment régler durablement la question de l’insécurité à l’Est de la RDC ?

Est-ce que la « disparition » de Bosco Ntaganda dans le Parc de Virunga veut dire que la page sur son arrestation vient d’être tournée ? Si c’était le cas, il est clair que Ntaganda ne sera jugé ni par la CPI, ni par la justice congolaise. Plusieurs observateurs sont d’avis en effet qu’il détiendrait un certain nombre d’informations et de secrets sur des zones d’ombres des accords de Paix entre Kigali et Kinshasa que ni le Président Kagame, ni le Président Kabila n’ont intérêt qu’ils soient dévoilés. 
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Libération ou révolution manquée ? Pour une Reprise de conscience !

Quatorze ans de règne du FPR(1994-2008). Un bilan mitigé.

4 ans de crasse et incomprise guerre de guérilla du FPR Inkotanyi (1990-1994), 14 ans maintenant d’un régime qui s’est résolument promis de prendre un train à grande vitesse en direction du capitalisme pur et dur américain ; laquelle vitesse s’avère insupportable pécuniairement et surtout culturellement de la part du simple citoyen rwandais ; le régime de Kigali s’apprête à commémorer sans fastes ni grand tapage son 14ème anniversaire, ce 4 juillet.

Ces 14 ans de règne ont été marqués par des mariages politiques souvent scabreux qu’on peut qualifier de mariages de raison. Des divorces souvent orageux s’en sont suivis. Des horizons politiques et culturels différents qui peuplaient les leaders appelés très tôt en 1994 à composer l’appareil managérial du pays, des difficultés de cohabitation étaient mal analysées et par les concernés et par une opinion publique qui ne pouvait sitôt se départir d’éternels clichés analytiques ethnistes de la superstructure sociale rwandaise. Souvenez-vous du fracassant départ en 1995 du grand tapageur Premier ministre Faustin Twagiramungu, qui, nanti de ce colifichet de Premier ministre désigné du Gouvernement de transition par les Accords d’Arusha d’Août 1993 (entre le Gouvernement rwandais de feu le général HABYARIMANA Juvénal et la Rébellion du FPR), ne s’épargnait pas de montrer qu’il savait où il allait tendre dès la fin de la période de transition qu’on avait fixé à 4 ans par les mêmes accords. En d’autres termes, le parti dont il était président, le MDR/ Mouvement Démocratique Républicain, devait se positionner lors des élections qui allaient s’en suivre. Dans sa tentative de se rallier les sympathies populaires, il tombait dans le jeu hutisant en regardant trop souvent vers les camps de réfugiés de l’Est du Congo. Ajoutez le départ d’un autre Premier ministre, le sournois Pierre Célestin RWIGEMA qui, voulant à tout prix sauver de la dissolution forcée leur parti, le MDR/ Mouvement Démocratique Républicain trop hutisant, a joué jusqu’à s’épuiser, la carte de la tempérance dans ses discours et le recrutement en son sein d’adhérents d’ethnie Tutsi afin de montrer que ce parti s’était amendé. Et puis il y a eu ce taciturne, très remuant et grand technicien ministre du plan, Célestin KABANDA qui, déposé de la direction de son Secrétariat d’Etat au Plan, va se décider à entrer dans la mêlée électorale lors des parlementaires de 2003. Le pauvre trouve que le FPR a verrouillé toutes les issus et la Commission électorale nationale non indépendante le disqualifiera arguant qu’il n’a pas rempli les conditions exigées par la Commission pour ce qui est des candidats indépendants. Son départ en exil vient comme un soulagement de la part des apparatchiks du FPR qui tiennent, cette fois-ci, à jouer sur un terrain où ils doivent se sentir maîtres incontestés non par dans l’arène politique, car ils l’ont déjà accaparée entièrement et sont devenus des pluviateurs des postes politiques à tous ceux qui acceptent de faire allégeance audit FPR et à son incontesté chef Paul Kagame, mais ils ne se sentent pas satisfaits de la mission qu’ils se sont assignées au sortir de leur guérilla : remodeler le citoyen rwandais et en faire un homme nouveau, plus nationaliste qu’ethnique ; faire émerger un environnement des affaires lucratives où la cohabitation des ethnies ne nuit à quoi que ce soit dans la poursuite des surprofits des possesseurs de bien de production et des finances. Et vlan ! Le coup de balai frappera tout signe ou concepts emblématiques jugé vecteur de divisionnisme (le MDR/PARMEHUTU, emblème et drapeau nationaux au triste panga), monument et autres repères historiques vieux de 40 ans des deux républiques (dénominations de lieux et des structures administratives/Préfectures et Communes du temps des 1er et 2nd régimes) et esprit (Twagiramungu, Célestin Kabanda, …) qui portent des stigmates de cette ‘‘idéologie du génocide’’ qui a tant ravagé les Batutsi d’avril à juin 1994. Voulant être seuls maîtres à bord, de voix incertaines seront rapidement bâillonnées ; de petites voix malheureuses qui auront cru qu’il était temps de hausser le ton et forcer l’étroite porte d’entrée dans l’arène politique en apportant du renouveau dans la société rwandaise ; entendez ici la tentative du président démissionnaire Pasteur Bizimungu et ses ministres Ntakirutinka avec leur mort-né Parti Démocratique du Renouveau-Ubuyanja.

Ils n’auront pas su que ce coup est dangereux et finiront ou dans l’ombre ou dans une inconfortable retraite indéfiniment pénitentiaire. Les lobbies occidentaux pro ancien régime hutu jouent en coulisse derrière tout ceci. Leurs activités ne sont pas en soi toutes mauvaises mais ils collaborent avec des éléments rwandais qui semblent être primaires en politique car ces derniers obéissent à leurs sentiments plutôt qu’à leur finesse de politicien. La politique n’est-elle pas l’art de contourner les pièges vous tendus par l’adversaire ? Même Bizimungu ! Personne n’échappe aux stratagèmes d’ ‘‘Inyenzi-Nkotanyi’’. Des départs en exil frappent tout aspirant malheureux à la table du festin qui, n’ayant pas reçu l’invitation, cherche à y entrer par ruse. Or le festin, le vrai ; il n’est pas encore en place. Les nouveaux fougueux jeunes ministres y vont chacun à sa façon réveillant les jeunes adolescents et les appelant à adopter encore très jeunes un esprit entrepreneurial et le goût du lucre. Ne me demandez pas si leurs laboratoires auront bien étudié la voie dans laquelle ils dirigent ces jeunes qui ne sont que trop répondants. Tout autant que le régime subit les assauts de ses pourfendeurs, il doit aussi parer à tous les coups.

Cependant ils partent en surnombre y compris des militaires de l’APR en mal de cohabitation avec leurs anciens frères d’armes. Le FPR commence à montrer son talon d’Achille et des juges politisés comme (Jean Louis Bruguière français) mais aussi des éthiquement professionnels mais nouant des accointances avec des milieux politiques de la diaspora hutue rwandaise (l’espagnol Merelles Fernandu) vont voler au secours de ce qui peut être sauvé comme image romano romaine et ses intérêts au Rwanda et dans la région. Des mandats internationaux émis contre les top officiels militaires rwandais ne veulent-ils pas montrer un malaise qu’une certaine communauté internationale éprouve en voyant les deux ‘sales’ petits pays d’Afrique Centrale converger résolument et à grande allure vers l’anglophone Communauté Economique de l’Afrique de l’Est ?

Dans les pages qui suivent, rubrique Politique, vous suivraient des extraits des déclarations des nostalgiques du passé. Il est étonnant de voir comment ils interprètent à leur façon les grandes charpentes historiques de la société rwandaise. Vous verrez également comment le régime actuel de Kigali, à travers ses ministres, montre que désormais il peut mettre toutes ses énergies pour façonner un Rwandais nouveau qui va aussi vite que va le monde. Très curieux, ce régime montre qu’il entend bien gérer seul cette nouvelle idéologie qu’il tente d’incruster dans la jeunesse scolaire d’abord puis, en cercles concentriques, aller de la jeunesse rurale déscolarisée, des cercles associatifs des jeunes femmes … Tout ceci n’est pas mal du moment qu’il ne leur apprend pas des idéologies divisionnistes mais plutôt l’appétit et le goût de la vie. Mais cet accaparement de l’espace socio politique n’augure pas beaucoup de positif car cela temps à affaiblir les autres partis politiques opérant dans le pays.

14 ans de règne sans partage du FPR auront appris au maître d’œuvre à connaître ses collègues politiciens qui le côtoient depuis 1994. Ce FPR et ses stratèges pourront alors mettre le holà au pantouflage politique ; une technique qu’ils ont longtemps utilisée pour déployer leurs éléments dans les appareils pilotant les partis qui sont entrés très tôt en coalition avec lui en 1994. 14 ans de règne sont une occasion pour lui de réfléchir à d’autres modes honorables de cohabitation et de coopération avec en vue, le respect de certains principes d’éthique des organisations politiques et du politiciens rwandais. NDJ

 

Edito de:  « LES POINTS FOCAUX N° 336 Semaine du 25 juin au 1er juillet 2008 » ; Chef de la publication : Ndayishimiye Jovin.

 

 

 

 


 

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