Du "génocide rwandais" au "génocide des Tutsi"

Du "génocide rwandais" au "génocide des Tutsi" : une stigmatisation à jamais d’une partie de population rwandaise ?

Le régime du FPR vient de décider de couler dans sa constitution le concept de « génocide des Tutsi » en lieu et place du « génocide rwandais » généralement admis. Où veut-il en venir?

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massacres de Kibeho par le FPR

L’on se rappellera que le génocide au Rwanda a été reconnu par l’ONU dans son rapport de sa Commission des Droits de l’Homme du 28 juin 1994 puis lors de la création du Tribunal Pénal International pour le Rwanda par la résolution 955 du Conseil de Sécurité le 08 novembre 1994. Les éventuels "négationnistes" rameraient donc à contre-courant.

Cependant, l’évolution sémantique du concept ainsi que son instrumentalisation à des fins politiciennes nous ont interpellé et nous amènent à nous interroger sur certains aspects de cette réécriture de l’histoire en cours. Evidemment les esprits dogmatiques et réducteurs pourraient qualifier la démarche de "négationniste". Mais nous sommes confiants que de même, les esprits clairvoyants et ouverts en jugeront tout autrement.

Le régime du FPR vient de décider de couler dans sa constitution le concept de « génocide des Tutsi » en lieu et place du « génocide rwandais » généralement admis.

Au delà d’un banal changement d’appellation, ne se cache-t-il pas derrière l’opération une intention de stigmatiser à jamais une partie de la population rwandaise ?

Le FPR nous  habitués à ce genre de globalisation et de raccourcis. En effet, pour lui, les événements de 1959 (révolution sociale), de 1973 (renversement de la 1ère République par un coup d’Etat militaire), et de 1990 à 1994 (guerre civile sur fond d’une agression extérieure) sont des "génocides". Le même FPR est parvenu à fonder sa légitimité au pouvoir sur le génocide et à justifier toute action politique par le "génocide".

Ainsi, d’après le discours officiel du régime :

- Le FPR n’aurait pas conquis le Rwanda à partir de l’extérieur et pris le pouvoir par les armes après 4 ans de guerre. Non, "il est venu mettre fin au génocide".

- Les troupes du FPR n’auraient pas massacré des milliers de déplacés (vieillards, femmes et enfants) entassés dans le camp de Kibeho en avril 1995. Non, "il a fermé un camp où étaient retranchés des génocidaires".

- L’armée du FPR n’aurait pas massacré des centaines de milliers de réfugiés dans les camps de l’ex-Zaïre et à travers ce pays entre 1996 et 2000. Non, " il a chassé les génocidaires qui s’apprêtaient à retourner au Rwanda pour parachever leur sale besogne".

- Le FPR n’aurait pas muselé puis tué l’opposition politique intérieure en instaurant un mega-parti unique dénommé « Forum des partis politiques ». Il n’aurait pas non plus fait taire son opposition présente et à venir en dissolvant certains partis politiques et en interdisant la création d’autres. Non tout cela n’est fait que dans le but de débusquer les génocidaires et pour éradiquer l’"idéologie génocidaire".

-  Le FPR ne pourchasserait pas ses opposants en exil en les faisant taire par tous les moyens y compris l’élimination physique. Non, "il ne fait que la chasse aux génocidaires qui  lui ont échappé en 1994".

- Le FPR n’aurait pas décrété que les ethnies n’existent plus au Rwanda dans le but de jet un voile sur le déséquilibre flagrant dans la gouvernance du pays où une poignée de Tutsi venus d’Ouganda monopolisent tous les postes dans tous les secteurs de la vie nationale (politique, militaire, judiciaire, économique, …). Non, le FPR "a réparé une erreur historique, car les ethnies n’étaient qu’une invention du colonisateur".

- etc.

Non content d’avoir instauré un système judiciaire (les fameux Gacaca) appelé à réduire une partie de la population rwandaise soit en esclaves (les travaux forcés à perpétuité à prester chez la supposée victime du génocide), soit en délateurs professionnels pour bénéficier d’une relative liberté, le FPR vient de franchir un pas supplémentaire dans la stigmatisation et la diabolisation d’une partie de sa population.

Nous nous interrogeons : en décidant d’inscrire dans la Constitution « génocide des Tutsi » en lieu et place de « génocide rwandais », le FPR reconnaît-il enfin que les ethnies existent bel et bien au Rwanda et que toute démarche politique devrait en tenir compte ?

Par cette nouvelle terminologie, le FPR veut-il faire entendre au peuple rwandais que tout rwandais autre que Tutsi devrait se sentir coupable (effectif ou potentiel) de génocide ?

Cette décision du régime du FPR serait-elle enfin un message subliminal destinés aux autres composantes de la population rwandaise leur faisant comprendre que quiconque ne serait pas considéré comme Tutsi n’aurait pas droit au chapitre et serait susceptible d’être considéré comme génocidaire pour les besoins de la cause ?

Certaines réponses possibles à ces questions font froid dans le dos et rien qu’à imaginer de telles perspectives, on en a la chaire de poule ! En effet, derrière des décisions d’une apparence anodine se cacherait anodine se cacherait une intention de la clique au pouvoir de culpabiliser à jamais tout un peuple afin de l’abroutir et le dissuader de réclamer ses droits les plus élémentaires comme la liberté et la démocratie.

L’horizon serait et resterait pour longtemps sombre pour le martyr du peuple rwandais. Espérons qu’il n’en soit pas ainsi.

Emmanuel Neretse
01/7/2008

 

 

 


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Commentaires / réactions

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sebastien bonheur from canada (Friday, 17-07-09 12:56)

le genocide est une élimination viseé,qd vs dites génocide des rwandais on peut se demander mais qui a tué ces rwandais,s'il y a eu des tueries causeés par le fpr,ns savons que ce n'était pas un génocide:alors disons génocide des tutsis par les hutus et massacre des hutus par l'apr,à mon avis ce serait l'appelation exacte

 

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