Critiques apportées au livre "Rwanda, de la guerre au génocide" d'André Guichaoua |
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Commentaire sur un chapitre du livre «Rwanda, de la guerre au génocide» du Professeur André Guichaoua (pages 512-537) et sur la réaction de M. Edouard KAREMERA du 20 mai 2010. Nous avons lu le livre du Professeur André Guichaoua à propos duquel, le détenu Edouard Karemera, a adressé une critique très sévère. Nous nous sommes attardés sur le chapitre concernant celui-ci. Ce qui nous a incités à procéder à une analyse « littéraire » de ce livre. Nos moyens ne nous permettent pas pour le moment de mener des investigations nécessaires pour accéder à la vérité. En effet, Edouard Karemera a démontré par sa lettre ouverte du 20 mai 2010 que ce livre est mal écrit quant au contenu d’autant plus que notamment l’écrivain reprend certaines de ses preuves que le TPIR a déjà réfutées car elles s’étaient avérées non crédibles. En d'autres termes, selon Edouard Karemera, l'auteur a voulu faire avaler des mensonges en lieu et place de la réalité des faits. Karemera a notamment relevé que le Professeur André Guichaoua, expert du TPIR, s’érige en procureur qui veut faire condamner quelqu'un sans se soucier de la véracité des faits. C’est donc pour lui un faux chercheur qui pèche par omission des éléments utiles à la cause et qui se livre plutôt à un conte qui n’a rien de rigueur scientifique. André Guichaoua a publié un corpus d'éléments de recherche mais il s'est abstenu de pousser plus loin de telle sorte que son livre n'est même pas un début de recherche de la vérité. Edourad Karemera estime que cet expert a peur de s’écarter de la thèse du Procureur qui exclut toute présomption d’innocence et qui veut que le génocide rwandais fût planifié par les extrémistes hutu. Dans les lignes qui suivent, il s’agira d’une simple analyse littéraire et sémantique du chapitre concernant Edouard Karemera. La critique que nous faisons se veut objective et neutre. Nous avons privilégié la lecture de ce seul chapitre car Edouard Karemera en a fait une critique acerbe et qui risque de discréditer l'autorité scientifique de l'auteur. En lisant donc le chapitre concernant Edouard Karemera, nous avons eu l’impression que le Professeur André Guichaoua est un très bon romancier et non un historien objectif. Plusieurs passages montrent qu’il n’applique pas de rigueur scientifique à ses propos. Cela débouche à des affirmations gratuites qui ne font qu’enfoncer le clou dans la plaie d’une personne emprisonnée. En effet, l’argumentation du Professeur André Guichaoua est astucieusement structurée comme si l’écrivain avait envie de détourner l'attention d'un lecteur avisé ou de convaincre un lecteur pressé, celui-ci n’ayant pas la chance d’accéder à une source fiable, peu importe le principe d'une justice équitable. Tout cela dans un français facile à des fins de consommation rapide. Ainsi, l’auteur fait croire qu'Édouard Karemera et Joseph Nzirorera ne s’entendaient pas car celui-là « (…) pouvait espérer, le temps venu, mobiliser les anti-Nzirorera ». L'auteur saute ensuite sur la nomination du Colonel Muberuka en qui il trouve un associé d’Edouard Karemera. Ce Muberuka promet le jour-même de sa nomination qu’il va s’opposer aux arrivistes dont le Ministre de la défense. D’après le Professeur, sa nomination rencontre les visées d’Edourad Karemera qui trouve que « si l’on perd, on aura au moins la moitié du Pays » et « on établira la vraie hiérarchie militaire ». Pour nous, le Professeur sait très bien ce que signifie « perdre la guerre ». Nous ne voyons donc pas pourquoi il fait dire aux personnages de son roman (Muberuka et Karemera) qu’une partie du pays ne serait pas prise par les rebelles et que donc, visiblement, c’est dans cette partie non conquise que Muberuka et Karemera iront implanter leur vraie hiérarchie militaire. C’est ridicule. Le Professeur écrit que : « L’entrée en scène de Karemera, homme d’ordre, associé à un colonel nommé à la tête de la gendarmerie, qui avait annoncé le jour même de leur nomination, sa volonté de mettre un terme, dès la fin de la guerre, aux fonctions des arrivistes à la tête de l’armée (et notamment du général-major Augustin Bizimungu)-, pouvait être interprétée à la fois comme une réaffirmation de fermeté dans le combat face à la rébellion, mais aussi comme une ouverture ». D’après nous, le Professeur embrouille le lecteur qui ne peut comprendre comment cette détermination supposée de Muberuka était « une réaffirmation de fermeté dans le combat face à la rébellion » alors que ce colonel vient semer la zizanie dans l'armée et que si son souhait se réalisait, il serait en fin de compte à la tête d'une armée divisée. Le Professeur dira encore que « la nouvelle donne pouvait assurément séduire nombre d’officiers français qui connaissaient bien Félicien Muberuka, formé dans les meilleures filières militaires de l’Hexagone et avec lesquels ils avaient longuement collaboré comme commandant OPS de Kigali alors qu’il se démarquait ouvertement des extrémistes prohutu qui commandaient les unités les mieux équipée de Kigali ». Ici, le lecteur se demande ce que devient Edouard Karemera qui n’a pas étudié en France et qui doit collaborer avec Muberuka anti-extrémiste prohutu alors que le Professeur veut qu’Edouard Karemera soit considéré, lui aussi, comme extrémiste pour avoir organisé l'intégration des miliciens dans l'armée. En plus, si Karemera a fait ses études en Belgique, la logique serait que ce pays se range de son côté. Or, ce n'est pas cela que disent les notes de son carnet. Il est donc à se demander pourquoi Muberuka fait automatiquement jouer sa carte française tandis que Karemera ne peut faire appel à la Belgique. Le Professeur a omis d’expliquer pourquoi Muberuka a plus de chance en France et que ce n’est pas le cas pour Karemera en Belgique. Dans le même ordre d’idée, le Professeur relève que « le couple Karemera-Muberuka pouvait éventuellement être considéré comme des interlocuteurs présentables pour d’éventuelles négociations » alors que Karemera n’est pas Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération ou comme si ce tandem pouvait fonctionner sans y associer d'autres hutu pour mener à bien des négociations. Lire tout le texte ci-dessous, en PDF.
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